S’attacher à l’amour des biens célestes

« Le juste gardera sa voie et il ajoutera la force à la pureté de ses mains. » (Jb 17,9 Vg) Oui, en considérant l’hypocrite, le juste remarque qu’il doit la possession des biens de ce monde à la perversité de sa volonté et il s’attache, lui, plus solidement à l’amour des biens célestes, sachant que les récompenses éternelles ne manqueront pas aux sages désirs tandis que les cœurs faux et doubles ne se voient refuser aucun des biens temporels.

Aussi le juste ajoute-t-il encore la force à la pureté des mains, parce que, au spectacle des pervertis possesseurs de la gloire terrestre, il élève ses bonnes œuvres jusqu’à la perfection et il dédaigne les biens temporels avec d’autant plus de hauteur qu’il les voit répandus à profusion même chez les méchants. Il considère en effet combien sont à mépriser des biens que Dieu tout-puissant ne marchande pas même aux pervertis. (…)

Aussi le juste estime-t-il indigne de lui la convoitise des biens qu’il voit à profusion même chez les méchants et il oriente son esprit vers l’acquisition des biens célestes, que les réprouvés ne sauraient partager avec lui.

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)