Étiquette : Ste Catherine de Sienne

  • Les signes de la vrai et parfaite charité

    Les signes de la vrai et parfaite charité

    Très cher Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, l’esclave des serviteurs de Jésus Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir fondé dans la vraie et parfaite charité. (…)

    C’est là un des signes particuliers qui montrent si l’âme est dans la charité ou non. Elle ne méprise personne, mais elle supporte avec patience les défauts des autres ; elle ne s’irrite pas, mais elle est pleine de douceur ; elle ne rend pas l’homme injuste, mais juste, lui faisant rendre à chacun ce qui lui est dû, qu’il obéisse ou qu’il commande. Il rend gloire à Dieu et louange à son nom ; il a pour lui la haine et l’horreur du péché, et pour le prochain l’amour et la bienveillance. S’il est puissant et qu’il ait à exercer la justice, il écoute le grand comme le petit, le pauvre comme le riche. Il ne souille pas sa conscience en cédant aux flatteries, aux menaces, au plaisir ou au déplaisir ; mais il tient la balance droite, rendant à chacun ce que veut la justice. Il sert avec zèle son prochain, montrant envers lui l’amour qu’il a pour Dieu : il ne peut rendre service à Dieu, mais il s’applique à rendre service à ce que Dieu aime tant, à la créature raisonnable, qui lui est donnée comme intermédiaire.

    Combien est douce la charité, cette tendre mère ! Elle est sans amertume, et toujours elle donne la joie au cœur de celui qui la possède.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Heureux le serviteur trouvé entrain de veiller !

    Heureux le serviteur trouvé entrain de veiller !

    Très cher Frère dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir un seigneur juste dans l’exercice de la puissance qui vous est confiée. (…)

    Il faut être juste, et garder avec justice la cité de notre âme, en vivant dans la vraie et sainte crainte de Dieu ; il faut aimer la vertu, et détester le vice. De cette manière, nous goûterons le sang de Jésus crucifié ; la vraie et sainte justice brillera en vous, vous serez un maître juste et bon pour votre âme et votre prochain, mais pas autrement. C’est pourquoi je vous ai dit que je désirais vous voir un maître juste, afin que vivant avec justice, vous mainteniez le droit et la justice dans la charge que vous avez.

    Mon très cher Frère, ne dormez plus ; mais secouez avec zèle votre sommeil. Revenons à nous, et n’attendons pas le temps, car le temps n’attend pas ; le temps est plus rapide que nous ne nous l’imaginons. Je voudrais que nous sortions de notre position, et que nous rompions les liens qui nous lient ; car celui qui est lié ne peut avancer, et il faut que nous avancions dans la voie de la vertu en suivant la doctrine de Jésus crucifié, qui est la voie, la vérité, la vie ; et celui qui le suit ne va pas dans les ténèbres, mais dans la lumière. Il faut donc marcher dans cette voie douce et droite.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Bâtir l’édifice de notre âme

    Bâtir l’édifice de notre âme

    Mon très cher et bien aimé Père dans le Christ Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir une pierre ferme, fondé sur le doux Jésus, la pierre inébranlable. (…)

    Ô très cher Père, y a-t-il une chose meilleure et plus douce que de bâtir l’édifice de notre âme ? Oui, c’est une chose bien douce, d’avoir trouvé la pierre, l’architecte et l’ouvrier qu’il faut pour cet édifice. Oh ! le bon architecte, que le Père éternel, en qui reposent la sagesse, la science, la bonté infinies ! Notre Dieu est Celui qui est ; toutes les choses qui ont l’être le tiennent de lui ; c’est un maître qui fait tout ce qui est utile, et qui ne veut que notre sanctification. Tout ce qu’il donne ou permet est pour notre bien, pour nous purifier de nos péchés, ou pour augmenter en nous la grâce et la perfection. C’est donc un doux maître puisqu’il sait bien édifier, et qu’il nous donne ce dont nous avons besoin. (…) Nous avions perdu la grâce par le péché commis, et il est venu s’unir et se greffer sur notre nature ; il s’est donné tout à nous, car sa vertu est dans son Fils ; il l’a fait artiste aussi, en lui donnant sa puissance ; il l’a fait pierre, comme le dit saint Paul : « Notre pierre est le Christ » (1 Co 10,4). Il l’a fait le serviteur et l’ouvrier de l’édifice, car la charité, l’amour ineffable avec lequel il a donné sa vie et son sang, a préparé la chaux, et rien maintenant ne nous manquera.

