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Archive pour le mot-clef ‘Eglise universelle’

Reconnaître aujourd’hui les biens éternels

vendredi 25 octobre 2019

À côté du bien individuel, il y a un bien lié à la vie en société : le bien commun. C’est le bien du « nous-tous », constitué d’individus, de familles et de groupes intermédiaires qui forment une communauté sociale. Ce n’est pas un bien recherché pour lui-même, mais pour les personnes qui font partie de la communauté sociale… C’est une exigence de la justice et de la charité que de vouloir le bien commun et de le rechercher…

Tout chrétien est appelé à vivre cette charité, selon sa vocation et selon ses possibilités d’influence au service de la pólis, de la cité. C’est là la voie institutionnelle — politique peut-on dire aussi — de la charité, qui n’est pas moins qualifiée et déterminante que la charité qui est directement en rapport avec le prochain, hors des médiations institutionnelles de la cité. L’engagement pour le bien commun, quand la charité l’anime, a une valeur supérieure à celle de l’engagement purement séculier et politique. Comme tout engagement en faveur de la justice, il s’inscrit dans le témoignage de la charité divine qui, agissant dans le temps, prépare l’éternité.

Quand elle est inspirée et animée par la charité, l’action de l’homme contribue à l’édification de cette cité de Dieu universelle vers laquelle avance l’histoire de la famille humaine. Dans une société en voie de mondialisation, le bien commun et l’engagement en sa faveur ne peuvent pas ne pas assumer les dimensions de la famille humaine tout entière, c’est-à-dire de la communauté des peuples et des nations, au point de donner forme d’unité et de paix à la cité des hommes, et d’en faire, en quelque sorte, la préfiguration anticipée de la cité sans frontières de Dieu.

Benoît XVI

 

 

« Nous avons voulu l’en empêcher, car il n’est pas avec nous pour te suivre. »

lundi 30 septembre 2019

Nous ne pouvons pas invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu (Gn 1,27). La relation de l’homme à Dieu le Père et la relation de l’homme à ses frères humains sont si étroitement liées que l’Écriture dit : « Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu » (1Jn 4,8).

Par là est sapé le fondement de toute théorie ou de toute pratique qui introduit entre homme et homme, entre peuple et peuple, une discrimination en ce qui concerne la dignité humaine et les droits qui en découlent.

L’Église réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation opérée envers des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur condition économique ou de leur religion. En conséquence, le Concile, suivant les traces des saints apôtres Pierre et Paul, adjure ardemment les fidèles du Christ « d’avoir au milieu des nations une conduite excellente » (1P 2,12), et « s’il est possible, de vivre en paix avec tous les hommes » autant qu’il dépend d’eux (Rm 12,18), de manière à être vraiment « les enfants du Père qui est dans les cieux » (Mt 5,45).

Concile Vatican II

 

 

 

 

 

« Jésus allait mourir… pas seulement pour la nation, mais pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. »

samedi 13 avril 2019

Saint Paul affirme : « En ces jours qui sont les derniers, Dieu nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses » (He 1,2). Cette phrase ne signifie-t-elle pas que le Père a considéré que tous les hommes font partie de l’héritage du Christ ? C’est conforme à la prophétie de David : « Demande, et je te donne les peuples en héritage, pour domaine les extrémités de la terre » (Ps 2,8).

Le Seigneur lui-même déclare : « Une fois élevé de terre, j’attirerai tout à moi » (Jn 12,32). N’est-ce pas la conversion de tous qui semble promise ? À un autre endroit, on trouve une prophétie concernant l’Église : « Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline abaissées, les lieux accidentés se changeront en plaine et les escarpements en large vallée » (Is 40,4) : est-il quelqu’un qui semble oublié, et qui ne soit pas désigné ici comme sujet du Christ ? Et que penser quand on lit : « Toute chair viendra se prosterner devant ma face, pour qu’ils m’adorent dans Jérusalem, dit le Seigneur » (Is 66,23)…

Le terme de « peuple de Dieu » est donc à prendre dans toute sa plénitude. Et bien que la plupart des hommes refuse ou néglige la grâce du Sauveur, c’est l’ensemble qui est désigné par les mots « élus » et « prédestinés »… L’apôtre Paul dit aussi : « Nous proclamons un Jésus Christ crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (1Co 1,23-24). Le Christ serait-il « puissance de Dieu » et « sagesse » pour les mêmes hommes aux yeux de qui il est « scandale » et « folie » ? En fait, puisque certains sont sauvés à cause de leur foi, alors que d’autres sont endurcis dans l’impiété, l’apôtre a compris les fidèles et les infidèles sous le nom général « appelés ». Il montrait ainsi que ceux qu’il qualifiait de païens se sont faits étrangers à l’appel de Dieu, bien qu’ils aient entendu l’Évangile.

