Auteur/autrice : fred

  • Tous deux ne feront plus qu’un. »

    Tous deux ne feront plus qu’un. »

    Dans la Bible, la relation de Dieu avec Israël est illustrée par les métaphores des fiançailles et du mariage ; et par conséquent, l’idolâtrie est adultère et prostitution… Mais l’amour-eros de Dieu pour l’homme est en même temps totalement l’amour-agapè. Non seulement parce qu’il est donné absolument gratuitement, sans aucun mérite préalable, mais encore parce qu’il est un amour qui pardonne… Dans la Bible, donc, nous nous trouvons d’une part devant une image strictement métaphysique de Dieu : Dieu est en absolu la source originaire de tout être ; mais ce principe créateur de toutes choses, la raison primordiale, est d’autre part quelqu’un qui aime avec toute la passion d’un véritable amour. De la sorte, l’amour-eros est ennobli au plus haut point, mais, en même temps, il est ainsi purifié jusqu’à se fondre avec l’amour-agapè… La première nouveauté de la foi biblique consiste dans cette image de Dieu ; la deuxième, qui lui est essentiellement liée, nous la trouvons dans l’image de l’homme.

    Le récit biblique de la création parle de la solitude du premier homme, Adam, aux côtés duquel Dieu veut placer une aide… L’idée que l’homme serait en quelque sorte incomplet de par sa constitution, à la recherche, dans l’autre, de la partie qui manque à son intégrité, à savoir l’idée que c’est seulement dans la communion avec l’autre sexe qu’il peut devenir « complet », est sans aucun doute présente. Le récit biblique se conclut ainsi sur une prophétie concernant Adam : « À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2,24).

    Deux aspects sont ici importants : l’eros est comme enraciné dans la nature même de l’homme ; Adam est en recherche et il « quitte son père et sa mère » pour trouver sa femme ; c’est seulement ensemble qu’ils représentent la totalité de l’humanité, qu’ils deviennent « une seule chair ». Le deuxième aspect n’est pas moins important : selon une orientation qui a son origine dans la création, l’eros renvoie l’homme au mariage, à un lien caractérisé par l’unicité et le définitif ; ainsi, et seulement ainsi, se réalise sa destinée profonde. À l’image du Dieu du monothéisme, correspond le mariage monogamique. Le mariage fondé sur un amour exclusif et définitif devient l’icône de la relation de Dieu avec son peuple et réciproquement : la façon dont Dieu aime devient la mesure de l’amour humain.

    Benoît XVI

  • Article sans titre 27064

    Tout homme est débiteur de Dieu et tout homme a son frère pour débiteur. En effet, qui n’aurait pas de dette envers Dieu sinon celui en qui il ne se trouve pas de péché ? Et qui n’aurait pas son frère pour débiteur sinon celui que personne n’a jamais offensé ? Tout homme est donc à la foi débiteur et créancier… Un mendiant te demande l’aumône et toi tu es le mendiant de Dieu, car nous sommes tous, quand nous le prions, les mendiants de Dieu. Nous nous tenons ou plutôt nous nous prosternons devant la porte de notre Père de famille (cf Lc 11,5s) ; nous le supplions en nous lamentant, désireux de recevoir de lui une grâce, et cette grâce, c’est Dieu lui-même. Que te demande le mendiant ? Du pain. Et toi, que demandes-tu à Dieu si ce n’est le Christ, qui a dit : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel » (Jn 6,51). Vous voulez être pardonnés ? Pardonnez. « Remettez, et il vous sera remis ». Vous voulez recevoir ? « Donnez, et l’on vous donnera » (Lc 6,37)…

    Nous devons donc être prêts à pardonner toutes les fautes que l’on commet contre nous si nous voulons que Dieu nous pardonne. Oui vraiment, si nous considérons nos péchés et passons en revue les fautes que nous avons commises, je ne sais pas si nous pourrions nous endormir sans sentir peser tout le poids de notre dette. Voilà pourquoi chaque jour nous présentons à Dieu nos demandes, chaque jour nos prières frappent à ses oreilles, chaque jour nous nous prosternons en disant : « Remets-nous nos dettes comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient ». Quelles dettes veux-tu te faire remettre ? Toutes, ou une partie ? Tu vas répondre : Toutes. Fais donc de même pour ton débiteur.