    Réjouissons-nous donc et tressaillons d’allégresse, parce que nous avons un bon architecte, une pierre excellente et un ouvrier qui nous a cimentés avec son sang ; et son ouvrage est si fort, que ni le démon, ni les créatures, ni la grêle, ni la tempête, ni le vent ne pourront jamais renverser cet édifice, si nous n’y consentons.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Le cœur protégé par une vraie et sainte patience

    Le cœur protégé par une vraie et sainte patience

    Très saint et très révérend Père dans le Christ, le doux Jésus, votre indigne et misérable petite fille Catherine se recommande à vous dans son précieux sang, avec le désir de voir votre cœur ferme et inébranlable dans la vraie et parfaite patience, considérant qu’un cœur faible, mobile et sans patience, ne pourra jamais parvenir à accomplir les grandes œuvres de Dieu. (…)

    Plus votre fardeau est pesant, plus votre cœur doit être fort, courageux et sans crainte à l’égard des choses qui peuvent vous arriver. Vous savez bien, très saint Père, qu’en prenant l’Église pour épouse, vous vous êtes engagé à souffrir pour elle les vents contraires, les peines, les tribulations qui vous attaqueront à son occasion. Hé bien ! allez donc, en homme courageux, au-devant de ces tempêtes, avec force, patience et persévérance ; que la peine ne vous fasse jamais regarder en arrière par surprise et par peur ; mais persévérez et réjouissez-vous au milieu des périls et des batailles, pour que votre cœur se réjouisse en voyant l’œuvre de Dieu se faire au milieu des obstacles qui se sont présentés et qui se présenteront.

    Il en est toujours ainsi ; toujours la persécution de l’Église, ou les tribulations de l’âme vertueuse, finissent par la paix, que méritent la vraie patience et la persévérance, à laquelle est réservée la couronne de gloire. C’est là le remède, et c’est pour cela que je vous ai dit, très saint Père, que je désirais vous voir un cœur ferme et inébranlable, protégé par une vraie et sainte patience.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Je sais bien, Moi, ce dont vous avez besoin !

    Je sais bien, Moi, ce dont vous avez besoin !

    [Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] Comment l’homme peut-il refuser de croire que j’aurai soin de lui, lui que j’ai créé à mon image et ressemblance, quand il me voit nourrir et préserver le ver dans le bois sec, donner leur pâture aux bêtes des champs, aux poissons de la mer, aux oiseaux de l’air, à tous les êtres vivants qui sont sur terre ? Je fais luire mon soleil sur les plantes, et je répands sur elles la rosée qui féconde. N’est-ce pas pour son service que tout a été fait ? Ma bonté n’a rien créé sans penser à lui.

    De quelque côté qu’il se tourne, au spirituel comme au temporel, il ne trouve rien d’autre que l’abîme de feu de ma charité, servie par la grande et douce et parfaite providence. Mais il ne voit pas, parce qu’il s’est privé de la lumière, et qu’il ne veut pas voir. Dès lors il se scandalise de l’épreuve, il restreint sa charité envers le prochain, il se fait avare et s’inquiète du lendemain, comme si ma Vérité ne le lui avait pas défendu quand elle a dit : « Ne vous tourmentez pas pour le jour qui vient : à chaque jour suffit sa peine » (Mt 6,34) ! Il vous reprochait ainsi votre peu de confiance, en vous mettant sous les yeux ma providence et la brièveté du temps. Ne vous inquiétez pas pour demain, disait-il. C’est comme s’il avait dit : Ne vous donnez pas de souci pour ce que vous n’êtes pas sûr d’avoir : c’est assez de suffire au jour présent.

    Il vous enseignait à demander d’abord le royaume des cieux, c’est-à-dire la bonne et sainte vie. Quant à ces choses de rien, je sais bien, moi votre Père du ciel, que vous en avez besoin, puisque c’est pour vous que je les ai faites, puisque c’est pour vous que j’ai commandé à la terre de vous donner ses fruits.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Ô Marie, porteuse du feu divin !

    Ô Marie, porteuse du feu divin !

    Ô Marie, Marie, temple de la Trinité, ô Marie, porteuse du feu, Marie distributrice de miséricorde, Marie, qui as fait germer le fruit divin ! Marie, rédemptrice, en un sens, du genre humain ! (La souffrance de ta chair, dans le Verbe, n’a-t-elle pas sauvé le monde ?) Le Christ fut rédempteur par sa passion ; toi, par la douleur du corps et de l’âme.

