Auteur/autrice : fred

  • Notre Dame des Douleurs

    Notre Dame des Douleurs

    « Voici ton Fils », cela s’adresse à la Sainte Vierge ; Notre Seigneur lui donne tous les humains pour enfants, lui ordonnant d’avoir pour tous un cœur de Mère… Elle a accompli et elle continuera durant l’éternité à accomplir avec une perfection incomparable cet ordre de Dieu, comme tous les autres. Soyons donc absolument certains qu’elle a pour tout humain un cœur maternel, et adressons-nous à cette Mère chérie et toute-puissante, dans tous nos besoins, avec autant de confiance qu’un enfant à sa mère, à une mère qui l’aime infiniment plus que ne peut faire une mère terrestre, et à une mère qui peut lui obtenir de Dieu absolument tout ce qui est vraiment bon pour l’âme…

    « Voici ta mère. » Ceci s’adresse à chaque âme. Tous nous devons traiter la Sainte Vierge comme notre Mère, lui rendre les devoirs qu’un bon fils doit à une très bonne Mère : affection, honneur, service, confiance, en un mot, tout ce que Notre Seigneur Lui-même rendait à la Très Sainte Vierge ! Aimons-la, honorons-la, entourons-la, en nous entretenant avec elle dans la prière ; servons-la, en aidant de notre mieux à toutes les œuvres qu’elle favorise, à toutes celles qui sont entreprises en son honneur ; ayons en elle une confiance absolue et invoquons-la sans hésiter avec cette confiance, en tous nos besoins, en tous nos désirs, toutes nos entreprises, toutes nos œuvres, toutes nos actions (…). Montrons-nous envers elle les plus tendres des fils, nous souvenant que c’est là un point essentiel d’obéissance à Jésus et d’imitation de Jésus : d’obéissance, puisqu’il nous l’ordonne si formellement et si solennellement, du haut même de la croix ; d’imitation, car il fut toujours pour sa mère le modèle des fils…

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • Fête des saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges

    Fête des saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges

    Grand, puissant en ses dons, admirable ; tel est le Saint-Esprit. (…) Tu as vu sa puissance étendue, étendue au monde entier. Ne reste plus désormais sur terre, mais élève-toi vers le ciel. Monte par la pensée au premier ciel et là, vois les innombrables myriades d’anges. Efforce-toi de te hausser par tes réflexions, si tu peux, plus haut encore. Vois aussi les archanges, vois aussi les esprits ; vois les Vertus, vois les Dominations. De tous ces esprits, le chef, de la part de Dieu, le Maître et le sanctificateur, c’est le Paraclet.

    Élie, Élisée, Isaïe, chez les hommes, ont besoin de lui ; Michel et Gabriel, chez les anges, ont besoin de lui. Il n’y a aucune créature qui l’égale en honneur ; car les diverses catégories d’anges et toutes leurs armées rassemblées ne soutiennent pas la comparaison avec le Saint-Esprit ; la puissance toute bonne du Paraclet éclipse tous ces êtres. Eux sont envoyés pour un ministère, lui scrute même les profondeurs de Dieu, comme dit l’Apôtre, « car l’Esprit scrute toutes choses, même les profondeurs de Dieu » (1 Co 2,10). Qui des hommes en effet connaît ce qui concerne l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? Ainsi également personne ne connaît ce qui concerne Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

  • Fête de la Croix Glorieuse

    Fête de la Croix Glorieuse

    « Où donc habitait-Il, sinon en la douleur ? »
    En la douleur immense, en la douleur suprême ?
    C’est l’habitation de toute âme qui aime
    Et conforme sa vie à celle du Sauveur.

    Ne crains pas la souffrance, elle est gage d’amour,
    « À l’ombre de la Croix, enfuis-toi toute entière
    Celui qu’elle soutient te donnera lumière. »
    Il te fortifiera pour lutter chaque jour.

    Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

  • « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. »

    « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. »

    Le Seigneur nous oblige à remettre nous-mêmes les dettes de nos débiteurs, comme nous, nous demandons qu’on nous remette les nôtres (Mt 6,12). Nous devons savoir que nous ne pouvons pas obtenir ce que nous demandons à propos de nos péchés, si nous n’en faisons pas autant pour ceux qui ont péché envers nous. C’est pourquoi le Christ dit ailleurs : « C’est la mesure dont vous vous servirez qui servira de mesure pour vous » (Mt 7,2). Et le serviteur qui, après avoir été libéré de toute sa dette, n’a pas voulu à son tour remettre celle de son compagnon de service est jeté en prison. Parce qu’il n’avait pas voulu faire grâce à son compagnon, il a perdu ce dont son maître lui avait fait grâce. Cela, le Christ l’établit avec plus de force encore dans ses préceptes, lorsqu’il décrète… : « Quand vous êtes debout en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, pour que votre Père qui est aux cieux vous pardonne vos fautes. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est aux cieux ne vous pardonnera pas non plus vos fautes » (Mc 11,25-26)…

    Lorsque Abel et Caïn, les premiers, ont offert des sacrifices, ce n’est pas leurs offrandes que Dieu regardait mais leur cœur (Gn 4,3s). Celui dont l’offrande lui plaisait, c’est celui dont le cœur lui plaisait. Abel, pacifique et juste, en offrant le sacrifice à Dieu dans l’innocence, enseignait aux autres à venir avec la crainte de Dieu pour offrir leur présent à l’autel, avec un cœur simple, le sens de la justice, la concorde et la paix. En offrant avec de telles dispositions le sacrifice à Dieu, il a mérité de devenir lui-même une offrande précieuse et de donner le premier témoignage du martyre. Il a préfiguré, par la gloire de son sang, la Passion du Seigneur, parce qu’il possédait la justice et la paix du Seigneur. Ce sont des hommes semblables qui sont couronnés par le Seigneur, et qui, au jour du jugement, obtiendront justice avec lui.

    Saint Cyprien (v. 200-258)

  • N’avoir pour désir que la volonté de Dieu

    N’avoir pour désir que la volonté de Dieu

    Par le texte d’Isaïe : « Tu rendras gloire à Dieu, en ne suivant pas tes voies » (cf. Is 51,17) Gertrude comprit que celui qui, réfléchissant au préalable sur ce qu’il va faire ou dire et voyant que cela n’est d’aucune utilité, réfrène son attrait, en retire un triple profit. Premièrement, (…) il lui est donné de trouver en Dieu de plus suaves délices. Deuxièmement, les pensées malfaisantes auront moins de prise sur lui (…). Troisièmement, dans la vie éternelle, le Fils de Dieu lui accordera une plus abondante participation aux fruits de cette éminente sainteté de vie qui lui fit faire face avec une noblesse imposante à toute tentation et en triompher glorieusement. (…)

    Par le texte : « Voici, sa récompense est avec lui » (cf. Is 40,10), elle comprit comment le Seigneur, dans son amour, est lui-même la récompense de ses élus, se prodiguant avec tant de douceur que l’âme qui l’aime peut dire en toute vérité avoir été par l’effet d’une extrême bonté, récompensée bien au-delà de tout mérite. « Et son œuvre est devant lui » (ibid.) signifie que s’étant entièrement remise à la divine Providence et n’ayant pour désir, en toute action, que la volonté de Dieu, Dieu lui accorde d’être déjà comme parfaite devant lui. (…) Elle comprit que quiconque, faisant sincèrement pénitence de tout ce qu’il aurait commis ou omis, se disposerait d’un cœur droit à obéir aux préceptes de Dieu, serait en toute vérité sanctifié devant Dieu. (…)

    Par ce texte : « Chantez au Seigneur un cantique nouveau »(cf. Is 42,10), elle comprit que celui-là chante au Seigneur un cantique nouveau qui met dans son chant l’élan d’un don intérieur ; car, par là même que lui est venue de Dieu cette grâce de tourner vers lui son élan, l’acte nouveau qui en résulte sera agréable à Dieu.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • Le disciple bien formé sera comme son maître

