Catégorie : Prière des âmes

  • Daigne faire habiter en moi l’Esprit !

    Daigne faire habiter en moi l’Esprit !

    À la Fontaine sacrée de la pureté
    Dans laquelle Tu m’as de nouveau créé,
    Les démons du mal sont sortis de moi,
    Ceux qui étaient entrés de la part du serpent.

    Quant à eux, se promenant à travers les lieux arides,
    Dans les âmes exemptes de vices,
    Ils n’y ont pas trouvé un lieu de repos,
    Parce qu’ils n’y étaient pas à l’aise.

    Mais, parce que la source de la maladie du péché
    Toujours sans fin de moi jaillit,
    Et que mon âme même est tout arrangée
    Comme maison et logis pour lui,

    Ayant pris sept compagnons,
    Des plus méchants par leurs mœurs dépravés,
    Le premier démon les a adjoints à soi
    Et il est retourné avec eux dans la maison de mon âme.

    Mon dernier état a été pire
    Que le premier en méchanceté ;
    Car on ne peut plus se purifier à la source,
    Sinon par l’ascèse et la mortification.

    Mais lui qui est très rusé,
    Après avoir occupé la forteresse,
    A dominé encore sur elle une deuxième fois,
    Suivant l’ancienne tactique.

    Toi, veuille le rejeter de nouveau
    Dans le désert des abîmes,
    Même si ce n’est pas suivant la Loi,
    Mais selon ta grâce abondante.

    Et au lieu des sept mauvais esprits
    Que Tu rejetteras comme Adversaires,
    Daigne faire habiter en moi l’Esprit
    Aux sept dons de ta grâce.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Le bien suprême de la prière

    Le bien suprême de la prière

    Le bien suprême, c’est la prière, la conversation familière avec Dieu. Elle est relation à Dieu et union avec lui. De même que les yeux du corps sont éclairés à la vue de la lumière, ainsi l’âme tendue vers Dieu est illuminée de son ineffable lumière.

    La prière n’est pas l’effet d’une attitude extérieure, mais elle vient du cœur. Elle ne s’enferme pas dans des heures ou des moments déterminés, mais, de nuit comme de jour, elle est en activité continuelle. Il ne faut pas se contenter d’orienter sa pensée vers Dieu lorsqu’elle s’applique exclusivement à la prière ; mais même lorsqu’elle est absorbée par d’autres occupations – comme le soin des pauvres ou quelqu’autre souci en vue d’une œuvre bonne et utile, il importe d’y mêler le désir et le souvenir de Dieu, afin d’offrir au Seigneur de l’univers une nourriture très douce, assaisonnée au sel de l’amour de Dieu.

    La prière est la lumière de l’âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes. Par elle, l’âme s’élève vers le ciel et embrasse le Seigneur d’indicibles embrassements. Comme un nourrisson vers sa mère, elle crie vers Dieu en pleurant, assoiffée de lait divin. Elle exprime ses désirs intimes et reçoit des présents supérieurs à toute nature visible. La prière, par laquelle nous nous présentons avec respect devant Dieu, est la joie du cœur et le repos de l’âme.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

  • L’union à Dieu

    L’union à Dieu

    Le Bon Dieu n’a pas besoin de nous. S’il nous commande de prier, c’est qu’Il veut notre bonheur, et que notre bonheur ne peut se trouver que là. Lorsqu’Il nous voir venir, Il penche son Cœur bien bas vers sa petite créature comme un père qui s’incline pour écouter son petit enfant qui lui parle.

    Le matin, il faut faire comme l’enfant qui est dans son berceau : dès qu’il ouvre les yeux, il regarde vite s’il voit sa mère…

    Il y a deux choses pour s’unir avec notre Seigneur et pour faire son salut : la prière et les sacrements. Tous ceux qui sont devenus saints ont fréquenté les sacrements et ont élevé leur âme à Dieu par la prière.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • « Ces douze, Jésus les envoya en mission. »

    « Ces douze, Jésus les envoya en mission. »

    Esprit d’Amour éternel,
    qui procèdes du Père et du Fils,
    nous te remercions pour toutes les vocations
    d’apôtres et de saints qui ont fécondé l’Église.
    Continue encore ton œuvre, nous t’en prions.
    Souviens-toi de ce moment où, à la Pentecôte,
    tu es descendu sur les apôtres réunis en prière
    avec Marie, la mère de Jésus,
    et regarde ton Église qui a aujourd’hui
    un besoin particulier de prêtres saints,
    de témoins fidèles et autorisés de ta grâce,
    qui a besoin d’hommes et de femmes consacrés
    qui rayonnent la joie de ceux qui vivent seulement pour le Père,
    de ceux qui font leurs la mission et l’offrande du Christ,
    de ceux qui construisent dans la charité le monde nouveau.

