Catégorie : Saints et Saintes

  • Fête de saint Benoît, abbé, patron de l’Europe

    Fête de saint Benoît, abbé, patron de l’Europe

    De même qu’aux siècles passés les légions romaines s’en allaient sur les routes consulaires pour tenter d’assujettir toutes les nations à l’empire de la Ville Eternelle, ainsi des cohortes innombrables de moines, dont les armes ne « sont pas celles de la chair, mais la puissance même de Dieu » (2Co 10,4), ont été envoyées par le souverain pontife pour propager efficacement le règne pacifique de Jésus Christ jusqu’aux extrémités de la terre, non par l’épée, la force ou le meurtre, mais par la croix et par la charrue, par la vérité et par l’amour.

    Partout où posaient le pied ces troupes sans armes, formées de prédicateurs de la doctrine chrétienne, d’artisans, d’agriculteurs et de maîtres dans les sciences humaines et divines, les terres boisées et incultes étaient ouvertes par le fer de la charrue ; les arts et les sciences y élevaient leurs demeures ; les habitants, sortis de leur vie grossière et sauvage, étaient formés aux relations sociales et à la culture, et devant eux brillait en un vivant exemple la lumière de l’Évangile et de la vertu. Des apôtres sans nombre, qu’enflammait la charité céleste, ont parcouru les régions encore inconnues et agitées de l’Europe ; ils ont arrosé celles-ci de leurs sueurs et de leur sang généreux, et, après avoir pacifié leurs habitants, ils leur ont porté la lumière de la vérité catholique et de la sainteté…

    De fait, non seulement l’Angleterre, la Gaule, les Pays Bataves, la Frise, le Danemark, la Germanie et la Scandinavie, mais aussi de nombreux pays slaves, se glorifient d’avoir été évangélisés par ces moines, qu’ils considèrent comme leurs gloires et comme les illustres fondateurs de leur civilisation.

    Vénérable Pie XII

  • Fête de saint Thomas, apôtre

    Fête de saint Thomas, apôtre

    Quand Jésus, en un moment critique de sa vie, a décidé d’aller à Béthanie pour ressusciter Lazare, s’approchant ainsi dangereusement de Jérusalem (cf Mc 10,32), Thomas a dit à ses condisciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui » (Jn 11,16). Sa détermination à suivre le Maître est vraiment exemplaire et nous donne un enseignement précieux : elle révèle sa disponibilité totale à adhérer à Jésus, jusqu’à identifier son sort au sien, et à vouloir partager avec lui l’épreuve suprême de la mort. En effet, quand les Évangiles emploient le verbe « suivre », c’est pour signifier que là où Jésus se dirige, là aussi doit aller son disciple. La vie chrétienne se définit donc comme une vie avec Jésus Christ : mourir ensemble, vivre ensemble, être dans son cœur comme lui est dans le nôtre.

    Une seconde intervention de Thomas nous est rapportée lors de la dernière Cène. Jésus, prédisant son départ imminent, annonce qu’il va préparer une place aux disciples pour qu’ils soient eux aussi là où il se trouve. Et il leur précise : « Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin » (Jn 14,4). C’est alors que Thomas intervient en disant : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Ses paroles fournissent à Jésus l’occasion de prononcer la célèbre définition : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). C’est donc en premier lieu à Thomas que cette révélation est faite, mais elle vaut pour nous tous et pour tous les temps.

    En même temps, sa question nous confère aussi le droit, pour ainsi dire, de demander des explications à Jésus. Souvent, nous ne le comprenons pas. Ayons le courage de dire : « Je ne te comprends pas, Seigneur, écoute-moi, aide-moi à comprendre. » Ainsi, avec cette franchise qui est la vraie manière de prier, de parler à Jésus, nous exprimons notre pauvre capacité à comprendre, et en même temps nous nous mettons dans l’attitude de confiance de ceux qui attendent la lumière et la force de la part de celui qui peut les donner.

    Benoît XVI

  • Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité

    Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité

    C’est avec raison, mes frères, que l’Église applique aux saints apôtres Pierre et Paul ces paroles du Sage : « Ce sont des hommes de miséricorde, dont les bienfaits ne tombent pas dans l’oubli ; les biens qu’ils ont laissés à leur postérité subsistent toujours » (Si 44,10-11). Oui, on peut bien les appeler des hommes de miséricorde : parce qu’ils ont obtenu miséricorde pour eux-mêmes, parce qu’ils sont pleins de miséricorde, et que c’est dans sa miséricorde que Dieu nous les a donnés.

