Catégorie : Année liturgique

  • Fête des Sts Anges Gardiens

    Fête des Sts Anges Gardiens

    « Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins » (Ps 90,11). Quel n’est pas le respect que cette parole doit susciter en toi, la ferveur qu’elle doit faire naître, la confiance qu’elle doit t’inspirer ! Le respect à cause de leur présence, la ferveur à cause de leur bienveillance, la confiance à cause de leur vigilance… Ils sont donc là, à tes côtés, non seulement avec toi, mais pour toi. Ils sont présents pour te protéger, pour te secourir. Que rendrais-tu au Seigneur pour tout ce qu’il t’a donné ? (Ps 115,3). C’est à lui seul qu’on doit rendre gloire et honneur pour ce secours ; c’est lui qui leur en a donné l’ordre. « Tout don parfait » (Jc 1,17) ne peut venir que de lui. Mais on ne peut pour autant manquer de reconnaissance à l’égard des anges, en raison de la si grande charité avec laquelle ils obéissent et du besoin si grand que nous avons de leur aide.

    Soyons donc pleins de respect et de reconnaissance pour une telle vigilance de leur part ; aimons-les en retour et honorons-les autant que nous le pouvons, autant que nous le devons… En Dieu aimons ses anges, dans la conscience qu’ils seront un jour nos cohéritiers et que d’ici là le Père dispose et ordonne qu’ils soient pour nous des guides et des éducateurs. Car « dès maintenant nous sommes enfants de Dieu » bien que cela ne paraisse pas encore clairement (1Jn 3,2), puisque nous sommes encore des enfants soumis à des intendants et à des éducateurs, et nous semblons pour le moment ne différer en rien de serviteurs.

    Pourtant si petits que nous soyons et si longue et dangereuse que soit la route qui nous reste à parcourir, qu’aurions-nous à craindre sous une si bonne garde ? … Les anges sont fidèles, ils sont sages, ils sont puissants ; qu’aurions-nous à craindre ? Suivons-les seulement, attachons-nous à eux, et nous demeurerons sous la protection du Dieu du ciel.

    Saint Bernard (1091-1153)

  • Notre Dame des Douleurs

    Notre Dame des Douleurs

    « Voici ton Fils », cela s’adresse à la Sainte Vierge ; Notre Seigneur lui donne tous les humains pour enfants, lui ordonnant d’avoir pour tous un cœur de Mère… Elle a accompli et elle continuera durant l’éternité à accomplir avec une perfection incomparable cet ordre de Dieu, comme tous les autres. Soyons donc absolument certains qu’elle a pour tout humain un cœur maternel, et adressons-nous à cette Mère chérie et toute-puissante, dans tous nos besoins, avec autant de confiance qu’un enfant à sa mère, à une mère qui l’aime infiniment plus que ne peut faire une mère terrestre, et à une mère qui peut lui obtenir de Dieu absolument tout ce qui est vraiment bon pour l’âme…

    « Voici ta mère. » Ceci s’adresse à chaque âme. Tous nous devons traiter la Sainte Vierge comme notre Mère, lui rendre les devoirs qu’un bon fils doit à une très bonne Mère : affection, honneur, service, confiance, en un mot, tout ce que Notre Seigneur Lui-même rendait à la Très Sainte Vierge ! Aimons-la, honorons-la, entourons-la, en nous entretenant avec elle dans la prière ; servons-la, en aidant de notre mieux à toutes les œuvres qu’elle favorise, à toutes celles qui sont entreprises en son honneur ; ayons en elle une confiance absolue et invoquons-la sans hésiter avec cette confiance, en tous nos besoins, en tous nos désirs, toutes nos entreprises, toutes nos œuvres, toutes nos actions (…). Montrons-nous envers elle les plus tendres des fils, nous souvenant que c’est là un point essentiel d’obéissance à Jésus et d’imitation de Jésus : d’obéissance, puisqu’il nous l’ordonne si formellement et si solennellement, du haut même de la croix ; d’imitation, car il fut toujours pour sa mère le modèle des fils…

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • Fête des saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges

    Fête des saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges

    Grand, puissant en ses dons, admirable ; tel est le Saint-Esprit. (…) Tu as vu sa puissance étendue, étendue au monde entier. Ne reste plus désormais sur terre, mais élève-toi vers le ciel. Monte par la pensée au premier ciel et là, vois les innombrables myriades d’anges. Efforce-toi de te hausser par tes réflexions, si tu peux, plus haut encore. Vois aussi les archanges, vois aussi les esprits ; vois les Vertus, vois les Dominations. De tous ces esprits, le chef, de la part de Dieu, le Maître et le sanctificateur, c’est le Paraclet.