Saint Prosper d’Aquitaine (?-v. 460)

 

 

 

 

 

Est-ce qu’ils marchent avec nous ?

mercredi 23 mai 2018

Quant à ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, eux aussi sont ordonnés de diverses manières au peuple de Dieu. Et en premier lieu, ce peuple qui a reçu les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair (Rm 9,4-5), peuple très aimé du point de vue de l’élection, « à cause de leurs pères, car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Rm 11,28-29). Mais le dessein de salut embrasse aussi ceux qui reconnaissent le Créateur, en premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, qui jugera les hommes au dernier jour.

Quant aux autres qui cherchent le Dieu inconnu à travers des ombres et des images, Dieu n’est pas loin d’hommes de cette sorte, puisque c’est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses (Ac 17,25-28) et que, comme Sauveur, il veut que tous les hommes soient sauvés (1Tm 2,4). En effet, ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église et cherchent cependant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’accomplir dans leurs actions sa volonté telle qu’ils la connaissent par ce que leur dicte leur conscience, eux aussi peuvent arriver au salut éternel. La Providence divine ne refuse pas les secours nécessaires pour le salut à ceux qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance explicite de Dieu, mais cherchent, non sans le secours de la grâce divine, à mener une vie droite. En effet, tout ce qui se trouve de bon et de vrai chez eux est considéré par l’Église comme une préparation à l’Évangile et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour qu’il ait finalement la vie.

Concile Vatican II
Constitution dogmatique sur l’Église « Lumen gentium », §16 (trad. cf Winling)

 

 

 

« Cette femme était païenne. »

jeudi 8 février 2018

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À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et où les relations entre les divers peuples augmentent, l’Église examine plus attentivement quelles sont ses relations avec les religions non-chrétiennes. Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et même entre les peuples, elle examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée.

Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter toute la race humaine sur la face de la terre, ils ont aussi une seule fin dernière : Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s’étendent à tous, jusqu’à ce que les élus soient réunis dans la Cité sainte, que la gloire de Dieu illuminera et où tous les peuples marcheront à sa lumière.

Les hommes attendent des diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, troublent profondément le cœur humain… De façons diverses, elles s’efforcent d’aller au-devant de l’inquiétude du cœur humain en proposant des voies, c’est-à-dire des doctrines, des règles de vie et des rites sacrés.

L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses.

 

Concile Vatican II
Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non-chrétiennes « Nostra Aetate », 1-2

[Références bibliques : Ac 17,26 ; Sg 8,1 ; Ac 14,17 ; 1Tm 2,4 ; Ap 21,23 ; Jn 14,6 ; 2Co 5,18-19]

 

Neuvaine à la Miséricorde Divine – Jour 3

dimanche 16 avril 2017

TROISIÈME JOUR

Paroles de Notre-Seigneur :

« Aujourd’hui, amène-Moi toutes les âmes pieuses et fidèles, immerge-les dans l’océan de Ma Miséricorde. Ces âmes M’ont réconforté sur le chemin du calvaire, elles étaient cette goutte de consolation, au milieu d’un océan d’amertume. »

 

Prions pour tous les chrétiens fidèles :
Très Miséricordieux Jésus, qui accordez surabondamment les grâces du trésor de Votre Miséricorde, recevez tous les fidèles chrétiens dans la demeure de Votre Cœur très Miséricordieux, et ne nous en repoussez à jamais. Nous Vous en supplions par l’amour inconcevable, dont brûle Votre Cœur pour le Père Céleste.

Pater… Ave… Gloria…

Père Éternel, jetez un regard de compassion sur les âmes fidèles, héritage de Votre Fils, et par les mérites de Sa douloureuse Passion, accordez-leur Votre bénédiction et enveloppez-les de Votre protection perpétuelle, afin qu’ils ne perdent pas l’amour et le trésor de la Sainte Foi, mais qu’avec le chœur des Anges et des Saints ils louent éternellement Votre Miséricorde infinie. AMEN

 

SacreCoeur

 

 

 

 

 

 

« Serviteurs du Christ et intendants des mystères de Dieu » (1Co 4,1)

mercredi 19 octobre 2016

 

Pour préciser le rôle des serviteurs qu’il a placés à la tête de son peuple, le Seigneur dit cette parole que rapporte l’Évangile : « Quel est l’intendant sage et fidèle que le maître établira sur les gens de sa maison pour leur donner en temps voulu leur mesure de blé ? Heureux ce serviteur que le maître, à son retour, trouvera occupé de la sorte ». Qui est ce maître, mes frères ? C’est sans aucun doute le Christ, qui a dit à ses disciples : « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis » (Jn 13,13). Et quelle est la maisonnée de ce maître ? C’est évidemment celle que le Seigneur a lui-même rachetée des mains de l’ennemi et qu’il s’est appropriée. Cette maisonnée, c’est l’Église sainte et universelle qui se répand avec une merveilleuse fécondité de par le monde et se glorifie d’être rachetée au prix du sang du Seigneur…

