Auteur/autrice : fred

  • Heureux le serviteur trouvé entrain de veiller !

    Heureux le serviteur trouvé entrain de veiller !

    Très cher Frère dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir un seigneur juste dans l’exercice de la puissance qui vous est confiée. (…)

    Il faut être juste, et garder avec justice la cité de notre âme, en vivant dans la vraie et sainte crainte de Dieu ; il faut aimer la vertu, et détester le vice. De cette manière, nous goûterons le sang de Jésus crucifié ; la vraie et sainte justice brillera en vous, vous serez un maître juste et bon pour votre âme et votre prochain, mais pas autrement. C’est pourquoi je vous ai dit que je désirais vous voir un maître juste, afin que vivant avec justice, vous mainteniez le droit et la justice dans la charge que vous avez.

    Mon très cher Frère, ne dormez plus ; mais secouez avec zèle votre sommeil. Revenons à nous, et n’attendons pas le temps, car le temps n’attend pas ; le temps est plus rapide que nous ne nous l’imaginons. Je voudrais que nous sortions de notre position, et que nous rompions les liens qui nous lient ; car celui qui est lié ne peut avancer, et il faut que nous avancions dans la voie de la vertu en suivant la doctrine de Jésus crucifié, qui est la voie, la vérité, la vie ; et celui qui le suit ne va pas dans les ténèbres, mais dans la lumière. Il faut donc marcher dans cette voie douce et droite.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • « Dieu, crée pour moi un cœur pur. » (Ps 50,12)

    « Dieu, crée pour moi un cœur pur. » (Ps 50,12)

    « Déchirez vos cœurs, dit le prophète, et non vos vêtements. » Parmi vous qui est celui dont la volonté est particulièrement portée à l’entêtement ? Qu’il déchire son cœur avec le glaive de l’Esprit, qui n’est autre que la Parole de Dieu. Qu’il le déchire et qu’il le réduise en poussière, car on ne peut se convertir au Seigneur qu’avec un cœur brisé. (…) Écoute un homme que Dieu a trouvé selon son cœur : « Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt. » Il est prêt pour l’adversité, il est prêt pour la prospérité, il est prêt pour les choses humbles, il est prêt pour celles qui sont élevées, il est prêt pour ce que tu ordonneras (…) « Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt. » Qui est, comme David, prêt à sortir et à entrer et à marcher selon la volonté du Roi ?

    David disait encore, à propos des pécheurs : « Leur cœur s’est figé comme de la graisse ; moi, je trouve mes délices dans la méditation de ta Loi. » La dureté du cœur, l’obstination de l’esprit viennent de ce que nous méditons notre propre volonté, au lieu de méditer la Loi de Dieu.

    Saint Bernard (1091-1153)

    (Références bibliques : Jl 2,13; Ep 6,17; Ps 50,19; 1Sm 13,14; Ps 56,8; 2S 5,2; Ps 118,70)

  • « Purifie d’abord l’intérieur de la coupe. »

    « Purifie d’abord l’intérieur de la coupe. »

    La confession des péchés (l’aveu), même d’un point de vue simplement humain, nous libère et facilite notre réconciliation avec les autres. Par l’aveu, l’homme regarde en face les péchés dont il s’est rendu coupable ; il en assume la responsabilité et par là, il s’ouvre de nouveau à Dieu et à la communion de l’Église afin de rendre possible un nouvel avenir. L’aveu au prêtre constitue une partie essentielle du sacrement de pénitence (…) : « Lorsque les fidèles du Christ s’efforcent de confesser tous les péchés qui leur viennent à la mémoire, on ne peut pas douter qu’ils les présentent tous au pardon de la miséricorde divine. (…) [Mais] ‘si le malade rougit de découvrir sa plaie au médecin, la médecine ne soigne pas ce qu’elle ignore’ » (Concile de Trente ; S. Jérôme)

    D’après le commandement de l’Église, « tout fidèle parvenu à l’âge de la discrétion doit confesser au moins une fois par an les péchés graves dont il a conscience » (…) Sans être strictement nécessaire, la confession des fautes quotidiennes (péchés véniels) est néanmoins vivement recommandée par l’Église. En effet, la confession régulière de nos péchés véniels nous aide à former notre conscience, à lutter contre nos penchants mauvais, à nous laisser guérir par le Christ, à progresser dans la vie de l’Esprit. En recevant plus fréquemment, par ce sacrement, le don de la miséricorde du Père, nous sommes poussés à être miséricordieux comme lui (Lc 6,36). (…)

    « Quand tu commences à te repentir de ce que tu as fait, c’est alors que tes œuvres bonnes commencent, parce que tu accuses tes œuvres mauvaises. Le commencement des œuvres bonnes, c’est la confession des œuvres mauvaises. Tu ‘fais la vérité’ et tu ‘viens à la lumière’ » (S. Augustin ; Jn 12,13).

