Catégorie : Prière des âmes

  • « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

    « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

    Je m’incline devant toi, Pain des anges (Ps 78,25),
    Avec une foi profonde, espoir, amour,
    Et du plus profond de mon âme, je t’adore
    Bien que je sois néant.

    Je m’incline devant toi, Dieu caché,
    Et de tout mon cœur, je t’aime.
    Les voiles du mystère ne me gênent pas ;
    Je t’aime comme les élus au ciel.

    Je m’incline devant toi, Agneau de Dieu,
    Qui effaces les péchés de mon âme,
    Que je reçois en mon cœur, chaque matin,
    Et toi, tu m’aides à mon salut.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

  • « C’est moi. Soyez sans crainte. »

    « C’est moi. Soyez sans crainte. »

    — Seigneur, que les vagues sont hautes,
    que la nuit est obscure !
    Ne voudrais-tu pas l’éclairer
    pour moi qui veille solitaire ?

    — Tiens fermement le gouvernail,
    garde confiance et reste calme.
    Ta barque a du prix à mes yeux,
    je veux la mener à bon port.

    Garde bien sans défaillance
    les yeux fixés sur le compas.
    Il aide à parvenir au but
    à travers nuits et tempêtes.

    L’aiguille du compas de bord
    frémit mais se maintient.
    Elle te montrera le cap
    que je veux te voir prendre.

    Garde confiance et reste calme :
    à travers nuits et tempêtes
    la volonté de Dieu, fidèle,
    te guide, si ton cœur veille.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)

  • Deuxième dimanche de Pâques – Dimanche de la miséricorde

    Deuxième dimanche de Pâques – Dimanche de la miséricorde

    Très cher Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir baigné, noyé dans le sang de Jésus crucifié, et caché dans la plaie de son côté.

    Dans le sang vous trouverez le feu, car il l’a répandu par amour ; et dans le côté, vous trouverez l’amour du cœur, car tout ce que le Christ a fait pour nous a été fait avec l’amour du cœur. Alors votre âme s’enflammera du feu d’un saint désir, et ce désir est un effet de l’amour, qui ne vieillit jamais et rajeunit toujours au contraire, l’âme qui en est revêtue ; il la renouvelle dans la vertu, la fortifie, l’illumine et l’unit avec son Créateur ; car dans Jésus crucifié elle trouve le Père, et elle participe à sa puissance. Elle trouve la sagesse du Fils unique de Dieu, qui éclaire son intelligence ; elle goûte et voit la bonté de l’Esprit Saint, en trouvant le tendre amour que le Christ nous a montré dans le bienfait de sa Passion, lorsqu’il nous fit de son sang, un bain pour laver nos iniquités, et de son côté une demeure, un refuge où l’âme se repose et goûte les douceurs de l’Homme-Dieu.

    Je veux que nous fassions toujours ainsi, mon très cher Père. Que l’œil de notre intelligence ne se ferme jamais, et qu’il voie toujours, qu’il contemple combien Dieu nous aime, comme il nous le prouve par le moyen de son Fils ; que la volonté aime toujours, et qu’elle ne cesse jamais ; que l’amour envers le Créateur ne se ralentisse ni par le plaisir, ni par la peine, ni par aucune chose qui aura été dite ou faite ; et lors même que toutes les autres œuvres (…) cesseraient, l’amour ne devrait jamais s’éteindre. Je ne vous en dis pas davantage. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Nous célébrons et nous annonçons, ô Christ, ta résurrection !

    Nous célébrons et nous annonçons, ô Christ, ta résurrection !

    L’arrogance de la Mort est réprimée, (…) Adam est désormais affranchi, pour tous les êtres s’inaugure un Esprit de vie grâce à la résurrection du Christ et avec une lumière sans fin, tandis qu’aux Porteuses de parfum a été souhaitée la joie, ainsi qu’à tous les fidèles qui avec amour psalmodient : « Au-dessus de toute louange, Dieu de nos pères et notre Dieu, tu es béni. »

    Les tombes s’ouvraient, ô Sauveur, à ton réveil et les âmes des justes célébraient dans l’allégresse, ô Christ, ta résurrection : car c’est toi, Maître, qui mort en ton essence humaine, par ta nature divine ô Tout-Puissant, as fait périr l’Hadès et libéré les mortels.

