Étiquette : St Nersès Snorhali

  • Veuille me conduire par le chemin étroit et resserré !

    Veuille me conduire par le chemin étroit et resserré !

    J’ai marché sur le boulevard terrestre
    De la voie large et spacieuse,
    Dans la demeure de la perdition,
    Où beaucoup suivent cette voie.

    Dirige mes pas sur l’étroit sentier,
    Allège-moi du fardeau des péchés,
    Pour que je puisse avec le petit groupe
    Voler léger dans la nuée au ciel.

    Fais-moi entrer par Toi, ô Porte sublime ;
    Veuille me conduire à ton Père céleste
    Par le chemin étroit et resserré,
    Grâce à une conduite droite et divine.

    Mais Toi qui sur les méchants si ingrats
    Et sur les justes, ces hommes de bien,
    Également répands la rosée de la pluie
    Et la lumière du soleil levant,

    Sur moi aussi, méchant, mort par le péché,
    Sur moi, si ingrat envers ton bienfait,
    Répands la rosée de ta Grâce
    Et la Lumière spirituelle !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Jésus gravit la montagne, ouvrant la bouche, il les enseignait. »

    « Jésus gravit la montagne, ouvrant la bouche, il les enseignait. »

    Tu es monté T’asseoir sur une haute montagne
    Comme autrefois Tu étais descendu au Sinaï ;
    Dans la nuée Tu avais exposé la Loi ancienne ;
    Dans ton corps, ô Verbe, Tu as enseigné la Nouvelle.

    Tu as ouvert ta bouche divine,
    Tu as béatifié les hommes de bien ;
    En échange des Tables des Dix commandements,
    Tu as donné les Neuf Béatitudes de la loi Nouvelle.

    Tu as posé une échelle de la terre au ciel
    Avec neuf marches et degré ;
    Par elle Tu as fait monter le genre humain ;
    Tu l’as placé parmi les neuf Chœurs.

    Mais moi, j’ai tellement collé à la terre
    À cause des vices du péché si lourds à porter,
    Que je n’ai même pas grimpé un seul
    Parmi les neuf degrés ! (…)

    À présent, je Te supplie, Seigneur, tout en larmes ;
    J’embrasse, Seigneur, tes pieds ;
    Allège-moi, moi qui suis en un corps,
    Du fardeau si lourd des péchés,

    Afin qu’il soit possible à mon âme ici-bas
    De monter en esprit vers Toi au ciel,
    En suivant tes Paroles comme une échelle,
    En gravissant au moins une marche après l’autre.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Solennité de l’Ascension de Notre Seigneur

    Solennité de l’Ascension de Notre Seigneur

    À l’achèvement des quarante jours
    Après la résurrection de la Sainte Pâques,
    Tu as fait monter sur le Mont des Oliviers
    Le Groupe que Tu as choisi : les Onze.

    Et la promesse du Père, l’Esprit,
    Tu promettais de la leur accorder,
    Et, en les bénissant, Seigneur,
    Tu T’es élevé auprès du Père dans le ciel.

    Et notre nature humaine,
    Que le Mauvais avait rendu infernale,
    Tu l’as élevée au-dessus
    De la nature des êtres de feu.

    Tu T’es assis à la droite de Celui qui T’a engendré,
    Conformément au Prophète qui l’avait prédit ;
    Tu as été adoré par les armées des Anges
    Avec le Père et avec l’Esprit.

    Et moi qui suis inerte pour le bien,
    Emmène-moi avec Toi dans le ciel ;
    Mes membres pourris, terrestres,
    Joins-les de nouveau à ta Tête.

    Bien que je sois le dernier en tout
    Comme la plante des pieds,
    Cependant parmi les saints membres
    Que je sois compté avec la multitude !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Le vendredi saint

