Auteur/autrice : fred

  • Nativité de saint Jean Baptiste, solennité

    Nativité de saint Jean Baptiste, solennité

    En ce jour vient au monde le grand Précurseur,
    issu de sein stérile d’Élisabeth.
    Il est le plus grand parmi les prophètes ;
    nul autre n’a surgi comme lui,
    car il est la lampe qui précède de peu la clarté suprême
    et la voix qui précède la Verbe.
    Il conduit au Christ l’Église, sa fiancée,
    et prépare pour le Seigneur un peuple choisi,
    le purifiant par l’eau en vue de l’Esprit.

    De Zacharie naît cette jeune plante,
    le plus beau parmi les fils du désert,
    le héraut du repentir,
    celui qui purifie par l’eau ceux qui s’égaraient,
    qui porte en précurseur l’annonce de la résurrection
    jusqu’au séjour des morts,
    et qui intercède pour nos âmes.
    Dès le sein de ta mère, bienheureux Jean,
    tu as été le prophète et le précurseur du Christ :
    tu as tressailli d’allégresse
    en voyant la Reine venir auprès de la servante,
    portant devant toi Celui que le Père engendre sans mère de toute éternité,
    toi qui est né d’une femme stérile et d’un vieillard,
    selon la promesse du Seigneur.
    Prie-le de prendre nos âmes en pitié.

    Liturgie byzantine

    (Références bibliques : Mt 11,11 ; Jn 5,35 ; Mt 3,3 ; Jn 3,29 ; Lc 1,17 ; 3,16 ; Mc 6,28 ; Lc 1,40 ; 1,13)

  • Veuille me conduire par le chemin étroit et resserré !

    Veuille me conduire par le chemin étroit et resserré !

    J’ai marché sur le boulevard terrestre
    De la voie large et spacieuse,
    Dans la demeure de la perdition,
    Où beaucoup suivent cette voie.

    Dirige mes pas sur l’étroit sentier,
    Allège-moi du fardeau des péchés,
    Pour que je puisse avec le petit groupe
    Voler léger dans la nuée au ciel.

    Fais-moi entrer par Toi, ô Porte sublime ;
    Veuille me conduire à ton Père céleste
    Par le chemin étroit et resserré,
    Grâce à une conduite droite et divine.

    Mais Toi qui sur les méchants si ingrats
    Et sur les justes, ces hommes de bien,
    Également répands la rosée de la pluie
    Et la lumière du soleil levant,

    Sur moi aussi, méchant, mort par le péché,
    Sur moi, si ingrat envers ton bienfait,
    Répands la rosée de ta Grâce
    Et la Lumière spirituelle !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Enlève d’abord la poutre de ton œil. » (Mt 7,5)

    « Enlève d’abord la poutre de ton œil. » (Mt 7,5)

    Recherchons, frères, comment il se fait que parfois on entende une parole désagréable et qu’on la laisse passer comme si on n’avait rien entendu, sans se troubler, et que d’autres fois on en est aussitôt troublé. Quelle est la raison d’une telle différence ? Y a-t-il à cela une ou plusieurs raisons ? Pour moi, j’en vois beaucoup, mais une seule engendre, pour ainsi dire, toutes les autres. (…)

    La cause du trouble, si nous la recherchons soigneusement, c’est toujours le fait de ne pas s’accuser soi-même. De là vient que nous avons tout cet accablement et que nous ne trouvons jamais de repos. Il n’y a pas à s’étonner si tous les saints disent qu’il n’existe point d’autre voie que celle-là. Nous voyons bien que nul n’a trouvé le repos en suivant une autre route, et nous, nous pensons le trouver et suivre une voie parfaitement droite, sans jamais consentir à nous accuser nous-mêmes ! En vérité, eût-on accompli mille bonnes œuvres, si l’on ne garde pas cette voie, on ne cessera jamais de faire souffrir et de souffrir soi-même, en perdant ainsi toute sa peine (…)

    Il arrive aussi qu’un frère, croyant se tenir dans la paix et la tranquillité, se trouble néanmoins d’une parole désobligeante que vient lui dire un autre, et il juge que c’est à bon droit, se disant en lui-même : « Si ce frère n’était pas venu me parler et me troubler, je n’aurais pas péché. » C’est une illusion, c’est un faux raisonnement. Celui qui lui a dit le mot, a-t-il donc mis en lui, la passion ? Il lui a simplement révélé la passion qui était en lui, pour qu’il se repente, s’il le veut.

