Catégorie : Prière des âmes

  • Goûter la connaissance de Dieu

    Goûter la connaissance de Dieu

    Vers Vous, Vie de mon âme,
    Vers Vous se tourne mon cœur
    Qu’une force d’ardent amour
    A fondu en un seul désir.
    S’il se porte vers quelque autre hors de Vous,
    Qu’il soit aussitôt sans vie. (…)

    Vous êtes Perle féconde, richesse de l’humanité,
    Ouvrier d’infini savoir,
    Maître d’infinie patience,
    Conseiller d’infinie sagesse,
    Gardien d’infini dévouement,
    Ami d’infini fidélité.

    Vous êtes douce Saveur de totale intimité,
    Caresse d’infinie délicatesse,
    Tendresse d’infinie bonté,
    Amour d’infinie ardeur,
    Étreinte d’infinie douceur,
    Jalousie d’infinie pureté. (…)

    Je vous préfère à toutes les créatures,
    Pour Vous je renonce à tous les plaisirs,
    Pour vous j’affronte toutes les adversités.
    Et de tout cela il ne m’importe pas d’être louée, sinon de Vous seul.
    Car, de tout cela, comme de tous bien, Vous êtes la sève :
    Je le proclame du cœur et des lèvres.

    Sous l’impulsion de votre ardeur,
    J’unis l’élan de ma piété
    A la vertu de votre prière,
    Afin que la pureté de cette divine union,
    Où sera dissipé tout instinct rebelle,
    Me conduise au sommet de la suprême perfection. (…)

    Aussitôt Gertrude éprouva le bienfait de sa prière et, comme elle l’achevait, elle vit que la face de son âme apparaissait plus brillamment éclairée de la lumière divine et que la connaissance de Dieu lui était d’un goût plus savoureux.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • Solennité de l’Ascension de Notre Seigneur

    Solennité de l’Ascension de Notre Seigneur

    À l’achèvement des quarante jours
    Après la résurrection de la Sainte Pâques,
    Tu as fait monter sur le Mont des Oliviers
    Le Groupe que Tu as choisi : les Onze.

    Et la promesse du Père, l’Esprit,
    Tu promettais de la leur accorder,
    Et, en les bénissant, Seigneur,
    Tu T’es élevé auprès du Père dans le ciel.

    Et notre nature humaine,
    Que le Mauvais avait rendu infernale,
    Tu l’as élevée au-dessus
    De la nature des êtres de feu.

    Tu T’es assis à la droite de Celui qui T’a engendré,
    Conformément au Prophète qui l’avait prédit ;
    Tu as été adoré par les armées des Anges
    Avec le Père et avec l’Esprit.

    Et moi qui suis inerte pour le bien,
    Emmène-moi avec Toi dans le ciel ;
    Mes membres pourris, terrestres,
    Joins-les de nouveau à ta Tête.

    Bien que je sois le dernier en tout
    Comme la plante des pieds,
    Cependant parmi les saints membres
    Que je sois compté avec la multitude !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit complète. »

    « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit complète. »

    Je t’en prie, mon Dieu, fais que je te connaisse, fais que je t’aime pour que ma joie soit en toi. Et si ce n’est pas pleinement possible en cette vie, fais du moins que j’y progresse tous les jours, jusqu’à parvenir à la plénitude. Qu’en cette vie ta connaissance grandisse en moi, et qu’elle soit achevée au dernier jour ; que grandisse en moi ton amour et qu’il soit parfait dans la vie à venir, pour que ma joie, déjà grande ici-bas en espérance, soit alors achevée dans la réalité.

    Seigneur Dieu, par ton Fils tu nous as donné l’ordre, ou mieux, le conseil, de demander ; et tu as promis que nous serions exaucés, afin que notre joie soit parfaite (Jn 16,24). Je te fais, Seigneur, la prière que tu nous suggères par celui qui est notre « Conseiller admirable » (Is 9,5). Puissé-je recevoir ce que tu as promis par celui qui est ta Vérité, pour que ma joie soit parfaite. Dieu vrai, je te fais cette prière ; exauce-moi pour que ma joie soit parfaite.

    Que désormais ce soit la méditation de mon esprit et la parole de mes lèvres. Que ce soit l’amour de mon cœur et le discours de ma bouche, que ce soit la faim de mon âme, la soif de ma chair et le désir de tout mon être, jusqu’à ce que j’entre dans la joie du Seigneur (Mt 25,21), Dieu unique en trois Personnes, béni pour les siècles. Amen.

    Saint Anselme (1033-1109)

  • « Recevoir celui que j’envoie, c’est me recevoir moi-même. »

    « Recevoir celui que j’envoie, c’est me recevoir moi-même. »

    Après l’amour de notre Seigneur, je te recommande celui de l’Église, son Épouse. Elle est en quelque sorte la colombe qui couve et fait naître les petits de l’Époux. Rends toujours grâce à Dieu d’être fille de l’Église, à l’exemple d’un si grand nombre d’âmes qui nous ont précédés dans cette voie bienheureuse.

    Aie beaucoup de compassion pour tous les pasteurs, prédicateurs et guides spirituels ; on en trouve sur toute la surface de la terre. (.).. Prie Dieu pour eux, afin qu’en se sauvant eux-mêmes, ils soient féconds et procurent aux âmes le salut.