    Élie, Élisée, Isaïe, chez les hommes, ont besoin de lui ; Michel et Gabriel, chez les anges, ont besoin de lui. Il n’y a aucune créature qui l’égale en honneur ; car les diverses catégories d’anges et toutes leurs armées rassemblées ne soutiennent pas la comparaison avec le Saint-Esprit ; la puissance toute bonne du Paraclet éclipse tous ces êtres. Eux sont envoyés pour un ministère, lui scrute même les profondeurs de Dieu, comme dit l’Apôtre, « car l’Esprit scrute toutes choses, même les profondeurs de Dieu » (1 Co 2,10). Qui des hommes en effet connaît ce qui concerne l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? Ainsi également personne ne connaît ce qui concerne Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

  • Fête de la Croix Glorieuse

    Fête de la Croix Glorieuse

    « Où donc habitait-Il, sinon en la douleur ? »
    En la douleur immense, en la douleur suprême ?
    C’est l’habitation de toute âme qui aime
    Et conforme sa vie à celle du Sauveur.

    Ne crains pas la souffrance, elle est gage d’amour,
    « À l’ombre de la Croix, enfuis-toi toute entière
    Celui qu’elle soutient te donnera lumière. »
    Il te fortifiera pour lutter chaque jour.

    Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

  • Fête de la Nativité de la Vierge Marie

    Fête de la Nativité de la Vierge Marie

    Ô Vierge, ô Diadème et Manteau pourpre du Roi,
    Fontaine scellée, Fleur qui grandis et s’épanouis
    Si différemment d’Adam, le père des hommes.

    Salvatrice du genre humain,
    Toi qui mis au monde la nouvelle Lumière,
    Rassemble aussi les membres de ton Fils en une céleste harmonie.

    Ô Glorieuse Mère de la sainte Médecine,
    Par ton Fils immaculé, tu as adouci les plaies amères de la mort
    Qu’engendra Ève pour le tourment des âmes.

    Tu as anéanti la mort et bâti la maison de la vie.
    Intercède pour nous auprès de ton Fils, Étoile de la mer !

    Ô Médiatrice, Dispensatrice de vie, Joyau de nos fêtes,
    Tu es la plus précieuse des joies qui n’auront pas de fin.
    Prie pour nous, douce Vierge Marie.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

  • Martyre de Saint Jean-Baptiste

    Martyre de Saint Jean-Baptiste

    La mort du Christ est à l’origine d’une foule innombrable de croyants. Par la puissance de ce même Seigneur Jésus, et grâce à sa bonté, la mort précieuse de ses martyrs et de ses saints a fait naître une grande multitude de chrétiens. Jamais, en effet, la religion chrétienne n’a pu être anéantie par la persécution des tyrans et le meurtre injustifiable d’innocents : elle en a plutôt tiré chaque fois un grand accroissement.

    Nous en avons un exemple en saint Jean, qui a baptisé le Christ et dont nous fêtons aujourd’hui le saint martyre. Par fidélité à son serment, Hérode, ce roi infidèle, a voulu effacer complètement de la mémoire des hommes le souvenir de Jean. Or, non seulement Jean n’a pas été anéanti, mais des hommes par milliers, enflammés par son exemple, ont accueilli la mort avec joie pour la justice et la vérité… Aujourd’hui quel chrétien digne de ce nom n’honore pas Jean, celui qui a baptisé le Seigneur ? Partout dans le monde les chrétiens célèbrent sa mémoire, toutes les générations le proclament bienheureux et ses vertus remplissent l’Église de leur bonne odeur. Jean n’a pas vécu pour lui seul et il n’est pas mort pour lui seul.

    Lansperge le Chartreux (1489-1539)

  • Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, patronne principale de la France

    Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, patronne principale de la France

    Sur quoi repose cette heureuse certitude d’être fils de la Reine du ciel ? Avant tout, sur le dogme de notre incorporation au Christ en qualité de membres.