    Nous annonçons, tes deux natures, ô Christ, puisque tu es Dieu et homme, et avec piété nous te chantons : « Au-dessus de toute louange, Dieu de nos pères et notre Dieu, tu es béni. »

    « Montagne sainte », c’est véritablement ainsi, ô Vierge, que nous te reconnaissons tous, puisque de toi a été détachée sans main d’homme la Pierre, le Christ qui en venant dans la chair a aussitôt empli le monde entier de la connaissance de Dieu : c’est lui que nous adorons en clamant : « Au-dessus de toute louange, Dieu de nos pères et notre Dieu, tu es béni. »

    Bénissez le Créateur Dieu le Père, célébrez le Verbe descendu jusqu’à vous pour changer le feu en rosée, et exaltez par-dessus tout celui qui à tous accorde la vie, l’Esprit très saint, dans tous les siècles.

    Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)

  • « Moi non plus, je ne te condamne pas… Moi, je suis la lumière du monde. » (Jn 8,11-12)

    « Moi non plus, je ne te condamne pas… Moi, je suis la lumière du monde. » (Jn 8,11-12)

    Mon Dieu qui aimes pardonner, mon Créateur,
    fais grandir sur moi l’éclat de ta lumière inaccessible
    pour emplir mon cœur de joie.
    Ne t’irrite pas ; ne m’abandonne pas !
    Mais fais resplendir mon âme de ta lumière,
    car ta lumière, mon Dieu, c’est toi…

    Je me suis écarté de la route droite, de la route divine,
    et je suis tombé lamentablement de la gloire qui m’avait été donnée.
    J’ai été dépouillé de la robe lumineuse, la robe divine,
    et, tombé dans les ténèbres, je gis maintenant dans les ténèbres,
    et je ne sais pas que je suis privé de lumière…
    Car si tu as brillé d’en haut, si tu es apparu dans l’obscurité,
    si tu es venu dans le monde, ô Miséricordieux,
    si tu as voulu vivre avec les hommes,
    selon notre condition, par amour pour l’homme,
    si…tu t’es dit la Lumière du monde (Jn 8,12)
    et que nous, nous ne te voyons pas,
    n’est-ce pas que nous sommes totalement aveugles
    et plus malheureux que des aveugles, ô mon Christ ?…

    Mais toi, qui es tous les biens, tu les donnes sans cesse
    à tes serviteurs, à ceux qui voient ta lumière…
    Qui te possède, réellement possède en toi toute chose.
    Que je ne sois pas privé de toi, Maître ! que je ne sois pas privé de toi, Créateur !
    Que je ne sois pas privé de toi, Miséricordieux, moi l’humble étranger…
    Je t’en prie, place-moi avec toi,
    même si j’ai multiplié les péchés plus que tous les hommes.
    Reçois ma prière comme celle du publicain (Lc 18,13),
    comme celle de la prostituée, Maître, même si je ne pleure pas comme elle (Lc 7,38)…
    N’es-tu pas source de pitié, fontaine de miséricorde
    et fleuve de bonté : à ce titre, aie pitié de moi !
    Oui, toi qui as eu les mains, toi qui as eu les pieds cloués sur la croix,
    et ton côté percé par la lance, Très Compatissant,
    aie pitié de moi et arrache-moi au feu éternel…
    Qu’en ce jour je me tienne sans condamnation devant toi
    pour être accueilli dans ta salle des noces
    où je partagerai ton bonheur, mon bon Maître,
    dans la joie inexprimable, pour tous les siècles. Amen.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

  • Aimés de seule miséricorde

    Aimés de seule miséricorde

    Comme il est long, Seigneur, d’arriver à comprendre
    que de seul pitié nous pouvons être aimés,
    et que nul estime,
    nulle admiration,
    nulle confiance
    ne peut venir de vous à nous
    sans qu’elle soit passée par vos miséricordes.