Mais qui est l’intendant fidèle et sage ? L’apôtre Paul nous le montre lorsqu’il dit, parlant de lui-même et de ses compagnons : « Qu’on nous regarde donc comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu. Or, ce qu’on exige des intendants c’est de se montrer fidèles » (1Co 4,1-2). Et pour que nul d’entre nous ne pense que seuls les apôtres sont devenus des intendants ou qu’un serviteur paresseux et infidèle n’abandonne le combat spirituel et ne se mette à dormir, le saint apôtre montre bien que les évêques sont eux aussi des intendants : « Comme intendant de Dieu, dit-il, l’évêque doit être irréprochable » (Tt 1,7). Nous sommes donc les serviteurs du Père de famille, les intendants du Seigneur, et nous avons reçu la mesure de blé à vous distribuer.

Saint Fulgence de Ruspe (467-532), évêque en Afrique du Nord
Sermon 1 ; CCL 91A, 889 (trad. Orval)

 

 

 

« Qu’ils soient un en nous, eux aussi. »

dimanche 8 mai 2016

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Dans sa grande prière sacerdotale, notre Sauveur demande que nous soyons avec lui là où il est et que nous contemplions sa gloire. Il nous aime comme son Père l’aime et il désire nous donner tout ce que le Père lui a donné. La gloire qu’il tient de son Père, il veut nous la donner à son tour et nous faire tous un. Il veut que nous ne soyons plus une multitude mais formions tous ensemble une unité, réunis par sa divinité dans la gloire du Royaume, non pas dans la fusion en une seule substance, mais dans la perfection, sommet de la vertu. C’est cela que le Christ a proclamé quand il a dit : « Qu’ils soient parfaitement un ! » Ainsi, rendus parfaits par la sagesse, la prudence, la justice, la piété et toutes les vertus du Christ, nous serons unis à la lumière indéfectible de la divinité du Père, devenus nous-mêmes lumière par notre union avec lui, et pleinement fils de Dieu par notre communion à son Fils unique qui nous fait prendre part à l’éclat de sa divinité.

C’est de cette manière que nous deviendrons tous un avec le Père et le Fils. Car de même qu’il a déclaré que le Père et lui sont un -– « Moi et le Père, dit-il, nous sommes un » (Jn 10,30) — de même il prie pour qu’à son imitation nous participions à la même unité… Non pas cette unité de même nature qu’il a avec le Père, mais celle-ci : comme le Père l’a fait participer à sa propre gloire, ainsi lui-même, à l’imitation de son Père, communiquera sa gloire à ceux qu’il aime.

Eusèbe de Césarée (v. 265-340), évêque, théologien, historien
La Théologie ecclésiastique, III, 18-19 ; PG 24, 1042s (trad. Orval)

 

 

 

Qui ne rassemble pas avec moi disperse

jeudi 3 mars 2016

Sur le plan du combat spirituel, la neutralité n’est pas possible. Jésus dit en Matthieu 12.30, Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse. Nous avons eu l’occasion d’étudier ce verset dans la leçon précédente. Nous avions alors mentionné que l’action d’assembler est liée de très près à la construction du temple de Dieu dont il est question en 1Corinthiens 3. Nous allons poursuivre aujourd’hui l’étude de Matthieu 12.30b en nous basant sur la première lettre de Paul aux Corinthiens. Voici ce qu’il écrit en 1Corinthiens 3.9-17.

1Corinthiens 3.9. Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu.
10 Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, j’ai posé le fondement comme un sage architecte, et un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus.
11 Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus–Christ.
12 Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’œuvre de chacun sera manifestée;
13 car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révélera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun.
14 Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense.
15 Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu.
16 Ne savez–vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous?
17 Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes.

 

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Ce passage est très souvent mal compris. En plus de le citer hors de son contexte, on fait aussi l’erreur de l’interpréter dans le sens d’une piété individualiste, i.e., comment une personne pieuse doit bâtir sa vie chrétienne en Christ. D’autres ont utilisé ce passage pour supporter l’idée qu’on peut être sauvé indépendamment de l’œuvre de chacun. Pourvu que vous ayez la foi, vous serez sauvés, même si vos œuvres ne résistent pas à l’épreuve du feu.