    Une femme n’est-elle pas mère dès qu’elle est source de vie pour autrui ? Dès qu’elle communique la vie dont elle jouit elle-même ? Dans l’ordre surnaturel, d’où vient en nous cette vie divine destinée, non pas à finir avec la mort comme notre vie corporelle, mais à s’épanouir en gloire dans l’éternité ? Ève nous a donné la vie selon la nature et le péché ; mais la vie de la grâce est descendue vers nous par Marie. Marie est la nouvelle Ève associée par sa prédestination au nouvel Adam. Combien efficace ne fut pas sa coopération à l’œuvre rédemptrice ! Lors de l’Annonciation, comme nous l’avons dit, c’est à son consentement que Dieu, en quelque manière, voulut subordonner la venue de son Fils. La Vierge devint dès lors la créature privilégiée qui communique à tous le don de Dieu, la vie surnaturelle ; elle acceptait sa maternité selon l’ampleur des intentions divines. Or, les desseins de Dieu comportaient qu’elle fût mère non seulement du Christ, mais encore de tous ses membres. (…)

    En acceptant d’être fils de Marie, nous entrons pleinement dans les desseins miséricordieux du Seigneur. Le Père ne nous a-t-il pas « prédestinés à devenir conforme à l’image de son Fils » (Rm 8,29) ? (…) Quelle consolation ! Par notre vénération et notre amour envers Marie, nous parachevons peu à peu notre ressemblance au Sauveur.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

  • Fête de la Transfiguration du Seigneur

    Fête de la Transfiguration du Seigneur

    Simon-Pierre dit : « Seigneur, il nous est bon d’être ici ! » Que dis-tu là, Pierre ? Si nous restons ici, qui donc réalisera les prédictions des prophètes ? Qui scellera les paroles des hérauts ? Qui mènera jusqu’à leur terme les mystères des justes ? Si nous restons ici, en qui s’accompliront ces paroles : « Ils ont percé mes mains et mes pieds » ? A qui s’appliqueront ces mots : « Ils se sont partagé mes vêtements, ils ont tiré au sort ma tunique » ? (Ps 21,17.19; Jn 19,24) Qui réalisera l’annonce du psaume : « Pour nourriture, ils m’ont donné du fiel et dans ma soif, ils m’ont abreuvé de vinaigre » ? (68,22; Mt 27,34; Jn 19,29) Qui vivra l’expression : « Affranchi parmi les morts » ? (Ps 87,6 hébr) Comment s’exécuteront mes promesses, comment construira-t-on l’Église ?

    Et Pierre dit encore : « Faisons ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Élie ». Envoyé pour bâtir l’Église dans le monde, Pierre veut dresser trois tentes sur la montagne. Il ne voit encore le Christ que comme homme, il le met de pair avec Moïse et Élie. Mais Jésus lui montre bientôt qu’il n’avait pas besoin de tente. C’était lui qui durant quarante ans, avait dressé pour les Pères, une tente de nuée quand ils séjournaient au désert (Ex 40,34).

    « Ils parlaient encore, et voici qu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre ». La vois-tu, Simon, cette tente dressée sans effort ? Elle bannit la chaleur, sans comporter de ténèbres, tente brillante et resplendissante ! Tandis que les disciples s’étonnent, une voix venue du Père se fait entendre dans la nuée : « Celui-ci est mon Fils Bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances, écoutez-le ! »… Le Père apprenait aux disciples que la mission de Moïse était remplie : désormais, c’est le Fils qu’ils devront écouter. Le Père, sur la montagne révélait aux apôtres ce qui leur restait caché : « Celui qui est » révélait « Celui qui est » (Ex 3,14), le Père faisait connaître son Fils.

    Saint Éphrem (v. 306-373)

  • Stes Marthe, Marie et St Lazare, mémoire

    Stes Marthe, Marie et St Lazare, mémoire

    Quand il a demandé : « Où l’avez-vous déposé ? », les larmes venaient aux yeux de notre Seigneur. Ses larmes ont été comme la pluie, Lazare comme le grain, et le sépulcre comme la terre. Il a crié d’une voix de tonnerre, la mort a tremblé à sa voix, Lazare a jailli comme le grain, est sorti et a adoré le Seigneur qui l’avait ressuscité.

