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Archive pour le mot-clef ‘patience’

Imiter la patience du Seigneur

jeudi 1 août 2019

Notre Seigneur a été un modèle incomparable de patience : il a supporté un « démon » parmi ses disciples jusqu’à sa Passion (Jn 6,70). Il a dit : « Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé » (Mt 13,29). Comme symbole de l’Église, il a prédit que le filet ramènerait sur le rivage, c’est-à-dire jusqu’à la fin du monde, toutes sortes de poissons, bons et mauvais. Il a fait connaître de plusieurs autres manières, soit ouvertement, soit par paraboles, qu’il y aurait toujours le mélange des bons et des méchants. Et pourtant il affirme qu’il faut veiller sur la discipline de l’Église quand il dit : « Si ton frère a péché contre toi, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute ; s’il t’écoute, tu auras gagné ton frère » (Mt 18,15). (…)

Mais aujourd’hui, nous voyons des hommes qui ne considèrent que les préceptes rigoureux, qui commandent de réprimer les perturbateurs, de « ne pas donner aux chiens les choses saintes », de « traiter comme un publicain » celui qui méprise l’Église, de retrancher du corps le membre scandaleux (Mt 7,6; 18,17; 5,30). Leur zèle intempestif trouble tellement l’Église qu’ils voudraient arracher l’ivraie avant le temps, et leur aveuglement les rend eux-mêmes ennemis de l’unité de Jésus Christ. (…)

Prenons garde de ne pas laisser entrer dans notre cœur ces pensées présomptueuses, de chercher à nous séparer des pécheurs pour ne pas nous souiller à leur contact, de vouloir former comme un troupeau de disciples purs et saints. Nous ne ferions que rompre l’unité, sous le prétexte de ne pas fréquenter des méchants. Au contraire, rappelons-nous les paraboles de l’Écriture, ses paroles inspirées, ses exemples frappants, où il nous est montré que les méchants seront toujours mêlés aux bons dans l’Église, jusqu’à la fin du monde et au jour du jugement, sans que leur participation aux sacrements soit nuisible aux bons, tant que ceux-ci n’auront pas participé à leurs péchés.

Saint Augustin (354-430)

 

 

 

 

Porter du fruit, débarrassé des soucis du monde

vendredi 26 juillet 2019

Avance avec simplicité sur les voies du Seigneur, et ne te fais pas de souci. Déteste tes défauts, oui, mais tranquillement, sans agitation, ni inquiétude. Il faut user de patience à leur égard et en tirer profit grâce à une sainte humilité. Faute de patience, tes imperfections, au lieu de disparaître, ne feront que croître. Car il n’y a rien qui renforce tant nos défauts que l’inquiétude et l’obsession de s’en débarrasser.

Cultive ta vigne d’un commun accord avec Jésus. A toi revient la tâche d’enlever les pierres et d’arracher les ronces. A Jésus, celle de semer, planter, cultiver et arroser. Mais même dans ton travail, c’est encore lui qui agit. Car sans le Christ, tu ne pourrais rien faire.

Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
Ep 3, 579 ; CE 54 (trad. Une Pensée, Mediaspaul 1991, p. 95)


mardi 31 juillet 2018

Le Maître et le Créateur de l’univers, Dieu, qui a fait toutes choses et les a disposées avec ordre, s’est montré non seulement plein d’amour pour les hommes, mais plein de patience. Lui, il a toujours été, il est et il restera le même : secourable, bon, doux, véridique — lui seul est bon. Pourtant lorsqu’il a conçu son dessein d’une grandeur inexprimable, il n’en a fait part qu’à son Fils unique. Tant qu’il maintenait dans le mystère et réservait le plan de sa sagesse, il semblait nous négliger et ne pas se soucier de nous. Mais quand il a révélé par son Fils bien-aimé et manifesté ce qu’il avait préparé depuis le commencement, il nous a offert tout en même temps : participer à ses bienfaits, voir, et comprendre la largesse de ses dons. Qui de nous aurait jamais pu s’y attendre ? Dieu avait donc déjà tout disposé à part lui avec son Fils ; mais, jusqu’à ces derniers temps, il nous a permis de nous laisser emporter au gré de nos penchants désordonnés, entraînés par les plaisirs et les passions. Non qu’il ait pris le moins du monde plaisir à nos péchés ; il tolérait seulement ce temps où sévissait le mal sans y consentir. Il préparait le règne actuel de la justice. Durant cette période, nos propres œuvres nous montraient indignes de la vie ; nous en devenons dignes maintenant par l’effet de la bonté de Dieu. Nous nous sommes montrés incapables d’accéder par nous-mêmes au Royaume de Dieu ; c’est sa puissance qui nous en rend capables maintenant… Dieu ne nous a pas haïs, ni repoussés, il n’a pas tenu rancune, mais il a patienté longtemps.