Est-ce vraiment ce que Paul désire nous enseigner ici? Je ne pense pas. Je ne crois pas que Paul, en écrivant ces versets, voulait traiter de la question du salut d’un individu. Il n’est pas non plus en train d’exhorter le croyant à bâtir consciencieusement sa vie sur la personne et l’œuvre de Christ. Ce passage concerne d’abord et avant tout l’église de Dieu. Il tenait à mettre en garde les dirigeants de l’église de Corinthe car il voyait que leur service spirituel au sein de la congrégation courait le risque de ne pas subsister au jour de l’épreuve finale. Ainsi ce passage s’applique à la vie de l’église dans son ensemble, et non pas à celle du chrétien pris individuellement.

Un passage concernant l’église

Considérons quelques-unes des raisons qui nous permettent d’affirmer cela. Tout d’abord, Paul dit au v. 9, ‘Vous êtes le champ de Dieu; vous êtes aussi l’édifice de Dieu.’ Le pronom ‘vous’ est au pluriel. ‘Vous, collectivement, constituez le champ de Dieu de même que la maison de Dieu.’ L’église est comparée ici à un champ ou à un jardin que Dieu cultive. Et lorsque nous regardons le troisième chapitre de 1Corinthiens globalement, nous constatons sans l’ombre d’un doute qu’il traite du sujet de l’établissement d’une église.

S’adressant spécifiquement à l’église de Corinthe, Paul écrit, ‘Je suis venu vous enseigner l’évangile et j’ai aussi fondé une église ici même à Corinthe. Quand je prêchais Christ, j’ai posé les fondations de votre église. Par la suite, Apollos est venu et a continué à bâtir dessus.’ Ou encore, si on veut utiliser l’image du travail dans le champ, ‘J’ai planté; Apollos a arrosé. J’ai planté la semence du royaume dans le sol de cette église et Apollos a arrosé et cultivé les plantes chrétiennes qui ont commencé à germer et à pousser. Cela ne signifie pas que mon rôle soit plus important que celui d’Apollos. Celui qui plante et celui qui arrose sont égaux. Nous ne faisons qu’un. Nous travaillons tous ensemble au service de Dieu. En fin de compte, tout dépend non pas de celui qui plante ni de celui qui arrose mais de Dieu puisque c’est lui qui fait croître.’

Nous voyons donc que Paul discute ici de la fondation de l’église de Corinthe. Il a semé les graines; quelqu’un d’autre a arrosé. Il a posé le fondement; quelqu’un d’autre construit dessus. Ces principes sont évidemment applicables à l’établissement de n’importe quelle église.

Deuxièmement, il faut remarquer le mot ‘fondement’ au v. 10. Comme un sage architecte, j’ai posé le fondement. Il s’agit d’un terme fréquemment utilisé dans le contexte d’une discussion sur l’église. Ce même mot apparaît ainsi en Éphésiens 2.20 où nous constatons qu’il est également employé en relation avec l’église. Paul écrit dans ce verset que les chrétiens d’Éphèse ont été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. Ici encore Paul parle des croyants non pas sur une base individuelle mais plutôt sur une base collective. Ensemble, ils forment l’église de Dieu. Paul précise que Jésus est la pierre de fondement, un fondement sur lequel repose l’église. Les apôtres et les prophètes, par leur enseignement de la personne et de l’œuvre du Christ, posèrent aussi le fondement de l’église. C’est sur ce fondement que les chrétiens sont édifiés. Tout se rapporte donc à l’église.

Troisièmement, nous lisons l’expression ‘le temple de Dieu’ au v. 17. Encore une fois, il s’agit d’un terme qui se réfère à l’église. Cette expression est écrite au singulier. Paul avait à l’esprit un temple de Dieu. Il ne dit pas, ‘Vous êtes des temples de Dieu.’ Il affirme plutôt, Car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes. ‘Le temple de Dieu, c’est vous.’ Le mot ‘temple’ est au singulier alors que le pronom ‘vous’ est au pluriel. ‘Vous, collectivement, formez le temple de Dieu.’ D’ailleurs l’expression ‘le temple de Dieu’ est souvent utilisée dans le NT pour désigner l’église chrétienne pris dans son sens collectif (Éphésiens 2.21, 1Pierre 2.5, Apocalypse 3.12). D’autre part, Paul déclare que celui qui détruit le temple de Dieu (en causant des divisions à l’intérieur de l’église) sera puni très sévèrement. Dieu détruira le coupable. Il ne s’agit pas d’une situation où un homme serait en conflit avec un autre. Cet avertissement concerne l’influence destructrice que peut exercer un homme sur l’église, le temple de Dieu.

Édifier l’église de Dieu

Nous voyons donc qu’en écrivant 1Corinthiens 3, Paul avait surtout en tête la croissance de l’église de Dieu, et non pas la piété personnelle du croyant. Ceci étant établi, il est maintenant facile de comprendre que l’œuvre en question consiste à construire l’église de Dieu. Ici encore le parallèle se fait avec Matthieu 12.30. Lorsque Jésus dit, ‘Celui qui rassemble avec moi,’ il est question du rassemblement du peuple de Dieu, de l’église. ‘Celui qui disperse’ se réfère à l’action de disperser le peuple de Dieu, les brebis de Dieu, le troupeau de Dieu, ou la moisson de Dieu. Peu importe l’image choisie, on parle toujours de la même entité : l’église.

