Catégorie : Prière des âmes

  • « Ces douze, Jésus les envoya en mission. »

    « Ces douze, Jésus les envoya en mission. »

    Esprit d’Amour éternel,
    qui procèdes du Père et du Fils,
    nous te remercions pour toutes les vocations
    d’apôtres et de saints qui ont fécondé l’Église.
    Continue encore ton œuvre, nous t’en prions.
    Souviens-toi de ce moment où, à la Pentecôte,
    tu es descendu sur les apôtres réunis en prière
    avec Marie, la mère de Jésus,
    et regarde ton Église qui a aujourd’hui
    un besoin particulier de prêtres saints,
    de témoins fidèles et autorisés de ta grâce,
    qui a besoin d’hommes et de femmes consacrés
    qui rayonnent la joie de ceux qui vivent seulement pour le Père,
    de ceux qui font leurs la mission et l’offrande du Christ,
    de ceux qui construisent dans la charité le monde nouveau.

    Esprit Saint, Source éternelle de joie et de paix,
    c’est toi qui ouvres le cœur et l’esprit à l’appel divin ;
    c’est toi qui rends efficace tout élan
    vers le bien, vers la vérité, vers la charité.
    Tes gémissements inexprimables
    s’élèvent vers le Père du cœur de l’Église,
    qui souffre et lutte pour l’Évangile.
    Ouvre le cœur et l’esprit des jeunes gens et jeunes filles,
    pour qu’une nouvelle floraison de saintes vocations
    montre la fidélité de ton amour,
    et que tous puissent connaître le Christ,
    vraie lumière venue dans le monde
    pour offrir à chaque être humain
    l’espérance assurée de la vie éternelle. Amen.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

  • Veuille me conduire par le chemin étroit et resserré !

    Veuille me conduire par le chemin étroit et resserré !

    J’ai marché sur le boulevard terrestre
    De la voie large et spacieuse,
    Dans la demeure de la perdition,
    Où beaucoup suivent cette voie.

    Dirige mes pas sur l’étroit sentier,
    Allège-moi du fardeau des péchés,
    Pour que je puisse avec le petit groupe
    Voler léger dans la nuée au ciel.

    Fais-moi entrer par Toi, ô Porte sublime ;
    Veuille me conduire à ton Père céleste
    Par le chemin étroit et resserré,
    Grâce à une conduite droite et divine.

    Mais Toi qui sur les méchants si ingrats
    Et sur les justes, ces hommes de bien,
    Également répands la rosée de la pluie
    Et la lumière du soleil levant,

    Sur moi aussi, méchant, mort par le péché,
    Sur moi, si ingrat envers ton bienfait,
    Répands la rosée de ta Grâce
    Et la Lumière spirituelle !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. »

    « Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. »

    Ceux qui cherchent le Dieu invisible le cherchent dans leur cœur et dans leurs pensées secrètes, non dans des paroles bruyantes, comme s’il était loin d’eux. Ils ont l’habitude de se retirer là où aucun œil humain ne les voit ; là, humbles et pleins de foi, ils peuvent rencontrer celui qui se tient « près de leur sentier, près de leur lit, et qui voit toutes leurs démarches ». Et Dieu, « qui sonde les cœurs » (Rm 9,27), les récompensera au grand jour. La prière faite dans le secret, selon la volonté de Dieu, est conservée comme un trésor dans son Livre de Vie (Ps 68,29). Peut-être que cette prière a demandé une réponse ici-bas et ne l’a pas trouvée ? Peut-être que celui qui l’a formulée l’a même oubliée, et que le monde ne l’a jamais connue ? Mais Dieu, lui, s’en souvient toujours ; et au dernier jour, quand les livres seront ouverts (Dn 7,10; Ap 20,12), cette prière sera dévoilée et récompensée devant le monde entier…

    Nous savons bien que nous sommes tenus d’être, en un certain sens, en prière et méditation tout au long du jour (Lc 18,1) ; mais…devons-nous prier à certaines heures du jour d’une manière déterminée ?… Même si des heures et des formules précises ne sont pas absolument nécessaires pour la prière privée, elles sont d’une grande aide, ou plutôt elles nous sont commandées par notre Seigneur quand il dit : « Toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison… » Même notre Sauveur avait des moments privilégiés de communion avec Dieu. Ses pensées étaient bien un service divin continuellement offert à son Père, mais nous lisons qu’il « est monté dans la montagne, à l’écart, pour prier » et qu’il « a passé toute la nuit à prier Dieu » (Mt 14,23; Lc 6,12).

    Il faut insister sur ce devoir de respecter des moments précis de prière privée, parce qu’au milieu des soucis et des tensions de la vie, nous avons souvent tendance à les négliger, et ce devoir est bien plus important qu’on ne le pense d’habitude, même parmi ceux qui l’accomplissent.