    Voyez, en effet, quelle miséricorde ils ont obtenue. Si vous interrogez saint Paul sur ce point…, il vous dira de lui-même : « J’ai commencé par être un blasphémateur, un persécuteur, un insulteur ; mais j’ai obtenu miséricorde de Dieu » (1Tm 1,13). En effet, qui ne sait tout le mal qu’il a fait aux chrétiens de Jérusalem… et même dans la Judée tout entière ?… Pour ce qui est du bienheureux Pierre, j’ai une autre chose à vous dire, mais une chose d’autant plus sublime qu’elle est unique. En effet, si Paul a péché, il l’a fait sans le savoir, car il n’avait pas la foi ; Pierre au contraire avait les yeux grands ouverts au moment de sa chute (Mt 26,69s). Mais « là où la faute a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20)… Si saint Pierre a pu s’élever à un tel degré de sainteté après avoir fait une chute si lourde, qui pourra désormais désespérer, pour peu qu’il veuille lui aussi sortir de ses péchés ? Remarquez ce que dit l’Évangile : « Il sortit et pleura amèrement » (v. 75)…

    Vous avez entendu quelle miséricorde les apôtres ont obtenue, et désormais personne parmi vous ne sera accablé de ses fautes passées plus qu’il ne faut… Si tu as péché, Paul n’a-t-il pas péché davantage ? Si tu as fait une chute, Pierre n’en a-t-il pas fait une plus profonde que toi ? Or, l’un et l’autre, en faisant pénitence, non seulement ont obtenu le salut mais sont devenus de grands saints, sont même devenus les ministres du salut, les maîtres de la sainteté. Fais donc de même, mon frère, car c’est pour toi que l’Écriture les appelle « des hommes de miséricorde ».

    Saint Bernard (1091-1153)

  • Nativité de saint Jean Baptiste, solennité

    Nativité de saint Jean Baptiste, solennité

    En ce jour vient au monde le grand Précurseur,
    issu de sein stérile d’Élisabeth.
    Il est le plus grand parmi les prophètes ;
    nul autre n’a surgi comme lui,
    car il est la lampe qui précède de peu la clarté suprême
    et la voix qui précède la Verbe.
    Il conduit au Christ l’Église, sa fiancée,
    et prépare pour le Seigneur un peuple choisi,
    le purifiant par l’eau en vue de l’Esprit.

    De Zacharie naît cette jeune plante,
    le plus beau parmi les fils du désert,
    le héraut du repentir,
    celui qui purifie par l’eau ceux qui s’égaraient,
    qui porte en précurseur l’annonce de la résurrection
    jusqu’au séjour des morts,
    et qui intercède pour nos âmes.
    Dès le sein de ta mère, bienheureux Jean,
    tu as été le prophète et le précurseur du Christ :
    tu as tressailli d’allégresse
    en voyant la Reine venir auprès de la servante,
    portant devant toi Celui que le Père engendre sans mère de toute éternité,
    toi qui est né d’une femme stérile et d’un vieillard,
    selon la promesse du Seigneur.
    Prie-le de prendre nos âmes en pitié.

    Liturgie byzantine

    (Références bibliques : Mt 11,11 ; Jn 5,35 ; Mt 3,3 ; Jn 3,29 ; Lc 1,17 ; 3,16 ; Mc 6,28 ; Lc 1,40 ; 1,13)

  • Cœur Immaculée de Marie

    Cœur Immaculée de Marie

    Dans le Nouveau Testament, nous voyons que la foi de Marie « attire », pour ainsi dire, le don de l’Esprit Saint — avant tout dans la conception du Fils de Dieu, mystère que l’archange Gabriel lui-même explique ainsi : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1,35)… Le cœur de Marie, en parfaite harmonie avec le Fils divin, est le temple de l’Esprit de vérité (Jn 14,17), où chaque parole et chaque événement sont conservés dans la foi, dans l’espérance et dans la charité.

    Nous pouvons ainsi être certains que le très saint cœur de Jésus, pendant toute la période de sa vie cachée à Nazareth, a toujours trouvé dans le cœur immaculé de la Mère un foyer toujours ardent de prière et d’attention constante à la voix de l’Esprit. Ce qui s’est passé aux noces de Cana (Jn 2,1s) témoigne de cette harmonie particulière entre mère et fils pour rechercher la volonté de Dieu. Dans une situation chargée de symboles de l’alliance, tel que le banquet nuptial, la Vierge Marie intercède et provoque, pour ainsi dire, un signe de grâce surabondante : le « bon vin », qui renvoie au mystère du Sang du Christ. Cela nous conduit directement au Calvaire, où Marie se tient sous la croix avec les autres femmes et avec l’apôtre Jean. La mère et le disciple recueillent spirituellement le testament de Jésus : ses dernières paroles et son dernier souffle, dans lequel il commence à diffuser l’Esprit, et ils recueillent le cri silencieux de son Sang, entièrement versé pour nous (Jn 19,25s). Marie savait d’où venait ce sang (cf Jn 2,9) : il s’était formé en elle par l’opération de l’Esprit Saint, et elle savait que cette même puissance créatrice allait ressusciter Jésus, comme il l’avait promis.