    Ô Marie ! Mer tranquille, distributrice de paix, Marie, terre féconde ! Tu es l’arbre nouveau qui as porté la fleur odorante du Verbe, Fils unique de Dieu. En toi, terre féconde, fut semé le Verbe. Tu es à la fois la terre et l’arbre. Ô Marie, char de feu, tu as porté le feu caché et voilé sous la cendre de ton humanité. (…)

    Ô Marie, très doux amour, en toi est écrit le Verbe qui nous donne la doctrine de la vie ; tu es la tablette sur laquelle est gravée cette doctrine. Aussitôt imprimé en toi, ce Verbe porte la croix du saint désir qui est comme greffé sur lui. À peine conçu, il est possédé du désir de mourir pour le salut des hommes, en faveur de qui il s’incarne. Et ce fut une grande croix que de porter si longtemps un désir qu’il eût voulu aussitôt réaliser.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Le Christ nous a donné l’Esprit Saint

    Le Christ nous a donné l’Esprit Saint

    Courage, mes Frères, ne nous laissons abattre ni par le péché commis, ni par aucune illusion, aucune tentation du démon. La route a beau être rude et fangeuse, le Christ, notre médecin, nous a donné un remède pour toutes nos infirmités, un baptême de sang et de feu, dans lequel l’âme purifie et lave tous ses péchés, consume et détruit toutes les tentations et les illusions du démon. (…)

    L’homme, tant qu’il vit dans la prison corruptible de son corps, éprouve une loi perverse, qui l’invite et le sollicite toujours au péché, la douce bonté de Dieu lui a donné un remède continuel, qui fortifie sa raison et sa liberté. Ce remède continuel est le feu du Saint-Esprit, qui ne s’éteint jamais, et répand toujours sa grâce et ses bienfaits, tellement que chaque jour nous pouvons nous appliquer ce doux baptême, qui nous est donné par grâce et non par mérite.

    Ainsi donc, quand l’âme regarde et voit en elle ce trésor et ce feu de l’Esprit Saint, elle s’enivre tellement de l’amour de son Créateur, qu’elle se renonce entièrement. (…) Elle voit et considère seulement son néant et la bonté de Dieu à son égard ; elle voit que cette Bonté infinie ne veut autre chose que son bien, et alors son amour devient parfait envers Dieu. Elle n’a pas d’autre pensée, d’autre affection, et elle ne peut retenir l’élan de son désir ; mais elle court sans fardeau et sans lien, car elle s’est délivrée de tous les obstacles qui pouvaient l’arrêter.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, docteur de l’Eglise, copatronne de l’Europe

    Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, docteur de l’Eglise, copatronne de l’Europe

    En s’élevant au-dessus d’elle-même, une âme tourmentée d’un très grand désir de l’honneur de Dieu et du salut des âmes, en arrive à s’exercer pendant quelque temps dans la pratique des vertus ordinaires et s’enferme dans la cellule de la connaissance d’elle-même, pour mieux connaître la bonté de Dieu envers elle. Car l’amour suit la connaissance et, en aimant, l’âme cherche à suivre la vérité et à se revêtir de la vérité. Rien ne fait mieux goûter à la créature cette vérité, rien ne lui procure tant de lumière que l’oraison humble, continue, fondée sur la connaissance de soi-même et de Dieu. L’oraison ainsi comprise et pratiquée unit l’âme avec Dieu.

    En suivant les traces du Christ crucifié, par désir, par affection, par union d’amour, elle devient un autre lui-même. N’est-ce-pas ce que le Christ a voulu nous apprendre quand il nous dit : « À qui m’aimera et gardera ma Parole, je me manifesterai moi-même à lui : il sera une même chose avec moi et moi avec lui » (Jn 14,21). Nous trouvons en maints endroits des paroles semblables. Puisque le Christ est Vérité, elles nous font bien voir que, par l’amour, l’âme devient une même chose avec lui.