    C’est long : mais cela vient.
    Comme un enfant aveugle et sourd,
    entre les genoux de sa mère,
    noyé dans le noir et la solitude,
    ainsi découvrons-nous notre âme
    entre les deux genoux de votre Providence.

    Et votre esprit, alors, nous investit :
    ce doigt de la droite du Père,
    comme une main maternelle,
    révélatrice,
    éducatrice,
    qui rallie à la vie son enfant.

    Par pulsion votre esprit nous guide ;
    par contact il nous annonce ce qui est.
    Son enveloppement muet ensème notre cœur d’un germe de paroles.

    Aux mots que nous disons dans notre solitude et notre noir,
    répond le silence de votre esprit ;
    un silence dont la proximité nous enserre
    et nous enseigne.

    Pour cela, il nous suffit de savoir que nos yeux sont vraiment
    incapables de voir
    et nos oreilles sourdes
    à tout
    ce qui est vous.

    Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

  • Ô âmes saintes, faites-moi cadeau d’eau fraîche !

    Supporte ton exil puisque Dieu le veut. Quel grand gain pour toi ! Je vivrai dans cette vie, ô mon Jésus, et l’espérance et le silence seront ma force, tant que durera cette misérable vie. Et vous, en attendant, faites brûler dans mon cœur, ô mon créateur et mon Dieu, cette belle flamme de votre amour… Ô centre unique de tout mon bonheur, ô mon Dieu, combien devrai-je encore attendre ?… Vous voyez, ô Seigneur, que mon mal est sans remède… Quand donc, ô Seigneur, quand donc ? Jusqu’à quand ?…

    Ô âmes saintes qui, libres de tout tourment, êtes déjà heureuses au Ciel dans ce torrent de souveraines douceurs, ô combien je vous envie votre bonheur ! Hélas ! par pitié, puisque vous êtes si près de la fontaine de la vie, puisque vous me voyez mourir de soif en ce bas monde, faites-moi cadeau d’un peu de cette eau très fraîche.

    Ah ! âmes fortunées, je le confesse, j’ai trop mal dépensé ma part, j’ai trop mal gardé une pierre si précieuse. Mais vive Dieu ! À cette faute, je sens cependant qu’il y a un remède. Eh bien, ô âmes bienheureuses, faites-moi le plaisir de m’aider un peu ; moi aussi, comme je n’ai pu trouver ce dont mon âme avait besoin dans le repos et dans la nuit, moi aussi je me lèverai comme l’épouse du Cantique des cantiques, et je chercherai celui qu’aime mon âme : « Je me lèverai donc et je chercherai celui que mon cœur aime » (Ct 3,2), et je le chercherai toujours, je le chercherai en toute chose, et je ne m’arrêterai que lorsque je l’aurai retrouvé sur le seuil de son royaume…

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)

  • Demandons au Saint Esprit la charité du Seigneur !

    Demandons au Saint Esprit la charité du Seigneur !

    Si tu sais en quoi consiste l’offrande du sacrifice, tu comprendras pourquoi on y implore la venue du Saint-Esprit.

    Selon le témoignage de l’apôtre Paul, le sacrifice est offert pour que la mort du Seigneur soit annoncée et que revive le souvenir de celui qui a donné sa vie pour nous. Le Seigneur lui-même avait dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13). Donc, puisque le Christ est mort pour nous par amour, nous demandons, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice, que l’amour nous soit donné par la venue de l’Esprit Saint. Nous demandons en suppliant que, par l’amour même qui a poussé le Christ à se laisser crucifier pour nous, nous aussi, ayant reçu la grâce de l’Esprit Saint, nous puissions être crucifiés au monde et imiter la mort de notre Seigneur pour marcher dans une vie nouvelle.

    Ainsi tous les fidèles qui aiment Dieu et leur prochain, même s’ils ne boivent pas le calice d’une passion corporelle, boivent cependant le calice de la charité du Seigneur. Car on boit le calice du Seigneur tant que l’on garde sa sainte charité sans laquelle il ne sert à rien de livrer son corps aux flammes. Le don de la charité nous confère d’être en vérité ce que nous célébrons mystiquement dans le sacrifice. (…) C’est pourquoi nous demandons que l’Esprit Saint vienne nous donner la charité.