La Lettre à Diognète (v. 200)

« Soyez sans crainte ! »

vendredi 20 octobre 2017

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Il me semble que vous devriez vous résoudre à faire avec calme ce que vous pouvez. Ne soyez pas inquiet de tout le reste, mais abandonnez à la divine Providence ce que vous ne pouvez pas accomplir par vous-même. Sont agréables à Dieu notre soin et notre sollicitude raisonnables pour mener à bien les affaires dont nous devons nous occuper par devoir. Ne plaisent pas à Dieu l’anxiété et l’inquiétude de l’esprit : le Seigneur veut que nos limites et nos faiblesses prennent appui en sa force et en sa toute-puissance, il veut que nous espérions que sa bonté suppléera à l’imperfection de nos moyens.

Ceux qui se chargent d’affaires nombreuses, même avec une intention droite, doivent se résoudre à faire simplement ce qui est en leur pouvoir… Si on doit laisser de côté certaines choses, il faut s’armer de patience, et ne pas penser que Dieu attend de nous ce que nous ne pouvons pas faire. Il ne veut pas que l’homme s’afflige de ses limites… ; il n’est pas nécessaire de se fatiguer exagérément. Bien plus, lorsqu’on s’est efforcé d’agir de son mieux, on peut abandonner tout le reste à celui qui a le pouvoir d’accomplir tout ce qu’il veut.

Plaise à la divine bonté de nous communiquer toujours la lumière de la sagesse, pour que nous puissions voir clairement et accomplir fermement son bon plaisir, en nous et dans les autres…, pour que nous acceptions de sa main ce qu’il nous envoie, en considérant ce qui a le plus d’importance : la patience, l’humilité, l’obéissance et la charité.

Saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur des jésuites
Lettre du 17/11/1555 (trad. Soleil Levant 1957, p. 169 rev. Tournay)

 

 

 

« Comme des brebis au milieu des loups. »

vendredi 8 juillet 2016

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Salutaire est le précepte de Notre Seigneur et Maître : « Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. » Il dit encore : « Si vous demeurez dans ma parole, vous serez mes vrais disciples, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous délivrera » (Jn 8,31). Il faut supporter et persévérer, frères bien aimés. Ainsi, admis à l’espérance de la vérité et de la liberté, nous pourrons parvenir à cette vérité et à cette liberté, car si nous sommes chrétiens, c’est l’œuvre de la foi et de l’espérance. Mais pour que l’espérance et la foi puissent porter leur fruit, la patience est nécessaire…

Qu’on ne travaille donc pas dans l’impatience, qu’on ne se laisse pas abattre sur le chemin du Royaume, distrait et vaincu par les tentations. Ne pas jurer, ne pas maudire, ne pas réclamer ce qui nous est enlevé par la force, tendre l’autre joue, pardonner aux frères tous leurs torts, aimer ses ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent : comment arriver à faire tout cela si l’on n’est pas ferme dans la patience et la tolérance ? C’est ce que nous voyons chez Étienne… Il ne demande pas la vengeance, mais le pardon pour ses meurtriers : « Seigneur, ne leur impute pas leur péché ! » (Ac 7,59) Ainsi le premier martyr du Christ…n’était pas seulement le prédicateur de la passion du Seigneur, mais aussi l’imitateur de son extrême douceur. Quand notre cœur est habité par la patience, il ne peut pas y avoir place pour la colère, la discorde et la rivalité. La patience du Christ chasse tout cela pour construire dans ce cœur une demeure pacifique où se plaît à habiter le Dieu de paix.

Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
Les Bienfaits de la patience, 13.16 ; SC 291 (trad. cf SC, p. 213s)

 

 

 

Prendre le temps

mercredi 7 mai 2014

 

crbst_foret_20bandeau_20vertical5Je vais prendre le temps
de laisser poser mon regard
sur les choses de tous les jours
et les voir autrement,
celles que chaque matin,
je croise sans les voir.