    Saint Augustin (354-430)

  • « Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. » : le sacrement de réconciliation

    « Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. » : le sacrement de réconciliation

    L’autre jour, quelqu’un, un journaliste, m’a posé une question étrange : « Vous-même, allez-vous en confession ? – Oui, je vais en confession chaque semaine, ai-je répondu. – Dieu doit être plus qu’exigeant si vous-même avez à vous confesser ».

    C’était à mon tour de lui dire : « Il arrive parfois à votre propre enfant de mal agir. Que se passe-t-il quand il vous annonce : ‘Papa, je suis désolé !’ Que faites-vous ? Vous prenez votre enfant dans vos bras et vous l’embrassez. Pourquoi ? Parce que c’est votre façon de lui dire que vous l’aimez. Dieu fait la même chose. Il vous aime tendrement ». Si nous avons péché ou si nous avons commis une faute, faisons en sorte que cela nous aide à nous rapprocher de Dieu. Disons lui humblement : « Je sais que je n’aurais pas dû agir ainsi, mais même cette chute, je te l’offre ».

    Si nous avons péché, si nous avons fauté, allons vers lui et disons-lui : « Je regrette ! Je me repens ! » Dieu est un père qui prend pitié. Sa miséricorde est plus grande que nos péchés. Il nous pardonnera.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

  • L’union à Dieu

    L’union à Dieu

    Le Bon Dieu n’a pas besoin de nous. S’il nous commande de prier, c’est qu’Il veut notre bonheur, et que notre bonheur ne peut se trouver que là. Lorsqu’Il nous voir venir, Il penche son Cœur bien bas vers sa petite créature comme un père qui s’incline pour écouter son petit enfant qui lui parle.

    Le matin, il faut faire comme l’enfant qui est dans son berceau : dès qu’il ouvre les yeux, il regarde vite s’il voit sa mère…

    Il y a deux choses pour s’unir avec notre Seigneur et pour faire son salut : la prière et les sacrements. Tous ceux qui sont devenus saints ont fréquenté les sacrements et ont élevé leur âme à Dieu par la prière.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • Fête de saint Laurent, diacre et martyr

    Fête de saint Laurent, diacre et martyr

    Le Christ, prémices de la nouvelle création…, après avoir terrassé la mort, est ressuscité et monté vers le Père comme une offrande magnifique et resplendissante, comme les prémices, en quelque sorte, de la race humaine rénovée, impérissable… On pourrait le considérer sous le symbole de la gerbe des prémices du blé que le Seigneur a demandé à Israël d’offrir dans le Temple (Lv 23,9). Que représente ce signe ?

    On peut comparer le genre humain aux épis d’un champ. Ils naissent de la terre, ils attendent d’avoir obtenu toute leur croissance et, au moment voulu, ils sont fauchés par la mort. C’est ainsi que le Christ disait à ses disciples : « Ne dites-vous pas : Encore quatre mois et ce sera la moisson ? Et moi je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs qui se dorent pour la moisson. Dès maintenant le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle. » (Jn 4,35-36) Or le Christ est né parmi nous, il est né de la Vierge sainte comme les épis sortent de la terre. Parfois d’ailleurs il se nomme lui-même le grain de blé : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. » Ainsi s’est-il offert pour nous à son Père, à la manière d’une gerbe et comme les prémices de la terre.

    Car l’épi de blé, comme nous-mêmes d’ailleurs, ne peut être considéré isolément. Nous le voyons dans une gerbe, formée de nombreux épis d’une seule brassée. Le Christ Jésus est unique, mais il nous apparaît et il constitue réellement une sorte de brassée, en ce sens qu’il contient en lui tous les croyants, évidemment dans une union spirituelle. Sans cela, comment saint Paul pourrait-il écrire : « Avec lui il nous a ressuscités, avec lui il nous a fait régner aux cieux » ? (Ep 2,6-7) En effet, puisqu’il s’est fait l’un de nous, nous ne faisons « qu’un seul corps avec lui » (Ep 3,6)… Lui-même adresse d’ailleurs ces paroles à son Père : « Je veux, Père, comme toi et moi nous ne faisons qu’un, qu’eux aussi ne fassent qu’un avec nous. » (Jn 17,21) Le Seigneur donc est prémices de l’humanité destinée à être engrangée dans les greniers du ciel.