    Catéchisme de l’Église catholique

  • « Viens et tu verras. » : l’apôtre Barthélémy-Nathanaël rencontre le Fils de Dieu

    « Viens et tu verras. » : l’apôtre Barthélémy-Nathanaël rencontre le Fils de Dieu

    Traditionnellement, l’apôtre Barthélémy est identifié à Nathanaël. Ce Nathanaël venait de Cana (Jn 21,2) et il est donc possible qu’il ait été témoin du grand signe accompli par Jésus en ce lieu (Jn 2,1-11). L’identification des deux personnages est probablement motivée par le fait que ce Nathanaël, dans la scène de vocation que rapporte l’évangile de Jean, est placé à côté de Philippe, c’est-à-dire à la place qu’occupe Barthélemy dans les listes des apôtres rapportées par les autres évangiles.

    À ce Nathanaël, Philippe avait raconté qu’il avait trouvé « celui dont parlent la loi de Moïse et les prophètes : Jésus, fils de Joseph, de Nazareth ». Comme nous le savons, Nathanaël lui a opposé un préjugé plutôt décidé : « De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ? » Cette sorte de contestation est, à sa manière, importante pour nous. Elle nous fait voir en effet que, selon les attentes juives, le Messie ne pouvait pas venir d’un village aussi obscur que Nazareth (cf Jn 7,42). Mais en même temps, elle met en évidence la liberté de Dieu, qui surprend nos attentes en nous faisant le trouver précisément là où nous ne l’attendions pas. Par ailleurs, nous savons que Jésus, en réalité, n’était pas exclusivement « de Nazareth » mais qu’il était né à Bethléem et que finalement il venait du ciel, du Père qui est dans les cieux.

    L’histoire de Nathanaël nous suggère une autre réflexion : dans notre rapport avec Jésus, nous ne devons pas nous contenter seulement de paroles. Dans sa réplique, Philippe adresse à Nathanaël une invitation importante : « Viens et tu verras ! » Notre connaissance de Jésus a surtout besoin d’une expérience vivante. Le témoignage d’autrui est certainement important, car normalement toute notre vie chrétienne commence par l’annonce qui parvient jusqu’à nous grâce à un ou plusieurs témoins, mais ensuite, c’est nous-mêmes qui devons être impliqués personnellement dans une relation intime et profonde avec Jésus.

    Benoît XVI

  • Bâtir l’édifice de notre âme

    Bâtir l’édifice de notre âme

    Mon très cher et bien aimé Père dans le Christ Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir une pierre ferme, fondé sur le doux Jésus, la pierre inébranlable. (…)

    Ô très cher Père, y a-t-il une chose meilleure et plus douce que de bâtir l’édifice de notre âme ? Oui, c’est une chose bien douce, d’avoir trouvé la pierre, l’architecte et l’ouvrier qu’il faut pour cet édifice. Oh ! le bon architecte, que le Père éternel, en qui reposent la sagesse, la science, la bonté infinies ! Notre Dieu est Celui qui est ; toutes les choses qui ont l’être le tiennent de lui ; c’est un maître qui fait tout ce qui est utile, et qui ne veut que notre sanctification. Tout ce qu’il donne ou permet est pour notre bien, pour nous purifier de nos péchés, ou pour augmenter en nous la grâce et la perfection. C’est donc un doux maître puisqu’il sait bien édifier, et qu’il nous donne ce dont nous avons besoin. (…) Nous avions perdu la grâce par le péché commis, et il est venu s’unir et se greffer sur notre nature ; il s’est donné tout à nous, car sa vertu est dans son Fils ; il l’a fait artiste aussi, en lui donnant sa puissance ; il l’a fait pierre, comme le dit saint Paul : « Notre pierre est le Christ » (1 Co 10,4). Il l’a fait le serviteur et l’ouvrier de l’édifice, car la charité, l’amour ineffable avec lequel il a donné sa vie et son sang, a préparé la chaux, et rien maintenant ne nous manquera.

    Réjouissons-nous donc et tressaillons d’allégresse, parce que nous avons un bon architecte, une pierre excellente et un ouvrier qui nous a cimentés avec son sang ; et son ouvrage est si fort, que ni le démon, ni les créatures, ni la grêle, ni la tempête, ni le vent ne pourront jamais renverser cet édifice, si nous n’y consentons.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Aimons Dieu par Dieu !