    Jésus a rendu la vie à Lazare et est mort à sa place, car, lorsqu’il l’eut tiré du sépulcre et pris place à sa table, lui-même a été enseveli symboliquement par l’huile que Marie a versée sur sa tête (Mt 26,7). La force de la mort qui avait triomphé depuis quatre jours est écrasée pour que la mort sache qu’il était facile au Seigneur de la vaincre le troisième jour ; sa promesse est véridique : il avait promis qu’il ressusciterait lui-même le troisième jour (Mt 16,21)… Le Seigneur a donc rendu leur joie à Marie et à Marthe en terrassant l’enfer pour montrer que lui-même ne serait pas retenu par la mort pour toujours… Maintenant, chaque fois qu’on dira que ressusciter le troisième jour est impossible, qu’on regarde celui qui a été ressuscité le quatrième jour…

    « Approchez-vous et enlevez la pierre. » Quoi donc, celui qui a ressuscité un mort et lui a rendu la vie n’aurait-il pas pu ouvrir le sépulcre et renverser la pierre ? Lui qui disait à ses disciples : « Si vous avez la foi gros comme un grain de moutarde, vous direz à cette montagne : Déplace-toi, et elle se déplacera » (Mt 17,20), n’aurait-il pas pu par un mot déplacer la pierre qui fermait l’entrée du sépulcre ? Certes, il aurait pu aussi enlever la pierre par sa parole, lui dont la voix, alors qu’il était suspendu à la croix, a fendu les pierres et les sépulcres (Mt 27,51-52). Mais, parce qu’il était l’ami de Lazare, il dit : « Ouvrez, pour que l’odeur de la pourriture vous frappe, et déliez-le, vous qui l’avez enveloppé dans son suaire, pour que vous reconnaissiez bien celui que vous aviez enseveli. »

    Saint Éphrem (v. 306-373)

  • Fête de saint Jacques (le majeur), apôtre

    Fête de saint Jacques (le majeur), apôtre

    Jacques, fils de Zébédée, appelé aussi Jacques le Majeur, appartient, avec Pierre et Jean, au groupe des trois disciples privilégiés qui sont admis par Jésus à assister à des moments importants de sa vie. Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l’agonie de Jésus au jardin de Gethsémani et à l’événement de la Transfiguration de Jésus. Il s’agit donc de situations très différentes l’une de l’autre. En un cas, Jacques fait l’expérience avec les deux autres apôtres de la gloire du Seigneur, il le voit en conversation avec Moïse et Élie, il voit transparaître la splendeur divine en Jésus. Dans l’autre, il se trouve devant la souffrance et l’humiliation, il voit de ses propres yeux combien le Fils de Dieu s’humilie en se faisant obéissant jusqu’à la mort. Certainement, cette seconde expérience a été pour lui une occasion de mûrir dans la foi, pour corriger l’interprétation unilatérale, triomphaliste, de la première : il a dû entrevoir que le Messie attendu par le peuple juif comme un triomphateur, en réalité n’était pas auréolé seulement d’honneur et de gloire, mais aussi de souffrances et de faiblesse. La gloire du Christ se réalise précisément dans la croix, dans la participation à nos souffrances.

    Cette maturation dans la foi a été menée à son achèvement par l’Esprit Saint à la Pentecôte, de sorte que lorsque vint le moment du suprême témoignage, Jacques ne fuit pas. Au début des années 40 du premier siècle, le roi Hérode Agrippa, neveu d’Hérode le Grand, comme nous en informe Luc, « se mit à maltraiter certains membres de l’Église. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter » (Ac 12,1-2)… De saint Jacques, donc, nous pouvons apprendre bien des choses : la promptitude à accueillir l’appel du Seigneur même quand il nous demande de quitter la « barque » de nos sécurités humaines (Mt 4,21), l’enthousiasme à le suivre sur les routes qu’il nous indique au delà de toutes nos présomptions illusoires, la disponibilité à témoigner de lui avec courage, si c’est nécessaire jusqu’au sacrifice suprême de la vie. Ainsi Jacques le Majeur se présente à nous comme un exemple éloquent de généreuse adhésion au Christ. Lui qui, initialement, avait demandé par l’intermédiaire de sa mère à siéger aux côtés du Maître dans son Royaume, a été précisément le premier à boire le calice de la Passion, à partager avec les apôtres le martyre.

    Benoît XVI