    Esprit Saint, Source éternelle de joie et de paix,
    c’est toi qui ouvres le cœur et l’esprit à l’appel divin ;
    c’est toi qui rends efficace tout élan
    vers le bien, vers la vérité, vers la charité.
    Tes gémissements inexprimables
    s’élèvent vers le Père du cœur de l’Église,
    qui souffre et lutte pour l’Évangile.
    Ouvre le cœur et l’esprit des jeunes gens et jeunes filles,
    pour qu’une nouvelle floraison de saintes vocations
    montre la fidélité de ton amour,
    et que tous puissent connaître le Christ,
    vraie lumière venue dans le monde
    pour offrir à chaque être humain
    l’espérance assurée de la vie éternelle. Amen.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

  • Veuille me conduire par le chemin étroit et resserré !

    Veuille me conduire par le chemin étroit et resserré !

    J’ai marché sur le boulevard terrestre
    De la voie large et spacieuse,
    Dans la demeure de la perdition,
    Où beaucoup suivent cette voie.

    Dirige mes pas sur l’étroit sentier,
    Allège-moi du fardeau des péchés,
    Pour que je puisse avec le petit groupe
    Voler léger dans la nuée au ciel.

    Fais-moi entrer par Toi, ô Porte sublime ;
    Veuille me conduire à ton Père céleste
    Par le chemin étroit et resserré,
    Grâce à une conduite droite et divine.

    Mais Toi qui sur les méchants si ingrats
    Et sur les justes, ces hommes de bien,
    Également répands la rosée de la pluie
    Et la lumière du soleil levant,

    Sur moi aussi, méchant, mort par le péché,
    Sur moi, si ingrat envers ton bienfait,
    Répands la rosée de ta Grâce
    Et la Lumière spirituelle !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. »

    « Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. »

    Ceux qui cherchent le Dieu invisible le cherchent dans leur cœur et dans leurs pensées secrètes, non dans des paroles bruyantes, comme s’il était loin d’eux. Ils ont l’habitude de se retirer là où aucun œil humain ne les voit ; là, humbles et pleins de foi, ils peuvent rencontrer celui qui se tient « près de leur sentier, près de leur lit, et qui voit toutes leurs démarches ». Et Dieu, « qui sonde les cœurs » (Rm 9,27), les récompensera au grand jour. La prière faite dans le secret, selon la volonté de Dieu, est conservée comme un trésor dans son Livre de Vie (Ps 68,29). Peut-être que cette prière a demandé une réponse ici-bas et ne l’a pas trouvée ? Peut-être que celui qui l’a formulée l’a même oubliée, et que le monde ne l’a jamais connue ? Mais Dieu, lui, s’en souvient toujours ; et au dernier jour, quand les livres seront ouverts (Dn 7,10; Ap 20,12), cette prière sera dévoilée et récompensée devant le monde entier…

    Nous savons bien que nous sommes tenus d’être, en un certain sens, en prière et méditation tout au long du jour (Lc 18,1) ; mais…devons-nous prier à certaines heures du jour d’une manière déterminée ?… Même si des heures et des formules précises ne sont pas absolument nécessaires pour la prière privée, elles sont d’une grande aide, ou plutôt elles nous sont commandées par notre Seigneur quand il dit : « Toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison… » Même notre Sauveur avait des moments privilégiés de communion avec Dieu. Ses pensées étaient bien un service divin continuellement offert à son Père, mais nous lisons qu’il « est monté dans la montagne, à l’écart, pour prier » et qu’il « a passé toute la nuit à prier Dieu » (Mt 14,23; Lc 6,12).

    Il faut insister sur ce devoir de respecter des moments précis de prière privée, parce qu’au milieu des soucis et des tensions de la vie, nous avons souvent tendance à les négliger, et ce devoir est bien plus important qu’on ne le pense d’habitude, même parmi ceux qui l’accomplissent.

    Saint John Henry Newman (1801-1890)

  • « Jésus gravit la montagne, ouvrant la bouche, il les enseignait. »

    « Jésus gravit la montagne, ouvrant la bouche, il les enseignait. »

    Tu es monté T’asseoir sur une haute montagne
    Comme autrefois Tu étais descendu au Sinaï ;
    Dans la nuée Tu avais exposé la Loi ancienne ;
    Dans ton corps, ô Verbe, Tu as enseigné la Nouvelle.

    Tu as ouvert ta bouche divine,
    Tu as béatifié les hommes de bien ;
    En échange des Tables des Dix commandements,
    Tu as donné les Neuf Béatitudes de la loi Nouvelle.

    Tu as posé une échelle de la terre au ciel
    Avec neuf marches et degré ;
    Par elle Tu as fait monter le genre humain ;
    Tu l’as placé parmi les neuf Chœurs.