    Benoît XVI

  • Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

    Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

    [Le divin Cœur est] toujours brûlant d’amour pour les hommes, toujours ouvert pour répandre sur eux toute sorte de grâces et de bénédictions, toujours touché de nos maux, toujours pressé du désir de nous faire part des ses trésors et de se donner lui-même à nous, toujours disposé à nous recevoir et à nous servir d’asile, de demeure, de paradis dès cette vie. Pour tout cela, il ne trouve dans le cœur des hommes que dureté, qu’oubli, que mépris, qu’ingratitude : il aime, et il n’est point aimé, et on ne connaît pas même son amour, parce qu’on ne daigne pas recevoir les dons par où il voudrait le témoigner, ni écouter les tendres et secrètes déclarations qu’il en voudrait faire à notre cœur. (…)

    Sacré Cœur de Jésus, apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, puisque c’est la seule voie par où l’on peut entrer en vous. Puisque tout ce que je ferai à l’avenir sera à vous, faites en sorte que je ne fasse rien qui ne soit digne de vous. Enseignez-moi ce que je dois faire pour parvenir à la pureté de votre amour, duquel vous m’avez inspiré le désir. Je sens en moi une grande volonté de vous plaire et une grande impuissance d’en venir à bout sans une grande lumière et un secours très particulier que je ne puis attendre que de vous. Faites en moi votre volonté, Seigneur ; je m’y oppose, je le sens bien ; mais je voudrais bien, ce me semble, ne m’y opposer pas. C’est à vous à tout faire, divin Cœur de Jésus Christ ; vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification, si je me fais saint ; cela me paraît plus clair que le jour ; mais ce sera pour vous une grande gloire, et c’est pour cela seulement que je veux désirer la perfection. Ainsi soit-il.

    Saint Claude la Colombière (1641-1682)

  • Ô Marie, porteuse du feu divin !

    Ô Marie, porteuse du feu divin !

    Ô Marie, Marie, temple de la Trinité, ô Marie, porteuse du feu, Marie distributrice de miséricorde, Marie, qui as fait germer le fruit divin ! Marie, rédemptrice, en un sens, du genre humain ! (La souffrance de ta chair, dans le Verbe, n’a-t-elle pas sauvé le monde ?) Le Christ fut rédempteur par sa passion ; toi, par la douleur du corps et de l’âme.

    Ô Marie ! Mer tranquille, distributrice de paix, Marie, terre féconde ! Tu es l’arbre nouveau qui as porté la fleur odorante du Verbe, Fils unique de Dieu. En toi, terre féconde, fut semé le Verbe. Tu es à la fois la terre et l’arbre. Ô Marie, char de feu, tu as porté le feu caché et voilé sous la cendre de ton humanité. (…)

    Ô Marie, très doux amour, en toi est écrit le Verbe qui nous donne la doctrine de la vie ; tu es la tablette sur laquelle est gravée cette doctrine. Aussitôt imprimé en toi, ce Verbe porte la croix du saint désir qui est comme greffé sur lui. À peine conçu, il est possédé du désir de mourir pour le salut des hommes, en faveur de qui il s’incarne. Et ce fut une grande croix que de porter si longtemps un désir qu’il eût voulu aussitôt réaliser.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Pentecôte

    Pentecôte

    Le Paraclet est descendu pour revêtir de force les apôtres et les baptiser. Le Seigneur dit en effet : « Pour vous, vous serez baptisés dans l’Esprit Saint, et sous peu de jours » (Ac 1,5). Il ne s’agit pas d’une grâce partielle, mais de la puissance absolue. De même en effet que celui qui est plongé dans l’eau et baptisé est de toutes parts entouré par les eaux, ainsi les apôtres ont été totalement baptisés par l’Esprit. Mais l’eau entoure le corps de l’extérieur ; l’Esprit, lui, baptise l’âme cachée à l’intime de l’être sans rien en négliger.

    Pourquoi t’en étonnes-tu ? Prends un exemple matériel (…). Lorsque le feu pénètre à travers l’épaisseur du fer, toute la masse de celui-ci se transforme en feu ; de froid, le voici brûlant ; de sombre, brillant. Si le feu, qui est matériel, pénètre ainsi dans la matière du fer et y travaille sans obstacle, pourquoi t’étonner si l’Esprit Saint pénètre au plus intime de l’âme ? (…) « Et il remplit toute la maison où ils étaient assis » (Ac 2,2). La maison devint le réceptacle de l’eau mystique. Les disciples étaient assis à l’intérieur et toute la maison fut remplie : ils furent donc baptisés sans restriction selon la promesse. Leurs âmes et leur corps revêtirent le divin vêtement qui sauve.