En se décrivant comme un bâtisseur pour Dieu, construisant son église, Paul ne fait que reprendre de façon plus élaborée l’enseignement de Jésus en Matthieu 12.30. On sait que Paul a consacré sa vie à bâtir l’église de Dieu. Cette expression, ‘bâtir l’église,’ Paul l’affectionne particulièrement. On le constate par sa fréquente utilisation des mots ‘édifier’ et ‘édification’. Ils apparaissent une vingtaine de fois dans ses écrits, et à chaque fois, ils sont associés au thème de l’église.

Nous constatons rapidement, en lisant les lettres de Paul, que cet apôtre éprouvait un grand amour pour l’église de Christ et qu’il travaillait inlassablement à la construire. ‘Nous sommes la construction de Dieu,’ écrit-il en 1Corinthiens 3.9. Le mot grec pour ‘construction’ est également traduit par le mot ‘édification’. Il désigne autant l’action d’ériger quelque chose que la chose construite elle-même. Ici au v. 9, il est question de l’objet. Il décrit l’église comme étant un édifice, lequel sera appelé ‘temple de Dieu’ au v. 16. D’autre part, du v. 10 au v. 15, l’accent est mis cette fois sur le processus de la construction. D’ailleurs, à plusieurs endroits en 1Corinthiens, la forme verbale et la forme nominale de ce mot sont utilisées pour développer l’idée non pas d’édifice mais ‘d’édifier’ l’église, i.e., d’encourager la croissance spirituelle, dans la sagesse et la piété, de ceux qui composent l’église (1Corinthiens 8.1, 10; 10.23; 14.3-5, 12, 17, 26). On peut faire la même observation dans les autres lettres de Paul (Romains 14.19; 15.2; 2Corinthiens 10.8, 12.19, 13.10; Éphésiens 4.12, 16, 29). À tous ces endroits, l’intense désir de Paul de bâtir la maison de Dieu, d’édifier l’église, est manifeste.

Ouvriers de Dieu

Ce point étant compris, nous devons maintenant préciser l’identité de ceux qui travaillent à la construction spirituelle de l’église. Qui sont les individus qui collaborent ensemble à promouvoir les intérêts de l’église? Regardons ce que Paul nous enseigne. En 1Corinthiens 3.9, il déclare ceci : ‘Nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes l’édifice de Dieu.’ Le ‘nous’ concerne Paul et Apollos. Ils sont les bâtisseurs. Il s’agit aussi de Céphas, i.e. l’apôtre Pierre, qui est mentionné au v. 22. Le ‘vous’ correspond à la maison de Dieu, donc à l’église.

Paul dit aux Corinthiens, ‘Nous oeuvrons au service divin, collaborant avec Dieu pour bâtir son église. Vous êtes sa construction, son église. Nous vous avons bâtis.’ Ou encore, en reprenant une autre image, ‘Vous êtes le champ de Dieu dans lequel nous travaillons. Certains d’entre nous ensemencent, alors que d’autres arrosent.’

Les employés de Dieu sont-ils seulement ceux qui s’appellent Paul, Pierre et Apollos? Il est vrai que ce verset s’applique particulièrement aux leaders religieux, aux prédicateurs et aux enseignants de la parole de Dieu. Mais en bout de ligne, nous devons convenir que la responsabilité de bâtir l’église ne repose pas que sur leurs épaules. Chaque chrétien, jeune ou vieux, a un rôle à jouer au sein de l’église. Tous les disciples doivent apporter leur contribution en mettant leurs dons à la disposition du Seigneur. Et Paul nous révèle au v. 13 que lors du retour de Jésus, la qualité de l’œuvre de chacun sera jugée. Tous auront à se présenter devant le tribunal de Christ.

Parmi ceux qui fréquentent l’église aujourd’hui, combien contribuent réellement à son érection? Notez bien les paroles de Jésus. ‘Celui qui assemble avec moi.’ Il n’a pas dit, ‘Celui qui se joint à lui-même.’ Certains individus semblent tellement absorbés par le souci de sauver leur âme qu’ils oublient les besoins spirituels de leur prochain. Ils acceptent de se soumettre à la volonté de Dieu pour leur propre salut mais ne ressentent pas le même enthousiasme lorsqu’il est question de faire la même chose pour les autres. L’enseignement de Jésus nous demande d’aimer Dieu de tout notre cœur ainsi que notre prochain comme nous-mêmes. L’amour du prochain devrait nous inciter à poser des gestes pour l’amener au salut. Il n’y a rien d’égoïste à vouloir sauver son âme. Mais il ne faudrait pas en rester là. Celui qui a foi en Dieu rassemble avec Christ. Il moissonne avec Jésus. Il rassemble les brebis dans l’enclos. Il conduit les hommes jusqu’au royaume de Dieu.