    Le vendredi saint

    En échange de l’arbre qui a donné la mort,
    Poussé au milieu du Paradis (Gn 3,3),
    Tu as porté sur tes épaules le bois de la croix,
    Tu l’as monté sur le lieu appelé Golgotha.
    Soulage mon âme, tombée dans le péché
    Et portant un fardeau si lourd ;
    Soulage-la grâce au « joug doux »
    Et au « fardeau léger » de la croix (Mt 11,30).
    Le vendredi, à trois heures,
    Au jour où le premier homme a été séduit,
    Tu as été cloué, Seigneur, sur le bois
    En même temps que le larron criminel.
    Tes mains qui avaient créé la terre,
    Tu les as étendues sur la croix,
    En échange des mains d’Adam et d’Ève qui s’étaient tendues
    Vers l’arbre où elles avaient cueilli la mort.
    Moi qui ai péché comme eux,
    Et même les ai surpassés…
    Pardonne-moi mon délit
    Comme à eux dans la région d’où l’espoir est banni.
    Tu es monté sur la sainte croix,
    Tu as ôté la transgression des hommes ;
    Et l’ennemi de notre nature,
    Tu l’y as cloué.
    Fortifie-moi sous la protection
    De ce saint signe, toujours vainqueur,
    Et lorsqu’il se lèvera à l’Orient (Mt 24,30),
    Illumine-moi de sa lumière.
    Au larron qui était à ta droite
    Tu as ouvert la porte du Paradis ;
    Souviens-toi de moi aussi lorsque tu reviendras
    Avec la Royauté de ton Père (Lc 23,42).
    Que moi aussi j’entende prononcer
    La réponse qui fait exulter :
    « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans l’Éden,
    Dans ta patrie première ! »

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Lorsque vous priez… » (Mt 6,7)

    « Lorsque vous priez… » (Mt 6,7)

    Suivant le commandement de la prière,
    Je ne suis pas entré en esprit dans la chambre du cœur,
    Ni non plus dans un coin de la place publique,
    Pour avoir au moins une récompense humaine.

    Mais moi, j’ai été négligent dans les deux cas :
    Pour les apparences et la réalité ;
    Car ma paresse a triomphé de l’espérance,
    Et terrestre et céleste !

    À présent, Celui qui par nature est ton Père au ciel,
    Que Tu nous as donné par ta grâce,
    Accorde-moi d’invoquer parfaitement
    D’un cœur pur son Nom,

    Que le Royaume du Seigneur
    Arrive pour régir mon âme ;
    Et sur cette terre-ci en moi soit accomplie
    Sa volonté, ainsi qu’au ciel.

    Le pain de chaque jour et le Pain qui toujours est,
    Remède de mon corps et Remède de l’âme,
    Qu’il veuille me les donner abondamment, à moi indigent :
    Aussi bien le spirituel que le matériel.

    Qu’il me remette mes fautes, à moi débiteur,
    Comme moi aussi je remets à celui qui me doit ;
    Ou bien surtout qu’Il fasse remettre
    Des deux côtés, pour qu’il me soit remis.

    Et qu’il ne permette pas au Tentateur
    De me tenter, moi poltron, tel un intrépide ;
    Mais qu’Il veuille me garder de son épée ;
    Que Lui-même combatte contre le Mauvais !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Toi, le Fils unique du Père, tu es né dans notre chair !

    D’abord, par ton Esprit divin
    L’âme de la sainte Vierge a été sanctifiée,
    Et la puissance de ton Père des cieux
    L’a couverte de son ombre.

    Ensuite, Toi, le Fils unique du Père,
    Tu es descendu de gré en ses entrailles :
    Tu es devenu véritablement chair,
    Dieu et homme, les deux ne formant qu’un.

    Tu es né avec notre corps humain,
    Toi qui étais né d’abord du Père incorporellement ;
    Tu as ôté les douleurs du premier homme,
    Couvert de feuilles, grâce à tes langes.

    Ô Toi le Verbe, dans la crèche de celui qui est privé de parole
    Pour être la nourriture de celui qui est doué de parole,
    Ô Toi Lumière, manifestée par la lumière de l’étoile,
    Les Mages grâce à celle-ci T’ont adoré.

    Les Chœurs des Anges étaient descendus dans la grotte,
    Et Te servaient en ta sainte Nativité ;
    Ils avisaient les bergers et leur annonçaient la Bonne Nouvelle ;
    Ils chantaient : « Gloire au plus haut des cieux ! »

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Seigneur, je me suis éloigné !

    Je me suis éloigné, à l’exemple de la brebis,
    De ton troupeau pensant ;
    J’ai diminué le nombre de la centaine
    Que Tu as laissée dans le désert d’en-haut.

    Tu es venu par amour à la recherche de l’unique ;
    Une fois retrouvée, Tu l’as portée sur tes épaules au ciel ;
    Tu as complété le nombre de la troupe qui avait chuté,
    Pour faire la joie des Anges.

