Catégorie : Prière des âmes

  • Que Ta miséricorde repose en moi, Seigneur !

    À chaque souffle de mon être, à chaque battement de mon cœur, à chacune des pulsations du sang dans mon corps, autant de fois je désire exalter Ta miséricorde, ô Très Sainte Trinité.

    Je désire me transformer tout entière en Ta miséricorde et être ainsi un vivant reflet de Toi, ô Seigneur ; que le plus grand des attributs divins, Ton insondable miséricorde, passe par mon âme et mon cœur sur le prochain.

    Aide-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne jamais ni ne juge d’après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l’âme de mon prochain et que je lui vienne en aide.

    Aide-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes.

    Aide-moi, Seigneur, pour que ma langue sois miséricordieuse, afin que je ne dise jamais de mal de mon prochain, mais que j’aie pour chacun un mot de consolation et de pardon.

    Aide-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes actions, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.

    Aide-moi Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est de rendre service à mon prochain. (…)

    Que Ta miséricorde repose en moi, ô mon Seigneur.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • Si tu désires prier comme il faut

    La prière est un rejeton de la douceur et de l’absence de colère.

    La prière est un fruit de la joie et de l’action de grâces.

    La prière est exclusion de la tristesse et du découragement. […]

    Si tu désires prier comme il faut, ne contriste personne, sans quoi, c’est en vain que tu cours.

    Laisse ton offrande, est-il dit, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère (Cf. Mt 5,23-24), et étant ensuite revenu, tu prieras sans trouble. Car la rancune aveugle la raison de celui qui prie et enténèbre ses prières.

    Ceux qui accumulent intérieurement des peines et des rancunes ressemblent à des gens qui puisent de l’eau pour la verser dans un tonneau percé. […]

    Si tu veux prier « en esprit », n’aie d’aversion pour personne et tu n’auras pas de nuage pour t’obscurcir la vue durant la prière. […]

    L’attention en quête de la prière trouvera la prière, car s’il est quelque chose qui suit la prière, c’est l’attention ; il faut donc s’y appliquer.

    Comme la vue est le meilleur de tous les sens, ainsi la prière est plus divine que toutes les vertus. […]

    Quand tu seras parvenu dans ta prière au-dessus de toute autre joie, c’est alors qu’en toute vérité, tu auras trouvé la prière.

    Évagre le Pontique (345-399)

     

     

     

  •  

     

     

  • Ô Dieu, toi qui défends ceux qui croient en toi, délivre-moi !

    Ô Dieu, toi qui défends ceux qui croient en toi,
    Tiens-moi en sécurité sous la protection de ta toute-puissance
    Pour qu’à l’abri de tes ailes, je te prie et je t’adore dans l’action de grâce.
    Jamais je ne lèverai les yeux vers une divinité qui me trahit et m’ignore.
    Délivre-moi donc de toute rébellion des esprits mauvais
    Qui me tourmentent dans la convoitise de la chair.
    Procure-moi la victoire définitive,
    Afin que mon âme exulte en mon corps et que j’obtienne la vie éternelle.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

     

     

     

  •  

     

     

     

  • « Il alla dans un endroit désert, et là il priait. »

    Le bien suprême, c’est la prière, l’entretien familier avec Dieu. (…) La prière est la lumière de l’âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes. Par elle, l’âme s’élève vers le ciel et embrasse Dieu dans une étreinte inexprimable. Comme un enfant pleurant vers sa mère, elle exprime la profondeur de son désir. Elle exprime ses volontés profondes et elle reçoit des présents qui dépassent toute la nature visible. Car la prière se présente comme une puissante ambassadrice, elle réjouit, elle apaise l’âme.

    Lorsque je parle de prière, ne t’imagine pas qu’il s’agisse de paroles. Elle est un élan vers Dieu, un amour indicible qui ne vient pas des hommes et dont l’apôtre Paul parle ainsi : « Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8,26). Une telle prière, si Dieu en fait la grâce à quelqu’un, est pour lui une richesse perpétuelle, un aliment céleste qui rassasie l’âme. Celui qui l’a goûté est saisi pour le Seigneur d’un désir éternel, comme d’un feu dévorant qui embrase son cœur.

    Homélie du 5e siècle sur la prière

     

     

  • Jésus, tu nous connais si bien !

    Jésus, ami du cœur solitaire,

    Tu es mon havre,

    Tu es ma paix,

    Tu es mon seul secours,

    Tu es le calme dans mes combats et dans l’océan de mes doutes.

    Tu es le lumineux rayon qui éclaire la route de ma vie.

    Tu es tout pour l’âme solitaire.