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

  • L’Église, victorieuse des tempêtes

    L’Église, victorieuse des tempêtes

    Notre espérance, tout comme notre foi, qui en est la substance et la réalité, est dans le ciel, et là-haut elle reste fixée ; mais ici-bas elle soutient notre vie. Si, au nom du Christ et de sa Croix, dans le ciel les chœurs des anges (…) chantent devant le trône de Dieu « gloire, honneur, salut et bénédiction », ici-bas, l’Église des fidèles encore pèlerins met toute son espérance dans la Croix. « Ô Croix, salut, unique espérance ! » (Hymne de la Passion)

    L’océan de l’humanité s’agite, les peuples comme les flots se soulèvent et s’entrechoquent sous la pression des vents des passions sociales et politiques, les rivages et les plages de la paix sont battus et ébranlés par les flots déchaînés. (…) Qui commandera aux vents et aux tempêtes ? Qui rendra muets leur sifflement et leur rage ? (…)

    Ne craignez pas, mes frères. Sur les flots et sur les tempêtes marche dans l’ombre des tabernacles le Seigneur du ciel et de la terre ; non, il ne passera pas indifférent au-delà de notre barque agitée ; il viendra à nous et nous dira : « ayez confiance ; c’est moi, ne craignez pas. » (Mt 14, 27) N’a-t-il pas promis qu’il serait avec nous jusqu’à la consommation des temps ? (…) Ne croyons-nous pas en lui ? Ne le connaissons-nous pas peut-être ? Ah, qu’il n’ait pas à dire de nous, après tant de temps passé avec nous : « depuis tant de temps je suis avec vous et vous ne me connaissez pas ? » (Jn 14, 9)

    Nous sommes perdus au milieu de la tempête qui agite l’océan de la société et des peuples, mais dans la Croix du Christ, qui reste debout au milieu des bouleversements du monde, résident notre confiance et nos espoirs. C’est elle l’ancre qui, dans les flots déchaînés, donne la sécurité à la barque de l’Église et de notre âme, qui tend au port des biens suprêmes et invisibles ; c’est elle, l’ancre solidement fixée à Dieu et à ses promesses infaillibles.

    Vénérable Pie XII

  • « Qui s’abaissera sera élevé. »

    « Qui s’abaissera sera élevé. »

    Ne cesse pas de faire des actes d’humilité et d’amour à l’égard de Dieu et des hommes ; car Dieu parle à celui qui tient son cœur humble devant lui, et il l’enrichit de ses dons.

    Si Dieu te réserve les souffrances de son Fils et veut te faire toucher du doigt ta propre faiblesse, mieux vaut faire acte d’humilité que perdre courage. Fais monter vers Dieu une prière d’abandon et d’espérance quand ta fragilité cause ta chute, et remercie le Seigneur de toutes les grâces dont il t’enrichit.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)

  • La transmission du Credo : « Je crois ! Viens en aide à mon peu de foi ! »

    La transmission du Credo : « Je crois ! Viens en aide à mon peu de foi ! »

    Qu’il s’agisse d’étudier la foi ou de la confesser, acquiers et retiens seulement celle qui t’est transmise aujourd’hui par l’Église, celle qui s’appuie sur toute l’Écriture. Tous ne peuvent pas lire les Écritures ; les uns à cause de leur ignorance, les autres parce que leurs occupations les éloignent de la connaissance. Pour que cette ignorance n’entraîne pas la mort de l’âme, nous renfermons dans ces quelques versets du Credo tout l’enseignement de la foi…

    La foi dont tu viens d’entendre le texte, garde-la dans ta mémoire. Reçois aussi, quand le moment sera venu, sur chacun de ses articles, le témoignage des divines Écritures. Car ce n’est pas le caprice des hommes qui a composé ce résumé de la foi ; on a choisi les points les plus importants, à travers toute l’Écriture, pour récapituler l’ensemble de la foi. Et de même que la semence de moutarde renferme dans une petite graine de nombreux rameaux (Mt 13,32), de même ce symbole de la foi, en peu de mots, enveloppe toute la sagesse de la dévotion contenue dans l’Ancien et le Nouveau Testament.

    Faites donc attention, mes frères, gardez l’enseignement qui vous est transmis maintenant, et « gravez-le sur les tables de vos cœurs » (2Co 3,3)… Comme dit l’apôtre Paul : « Je vous en adjure, en présence de Dieu qui donne vie à toutes choses et en présence de Jésus Christ qui a rendu témoignage devant Ponce Pilate dans une belle profession de foi : gardez sans tache cette foi qui vous a été transmise, jusqu’à la manifestation de notre Seigneur Jésus Christ » (1Tm 6,13s).