    Saint Fulgence de Ruspe (467-532)

  • Dieu pourrait-il refuser la prière qui monte vers lui ?

    Dieu pourrait-il refuser la prière qui monte vers lui ?

    « L’heure vient, dit-il, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jn 4,23) et il cherche de tels adorateurs. Nous sommes de vrais adorateurs et de vrais prêtres lorsque nous prions en esprit et offrons ainsi à Dieu, en sacrifice, notre prière, comme la victime qu’il s’est réservée et qui lui est agréable, celle-là même qu’il a demandée et préparée. Cette victime, offerte du fond du cœur, nourrie par la foi, élevée dans la vérité, intacte et innocente, intègre et pure, couronnée par l’amour, nous devons la mener à l’autel de Dieu avec un cortège de bonnes actions, parmi les psaumes et les hymnes, et elle nous obtiendra tout de la part de Dieu.

    Dieu pourrait-il refuser quelque chose à la prière qui monte vers lui en esprit et en vérité, alors que c’est lui-même qui l’a exigée ? Nous lisons, entendons et croyons tant de témoignages de son efficacité ! Déjà la prière ancienne délivrait du feu, des bêtes de la famine ; et pourtant, elle n’avait pas reçu sa forme du Christ. Combien plus grande est, par conséquent, l’efficacité de la prière chrétienne ! Elle n’envoie pas d’ange pour éteindre les flammes, elle ne ferme pas la gueule des lions, elle n’apporte pas de nourriture aux affamés, elle ne supprime aucune des passions des sens par un don de la grâce ; mais elle apprend la patience à ceux qui éprouvent une douleur et leur donne la foi qui fait comprendre ce que le Seigneur réserve à ceux qui souffrent pour le nom de Dieu. (…)

    Toute créature prie. Les animaux domestiques et les bêtes sauvages prient et fléchissent les genoux. En sortant de leurs étables ou de leurs tanières, ce n’est pas pour rien qu’ils font vibrer l’air de leurs cris. Même les oiseaux qui volent dans le ciel étendent leurs ailes en forme de croix et disent quelque chose qui ressemble à une prière. Que dire encore en hommage à la prière ? Le Seigneur lui-même a prié, à lui honneur et puissance pour les siècles des siècles.

    Tertullien (v. 155-v. 220)

  • « Lorsque vous priez… » (Mt 6,7)

    « Lorsque vous priez… » (Mt 6,7)

    Suivant le commandement de la prière,
    Je ne suis pas entré en esprit dans la chambre du cœur,
    Ni non plus dans un coin de la place publique,
    Pour avoir au moins une récompense humaine.

    Mais moi, j’ai été négligent dans les deux cas :
    Pour les apparences et la réalité ;
    Car ma paresse a triomphé de l’espérance,
    Et terrestre et céleste !

    À présent, Celui qui par nature est ton Père au ciel,
    Que Tu nous as donné par ta grâce,
    Accorde-moi d’invoquer parfaitement
    D’un cœur pur son Nom,

    Que le Royaume du Seigneur
    Arrive pour régir mon âme ;
    Et sur cette terre-ci en moi soit accomplie
    Sa volonté, ainsi qu’au ciel.

    Le pain de chaque jour et le Pain qui toujours est,
    Remède de mon corps et Remède de l’âme,
    Qu’il veuille me les donner abondamment, à moi indigent :
    Aussi bien le spirituel que le matériel.

    Qu’il me remette mes fautes, à moi débiteur,
    Comme moi aussi je remets à celui qui me doit ;
    Ou bien surtout qu’Il fasse remettre
    Des deux côtés, pour qu’il me soit remis.

    Et qu’il ne permette pas au Tentateur
    De me tenter, moi poltron, tel un intrépide ;
    Mais qu’Il veuille me garder de son épée ;
    Que Lui-même combatte contre le Mauvais !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)