    « Et des langues disséminées leur apparurent, comme de feu, et il s’en posa sur chacun d’eux et tous furent remplis de l’Esprit Saint » (Ac 2,34). (…) Voilà ce qui doit venir sur vous : suppression et destruction de vos péchés comme d’épines, et aussi illumination du fond précieux de votre âme ; don de la grâce enfin, car alors aussi il l’a donnée aux apôtres. Il se reposa sur eux sous forme de langues de feu pour faire ceindre à leurs têtes des diadèmes spirituels tout nouveaux, faits de langues de feu. L’épée de feu, auparavant, interdisait les portes du paradis : la langue de feu salutaire a restitué la grâce.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

  • L’enseignement de l’apôtre saint Jean

    L’enseignement de l’apôtre saint Jean

    S’il est une caractéristique qui ressort des écrits de saint Jean, c’est l’amour… Certes, Jean n’est pas l’unique auteur des origines chrétiennes à parler de l’amour. Étant donné que cela est constitutif et essentiel au christianisme, tous les auteurs du Nouveau Testament en parlent, bien qu’avec des accentuations diverses. Si nous prenons maintenant le temps de réfléchir sur ce thème dans saint Jean, c’est parce qu’il nous en a tracé avec insistance et d’une manière incisive les lignes principales. Nous nous en remettons donc à ses paroles.

    Une chose est certaine : il n’a pas fait un traité abstrait, philosophique ou même théologique, sur ce qu’est l’amour. Non, Jean n’est pas un théoricien. En effet, le véritable amour, par sa nature, n’est jamais purement spéculatif, mais il est en référence directe, concrète et vérifiable, à des personnes réelles. Eh bien, Jean, en tant qu’apôtre et ami de Jésus, nous fait voir quelles sont les composantes ou mieux les phases de l’amour chrétien.

    La première composante concerne la source même de l’amour, que l’apôtre Jean situe en Dieu, en arrivant à affirmer que « Dieu est amour » (1Jn 4,16). Jean est l’unique auteur du Nouveau Testament à nous donner comme une sorte de définition de Dieu. Il dit par exemple que « Dieu est Esprit » (Jn 4,24) ou que « Dieu est lumière » (1Jn 1,15). Ici, par une intuition fulgurante, il proclame que « Dieu est amour ». Remarquons-le bien : il n’est pas affirmé simplement que « Dieu aime » et encore moins que « l’amour est Dieu ». En d’autres mots, Jean ne se limite pas à décrire l’agir divin, mais il remonte jusqu’à ses racines. De plus, il ne veut pas attribuer une qualité divine à un amour générique et peut-être impersonnel. Il ne remonte pas de l’amour à Dieu, mais il se tourne directement vers Dieu pour définir sa nature par la dimension infinie de l’amour. Par là, Jean veut dire que le constitutif essentiel de Dieu est l’amour et donc toute l’activité de Dieu naît de l’amour et est marquée par l’amour. Tout ce que Dieu fait, il le fait par amour et avec amour, même si nous ne pouvons pas comprendre tout de suite que c’est de l’amour, le véritable amour.

    Benoît XVI

  • Goûter la connaissance de Dieu

    Goûter la connaissance de Dieu

    Vers Vous, Vie de mon âme,
    Vers Vous se tourne mon cœur
    Qu’une force d’ardent amour
    A fondu en un seul désir.
    S’il se porte vers quelque autre hors de Vous,
    Qu’il soit aussitôt sans vie. (…)

    Vous êtes Perle féconde, richesse de l’humanité,
    Ouvrier d’infini savoir,
    Maître d’infinie patience,
    Conseiller d’infinie sagesse,
    Gardien d’infini dévouement,
    Ami d’infini fidélité.

    Vous êtes douce Saveur de totale intimité,
    Caresse d’infinie délicatesse,
    Tendresse d’infinie bonté,
    Amour d’infinie ardeur,
    Étreinte d’infinie douceur,
    Jalousie d’infinie pureté. (…)

    Je vous préfère à toutes les créatures,
    Pour Vous je renonce à tous les plaisirs,
    Pour vous j’affronte toutes les adversités.
    Et de tout cela il ne m’importe pas d’être louée, sinon de Vous seul.
    Car, de tout cela, comme de tous bien, Vous êtes la sève :
    Je le proclame du cœur et des lèvres.

    Sous l’impulsion de votre ardeur,
    J’unis l’élan de ma piété
    A la vertu de votre prière,
    Afin que la pureté de cette divine union,
    Où sera dissipé tout instinct rebelle,
    Me conduise au sommet de la suprême perfection. (…)

    Aussitôt Gertrude éprouva le bienfait de sa prière et, comme elle l’achevait, elle vit que la face de son âme apparaissait plus brillamment éclairée de la lumière divine et que la connaissance de Dieu lui était d’un goût plus savoureux.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)