    Le disciple bien formé sera comme son maître

    « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître. Il sera parfait s’il est comme son maître ». Les bienheureux disciples étaient destinés à devenir les guides et les maîtres spirituels de la terre entière. Ils devaient donc faire preuve, plus que les autres, d’une ferveur remarquable, être familiarisés avec la manière de vivre selon l’Evangile et entraînés à pratiquer toute œuvre bonne. Ils auraient à transmettre à ceux qu’ils instruiraient la doctrine exacte, salutaire et strictement conforme à la vérité, après l’avoir d’abord contemplée eux-mêmes et avoir laissé la lumière divine éclairer leur intelligence. Sans quoi, ils seraient des aveugles conduisant d’autres aveugles. Car ceux qui sont plongés dans les ténèbres de l’ignorance ne peuvent pas conduire à la connaissance de la vérité les hommes souffrant de cette même ignorance. Le voudraient-ils d’ailleurs, qu’ils tomberaient tous ensemble dans l’abîme de leurs tendances mauvaises.

    C’est pourquoi le Seigneur a voulu arrêter le penchant à la vantardise que l’on trouve chez tant de gens, et les dissuader de rivaliser avec leurs maîtres pour surpasser leur réputation. Il leur a dit : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître ». Même s’il arrive à certains d’atteindre un degré de vertu égal à celui de leurs prédécesseurs, ils devront surtout imiter leur modestie. Paul nous en donne la preuve quand il dit : « Montrez-vous mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ » (1Co 11,1).

    Cela étant, pourquoi juges-tu, alors que le Maître ne juge pas encore ? Car il n’est pas venu juger le monde (Jn 12,47), mais lui faire grâce… « Si je ne juge pas, dit-il, ne juge pas non plus, toi qui es mon disciple. Il se peut que tu sois plus coupable que celui que tu juges… Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère ? »

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

  • Les signes de la vrai et parfaite charité

    Les signes de la vrai et parfaite charité

    Très cher Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, l’esclave des serviteurs de Jésus Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir fondé dans la vraie et parfaite charité. (…)

    C’est là un des signes particuliers qui montrent si l’âme est dans la charité ou non. Elle ne méprise personne, mais elle supporte avec patience les défauts des autres ; elle ne s’irrite pas, mais elle est pleine de douceur ; elle ne rend pas l’homme injuste, mais juste, lui faisant rendre à chacun ce qui lui est dû, qu’il obéisse ou qu’il commande. Il rend gloire à Dieu et louange à son nom ; il a pour lui la haine et l’horreur du péché, et pour le prochain l’amour et la bienveillance. S’il est puissant et qu’il ait à exercer la justice, il écoute le grand comme le petit, le pauvre comme le riche. Il ne souille pas sa conscience en cédant aux flatteries, aux menaces, au plaisir ou au déplaisir ; mais il tient la balance droite, rendant à chacun ce que veut la justice. Il sert avec zèle son prochain, montrant envers lui l’amour qu’il a pour Dieu : il ne peut rendre service à Dieu, mais il s’applique à rendre service à ce que Dieu aime tant, à la créature raisonnable, qui lui est donnée comme intermédiaire.

    Combien est douce la charité, cette tendre mère ! Elle est sans amertume, et toujours elle donne la joie au cœur de celui qui la possède.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Bienheureux ceux qui seront vides de tout et pleins de Moi !

    Bienheureux ceux qui seront vides de tout et pleins de Moi !