    Dorothée de Gaza (v. 500-?)

  • « Ne craignez pas les hommes; tout ce qui est voilé, sera dévoilé. »

    « Ne craignez pas les hommes; tout ce qui est voilé, sera dévoilé. »

    Tu n’as « pas ici-bas de demeure définitive » (Hé 13,14). Où que tu sois, tu n’es qu’un hôte, un passant, et tu n’auras jamais de paix si tu n’es pas intimement uni à Jésus Christ. Que cherches-tu autour de toi ? Le lieu de ton repos n’est pas ici-bas. Ta demeure est au ciel, et rien sur cette terre ne t’appartient. Tout passe, et tu passeras avec tout ce qui t’entoure. Prends donc garde de t’attacher à quoi que ce soit, car tu serais pris et perdu.

    Que ta pensée se tourne sans cesse vers le Très-Haut, et que ta prière s’élève vers Jésus Christ. Si tu ne sais pas méditer la profondeur des mystères célestes, repose-toi dans la Passion du Christ, et aime à te cacher dans ses plaies sacrées. Car, si tu prends refuge dans les plaies et les stigmates de Jésus, tu éprouveras un grand réconfort dans la tribulation ; tu ne craindras pas le mépris des hommes, et tu supporteras aisément leurs critiques. En ce monde Jésus Christ a été méprisé par les hommes et, dans l’angoisse la plus extrême, abandonné par ses amis et ses proches et livré à l’opprobre général. Jésus Christ a voulu souffrir et être méprisé ; et toi, tu oses te plaindre de la moindre contrariété ?

    Si tu veux régner avec le Christ, vis avec le Christ et pour le Christ. Si tu étais parvenu une seule fois à pénétrer dans le cœur de Jésus, et si tu avais ressenti son amour ardent, tu ne te préoccuperais plus de ce qui peut te plaire ou te déplaire ; tu te réjouirais plutôt dans les humiliations, car l’amour de Jésus permet aux hommes de tout mépriser. Celui qui aime Jésus et la vérité et qui a réussi à se dégager de toute affection déréglée peut librement s’approcher de Dieu, s’élever en esprit au-dessus de sa condition présente, et goûter dans le Christ un bonheur éternel. Celui qui juge toutes choses d’après ce qu’elles valent vraiment et non d’après les paroles et l’opinion des hommes, celui-là est vraiment sage et instruit par Dieu.

    L’Imitation de Jésus Christ

  • Je sais bien, Moi, ce dont vous avez besoin !

    Je sais bien, Moi, ce dont vous avez besoin !

    [Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] Comment l’homme peut-il refuser de croire que j’aurai soin de lui, lui que j’ai créé à mon image et ressemblance, quand il me voit nourrir et préserver le ver dans le bois sec, donner leur pâture aux bêtes des champs, aux poissons de la mer, aux oiseaux de l’air, à tous les êtres vivants qui sont sur terre ? Je fais luire mon soleil sur les plantes, et je répands sur elles la rosée qui féconde. N’est-ce pas pour son service que tout a été fait ? Ma bonté n’a rien créé sans penser à lui.

    De quelque côté qu’il se tourne, au spirituel comme au temporel, il ne trouve rien d’autre que l’abîme de feu de ma charité, servie par la grande et douce et parfaite providence. Mais il ne voit pas, parce qu’il s’est privé de la lumière, et qu’il ne veut pas voir. Dès lors il se scandalise de l’épreuve, il restreint sa charité envers le prochain, il se fait avare et s’inquiète du lendemain, comme si ma Vérité ne le lui avait pas défendu quand elle a dit : « Ne vous tourmentez pas pour le jour qui vient : à chaque jour suffit sa peine » (Mt 6,34) ! Il vous reprochait ainsi votre peu de confiance, en vous mettant sous les yeux ma providence et la brièveté du temps. Ne vous inquiétez pas pour demain, disait-il. C’est comme s’il avait dit : Ne vous donnez pas de souci pour ce que vous n’êtes pas sûr d’avoir : c’est assez de suffire au jour présent.

