Très saint et très révérend Père dans le Christ, le doux Jésus, votre indigne et misérable petite fille Catherine se recommande à vous dans son précieux sang, avec le désir de voir votre cœur ferme et inébranlable dans la vraie et parfaite patience, considérant qu’un cœur faible, mobile et sans patience, ne pourra jamais parvenir à accomplir les grandes œuvres de Dieu. (…)
Plus votre fardeau est pesant, plus votre cœur doit être fort, courageux et sans crainte à l’égard des choses qui peuvent vous arriver. Vous savez bien, très saint Père, qu’en prenant l’Église pour épouse, vous vous êtes engagé à souffrir pour elle les vents contraires, les peines, les tribulations qui vous attaqueront à son occasion. Hé bien ! allez donc, en homme courageux, au-devant de ces tempêtes, avec force, patience et persévérance ; que la peine ne vous fasse jamais regarder en arrière par surprise et par peur ; mais persévérez et réjouissez-vous au milieu des périls et des batailles, pour que votre cœur se réjouisse en voyant l’œuvre de Dieu se faire au milieu des obstacles qui se sont présentés et qui se présenteront.
Il en est toujours ainsi ; toujours la persécution de l’Église, ou les tribulations de l’âme vertueuse, finissent par la paix, que méritent la vraie patience et la persévérance, à laquelle est réservée la couronne de gloire. C’est là le remède, et c’est pour cela que je vous ai dit, très saint Père, que je désirais vous voir un cœur ferme et inébranlable, protégé par une vraie et sainte patience.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