Toutes les choses familières
que je côtoie à longueur de jour,
de mois, d’année…

Je vais prendre le temps
de voir l’étrangeté des arbres,
ceux de mon jardin, ceux du parc voisin,
qui le crépuscule venu bruissent de mystère…

Je vais prendre le temps
de poser mon regard
sur les êtres que j’aime
et de regarder autrement les miens,
celles et ceux qui me sont les plus proches
et que parfois je ne vois même plus,
que je n’entends même plus,
tant le souci de mes affaires, de mon travail,
parasitent mon cœur et mon corps…

Oui, je vais prendre le temps de les découvrir
de me laisser surprendre
encore et toujours par ceux que j’aime.

Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer aussi,
toi mon Dieu,
au-delà des mots, des formules et des habitudes.

Oui, je vais aller à ta rencontre comme au désert
et tu me surprendras, mon Dieu.
Oui, je vais prendre le temps
de te rencontrer autrement.

Saint Augustin

« Partir à la recherche de la brebis égarée »

mardi 13 août 2013

AdamAprès son péché, Adam éprouve de la honte, il se sent nu, il ressent le poids de ce qu’il a fait, et pourtant Dieu ne l’abandonne pas. Si à ce moment-là, avec le péché, commence l’exil de chez Dieu, il y a déjà la promesse du retour, la possibilité de retourner à Dieu. Dieu demande immédiatement : « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9) ; il le cherche. Jésus est devenu nu pour nous, il a pris sur lui la honte d’Adam, la nudité de son péché pour laver notre péché : « par ses plaies nous avons été guéris » (Is 53,5; 1P 2,24). Rappelez-vous ce que dit saint Paul : « De quoi est-ce que je me vanterai, sinon de ma faiblesse, de ma pauvreté ? » (cf 2Co 11,30s) C’est vraiment dans le fait de ressentir mon péché, dans le fait de regarder mon péché, que je peux voir et rencontrer la miséricorde de Dieu, son amour, et aller à lui pour en recevoir le pardon.

Dans ma vie personnelle, j’ai vu bien des fois le visage miséricordieux de Dieu, sa patience. J’ai vu aussi en de nombreuses personnes le courage d’entrer dans les plaies de Jésus en lui disant : « Seigneur, me voici, accepte ma pauvreté, cache dans tes plaies mon péché, lave-le avec ton sang » (Ap 1,5). Et j’ai toujours vu que Dieu l’a fait, a accueilli, consolé, lavé, aimé.

Chers frères et sœurs, laissons-nous envelopper par la miséricorde de Dieu. Comptons sur sa patience qui nous donne toujours du temps. Ayons le courage de retourner dans sa maison, de demeurer dans les blessures de son amour, en nous laissant aimer par lui, de rencontrer sa miséricorde dans les sacrements. Nous éprouverons sa tendresse, si belle ; nous sentirons qu’il nous embrasse et nous serons nous aussi plus capables de miséricorde, de patience, de pardon, d’amour.

Pape François
Homélie du 07/04/2013, Prise de possession de la chaire de l’évêque de Rome (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

 

 

 

 

« Va te mettre à la dernière place. »

samedi 29 octobre 2011

Frères, gardons-nous de tout orgueil et de toute vaine gloire. Gardons-nous de la sagesse de ce monde et de la prudence égoïste. Car celui qui est esclave de ses tendances égoïstes met beaucoup de volonté et d’application à tenir des discours, mais beaucoup moins à passer aux actes : au lieu de rechercher la religion et la sainteté intérieures de l’esprit, il veut et il désire une religion et une sainteté extérieures bien visibles aux yeux des hommes. C’est d’eux que le Seigneur dit : « Je vous le dis en vérité, ils ont reçu leur récompense » (Mt 6,5). Celui, au contraire, qui est docile à l’esprit du Seigneur veut mortifier et humilier cette chair égoïste… Il s’applique à l’humilité et à la patience, à la pure simplicité et à la paix véritable de l’esprit ; ce qu’il désire toujours et par-dessus tout, c’est la crainte de Dieu, la sagesse de Dieu, et l’amour de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit.

Tous les biens, rendons-les au Seigneur Dieu très-haut et souverain ; reconnaissons que tous les biens lui appartiennent ; rendons-lui grâces pour tout, puisque c’est de lui que procèdent tous les biens. Lui, le Dieu très-haut et souverain, le seul vrai Dieu, qu’il obtienne, qu’on lui rende, qu’il reçoive tous honneurs et respects, toutes louanges et bénédictions, toute reconnaissance et toute gloire : car tout bien est à lui, qui seul est bon.

Saint François d’Assise (1182-1226), fondateur des Frères mineurs
Première règle, § 17 (trad. Desbonnets et Vorreux, Documents, p. 71)

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