    Mais moi, j’ai tellement collé à la terre
    À cause des vices du péché si lourds à porter,
    Que je n’ai même pas grimpé un seul
    Parmi les neuf degrés ! (…)

    À présent, je Te supplie, Seigneur, tout en larmes ;
    J’embrasse, Seigneur, tes pieds ;
    Allège-moi, moi qui suis en un corps,
    Du fardeau si lourd des péchés,

    Afin qu’il soit possible à mon âme ici-bas
    De monter en esprit vers Toi au ciel,
    En suivant tes Paroles comme une échelle,
    En gravissant au moins une marche après l’autre.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Solennité du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ

    Solennité du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ

    Qui de nous, mes frères, aurait jamais pu comprendre que Jésus-Christ eût porté son amour envers ses créatures jusqu’à leur donner son Corps adorable et Son Sang précieux pour servir de nourriture à nos âmes, si ce n’était lui-même qui nous le dise ? Eh quoi ! Mes frères, une âme se nourrir de son Sauveur !… et cela autant de fois qu’elle le désire !… Ô abîme de bonté et d’amour d’un Dieu pour ses créatures !…

    Saint Paul nous dit, mes frères, que le Sauveur, en se revêtant de notre chair, a caché sa divinité et a porté l’humiliation jusqu’à l’anéantissement. Mais, en instituant le sacrement adorable de l’Eucharistie, il a voilé jusqu’à son humanité, il n’a laissé paraître que les entrailles de sa miséricorde. Oh ! mes frères, voyez de quoi est capable l’amour d’un Dieu pour ses créatures !… Non, mes frères, de tous les sacrements, il n’y en a point qui puisse être comparé à celui de l’Eucharistie. (…)

    Saint Jean nous dit que Jésus-Christ « ayant aimé les hommes jusqu’à la fin » (Jn 13,1), trouva le moyen de monter au ciel sans quitter la terre : il prit du pain entre ses mains saintes et vénérables, le bénit et le changea en son Corps ; il prit du vin et le changea en son Sang précieux, et donna à tous les prêtres, dans la personne de ses apôtres, le pouvoir de faire le même miracle, toutes les fois qu’il prononceraient les mêmes paroles ; afin que, par ce miracle d’amour, il pût rester avec nous, nous servir de nourriture, nous consoler et nous tenir en compagnie. (…)

    Oh ! mes frères, quel bonheur pour un chrétien d’aspirer à un si grand honneur que de se nourrir du pain des anges !… Ah ! mes frères, si nous comprenions la grandeur du bonheur que nous avons de recevoir Jésus-Christ, ne travaillerions-nous pas continuellement à le mériter ?

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • Consolide-moi dans ton amour

    Consolide-moi dans ton amour

    Ô douceur et dilection, mon Dieu, ma miséricorde, ah, envoie maintenant des cieux ton Esprit Saint, et crée en moi un cœur nouveau et un esprit nouveau (Ez 18,31). Que ton onction m’enseigne sur toutes choses ; car je t’ai choisi entre mille (Ct 5,10), et je t’aime plus chèrement que tout autre amour, plus que l’amour de ma propre vie. Que la vertu de mon âme abonde de l’éclat et de la beauté de cette charité que tu convoites, car je te désire ardemment. Ah, fais-moi paraître en ta présence d’une façon digne de toi. Oui, me voici, je viens à toi que j’ai aimé, en qui j’ai cru, à qui j’ai donné mon cœur. (…)

    Mon très aimé Jésus, je désire suivre avec toi la règle d’amour, grâce à laquelle je pourrai renouveler ma vie et la passer en toi. Oh, place ma vie sous la garde de ton Esprit Saint afin qu’en tout temps je sois trouvée très empressée à tes commandements. Rends ma conduite conforme à la tienne ; consolide-moi dans ton amour et dans la paix. Enferme-mes sens dans la lumière de ta charité, afin que toi seul tu m’enseignes, me diriges et me formes, au plus intime de mon cœur. Absorbe mon esprit dans ton esprit, si puissamment et si profondément que vraiment je sois tout entière ensevelie en toi, et que dans cette union avec toi je me quitte moi-même, et que nul, si ce n’est ton amour, ne connaisse ma sépulture en toi. Là, que l’amour m’enferme sous son sceau et m’enchaîne à toi par un lien indivisible. Amen.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • Ô Marie, porteuse du feu divin !

    Ô Marie, porteuse du feu divin !

    Ô Marie, Marie, temple de la Trinité, ô Marie, porteuse du feu, Marie distributrice de miséricorde, Marie, qui as fait germer le fruit divin ! Marie, rédemptrice, en un sens, du genre humain ! (La souffrance de ta chair, dans le Verbe, n’a-t-elle pas sauvé le monde ?) Le Christ fut rédempteur par sa passion ; toi, par la douleur du corps et de l’âme.

    Ô Marie ! Mer tranquille, distributrice de paix, Marie, terre féconde ! Tu es l’arbre nouveau qui as porté la fleur odorante du Verbe, Fils unique de Dieu. En toi, terre féconde, fut semé le Verbe. Tu es à la fois la terre et l’arbre. Ô Marie, char de feu, tu as porté le feu caché et voilé sous la cendre de ton humanité. (…)

    Ô Marie, très doux amour, en toi est écrit le Verbe qui nous donne la doctrine de la vie ; tu es la tablette sur laquelle est gravée cette doctrine. Aussitôt imprimé en toi, ce Verbe porte la croix du saint désir qui est comme greffé sur lui. À peine conçu, il est possédé du désir de mourir pour le salut des hommes, en faveur de qui il s’incarne. Et ce fut une grande croix que de porter si longtemps un désir qu’il eût voulu aussitôt réaliser.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)