Ô Marie, Marie, temple de la Trinité, ô Marie, porteuse du feu, Marie distributrice de miséricorde, Marie, qui as fait germer le fruit divin ! Marie, rédemptrice, en un sens, du genre humain ! (La souffrance de ta chair, dans le Verbe, n’a-t-elle pas sauvé le monde ?) Le Christ fut rédempteur par sa passion ; toi, par la douleur du corps et de l’âme.
Ô Marie ! Mer tranquille, distributrice de paix, Marie, terre féconde ! Tu es l’arbre nouveau qui as porté la fleur odorante du Verbe, Fils unique de Dieu. En toi, terre féconde, fut semé le Verbe. Tu es à la fois la terre et l’arbre. Ô Marie, char de feu, tu as porté le feu caché et voilé sous la cendre de ton humanité. (…)
Ô Marie, très doux amour, en toi est écrit le Verbe qui nous donne la doctrine de la vie ; tu es la tablette sur laquelle est gravée cette doctrine. Aussitôt imprimé en toi, ce Verbe porte la croix du saint désir qui est comme greffé sur lui. À peine conçu, il est possédé du désir de mourir pour le salut des hommes, en faveur de qui il s’incarne. Et ce fut une grande croix que de porter si longtemps un désir qu’il eût voulu aussitôt réaliser.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