    Saint John Henry Newman (1801-1890)

  • « Jésus gravit la montagne, ouvrant la bouche, il les enseignait. »

    « Jésus gravit la montagne, ouvrant la bouche, il les enseignait. »

    Tu es monté T’asseoir sur une haute montagne
    Comme autrefois Tu étais descendu au Sinaï ;
    Dans la nuée Tu avais exposé la Loi ancienne ;
    Dans ton corps, ô Verbe, Tu as enseigné la Nouvelle.

    Tu as ouvert ta bouche divine,
    Tu as béatifié les hommes de bien ;
    En échange des Tables des Dix commandements,
    Tu as donné les Neuf Béatitudes de la loi Nouvelle.

    Tu as posé une échelle de la terre au ciel
    Avec neuf marches et degré ;
    Par elle Tu as fait monter le genre humain ;
    Tu l’as placé parmi les neuf Chœurs.

    Mais moi, j’ai tellement collé à la terre
    À cause des vices du péché si lourds à porter,
    Que je n’ai même pas grimpé un seul
    Parmi les neuf degrés ! (…)

    À présent, je Te supplie, Seigneur, tout en larmes ;
    J’embrasse, Seigneur, tes pieds ;
    Allège-moi, moi qui suis en un corps,
    Du fardeau si lourd des péchés,

    Afin qu’il soit possible à mon âme ici-bas
    De monter en esprit vers Toi au ciel,
    En suivant tes Paroles comme une échelle,
    En gravissant au moins une marche après l’autre.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Solennité du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ

    Solennité du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ

    Qui de nous, mes frères, aurait jamais pu comprendre que Jésus-Christ eût porté son amour envers ses créatures jusqu’à leur donner son Corps adorable et Son Sang précieux pour servir de nourriture à nos âmes, si ce n’était lui-même qui nous le dise ? Eh quoi ! Mes frères, une âme se nourrir de son Sauveur !… et cela autant de fois qu’elle le désire !… Ô abîme de bonté et d’amour d’un Dieu pour ses créatures !…

    Saint Paul nous dit, mes frères, que le Sauveur, en se revêtant de notre chair, a caché sa divinité et a porté l’humiliation jusqu’à l’anéantissement. Mais, en instituant le sacrement adorable de l’Eucharistie, il a voilé jusqu’à son humanité, il n’a laissé paraître que les entrailles de sa miséricorde. Oh ! mes frères, voyez de quoi est capable l’amour d’un Dieu pour ses créatures !… Non, mes frères, de tous les sacrements, il n’y en a point qui puisse être comparé à celui de l’Eucharistie. (…)

    Saint Jean nous dit que Jésus-Christ « ayant aimé les hommes jusqu’à la fin » (Jn 13,1), trouva le moyen de monter au ciel sans quitter la terre : il prit du pain entre ses mains saintes et vénérables, le bénit et le changea en son Corps ; il prit du vin et le changea en son Sang précieux, et donna à tous les prêtres, dans la personne de ses apôtres, le pouvoir de faire le même miracle, toutes les fois qu’il prononceraient les mêmes paroles ; afin que, par ce miracle d’amour, il pût rester avec nous, nous servir de nourriture, nous consoler et nous tenir en compagnie. (…)

    Oh ! mes frères, quel bonheur pour un chrétien d’aspirer à un si grand honneur que de se nourrir du pain des anges !… Ah ! mes frères, si nous comprenions la grandeur du bonheur que nous avons de recevoir Jésus-Christ, ne travaillerions-nous pas continuellement à le mériter ?

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • Consolide-moi dans ton amour

    Consolide-moi dans ton amour

    Ô douceur et dilection, mon Dieu, ma miséricorde, ah, envoie maintenant des cieux ton Esprit Saint, et crée en moi un cœur nouveau et un esprit nouveau (Ez 18,31). Que ton onction m’enseigne sur toutes choses ; car je t’ai choisi entre mille (Ct 5,10), et je t’aime plus chèrement que tout autre amour, plus que l’amour de ma propre vie. Que la vertu de mon âme abonde de l’éclat et de la beauté de cette charité que tu convoites, car je te désire ardemment. Ah, fais-moi paraître en ta présence d’une façon digne de toi. Oui, me voici, je viens à toi que j’ai aimé, en qui j’ai cru, à qui j’ai donné mon cœur. (…)

    Mon très aimé Jésus, je désire suivre avec toi la règle d’amour, grâce à laquelle je pourrai renouveler ma vie et la passer en toi. Oh, place ma vie sous la garde de ton Esprit Saint afin qu’en tout temps je sois trouvée très empressée à tes commandements. Rends ma conduite conforme à la tienne ; consolide-moi dans ton amour et dans la paix. Enferme-mes sens dans la lumière de ta charité, afin que toi seul tu m’enseignes, me diriges et me formes, au plus intime de mon cœur. Absorbe mon esprit dans ton esprit, si puissamment et si profondément que vraiment je sois tout entière ensevelie en toi, et que dans cette union avec toi je me quitte moi-même, et que nul, si ce n’est ton amour, ne connaisse ma sépulture en toi. Là, que l’amour m’enferme sous son sceau et m’enchaîne à toi par un lien indivisible. Amen.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • Ô Marie, porteuse du feu divin !

