Avec une crainte mêlée d’allégresse, j’estime souhaitable de dire ici quelque chose des souffrances que pour moi tu as endurées, ô toi le Dieu de tous ! (…)
On t’a étendu sur l’autel de la croix comme une victime ;
on t’a cloué comme si tu étais un malfaiteur ;
on t’a rivé comme si tu étais un révolté ;
toi qui es la paix céleste, comme si tu étais un brigand ;
toi qui est la cause de la vie,
comme digne d’être détruit par la mort ;
toi qui as exposé l’Évangile,
comme un blasphémateur de la Loi ;
le Seigneur et l’accomplissement des prophètes,
comme un transgresseur des Écritures ;
toi qui es le rayon de gloire
et le sceau de pensées insondables de ton Père,
comme adversaire de la volonté de celui qui t’a engendré.
Tu as accueilli toutes ces souffrances volontairement
et avec une complaisance spontanée,
les supportant dans ton humanité que tu t’es unie ;
et après avoir subi ces ignominies
avec une indicible patience,
tu es ressuscité vivant par ta propre puissance
dans une exaltante lumière,
avec ton intégrale humanité et ta parfaite divinité.
Toi qui es béni pour ta gloire,
loué pour ta pitié,
exalté toujours pour ta miséricorde,
dans les siècles des siècles. Amen.
Saint Grégoire de Narek (v. 944-v. 1010)