    Tu m’as porté moi aussi, Seigneur, avec la multitude ;
    Tu m’as lavé de la boue et de la fange du péché ;
    En elles de nouveau à présent je me vautre,
    À l’exemple de l’ami stupide des ordures.

    Lave-moi de nouveau au moyen des larmes ;
    Veuille les accorder à mon âme impénitente
    Comme un ruisseau abondant et bouillonnant,
    À l’exemple de la fontaine débordante.

    Et moi qui me suis encore égaré volontairement,
    Fais-moi revenir à ta volonté divine ;
    La volonté de mon libre arbitre princier
    Ôte-la pour ce en quoi elle ne T’obéit pas.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Justifie-moi avec le Publicain !

    Le Pharisien de la Loi,
    En sa prière au Temple,
    Mettait en avant le bien qu’il avait accompli
    Devant tes yeux qui voient tout.

    L’âme insensée s’enorgueillissait
    En se comparant au genre humain lointain
    Et au proche Publicain
    Qui, en même temps que lui, priait.

    Non seulement il n’obtint pas ce qu’il demandait
    À cause de sa langue grandiloquente,
    Mais encore ses œuvres antérieures de justice,
    Il les perdit à cause de son discours vaniteux.

    Mais alors, que ferai-je à mon âme
    Qui aime le vice totalement,
    Très négligente pour les bonnes actions,
    Active pour amasser les mauvaises ?

    Car je n’accomplis pas les bonnes actions
    Pour lesquelles s’est glorifié le Pharisien ;
    Et je suis bien supérieur à lui
    Dans le vice de la gloriole et de l’orgueil.

    Mais donne la voix du Publicain
    À mon âme guérie, chef des Publicains,
    Pour clamer avec ses propres mots :
    « Mon Dieu, pardonne-moi mes péchés ! »

    Justifie-moi avec lui,
    Comme Tu l’as fait pour lui par une seule parole ;
    Humilie mon esprit au-dedans,
    Pour que je sois exalté par ta grâce.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. »

    À la recherche de ta perle
    Je ne me suis point mis comme le marchand ;
    Et je n’ai point, en échange de l’Inéchangeable,
    Donné l’amour de l’éphémère.

    Je n’ai point vendu, selon le commandement,
    La concupiscence du terrestre,
    Afin d’acquérir ce qui est d’un haut prix :
    L’étoile du matin, née de la Rosée.

    Ô Toi qui es né de la Vierge à la manière de la perle,
    Dieu et homme, les deux ne formant qu’un,
    Fais que de ton amour divin
    Je sois le mendiant au cœur blessé !

    Ouvre ma chambre nuptiale, moi qui soupire ;
    Entre dans l’appartement avec l’affection du cœur ;
    Rends-moi de nouveau ta demeure
    Et embrasse-moi de ta droite.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Accorde-moi de toujours parler avec ton verbe !

    Jour après jour, ton ordre
    Je l’entends par mon ouïe corporelle,
    De ne pas jurer du tout,
    Ni par les choses de la terre, ni par le ciel.

    Quant à moi, bouchant les oreilles de mon âme,
    Je ne laisse pas y entrer la Parole ;
    Mais je me conduis d’une manière opposée,
    Et je désobéis au Commandement. (…)

    Mais Toi qui as donné comme outil de la parole
    La pensée et la langue, souffle éthéré,
    Ouvre ma bouche par ton Esprit,
    Remplis-la de la bénédiction spirituelle,

    Pour que je parle de la Loi divine,
    De la Bonne Nouvelle du Nouveau Testament,
    De la sagesse de la théorie
    Et du mystère de la pratique.

    Éloigne de moi la parole qui divise,
    Le blasphème irrémissible,
    Et la plainte avec la calomnie,
    Le murmure avec la détraction.

    La tromperie envers le prochain,
    Et la trahison du perfide,
    Le serment du parjure,
    Le mensonge qui est le propre du Mauvais ; (…)

    La loquacité diabolique,
    Et la jactance du présomptueux ;
    Et en général tous les flots de paroles
    Qui, une fois prononcées, sont regrettées.

    Et accorde-moi le verbe, ô Toi, Verbe incarné,
    Pour parler toujours avec ton verbe,
    Pour le donner comme grâce à mon auditeur,
    Pour l’édification de l’âme démolie.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)