    « Bienheureux ceux qui auront la pauvreté d’esprit ; qui, non seulement rejettent les biens matériels, ce qui est le premier degré, mais montent bien plus haut et vident complètement leur âme de tout attachement, de tout goût, de tout désir, de toute recherche qui n’a pas Moi pour but… Cette pauvreté d’esprit fait le vide complet dans l’âme, la vidant et de l’amour des choses matérielles, et de l’amour du prochain, et de l’amour de soi-même, chassant d’elle tout, tout, et n’y laissant qu’une place entièrement vide que J’occupe tout entière… Moi, alors, Je leur rends divinisé cet amour des créatures matérielles qu’ils ont chassé de leur âme pour Me donner la place entière… Ils ont chassé de leur âme ces amours ; seul, J’occupe leur âme vide de tout et pleine de Moi ; mais en Moi, en vue de Moi, ils recommenceront à aimer toutes ces choses, non plus pour eux, ni pour elles, mais pour Moi : ce sera la charité ordonnée. Ils aimeront toutes les créatures pour Moi (…). Bienheureux ceux qui seront si pauvres d’esprit, si vides de tout, si pleins de Moi !…

    « Bienheureux ceux qui ont faim ! ceux qui ont faim de justice, du règne de la justice sur la terre, de Mon règne sur la terre, de Ma gloire ; faim de Me voir glorifié par toutes les âmes ; faim de voir Ma volonté parfaitement accomplie par tous les êtres !… Ayez donc toujours cette grande faim de la justice, de voir la justice parfaitement accomplie, et par vous-même et par tous les hommes ; la faim de voir la volonté de Dieu parfaitement faite par vous et par tous les hommes ; la faim de votre parfaite sanctification et de la parfaite sainteté dans tous les hommes… C’est cette faim qui presse Mon propre Cœur !… Ayez-la de plus en plus, non en vue de vous, ni en vue des hommes, mais en vue de Dieu, par amour de Dieu… Bienheureux serez-vous alors ! car vous serez parfaitement unis à Mon propre Cœur !…

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • Fête de la Nativité de la Vierge Marie

    Fête de la Nativité de la Vierge Marie

    Ô Vierge, ô Diadème et Manteau pourpre du Roi,
    Fontaine scellée, Fleur qui grandis et s’épanouis
    Si différemment d’Adam, le père des hommes.

    Salvatrice du genre humain,
    Toi qui mis au monde la nouvelle Lumière,
    Rassemble aussi les membres de ton Fils en une céleste harmonie.

    Ô Glorieuse Mère de la sainte Médecine,
    Par ton Fils immaculé, tu as adouci les plaies amères de la mort
    Qu’engendra Ève pour le tourment des âmes.

    Tu as anéanti la mort et bâti la maison de la vie.
    Intercède pour nous auprès de ton Fils, Étoile de la mer !

    Ô Médiatrice, Dispensatrice de vie, Joyau de nos fêtes,
    Tu es la plus précieuse des joies qui n’auront pas de fin.
    Prie pour nous, douce Vierge Marie.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

  • « Il y avait là un homme dont la main droite était paralysée. »

    « Il y avait là un homme dont la main droite était paralysée. »

    La main qu’Adam avait étendue pour cueillir les fruits de l’arbre défendu, le Seigneur l’a imprégnée de la sève salutaire des bonnes œuvres, afin que, desséchée par la faute, elle soit guérie par les bonnes œuvres. À cette occasion, le Christ prend à partie ses adversaires, qui par leurs fausses interprétations violaient les préceptes de la Loi ; ils jugeaient que le jour du sabbat il fallait faire relâche même des bonnes œuvres, alors que la Loi a préfiguré dans le présent l’aspect de l’avenir où à coup sûr c’est le mal qui ne travaillera plus, non le bien…

    Tu as donc entendu les paroles du Seigneur : « Étends ta main ». Voilà le remède pour tous. Et toi qui crois avoir la main saine, prends garde que l’avarice, prends garde que le sacrilège ne la paralyse. Étends-la souvent : étends-la vers ce pauvre qui t’implore, étends-la pour aider le prochain, pour porter secours à la veuve, pour arracher à l’injustice celui que tu vois soumis à une vexation imméritée ; étends-la vers Dieu pour tes péchés. C’est ainsi qu’on étend la main ; c’est ainsi qu’elle guérit.

    Saint Ambroise (v. 340-397)