    Tu comprends l’âme, même quand elle se tait.

    Tu connais nos faiblesses, comme un bon médecin –

    Tu consoles et soignes, ménageant les souffrances,

    parce que Tu nous connais bien. (…)

    Jésus, j’ai confiance en Toi, j’ai confiance en l’océan de Ta miséricorde,

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • Ô moment présent, tu m’appartiens tout entier !

    Ô mon Dieu,

    Lorsque je regarde l’avenir, la peur me prend.
    Mais pourquoi sonder le futur ?
    Pour moi, ce n’est que le moment présent qui est cher,
    Car l’avenir ne s’établira peut-être pas dans mon âme.

    Le temps passé n’est plus en mon pouvoir,
    Pour changer quelque chose, corriger ou ajouter.
    Car ni le sage, ni les prophètes ne sont parvenus à le faire,
    Donc, il faut remettre à Dieu ce que contenait le passé.

    Ô moment présent, tu m’appartiens tout entier.
    Je désire tirer profit de toi selon mes possibilités,
    Et bien que je sois faible et petite,
    Tu me donnes la grâce de Ta toute-puissance.

    Et donc avec confiance en ta miséricorde,
    J’avance dans la vie comme un petit enfant,
    Et chaque jour je Te fais le sacrifice de mon cœur
    Brûlant d’amour pour Ta plus grande gloire.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • Persévérer par la prière

    Pour vous montrer, mes frères, le pouvoir de la prière et les grâces qu’elle vous attire du ciel, je vous dirai que ce n’est que par la prière que tous les justes ont eu le bonheur de persévérer.

    La prière est à notre âme ce que la pluie est à la terre. Fumez une terre, tant que vous voudrez ; si la pluie manque, tout ce que vous ferez ne servira de rien. De même, faites des bonnes œuvres tant que voudrez ; si vous ne priez pas souvent et comme il faut, jamais vous ne serez sauvés ; parce que la prière ouvre les yeux de notre âme, lui fait sentir la grandeur de sa misère, la nécessité d’avoir recours à Dieu, elle lui fait redouter sa faiblesse. Le chrétien compte pour tout sur Dieu seul, et rien sur lui-même. Oui, mes frères, c’est par la prière que tous les justes ont persévéré. (…)

    Mes frères, ne voyons-nous pas nous-mêmes que dès que nous négligeons nos prières, nous perdons de suite, le goût des choses du ciel : nous ne pensons plus qu’à la terre ; et si nous reprenons la prière, nous sentons renaître en nous la pensée et le désir des choses du ciel. Oui, mes frères, si nous avons le bonheur d’être dans la grâce de Dieu, ou nous aurons recours à la prière, ou nous sommes sûrs de ne pas persévérer longtemps dans le chemin du ciel.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

     

     

     

     

  • Quand l’âme se transfigurera en éternité…

    L’homme qui suit la voie de la folie et méprise la sagesse créatrice se condamne lui-même : n’ayant plus aucune limite dans le mal, il ignore la vie future. Il ne veut pas même savoir s’il existe une autre vie, et il refuse de scruter attentivement les causes de sa propre nature changeante. Cet homme peut encore comprendre son enfance, son adolescence, sa jeunesse et sa maturité, mais il est incapable de comprendre ce qu’il devient dans sa décrépitude et le sens de cette transformation de son être. La raison lui montre qu’il a un commencement, mais il est incapable de savoir, de comprendre comment il est possible que l’âme soit immortelle et qu’elle n’ait pas de fin… (…)

    Tant qu’il est dans son corps, les pensées de l’homme se multiplient, comme se multiplient sans qu’on puisse les dénombrer les échos de la louange angélique. La pensée anime déjà la jeunesse, on la formule ensuite par la voix de sa raison et on agit en la suivant. Mais son action ne tient pas sa vie d’elle-même : elle a un commencement. L’éternité seule tire d’elle-même la vie et jamais ne faiblit : avant que le temps n’existe, elle était déjà éternelle vie. Quand l’âme se transfigurera en éternité, elle changera de nom : elle n’agira plus dans l’homme par la mode de la pensée, mais aura pour séjour les louanges des anges qui sont esprit. Si elle s’appellera alors esprit, c’est qu’elle ne peinera plus avec le corps, avec la chair. L’homme portera le nom de vie, car il est déjà vie en ce monde tant qu’il vit par le souffle de l’esprit, mais il se transfigurera en immortalité par la mort charnelle, il sera pleinement dans la vie. Après le jugement dernier, c’est par son corps et son âme qu’il sera éternellement vie.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)