« Lorsque vous priez… » (Mt 6,7)

Suivant le commandement de la prière,
Je ne suis pas entré en esprit dans la chambre du cœur,
Ni non plus dans un coin de la place publique,
Pour avoir au moins une récompense humaine.

Mais moi, j’ai été négligent dans les deux cas :
Pour les apparences et la réalité ;
Car ma paresse a triomphé de l’espérance,
Et terrestre et céleste !

À présent, Celui qui par nature est ton Père au ciel,
Que Tu nous as donné par ta grâce,
Accorde-moi d’invoquer parfaitement
D’un cœur pur son Nom,

Que le Royaume du Seigneur
Arrive pour régir mon âme ;
Et sur cette terre-ci en moi soit accomplie
Sa volonté, ainsi qu’au ciel.

Le pain de chaque jour et le Pain qui toujours est,
Remède de mon corps et Remède de l’âme,
Qu’il veuille me les donner abondamment, à moi indigent :
Aussi bien le spirituel que le matériel.

Qu’il me remette mes fautes, à moi débiteur,
Comme moi aussi je remets à celui qui me doit ;
Ou bien surtout qu’Il fasse remettre
Des deux côtés, pour qu’il me soit remis.

Et qu’il ne permette pas au Tentateur
De me tenter, moi poltron, tel un intrépide ;
Mais qu’Il veuille me garder de son épée ;
Que Lui-même combatte contre le Mauvais !

Saint Nersès Snorhali (1102-1173)