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Archive pour la catégorie ‘Année liturgique’

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,52-59.

vendredi 19 avril 2013

es Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
Voilà ce que Jésus a dit, dans son enseignement à la synagogue de Capharnaüm.

 

 

 

« Ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. »

jeudi 18 avril 2013

« J’avais faim, j’étais nu, j’étais sans logis. C’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Le Pain de vie et l’affamé, mais un seul amour : seulement Jésus. Son humilité est tellement merveilleuse. Je peux comprendre sa majesté, sa grandeur parce qu’il est Dieu — mais son humilité dépasse ma compréhension, parce qu’il se fait Pain de vie afin que même un enfant aussi petit que moi puisse le manger et vivre.

Il y a quelques jours alors que je donnais la sainte communion à nos sœurs dans la maison mère, soudain je me suis rendu compte que je tenais Dieu entre mes deux doigts. La grandeur de l’humilité de Dieu. Vraiment « pas de plus grand amour » — pas de plus grand amour que l’amour du Christ (Jn 15,13). Vous devez souvent, j’en suis sûre, éprouver cette impression qu’à votre parole, entre vos mains, le pain devient le corps de Jésus, le vin devient le sang de Jésus. Comme il doit être grand votre amour du Christ ! Pas de plus grand amour que l’amour du prêtre pour le Christ, « son Seigneur et son Dieu » (Jn 20,28).

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
Lettre à un prêtre, 17/02/1978, in Come, Be My Lignt (trad. Viens, sois ma lumière, Lethielleux 2008, p. 322)

 

 

 

« Moi, je suis le pain de la vie. »

mercredi 17 avril 2013

Vous avez demandé à passer trois mois seul avec Jésus [en retraite] ; cela vous ressemble bien. Mais si pendant ce temps la faim de Jésus dans le cœur de quelques membres de son peuple est plus grande que la vôtre, vous ne devriez pas rester seul avec Jésus tout le temps. Vous devez permettre à Jésus de vous transformer en pain pour être mangé par ceux avec qui vous êtes en contact. Laissez les gens vous dévorer ; par la parole et la présence vous proclamez Jésus… Même Dieu ne pouvait pas offrir de plus grand amour qu’en se donnant lui-même comme Pain de vie — pour être rompu, pour être mangé afin que vous et moi puissions manger et vivre, que nous puissions manger et satisfaire ainsi notre faim d’amour.

Et pourtant il ne semblait pas satisfait, car lui aussi avait faim d’amour. Il s’est donc fait l’affamé, l’assoiffé, le nu, le sans-logis et n’a cessé d’appeler : « J’avais faim, j’étais nu, j’étais sans logis. C’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Le Pain de vie et l’affamé, mais un seul amour : seulement Jésus.

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
Lettre à un prêtre, 17/02/1978, in Come, Be My Light (trad. Viens, sois ma lumière, Lethielleux 2008, p. 322 rev.)

 

 

 

« Donne-nous de ce pain-là, toujours. »

mardi 16 avril 2013

Le premier signe de l’amour, c’est que Jésus nous a donné sa chair à manger, son sang à boire : voilà une chose inouïe, qui exige de nous admiration et stupeur. Le propre de l’amour est de toujours donner et de toujours recevoir. Or, l’amour de Jésus est à la fois prodigue et avide. Tout ce qu’il a, tout ce qu’il est, il le donne ; tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, il le prend.

Il a une faim immense… Plus notre amour le laisse agir, plus nous le goûtons amplement. Il a une faim immense, insatiable. Il sait bien que nous sommes pauvres, mais il n’en tient aucun compte. Il se fait lui-même pain en nous, faisant disparaître d’abord, dans son amour, nos penchants mauvais, fautes et péchés. Puis, quand il nous voit purs, il arrive avide pour prendre notre vie et la changer en la sienne, la nôtre pleine de péchés, la sienne pleine de grâce et de gloire, toute préparée pour nous, si seulement nous renonçons à nous-mêmes (Mt 16,24)… Tous ceux qui aiment me comprendront. Il nous fait le don d’une faim et d’une soif éternelles.

À cette faim et à cette soif, il donne en nourriture son corps et son sang. Quand nous les recevons avec dévouement intérieur, son sang plein de chaleur et de gloire coule de Dieu jusque dans nos veines. Le feu prend au fond de nous et le goût spirituel nous pénètre l’âme et le corps, le goût et le désir. Il nous donne de ressembler à ses vertus ; il vit en nous et nous vivons en lui.

Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381), chanoine régulier

 

 

Cascade

lundi 15 avril 2013

« Mes enfants, aujourd’hui, je vous vois, vous êtes cette rivière, cette cascade, cette eau claire, cette eau emplie de poissons qui se régalent de cette eau. Vous êtes cette eau vive qui permet de nourrir la nature, qui permet aux animaux de vivre, qui permet aux fleurs de s’épanouir, qui permet aux arbres de grandir. Vous êtes cette eau, cette purification de la nature. Ceci, c’est votre symbole. Vous êtes cette eau purificatrice, celle qui doit renouveler toute la nature humaine. Il faut que les arbres grandissent. »

Marie Mère des hommes – mars 2010

 

 

 

Cinquante jours

dimanche 14 avril 2013

La Pentecôte vient du grec ancien ?????????? [pentèkostè] : cinquantième (jour après Pâques) ; en grec moderne, on prononce [pénticosti].
Au centre de la vie chrétienne, on a la fête de Pâques. Le Carême représente une période de 40 jours (du latin quadragesima : quarantième) de jeûne avant Pâques. Il culmine avec le Vendredi Saint, jour de la crucifixion de Jésus. Puis, le dimanche de Pâques, c’est la bonne nouvelle du Jésus ressuscité que l’on fête avec joie. Opposé au Carême, la période de 40 jours après Pâques commémore le temps de Jésus revenu sur Terre. Ce sont des jours de fête. L’Ascension célèbre les adieux de Jésus qui s’envole dans les cieux. Mais pour nous consoler, la Pentecôte célèbre la venue du Saint Esprit. Si le corps de Jésus n’est plus, son esprit demeure. Pour toujours. Ad vitam æternam.
Pourquoi 50 jours ? Si la période de 40 jours possède un sens symbolique dans la Bible, celui de 50 n’évoque rien de biblique. En réalité, le chiffre symbolique, c’est le chiffre 7 ! Comme les 7 jours de la semaine. Et la Pentecôte a lieu 7 semaines (de 7 jours) après Pâques. Et si on obtient le chiffre 50 (et non 49) c’est dû à la façon antique de compter : le premier jour compte pour un jour. Cette façon de compter se retrouve dans certaines expressions : dans 8 jours, c’est dans 1 semaine ; dans 15 jours c’est dans 2 semaines…

 

 

 

« Aussitôt, la barque atteignit le rivage à l’endroit où ils se rendaient. »

samedi 13 avril 2013

Quand se déchaînent les tempêtes,
tu es, Seigneur, notre force.
Nous te louerons, toi le Dieu fort
qui es notre constant secours.
Nous restons fermes près de toi,
mettant en toi notre confiance,
même si la terre est secouée
et si la mer devient houleuse.

Que les flots enflent et déferlent,
que vacillent les montagnes,
la joie nous illuminera,
la cité de Dieu te rend grâce.
En elle tu as ta demeure,
tu préserves sa sainte paix.
Et un fleuve puissant protège
la sublime demeure de Dieu.

Les peuples en folie se déchaînent,
le pouvoir des États s’effondre.
Voici qu’il élève la voix,
la terre gronde, secouée.
Mais le Seigneur est avec nous,
le Seigneur, le Dieu Sabaoth.
Tu es pour nous lumière et salut,
nous ne saurions avoir peur.

Venez tous, venez contempler
les prodiges de sa puissance :
toutes les guerres se meurent,
la corde de l’arc se détend.
Jetez dans le brasier de feu
bouclier et arme de guerre.
Le Seigneur, le Dieu Sabaoth
nous secourt en toute détresse.

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
Poésie « Psalm 45 », 28/04/1936 ; paraphrase du psaume 45/46 (trad. Malgré la nuit, Ad solem 2002, p.41)

 

 

« Donnez-leur vous-mêmes à manger. » (Mt 14,16)

vendredi 12 avril 2013

Dans le pain de l’eucharistie, nous recevons la multiplication inépuisable des pains de l’amour de Jésus Christ, assez riche pour rassasier la faim de tous les siècles, et qui cherche ainsi à nous mettre, nous aussi, au service de cette multiplication des pains. Les quelques pains de seigle de notre vie pourront sembler inutiles, mais le Seigneur en a besoin et les demande.

Les sacrements de l’Église sont, comme l’Église elle-même, le fruit du grain de blé mourant (Jn 12,24). Pour les recevoir, nous devons entrer dans le mouvement d’où ils proviennent eux-mêmes. Ce mouvement consiste à se perdre soi-même, sans quoi l’on ne peut pas se trouver : « Celui qui veut garder sa vie la perdra ; mais celui qui perd sa vie à cause de moi et de l’Évangile, celui-là la gardera » (Mc 8,35). Cette parole du Seigneur est la formule fondamentale d’une vie chrétienne…; la forme caractéristique de la vie chrétienne lui vient de la croix. L’ouverture chrétienne au monde, tant prônée aujourd’hui, ne peut trouver son vrai modèle que dans le côté ouvert du Seigneur (Jn 19,34), expression de cet amour radical, seul capable de sauver.

