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Melons et pastèques

« Les enfants d’Israël se mirent à pleurer, disant : Qui nous fera manger de la chair ? Il nous souvient des poissons que nous mangions en Égypte sans qu’il nous en coûtât rien, des Concombres, des Melons, des Porreaux, des Oignons et des Aulx. »        Nombres XI, 4-5

Hélas ! Quel esprit de murmure chez les Israélites ! Dieu, par sa main puissante, les avait retirés de la servitude ; pour eux, il avait ouvert la Mer Rouge, envoyé le nuage miraculeux, fait jaillir l’eau vive du rocher et rendu douce l’eau de Mara ; pour eux, il avait fait descendre la manne du ciel, et maintenant ils oublient toutes ces délivrances et se plaignent de n’avoir que de la manne devant les yeux. Ils se rappellent les excellentes productions de l’Égypte, en oubliant la servitude qui les y faisait tant souffrir. Grand avertissement pour nous, si souvent tentés de les imiter !??Les diverses plantes réunies dans le verset cité, formaient la nourriture ordinaire des Égyptiens, et, par conséquent, les Juifs, bien que traités et nourris en esclaves, pouvaient se les procurer comme ces derniers ; l’habitude les leur faisait préférer à tout autre aliment.?D’après le docteur Kitto, lorsque Damiette fut assiégée en 1218, plusieurs Égyptiens des moins robustes moururent par suite de la privation des aulx, des oignons, des poissons, des fruits et des légumes auxquels ils étaient accoutumés ; ils avaient cependant du blé en quantité.

Le Melon (Cucumis Mélo) et la Pastèque (Cucurbita Citruttus) sont probablement compris tous les deux dans le verset cité. Le gros fruit jaune du premier est souvent servi sur nos tables ; il est aussi abondamment cultivé en Amérique. Cette plante paraît être originaire de la région caucasienne. Elle prospère également dans les terrains secs et les sols humides ; quelques variétés semblent avoir été cultivées en Égypte à une époque très reculée. Dans les pays chauds, ce fruit atteint un développement considérable.?Il y a en Égypte une espèce de Melon (Cucumis Chate) plus estimée que les autres ; elle y est regardée comme la variété la plus salubre et comme l’une de celles dont les personnes délicates ont le moins à se défier. Son jus fournit une boisson agréable, fort goûtée des Égyptiens.?La Pastèque ou Melon d’eau se distingue des autres espèces par ses feuilles découpées et son fruit très aqueux, mais d’une saveur peu sucrée. Dans les contrées chaudes de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique ce fruit atteint souvent six décimètres (22 pouces) de diamètre ; il est globuleux et uni, la pulpe est d’un blanc de neige, plus ou moins teinte de rouge foncé, et contient des graines noires.?Dans quelques parties de l’Amérique méridionale, la Pastèque est énorme ; Humboldt rapporte que dans la presqu’île d’Araya, souvent privée de pluie pendant quinze mois, et où par conséquent un fruit juteux est fort estimé, on voit fréquemment des Pastèques pesant vingt-cinq à trente kilogrammes (50 à 60 livres).?En Égypte, on en mange beaucoup pendant l’été. On l’y emploie à la fois comme nourriture, boisson rafraîchissante et remède ; c’est le seul médicament des pauvres atteints de la fièvre. Pour ce dernier usage, on préfère l’espèce la plus sucrée ; lorsque les fruits sont complètement mûrs, on en exprime le jus, on le sucre, et l’on en boit abondamment.?On cultive la Pastèque en Palestine ; c’est au pied du mont Carmel que se trouvent, dit-on, les meilleures. On en sale et on en rôtit, sans en retirer les graines, écrit le docteur Kitto, et ce comestible, assez extraordinaire, vendu dans les bazars, trouve de nombreux amateurs.


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