    Pour le montrer plus clairement, je me souviens d’avoir appris d’une servante de Dieu que, dans un grand ravissement de l’esprit qu’elle eut dans son oraison, Dieu, déchirant les voiles, lui avait fait contempler l’amour qu’il a pour ses serviteurs. Il lui disait entre autres choses: « Ouvre l’œil de ton intelligence et regarde en moi ; tu y verras la dignité et la beauté de ma créature raisonnable. Outre la beauté que j’ai donné à l’âme en la créant à mon image et ressemblance, contemple ceux qui sont revêtus de la robe nuptiale, c’est-à-dire de la charité, ornée de la multitude des vertus. Ceux-là, ne font qu’un avec moi par l’amour ».

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Recevoir dans la Foi un si grand mystère d’Amour

    Recevoir dans la Foi un si grand mystère d’Amour

    [Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] Ô ma fille très chère, ouvre bien l’œil de l’intelligence pour contempler l’abîme de ma Charité. Il n’est pas une créature raisonnable dont le cœur ne dût se briser sous la pression de l’amour, en considérant après tous les biens dont je vous ai comblés, le bienfait que vous recevez dans ce Sacrement. (…)

    Qui goûte et voit et touche ce sacrement ? Les sens de l’âme. Avec quel œil le voit-elle ? Avec l’œil de l’intelligence, si cet œil est muni de la pupille de la très sainte Foi. Cet œil voit sous cette blancheur Dieu tout entier, l’homme tout entier, la nature divine unie à la nature humaine, le corps, l’âme, le sang du Christ, l’âme unie au corps, le corps et l’âme unis à ma nature divine, sans qu’elle soit séparée de Moi. (…) Et qui le touche ? La main de l’amour. Oui, c’est avec cette main que l’âme touche ce que l’œil de l’esprit a vu et connu dans le Sacrement par la foi : et elle touche avec cette main de l’amour, pour s’assurer de ce que l’intelligence a vu et connu par la Foi. Qui le goûte ? Le goût du saint désir. Le goût corporel goûte la saveur du pain, et le goût de l’âme qui est le saint désir goûte le Dieu-homme. Tu vois donc que les sens du corps sont ici déçus, mais non le sens de l’âme, à cause de la lumière et de la certitude qu’elle possède en elle-même.

    Car l’œil de l’intelligence a perçu par la pupille de la très sainte Foi ; ayant vu, il connaît, puis il touche avec foi, par la main de l’amour, ce qu’il a connu par la foi. Enfin par ce goût qui est en elle, par l’ardent désir, l’âme goûte ce qu’elle a vu et touché, l’amour ineffable de mon ardente Charité. C’est cet Amour qui a daigné l’inviter à recevoir un si grand mystère, avec la grâce qu’il produit, dans ce Sacrement.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Deuxième dimanche de Pâques – Dimanche de la miséricorde

    Deuxième dimanche de Pâques – Dimanche de la miséricorde

    Très cher Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir baigné, noyé dans le sang de Jésus crucifié, et caché dans la plaie de son côté.

    Dans le sang vous trouverez le feu, car il l’a répandu par amour ; et dans le côté, vous trouverez l’amour du cœur, car tout ce que le Christ a fait pour nous a été fait avec l’amour du cœur. Alors votre âme s’enflammera du feu d’un saint désir, et ce désir est un effet de l’amour, qui ne vieillit jamais et rajeunit toujours au contraire, l’âme qui en est revêtue ; il la renouvelle dans la vertu, la fortifie, l’illumine et l’unit avec son Créateur ; car dans Jésus crucifié elle trouve le Père, et elle participe à sa puissance. Elle trouve la sagesse du Fils unique de Dieu, qui éclaire son intelligence ; elle goûte et voit la bonté de l’Esprit Saint, en trouvant le tendre amour que le Christ nous a montré dans le bienfait de sa Passion, lorsqu’il nous fit de son sang, un bain pour laver nos iniquités, et de son côté une demeure, un refuge où l’âme se repose et goûte les douceurs de l’Homme-Dieu.

    Je veux que nous fassions toujours ainsi, mon très cher Père. Que l’œil de notre intelligence ne se ferme jamais, et qu’il voie toujours, qu’il contemple combien Dieu nous aime, comme il nous le prouve par le moyen de son Fils ; que la volonté aime toujours, et qu’elle ne cesse jamais ; que l’amour envers le Créateur ne se ralentisse ni par le plaisir, ni par la peine, ni par aucune chose qui aura été dite ou faite ; et lors même que toutes les autres œuvres (…) cesseraient, l’amour ne devrait jamais s’éteindre. Je ne vous en dis pas davantage. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)