Nous lisons ensuite cet avertissement en 1Corinthiens 3.10 : Que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus, c’est-à-dire au-dessus de ce fondement. L’accent est mis non plus sur l’ouvrier mais sur l’ouvrage qui est accompli. Chaque ouvrier, à savoir quiconque rassemble avec Christ, doit faire attention à la façon dont il construit l’église. Paul nous dit que les travailleurs doivent bâtir sur la fondation qui est déjà en place dans la personne de Jésus-Christ. Et il demande à tous de faire l’ouvrage de manière très consciencieuse car un jour, chacun devra répondre devant Dieu de sa participation à l’œuvre.

Matériaux de construction

À quoi correspondent les six matériaux de construction énumérés par Paul? Avant de répondre à cette importante question, il faut d’abord tenir compte des deux points suivants. (1) Une œuvre, dans le sens d’un travail, ne peut pas être soumis au test du feu. Le mot ‘œuvre’ est employé dans ce passage pour désigner le résultat d’une activité. À cet égard, on peut dire que l’or n’est pas une œuvre. L’or est une matière qu’on utilise pour faire un objet. (2) Dans la liste des matériaux mentionnés, il y en a trois qui résistent au feu (l’or, l’argent et les pierres précieuses) et trois autres que le feu peut consumer, soit le bois, le foin et la paille. L’accent est mis non pas sur la valeur des différents matériaux ni sur l’utilisation qu’on en fait, mais sur le contraste entre le caractère périssable et impérissable des matériaux. Certains matériaux sont inaltérables alors que d’autres se détériorent plus ou moins rapidement avec le temps.

À la lueur du contexte de ce passage, l’or, l’argent et les pierres précieuses représentent pour Paul les véritables enseignements chrétiens ainsi que la vie qui en découle. D’un autre côté, le bois, le foin et la paille désignent les enseignements erronés, de même que les œuvres de la chair. Cette interprétation est celle que vous trouverez dans la plupart des commentaires bibliques.

J’aimerais suggérer que la signification de ces matériaux est peut-être un peu plus large que cela. Voici ce que je veux dire. La métaphore choisie par Paul dans ce passage ne se rapporte pas uniquement aux enseignements et au caractère d’un individu comme nous venons de le mentionner mais aussi aux personnes elles-mêmes, aux hommes et aux femmes qui composent l’église. Certains sont façonnés à l’image du Christ. Ils sont symbolisés par l’or, l’argent et les pierres précieuses. D’autres sont des individus instables. Ceux-ci font partie de la catégorie du bois, de la paille et du chaume. Explorons davantage cette idée.

Bâtir l’église avec des personnes

Nous allons examiner un à un chacun de ces matériaux. Commençons par la fin. Le dernier matériau de la liste est le chaume. Lorsque le fermier moissonne le blé, il coupe la portion supérieure de la céréale. La partie inférieure de la tige qui reste encore sur pied après la récolte est ce qu’on appelle le chaume.

Le mot grec pour ‘chaume’ est également utilisé en Matthieu 11.7 où il est traduit par le mot ‘roseau’ pour représenter celui qui manque de force de caractère et qui se laisse facilement influencer par l’opinion des autres. Jésus dit dans ce verset, Qu’êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent? Un ‘roseau’, c’est-à-dire quelque chose de faible, facilement agitée par un souffle d’applaudissement ou de déplaisir, tel un roseau qui se balance au vent. Cette question concernait Jean le Baptiste. Jean n’était certainement pas comme le roseau. Il n’était pas comme la paille non plus. Jean préférait mourir que de mentir. Il préférait souffrir plutôt que de se taire. Jésus dira de ce prophète intrépide qu’il est le plus grand homme parmi ceux qui sont nés d’une femme.

Le même mot, ‘roseau’, réapparaît en Matthieu 12.20 où nous lisons la phrase, Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice. Qu’est-ce qu’un roseau cassé? Le roseau a la forme d’un cylindre creux. S’il est plié, ses forces disparaissent. Le roseau cassé devient ainsi le symbole d’un homme à l’esprit froissé, écrasé par le poids de ses péchés. Et Jésus dit, ‘Je suis venu pour amener les pécheurs à se repentir, et non pas pour les juger. Je suis venu pour proclamer la Bonne Nouvelle à ceux qui ont le cœur froissé, et non pas pour appliquer le jugement éternel sur leurs fautes. ‘Le roseau abîmé, je ne le briserai pas.’ Le roseau constitue ainsi l’image de l’homme frêle opprimé par le péché.