    Il vous enseignait à demander d’abord le royaume des cieux, c’est-à-dire la bonne et sainte vie. Quant à ces choses de rien, je sais bien, moi votre Père du ciel, que vous en avez besoin, puisque c’est pour vous que je les ai faites, puisque c’est pour vous que j’ai commandé à la terre de vous donner ses fruits.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • La joie de la foi

    La joie de la foi

    Il faut que l’ardeur de notre foi anime nos moindres actions. Si nous nous y appliquons, notre vie sera pleine de lumière et de joie. Les plus minimes détails de nos journées nous apparaîtront comme des perles précieuses, que nous voudront acquérir pour en composer notre trésor du ciel. Et à mesure que nous avancerons dans la foi, qu’elle deviendra plus ferme, plus ardente, plus active, la joie abondera de plus en plus dans notre âme. Les clartés s’ajoutent aux clartés ; l’espérance, voyant ses horizons s’élargir, s’affermit de jour en jour ; l’amour, se sentant plus ardent, rend toutes choses aisées ; et nous courons dans la voie des commandements du Seigneur. (…)

    Au ciel, la source de notre joie sera la possession assurée, parfaite et inamissible du bien souverain et immuable, dans la pleine lumière de la gloire ; ici-bas, la source de notre joie est la possession commencée de Dieu, l’union anticipée à Dieu : cette possession, cette union est d’autant plus intime que nous sommes plus baignés de la lumière de la foi. La joie que la foi nous procure est nécessaire ici-bas. C’est Dieu lui-même qui a façonné notre cœur, et il l’a façonné de telle sorte qu’il ait besoin d’allégresse.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

  • Donnez-nous notre pain !

    Donnez-nous notre pain !

    « Donnez-nous aujourd’hui notre pain supersubstantiel, epiousion* » (Mt 6,11), et, selon un autre évangéliste, « notre pain quotidien » (Lc 11,3). Le premier qualificatif exprime sa noblesse et le caractère de sa substance, qui l’élèvent au-dessus de toute substance, et font qu’il dépasse par sa sublime grandeur et sainteté toutes créatures. Le second exprime l’usage qu’il en faut faire et son utilité : le mot « quotidien » montre que sans ce pain, nous ne pouvons vivre un seul jour de la vie spirituelle.

    Quant au mot « aujourd’hui », il montre qu’il faut s’en nourrir tous les jours, et qu’il ne suffirait pas de l’avoir reçu hier, s’il ne nous était pareillement donné aujourd’hui. Que le besoin quotidien que nous en avons nous soit un avertissement de faire en tout temps cette prière ! Il n’est pas de jour où il ne nous soit nécessaire de manger ce pain, pour fortifier le cœur de notre homme intérieur.

    Mais « aujourd’hui » peut s’entendre également de la vie présente : « Tandis que nous sommes de ce monde, donnez-nous ce pain. Nous savons que vous le donnerez aussi dans le monde à venir à ceux qui l’auront mérité. Mais nous vous prions de nous l’accorder dès aujourd’hui, parce que celui qui ne l’aura pas reçu en cette vie, ne saurait y avoir part dans l’autre. »

    Saint Jean Cassien (v. 360-435)

    * translitération de la parole grecque utilisée dans l’évangile

  • « Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. »

    « Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. »

    Ceux qui cherchent le Dieu invisible le cherchent dans leur cœur et dans leurs pensées secrètes, non dans des paroles bruyantes, comme s’il était loin d’eux. Ils ont l’habitude de se retirer là où aucun œil humain ne les voit ; là, humbles et pleins de foi, ils peuvent rencontrer celui qui se tient « près de leur sentier, près de leur lit, et qui voit toutes leurs démarches ». Et Dieu, « qui sonde les cœurs » (Rm 9,27), les récompensera au grand jour. La prière faite dans le secret, selon la volonté de Dieu, est conservée comme un trésor dans son Livre de Vie (Ps 68,29). Peut-être que cette prière a demandé une réponse ici-bas et ne l’a pas trouvée ? Peut-être que celui qui l’a formulée l’a même oubliée, et que le monde ne l’a jamais connue ? Mais Dieu, lui, s’en souvient toujours ; et au dernier jour, quand les livres seront ouverts (Dn 7,10; Ap 20,12), cette prière sera dévoilée et récompensée devant le monde entier…

    Nous savons bien que nous sommes tenus d’être, en un certain sens, en prière et méditation tout au long du jour (Lc 18,1) ; mais…devons-nous prier à certaines heures du jour d’une manière déterminée ?… Même si des heures et des formules précises ne sont pas absolument nécessaires pour la prière privée, elles sont d’une grande aide, ou plutôt elles nous sont commandées par notre Seigneur quand il dit : « Toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison… » Même notre Sauveur avait des moments privilégiés de communion avec Dieu. Ses pensées étaient bien un service divin continuellement offert à son Père, mais nous lisons qu’il « est monté dans la montagne, à l’écart, pour prier » et qu’il « a passé toute la nuit à prier Dieu » (Mt 14,23; Lc 6,12).