    Ô Marie, porteuse du feu divin !

    Ô Marie, Marie, temple de la Trinité, ô Marie, porteuse du feu, Marie distributrice de miséricorde, Marie, qui as fait germer le fruit divin ! Marie, rédemptrice, en un sens, du genre humain ! (La souffrance de ta chair, dans le Verbe, n’a-t-elle pas sauvé le monde ?) Le Christ fut rédempteur par sa passion ; toi, par la douleur du corps et de l’âme.

    Ô Marie ! Mer tranquille, distributrice de paix, Marie, terre féconde ! Tu es l’arbre nouveau qui as porté la fleur odorante du Verbe, Fils unique de Dieu. En toi, terre féconde, fut semé le Verbe. Tu es à la fois la terre et l’arbre. Ô Marie, char de feu, tu as porté le feu caché et voilé sous la cendre de ton humanité. (…)

    Ô Marie, très doux amour, en toi est écrit le Verbe qui nous donne la doctrine de la vie ; tu es la tablette sur laquelle est gravée cette doctrine. Aussitôt imprimé en toi, ce Verbe porte la croix du saint désir qui est comme greffé sur lui. À peine conçu, il est possédé du désir de mourir pour le salut des hommes, en faveur de qui il s’incarne. Et ce fut une grande croix que de porter si longtemps un désir qu’il eût voulu aussitôt réaliser.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Goûter la connaissance de Dieu

    Goûter la connaissance de Dieu

    Vers Vous, Vie de mon âme,
    Vers Vous se tourne mon cœur
    Qu’une force d’ardent amour
    A fondu en un seul désir.
    S’il se porte vers quelque autre hors de Vous,
    Qu’il soit aussitôt sans vie. (…)

    Vous êtes Perle féconde, richesse de l’humanité,
    Ouvrier d’infini savoir,
    Maître d’infinie patience,
    Conseiller d’infinie sagesse,
    Gardien d’infini dévouement,
    Ami d’infini fidélité.

    Vous êtes douce Saveur de totale intimité,
    Caresse d’infinie délicatesse,
    Tendresse d’infinie bonté,
    Amour d’infinie ardeur,
    Étreinte d’infinie douceur,
    Jalousie d’infinie pureté. (…)

    Je vous préfère à toutes les créatures,
    Pour Vous je renonce à tous les plaisirs,
    Pour vous j’affronte toutes les adversités.
    Et de tout cela il ne m’importe pas d’être louée, sinon de Vous seul.
    Car, de tout cela, comme de tous bien, Vous êtes la sève :
    Je le proclame du cœur et des lèvres.

    Sous l’impulsion de votre ardeur,
    J’unis l’élan de ma piété
    A la vertu de votre prière,
    Afin que la pureté de cette divine union,
    Où sera dissipé tout instinct rebelle,
    Me conduise au sommet de la suprême perfection. (…)

    Aussitôt Gertrude éprouva le bienfait de sa prière et, comme elle l’achevait, elle vit que la face de son âme apparaissait plus brillamment éclairée de la lumière divine et que la connaissance de Dieu lui était d’un goût plus savoureux.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • Solennité de l’Ascension de Notre Seigneur

    Solennité de l’Ascension de Notre Seigneur

    À l’achèvement des quarante jours
    Après la résurrection de la Sainte Pâques,
    Tu as fait monter sur le Mont des Oliviers
    Le Groupe que Tu as choisi : les Onze.

    Et la promesse du Père, l’Esprit,
    Tu promettais de la leur accorder,
    Et, en les bénissant, Seigneur,
    Tu T’es élevé auprès du Père dans le ciel.

    Et notre nature humaine,
    Que le Mauvais avait rendu infernale,
    Tu l’as élevée au-dessus
    De la nature des êtres de feu.

    Tu T’es assis à la droite de Celui qui T’a engendré,
    Conformément au Prophète qui l’avait prédit ;
    Tu as été adoré par les armées des Anges
    Avec le Père et avec l’Esprit.

    Et moi qui suis inerte pour le bien,
    Emmène-moi avec Toi dans le ciel ;
    Mes membres pourris, terrestres,
    Joins-les de nouveau à ta Tête.

    Bien que je sois le dernier en tout
    Comme la plante des pieds,
    Cependant parmi les saints membres
    Que je sois compté avec la multitude !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)