Notez que nous parlons toujours d’individus. Le roseau représente une personne, un être humain. Et nous pouvons dire la même chose du foin, l’autre sorte de matériau mentionné par Paul dans sa liste en 1Corinthiens 3. Le mot ‘foin’ se rapporte à des personnes. C’est d’ailleurs ce que nous constatons en 1Pierre 1.24. Dans ce verset, le mot ‘herbe’ provient du même mot grec qui est traduit ailleurs par le mot ‘foin’. Cela se comprend facilement puisque le foin est tout simplement de l’herbe séchée. Que nous dit l’apôtre Pierre? Toute chair est comme l’herbe (le foin), et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe. La chair est aussi éphémère que l’herbe. L’être humain est né de la chair et son caractère transitoire se compare à l’herbe. Il est vite abattu par la mort. Donc l’herbe ou le foin symbolise l’être humain dans son état naturel, i.e., charnel.

Prenons le prochain matériau, le bois. Encore une fois, nous pouvons affirmer que le mot ‘bois’ représente des personnes dans le texte biblique. Luc 23.31 en est un exemple. Il est écrit, Car, si l’on fait ces choses au bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec? Les mots ‘bois vert’ et ‘bois sec’ sont utilisés dans la Bible, particulièrement dans l’AT, pour symboliser respectivement le juste et le méchant. On n’a qu’à lire Ésaïe 23.15, Psaumes 1.3, ou Ézékiel 17.24; 20.47 pour s’en rendre compte. Ici encore, le mot ‘bois’, qu’il soit vert ou sec, évoque un type d’individu.

L’apôtre Paul parle de l’importance de travailler ensemble à construire le temple de Dieu, l’église. Or on ne bâtit pas le temple de n’importe quelle manière. On doit trouver des matériaux de construction. Certain utiliserons le chaume, le foin ou le bois par exemple. Et nous avons vu que chacun de ces matériaux représente des personnes. Ces trois matériaux désignent les êtres humains dans leur état naturel.

Qu’en est-il de l’or, de l’argent et des pierres précieuses? La même observation s’applique ici encore. Ces matériaux symbolisent des personnes. Et ce qu’il y a de particulier dans ce groupe-ci, c’est qu’il est constitué entièrement d’hommes et de femmes marchant dans la justice.

C’est le cas des pierres précieuses par exemple. En 1Pierre 2.5, nous lisons, Vous aussi, comme des pierres vivantes, vous êtes édifiés, pour être une maison spirituelle, une sacrificature sainte. Pierre fait la même déclaration que Paul en 1Corinthiens 3. Vous êtes comme des pierres, des pierres vivantes. Vous êtes précieux car la vie de Dieu habite en vous. Comme des pierres précieuses et vivantes, vous servez à la construction du temple de Dieu, une maison spirituelle. Les croyants sont des pierres vivantes qui, ensemble, forment l’église.

Nous retrouvons donc ici la même analogie. Les pierres symbolisent des personnes, plus spécifiquement des chrétiens nés de nouveau à la vie éternelle. Peut-on faire la même affirmation avec l’or et l’argent? Oui, la même constatation se répète. L’or et l’argent font référence à des personnes. Paul emploie ces deux mots côte à côte en 2Timothée 2.20. Or, dans une grande maison, il n’y a pas seulement des vases d’or et d’argent, mais aussi de bois et de terre; et les uns à honneur, les autres à déshonneur. Dans ce verset, les vrais chrétiens sont représentés par les vases d’or et d’argent. La grande maison est la maison de Dieu, l’église, où se trouve cette vaisselle de grande valeur. Paul dit au verset suivant, ‘Si vous vous purifiez en vous tenant à l’écart des influences corruptrices, vous serez un vase d’honneur, un vase fait d’or ou d’argent. Si vous ne vous purifiez pas des souillures, vous serez alors un vase à déshonneur, un vase impur fait de bois et de terre, destiné à un usage vil.’

Devant le tribunal de Dieu

Nous constatons ainsi que les matériaux énumérés en 1Corinthiens correspondent à des types de personnes. Nous construisons l’église de Dieu en amenant des personnes à croire en Christ et à se joindre à une congrégation chrétienne. Si on veut utiliser les paroles de Jésus en Matthieu 12, on peut dire que ce travail est décrit par l’action de ‘rassembler’ le troupeau. L’église, étant formée des personnes qui la fréquentent, présente ainsi le caractère du matériau qui est utilisé pour sa construction.