    Il faut insister sur ce devoir de respecter des moments précis de prière privée, parce qu’au milieu des soucis et des tensions de la vie, nous avons souvent tendance à les négliger, et ce devoir est bien plus important qu’on ne le pense d’habitude, même parmi ceux qui l’accomplissent.

    Saint John Henry Newman (1801-1890)

  • « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

    « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

    « Ainsi donc, tant que nous en avons le temps, pratiquons le bien à l’égard de tous, et surtout de nos frères dans la Foi. » (Ga 6, 10) Le temps présent, celui du cours de la vie, est le temps des semailles. Durant cette vie, nous pouvons semer ce que nous voulons. Quand cette vie sera écoulée, le temps d’agir nous sera ôté. C’est pourquoi le Sauveur dit : « Travaillez tant qu’il fait jour. La nuit viendra, où nul ne pourra plus travailler. » (Jn 9, 4)

    Que nous soyons malades ou bien-portants, humbles ou puissants, pauvres ou riches, affamés ou rassasiés, faisons tout au nom du Seigneur, avec patience et égalité d’âme ; alors s’accomplira en nous ce que dit l’Écriture : « Toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu. » (Rm 8, 28). La colère elle-même, la passion, l’outrage reçu qui demande vengeance, deviennent pour moi, si je me maîtrise, si je garde le silence pour Dieu, si à travers chaque piqûre blessante et sous la pression des vices, je pense à Dieu qui me regarde d’En-Haut, autant d’occasions de triomphe.

    Ne disons-pas, lorsque nous distribuons des dons : celui-ci est un ami, celui-là, je l’ignore ; celui-ci a droit à recevoir, celui-là doit être méprisé. Imitons notre Père, « qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (cf. Mt 5, 45) La source de sa Bonté est ouverte à tous. Esclave et homme libre, plébéien et roi, riche et pauvre, tous y boivent pareillement. La lampe allumée dans la maison éclaire tous sans distinction.

    Saint Jean l’Évangéliste à la fin de sa vie, alors qu’il ne pouvait exprimer sa pensée par un discours suivi, ne proférait d’autre parole que celle-ci : « Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres. » (Cf. Jn 13,34) À la fin, ses disciples lui dirent : « Maître, pourquoi nous dîtes-vous toujours cela ? » Jean répondit par cette sentence digne de lui : « Parce que c’est le précepte du Seigneur ; que seulement on l’accomplisse, et cela suffit. »

    Saint Jérôme (347-420)

  • « Laisse-lui encore ton manteau. »

    « Laisse-lui encore ton manteau. »

    Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure
    Sans réclamer de salaire ici-bas.
    Ah ! sans compter je donne, étant bien sûre
    Que lorsqu’on aime, on ne calcule pas !
    Au Cœur Divin, débordant de tendresse,
    J’ai tout donné…. légèrement je cours
    Je n’ai plus rien que ma seule richesse :
    Vivre d’Amour.

    Vivre d’Amour, c’est bannir toute crainte,
    Tout souvenir des fautes du passé.
    De mes péchés je ne vois nulle empreinte,
    En un instant l’amour a tout brûlé !
    Flamme divine, ô très douce fournaise,
    En ton foyer je fixe mon séjour.
    C’est en tes feux que je chante à mon aise (cf Dn 3,51) :
    « Je vis d’Amour ! »…

    « Vivre d’Amour, quelle étrange folie ! »
    Me dit le monde. « Ah ! cessez de chanter,
    « Ne perdez pas vos parfums, votre vie :
    « Utilement sachez les employer ! »
    T’aimer, Jésus, quelle perte féconde !
    Tous mes parfums sont à toi sans retour,
    Je veux chanter en sortant de ce monde :
    « Je meurs d’Amour ! »

    Aimer c’est tout donner et se donner soi-même.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)