    Aimons Dieu par Dieu !

    Personne n’est sans amour. Encore faut-il se demander ce qu’on aime. Nous ne sommes donc pas invités à nous abstenir d’aimer, mais à choisir ce que nous aimons. Or que choisir si nous ne sommes pas d’abord choisis, puisque nous ne pouvons aimer que si nous sommes d’abord aimés ?

    Écoutez l’apôtre Jean : « Nous aimons, dit-il, parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jn 4,10). Cherche comment l’homme peut aimer Dieu, et tu ne trouveras rien si ce n’est que Dieu l’a aimé le premier. Celui que nous aimons s’est donné lui-même, il nous a donné lui-même, il nous a donné ainsi la source de l’amour. Saint Paul nous dit clairement ce que Dieu nous a donné pour que nous aimions ; écoutez-le : « L’amour de Dieu, dit-il, a été répandu dans nos cœurs ». Par qui ? Serait-ce par nous ? Non. Par qui alors ? « Par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5). Puisque nous avons une telle certitude, aimons donc Dieu par Dieu.

    Écoutons maintenant cette parole de Jean, plus explicite encore : « Dieu est amour, et celui qui demeure en l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » (1 Jn 4,16). C’est peu de dire : « L’amour vient de Dieu ». Mais qui oserait affirmer ce qui vient d’être dit : « Dieu est amour » ? Celui qui l’a dit connaissait ce qu’il avait en lui. Tu ne vois pas Dieu. Aime et tu l’as en toi. Dieu s’offre à nous. Il nous crie : « Aimez-moi et vous m’aurez en vous, car vous ne pourriez m’aimer si vous ne m’aviez pas en vous. »

    Saint Augustin (354-430)

  • Le vêtement de noce

    Le vêtement de noce

    « L’odeur de tes vêtements est comme l’odeur de l’encens » (Ct 4,11 LXX). Le sens profond de ces paroles enseigne aux hommes vers quel but se tourne la vie vertueuse. Car le but de la vie vertueuse est la ressemblance avec Dieu. Et c’est pour cela que les âmes vertueuses s’appliquent à acquérir la pureté de l’âme et le dégagement de toute affection sensuelle, afin de montrer en elles l’empreinte de la nature divine par l’excellence de leur vie.

    Mais la vie vertueuse ne présente pas un seul aspect ni une seule forme. De même que dans la fabrication des étoffes, c’est par de nombreux fils, les uns tendus verticalement, les autres disposés horizontalement, que le tissage réalise un vêtement, ainsi, pour la vie vertueuse, c’est par le concours de nombreux éléments que se fait nécessairement aussi le tissage. Ce sont ces fils qu’énumère l’Apôtre lorsqu’il décrit ce qui concourt au tissage des œuvres pures et parle de « charité, joie, paix, longanimité, bonté » (Ga 5,22), et des autres vertus qui font l’ornement de celui qui s’est dépouillé de la vie corruptible et terrestre pour revêtir l’incorruptibilité céleste (cf. 1 Co 15,53). (…)

    Tel est donc le sens de ces mots du Cantique. C’est comme s’il disait : En toi, mon Épouse, le revêtement des vertus est une imitation de la béatitude divine qui t’assimile à l’être inaccessible par la pureté et la libération des passions.

    Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395)

  • « Allez, vous aussi, à ma vigne. »

    « Allez, vous aussi, à ma vigne. »

    Mes bien-aimés, persévérez dans les bonnes œuvres que vous avez commencées… De malheureux hommes servent un roi terrestre au péril de leur vie et moyennant d’énormes difficultés pour un bénéfice très vite passé et disparu ; pourquoi ne serviriez-vous pas le roi du ciel pour obtenir le bonheur du Royaume ? Puisque, par la foi, le Seigneur vous a déjà appelés à sa vigne, c’est-à-dire à l’unité de la sainte Église, vivez, conduisez-vous de telle sorte que, grâce à la générosité de Dieu, vous puissiez recevoir la pièce d’argent, c’est-à-dire le bonheur du Royaume des cieux.