Du sang et de l’eau ont jailli du côté transpercé de Jésus crucifié. Ce qui, à première vue, est signe de sa mort, signe de son échec le plus complet, constitue en même temps un commencement nouveau : le Crucifié ressuscite et ne meurt plus. Des profondeurs de la mort surgit la promesse de la vie éternelle. Au-dessus de la croix de Jésus Christ, resplendit déjà la clarté victorieuse du matin de Pâques. C’est pourquoi, vivre avec lui sous le signe de la croix est synonyme de vivre sous la promesse de la joie pascale.

Cardinal Joseph Ratzinger [Benoît XVI, pape de 2005 à 2013]
Meditationen zur Karwoche, 1969 (trad. Un seul Seigneur, Mame 1971, p. 118)

 

 

« Celui qui vient du ciel rend témoignage de ce qu’il a vu et entendu. »

jeudi 11 avril 2013

Supposons qu’en quelqu’un se taisent les agitations de la chair, que se taisent toutes les illusions de la terre, des eaux, de l’air, et même les cieux. Supposons que l’âme elle-même fasse silence et se dépasse en ne pensant plus à soi : silence des songes et silence des rêveries de l’imagination. Supposons qu’en quelqu’un toute langue, tout signe passager, fasse silence, que tout se taise — car pour qui peut l’entendre, toutes choses disent : « Nous ne nous sommes pas faites nous-mêmes ; notre Créateur c’est celui qui demeure éternellement » (cf Ps 99,3.5). Supposons donc que, cela dit, toute chose fasse silence, dressant l’oreille vers son Créateur, et que lui seul parle, non par ses œuvres mais par lui-même, nous faisant entendre sa Parole sans une langue de chair ou la voix d’un ange ou le fracas d’une nuée (Ex 19,16) ou le clair-obscur d’une parabole. Si lui-même, que nous aimons dans ces choses, se faisait entendre sans elles…et si notre pensée atteignait la Sagesse éternelle qui demeure au-dessus de tout…, ne serait-ce pas alors l’accomplissement de cette parole : « Entre dans la joie de ton Maître » ? (Mt 25,21)

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Les Confessions, IX, 10

 

 

 

« Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique »

mercredi 10 avril 2013

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,16-21. 

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ;
mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. »

L’homme qui prend feu et flamme à cause de la vérité n’a pas encore appris la vérité telle qu’elle est. Lorsqu’il l’aura vraiment apprise, il cessera de s’enflammer à cause d’elle. Le don de Dieu et la connaissance accordée par ce don ne sont jamais motifs à se troubler ou à élever la voix, car le lieu où habite l’Esprit avec l’amour et l’humilité est un lieu où ne règne que la paix…
Si le zèle avait été utile pour le redressement des hommes, pourquoi Dieu aurait-il revêtu un corps et employé la douceur et des façons humbles pour convertir le monde à son Père ? Et pourquoi se serait-il étendu sur la croix pour les pécheurs, et aurait-il livré son corps très saint à la souffrance en faveur du monde ? Moi, j’affirme que Dieu ne l’a fait que pour une seule raison : faire connaître au monde son amour, pour que notre capacité d’aimer, encore augmentée par une telle constatation, soit faite captive de son amour à lui. De la sorte, la puissance incomparable du Royaume des cieux, qui consiste dans l’amour, a trouvé une occasion de s’exprimer dans la mort de son Fils…afin que le monde ressente l’amour de Dieu pour sa création. Si ce geste admirable n’avait eu d’autre raison que la rémission de nos péchés, il aurait suffi d’un autre moyen pour la réaliser. Qui l’aurait refusé s’il l’avait accompli par une mort simple, sans plus ? Mais il n’a pas voulu d’une mort toute simple, afin que tu comprennes quel en est le mystère…

Pourquoi fallait-il des insultes et des crachats ?… Oh, sagesse qui donne la vie ! Maintenant tu as  compris et ressenti quelle a été la raison de la venue de notre Seigneur et de tout ce qui s’en est suivi, avant même que de sa bouche sainte il ne nous l’ait lui-même clairement expliqué. Il est écrit, en effet, que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ».

Isaac le Syrien (7ème siècle), moine près de Mossoul
Chapitres sur la connaissance, IV, 77-78 (trad. Louf, Bellefontaine 2003, p. 273 rev.)