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

  • Renoncer à soi-même, prendre sa croix et suivre le Christ

    Renoncer à soi-même, prendre sa croix et suivre le Christ

    Ce que le Seigneur a commandé : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même » semble dur et pénible. Mais ce n’est ni dur ni pénible, parce que celui qui commande est celui qui aide à réaliser ce qu’il commande. Car si la parole du psaume « à cause des paroles de tes lèvres, j’ai suivi des chemins difficiles » (Ps 16,4) est vraie, elle est vraie aussi, la parole que Jésus a dite : « Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger » (Mt 11,30). Car tout ce qui est dur dans le commandement, l’amour fait en sorte qu’il soit doux. Nous savons de quels prodiges l’amour est capable. Parfois l’amour est de mauvais aloi et dissolu ; mais que de difficultés endurent les hommes, que de traitements indignes et insupportables souffrent-ils pour parvenir à ce qu’ils aiment ! … Comme la grande affaire de la vie doit être de bien choisir ce que l’on doit aimer, est-il surprenant que celui qui aime Jésus Christ et qui veut le suivre se renonce à lui-même pour l’aimer ? …

    Que signifie ce qui suit : « Qu’il prenne sa croix » ? Qu’il supporte ce qui est pénible et qu’ainsi il me suive. Car lorsqu’un homme commencera à me suivre en se conduisant selon mes préceptes, il aura beaucoup de gens pour le contredire, beaucoup pour s’opposer à lui, beaucoup pour le décourager. Et cela de la part de ceux qui se prétendent compagnons du Christ. Ils marchaient avec le Christ, ceux qui empêchaient les aveugles de crier (Mt 20,31). Qu’il s’agisse de menaces, de flatteries ou d’interdictions, si tu veux suivre le Christ, change tout cela en croix ; endure, supporte, ne te laisse pas accabler…

    Vous aimez le monde ; mais il faut lui préférer celui qui a fait le monde… Nous sommes dans un monde qui est saint, qui est bon, réconcilié, sauvé, ou plutôt qui doit être sauvé, mais qui est sauvé dès maintenant en espérance. « Car nous sommes sauvés, mais c’est en espérance » (Rm 8,24). Dans ce monde donc, c’est-à-dire dans l’Église, qui tout entière suit le Christ, celui-ci dit à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même ».

    Saint Augustin (354-430)

  • Fête de la Transfiguration du Seigneur

    Fête de la Transfiguration du Seigneur

    Simon-Pierre dit : « Seigneur, il nous est bon d’être ici ! » Que dis-tu là, Pierre ? Si nous restons ici, qui donc réalisera les prédictions des prophètes ? Qui scellera les paroles des hérauts ? Qui mènera jusqu’à leur terme les mystères des justes ? Si nous restons ici, en qui s’accompliront ces paroles : « Ils ont percé mes mains et mes pieds » ? A qui s’appliqueront ces mots : « Ils se sont partagé mes vêtements, ils ont tiré au sort ma tunique » ? (Ps 21,17.19; Jn 19,24) Qui réalisera l’annonce du psaume : « Pour nourriture, ils m’ont donné du fiel et dans ma soif, ils m’ont abreuvé de vinaigre » ? (68,22; Mt 27,34; Jn 19,29) Qui vivra l’expression : « Affranchi parmi les morts » ? (Ps 87,6 hébr) Comment s’exécuteront mes promesses, comment construira-t-on l’Église ?

    Et Pierre dit encore : « Faisons ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Élie ». Envoyé pour bâtir l’Église dans le monde, Pierre veut dresser trois tentes sur la montagne. Il ne voit encore le Christ que comme homme, il le met de pair avec Moïse et Élie. Mais Jésus lui montre bientôt qu’il n’avait pas besoin de tente. C’était lui qui durant quarante ans, avait dressé pour les Pères, une tente de nuée quand ils séjournaient au désert (Ex 40,34).

    « Ils parlaient encore, et voici qu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre ». La vois-tu, Simon, cette tente dressée sans effort ? Elle bannit la chaleur, sans comporter de ténèbres, tente brillante et resplendissante ! Tandis que les disciples s’étonnent, une voix venue du Père se fait entendre dans la nuée : « Celui-ci est mon Fils Bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances, écoutez-le ! »… Le Père apprenait aux disciples que la mission de Moïse était remplie : désormais, c’est le Fils qu’ils devront écouter. Le Père, sur la montagne révélait aux apôtres ce qui leur restait caché : « Celui qui est » révélait « Celui qui est » (Ex 3,14), le Père faisait connaître son Fils.

    Saint Éphrem (v. 306-373)