    Que personne ne désespère à cause de la grandeur de ses péchés, et ne dise : « Nombreux sont les péchés dans lesquels j’ai persévéré jusqu’à la vieillesse et l’extrême vieillesse ; je ne pourrai plus désormais obtenir le pardon, surtout que ce sont les péchés qui m’ont laissé, non pas moi qui les ai rejetés. » Que celui-là ne désespère absolument pas de la miséricorde divine, car les uns sont appelés à la vigne de Dieu à la première heure, d’autres à la troisième, d’autres à la sixième, d’autres à la neuvième, d’autres à la onzième, c’est-à-dire que les uns sont conduits au service de Dieu dans l’enfance, d’autres dans l’adolescence, d’autres dans la jeunesse, d’autres dans la vieillesse, d’autres dans l’extrême vieillesse.

    Que personne donc, quel que soit son âge, ne désespère s’il veut se convertir à Dieu… Travaillez fidèlement dans la vigne de l’Église, pour recevoir le salaire du bonheur éternel et régner avec le Christ dans tous les siècles des siècles.

    Auteur anonyme du 9e siècle

  • Tout quitter pour suivre le Christ

    Tout quitter pour suivre le Christ

    C’est une grande chose, en vérité, de « tout quitter », mais une plus grande de « suivre le Christ » car, comme nous l’apprenons dans les livres, beaucoup ont tout quitté mais n’ont pas suivi le Christ. Suivre le Christ est notre tâche, c’est notre travail, en cela consiste l’essentiel du salut de l’homme, mais nous ne pouvons pas suivre le Christ si nous n’abandonnons pas tout ce qui nous entrave. Car « il s’élance en conquérant joyeux » (Ps 18,6), et personne ne peut le suivre s’il est chargé d’un fardeau.

    « Voilà, dit Pierre, que nous avons tout quitté », non seulement les biens de ce monde, mais aussi les désirs de notre âme. Car il n’a pas tout abandonné, celui qui reste attaché ne serait-ce qu’à lui-même. Bien plus, cela ne sert à rien d’avoir abandonné tout le reste à l’exception de soi-même, car il n’y a pas pour l’homme de fardeau plus lourd que son moi. Quel tyran est plus cruel, quel maître plus impitoyable pour l’homme que sa volonté propre ? … Par conséquent, il faut que nous abandonnions nos possessions et notre volonté propre si nous voulons suivre celui qui n’avait « pas d’endroit où reposer la tête » (Lc 9,58) et qui est venu « non pour faire sa volonté, mais pour faire la volonté de celui qui l’a envoyé » (Jn 6,38).

    Saint Pierre Damien (1007-1072)

  • La joie du détachement spirituel

    La joie du détachement spirituel

    Un jour, en secret, Messire Bernard s’approcha de François, qui n’avait encore aucun compagnon. « Frère, dit Bernard, pour l’amour de mon Seigneur qui me les a confiés, je veux distribuer tous mes biens, de la manière qui te paraîtra la plus appropriée. » François répondit : « Demain, nous irons à l’église et le livre des Évangiles nous fera connaître de quelle manière le Seigneur enseigna ses disciples. » Le matin donc, ils se levèrent et, en compagnie d’un autre homme appelé Pierre qui lui aussi désirait devenir frère, ils se rendirent à l’église… Ils entrèrent pour prier et, parce qu’ils étaient sans instruction et ne savaient pas où trouver la parole de l’Évangile sur la renonciation au monde, ils demandaient au Seigneur qu’il daigne leur montrer sa volonté dès la première ouverture du livre.

    Leur prière terminée, le bienheureux François prit le livre fermé et, agenouillé devant l’autel, il l’ouvrit. À la première ouverture se présenta ce conseil du Seigneur : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel. » À cette découverte le bienheureux François se réjouit beaucoup et rendit grâce à Dieu. Mais, comme il avait une vraie dévotion à la Trinité, il voulut avoir la confirmation par un triple témoignage. Il ouvrit donc le livre une seconde et une troisième fois. À la seconde ouverture il trouva : « N’emportez rien sur la route » (Lc 9,3) et à la troisième : « Celui qui veut me suivre doit renoncer à lui-même » (Lc 9,23)… François dit : « Frères, voilà notre vie et notre règle, et celle de tous ceux qui voudront se joindre à notre groupe. Allez, et ce que vous avez entendu, faites-le ! »

    Bernard, qui était très riche, s’en alla ; en vendant tout ce qu’il possédait, il réunit une grande somme d’argent dont il distribua la totalité aux pauvres de la ville… À partir de cette heure, tous trois vécurent suivant la règle du saint Évangile que le Seigneur leur avait montrée. C’est ce que le bienheureux François dit dans son testament : « C’est le Seigneur lui-même qui m’a révélé que je devais vivre selon la forme du saint Évangile. »

    Récit de trois compagnons de saint François d’Assise (v. 1244)