Toutefois, ceux qu’on retrouve à l’église le dimanche ne possèdent pas tous la même qualité spirituelle. Une congrégation comprend toujours un mélange de croyants authentiques, de chrétiens de nom et d’incroyants. Certains sont vraiment nés d’en haut (l’or, l’argent, et les pierres précieuses), alors que certains autres professent seulement être chrétiens ou ne professent rien du tout (le chaume, le foin et le bois). Paul nous lance cet avertissement : Faites très attention à la manière dont vous bâtissez le temple de Dieu. Construisez avez des matériaux durables, des matériaux qui résistent au feu comme l’or, l’argent et les pierres précieuses. N’utilisez pas des matériaux qui se détériorent avec le temps. Car un jour, l’œuvre de chacun sera éprouvé par le feu pour montrer ce qu’il vaut.

Paul fait cette sérieuse déclaration en 1Corinthiens 3.13. L’ouvrage de chacun sera rendu manifeste, car le jour le fera connaître, parce qu’il est révélé en feu; et quel est l’ouvrage de chacun, le feu l’éprouvera. Le mot ‘jour’ désigne le jour du jugement devant le tribunal de Christ. Le feu est une autre expression biblique bien connue relative au jugement de Dieu. Lors de son retour, Christ passera en revue les services qui lui auront été rendus. Ceux qui auront construit avec ‘de l’or, de l’argent et des pierres précieuses’ verront leur œuvre résister à l’épreuve du feu. Ils recevront une récompense. Par contre, l’œuvre de ceux qui auront utilisé ‘du bois, de la paille ou du chaume’ ne subsisteront pas au jour de l’épreuve final. Ils subiront une perte. Paul précise qu’il ne s’agit pas de la perte de leur salut puisqu’il ajoute au v. 15 qu’ils ‘seront personnellement sauvés.’ Il est plutôt question de la perte de leur récompense, quelle qu’elle soit.

Notez que c’est l’œuvre qui est brûlé – étant constituée de matériaux périssables – et non pas l’ouvrier lui-même. Le sujet de ce passage concerne le type de matériau que l’ouvrier utilise pour édifier l’église et non pas le type de matériau dont celui-ci serait fait. Or si ces matériaux représentent des gens, vous n’avez pas à réfléchir trop longtemps pour conclure que lorsque le bois, la paille ou le chaume sont consumés, ce sont des personnes qui sont détruites. Voyez-vous ce que cela signifie? Il y aura une perte terrible au jour du jugement. Parmi ceux qui auront fait profession de connaître Dieu, certains découvriront avec stupeur que leurs noms ne sont pas inscrits dans le livre de vie. Cette portion de l’église se fera dire par le Seigneur, ‘Je ne vous connais pas. Allez-vous-en.’ Nous retrouvons ces mots en Matthieu 7.

Sommaire

Résumons brièvement tout ce nous avons appris dans cette leçon. Nous avons d’abord considéré la signification de la déclaration de Jésus en Matthieu 12.30b. Celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. Nous avons vu que cette phrase ne nous laisse que deux choix : Ou bien nous rassemblons avec Jésus, ou bien nous dispersons.

Ensuite nous nous sommes tournés vers 1Corinthiens 3 où il est question de construire l’église. Nous avons assimilé cette activité à celle de rassembler le peuple de Dieu en Matthieu 12.30. Trois noms figurent dans la lettre aux Corinthiens: Paul, Apollos et Pierre. Ceux-ci sont des ouvriers travaillant au service de Dieu. Nous avons également mentionné que dans un sens large, tous les croyants sont des ouvriers de Dieu. Chacun apporte sa contribution dans la construction de son église. C’est pourquoi Paul fait référence à ‘l’œuvre de chacun’ au v. 13. De même, il révèle au v. 8 que ‘chacun recevra sa propre récompense en fonction de son propre travail.’ Le travail de chaque croyant – et non pas seulement de ceux qui ont un ministère d’enseignement ou de leadership – sera jugé par le Seigneur.

C’est en édifiant l’église avec des personnes que nous bâtissons le temple de Dieu. Et lorsque nous édifions des gens, nous prenons soin de leur avancement spirituel. Il ne suffit pas d’accepter Christ une fois dans sa vie. La nouvelle vie qui résulte de cette décision doit servir à l’édification des autres. De cette façon, l’église continuera de croître dans la grâce de Dieu.
Le chrétien est appelé non seulement à croire en Christ mais aussi à collaborer avec Dieu pour l’édification de son église, à le servir pour accomplir la tâche qui lui a été impartie. Celui qui n’assemble pas avec moi, disperse. Ceux qui ne se conforment pas à cette ordonnance de conduire les âmes perdues à la foi se mettent en travers du chemin menant au royaume de Dieu. Ils entravent l’œuvre de Dieu en dispersant les hommes.

 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.
www.entretienschretiens.com

 

 

Mère

mardi 20 octobre 2015


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