    Priez pour les personnes perfides comme pour les ferventes, priez pour le Saint Père, pour toutes les nécessités spirituelles et temporelles de l’Église ; car c’est elle notre mère. Faites aussi une prière spéciale pour tous ceux qui œuvrent au salut des âmes pour la gloire du Père.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)

  • Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, docteur de l’Eglise, copatronne de l’Europe

    Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, docteur de l’Eglise, copatronne de l’Europe

    En s’élevant au-dessus d’elle-même, une âme tourmentée d’un très grand désir de l’honneur de Dieu et du salut des âmes, en arrive à s’exercer pendant quelque temps dans la pratique des vertus ordinaires et s’enferme dans la cellule de la connaissance d’elle-même, pour mieux connaître la bonté de Dieu envers elle. Car l’amour suit la connaissance et, en aimant, l’âme cherche à suivre la vérité et à se revêtir de la vérité. Rien ne fait mieux goûter à la créature cette vérité, rien ne lui procure tant de lumière que l’oraison humble, continue, fondée sur la connaissance de soi-même et de Dieu. L’oraison ainsi comprise et pratiquée unit l’âme avec Dieu.

    En suivant les traces du Christ crucifié, par désir, par affection, par union d’amour, elle devient un autre lui-même. N’est-ce-pas ce que le Christ a voulu nous apprendre quand il nous dit : « À qui m’aimera et gardera ma Parole, je me manifesterai moi-même à lui : il sera une même chose avec moi et moi avec lui » (Jn 14,21). Nous trouvons en maints endroits des paroles semblables. Puisque le Christ est Vérité, elles nous font bien voir que, par l’amour, l’âme devient une même chose avec lui.

    Pour le montrer plus clairement, je me souviens d’avoir appris d’une servante de Dieu que, dans un grand ravissement de l’esprit qu’elle eut dans son oraison, Dieu, déchirant les voiles, lui avait fait contempler l’amour qu’il a pour ses serviteurs. Il lui disait entre autres choses: « Ouvre l’œil de ton intelligence et regarde en moi ; tu y verras la dignité et la beauté de ma créature raisonnable. Outre la beauté que j’ai donné à l’âme en la créant à mon image et ressemblance, contemple ceux qui sont revêtus de la robe nuptiale, c’est-à-dire de la charité, ornée de la multitude des vertus. Ceux-là, ne font qu’un avec moi par l’amour ».

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

    « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

    Je m’incline devant toi, Pain des anges (Ps 78,25),
    Avec une foi profonde, espoir, amour,
    Et du plus profond de mon âme, je t’adore
    Bien que je sois néant.

    Je m’incline devant toi, Dieu caché,
    Et de tout mon cœur, je t’aime.
    Les voiles du mystère ne me gênent pas ;
    Je t’aime comme les élus au ciel.

    Je m’incline devant toi, Agneau de Dieu,
    Qui effaces les péchés de mon âme,
    Que je reçois en mon cœur, chaque matin,
    Et toi, tu m’aides à mon salut.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

  • « C’est moi. Soyez sans crainte. »

    « C’est moi. Soyez sans crainte. »

    — Seigneur, que les vagues sont hautes,
    que la nuit est obscure !
    Ne voudrais-tu pas l’éclairer
    pour moi qui veille solitaire ?

    — Tiens fermement le gouvernail,
    garde confiance et reste calme.
    Ta barque a du prix à mes yeux,
    je veux la mener à bon port.

    Garde bien sans défaillance
    les yeux fixés sur le compas.
    Il aide à parvenir au but
    à travers nuits et tempêtes.

    L’aiguille du compas de bord
    frémit mais se maintient.
    Elle te montrera le cap
    que je veux te voir prendre.

    Garde confiance et reste calme :
    à travers nuits et tempêtes
    la volonté de Dieu, fidèle,
    te guide, si ton cœur veille.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)

  • Deuxième dimanche de Pâques – Dimanche de la miséricorde

    Deuxième dimanche de Pâques – Dimanche de la miséricorde

    Très cher Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir baigné, noyé dans le sang de Jésus crucifié, et caché dans la plaie de son côté.

    Dans le sang vous trouverez le feu, car il l’a répandu par amour ; et dans le côté, vous trouverez l’amour du cœur, car tout ce que le Christ a fait pour nous a été fait avec l’amour du cœur. Alors votre âme s’enflammera du feu d’un saint désir, et ce désir est un effet de l’amour, qui ne vieillit jamais et rajeunit toujours au contraire, l’âme qui en est revêtue ; il la renouvelle dans la vertu, la fortifie, l’illumine et l’unit avec son Créateur ; car dans Jésus crucifié elle trouve le Père, et elle participe à sa puissance. Elle trouve la sagesse du Fils unique de Dieu, qui éclaire son intelligence ; elle goûte et voit la bonté de l’Esprit Saint, en trouvant le tendre amour que le Christ nous a montré dans le bienfait de sa Passion, lorsqu’il nous fit de son sang, un bain pour laver nos iniquités, et de son côté une demeure, un refuge où l’âme se repose et goûte les douceurs de l’Homme-Dieu.

    Je veux que nous fassions toujours ainsi, mon très cher Père. Que l’œil de notre intelligence ne se ferme jamais, et qu’il voie toujours, qu’il contemple combien Dieu nous aime, comme il nous le prouve par le moyen de son Fils ; que la volonté aime toujours, et qu’elle ne cesse jamais ; que l’amour envers le Créateur ne se ralentisse ni par le plaisir, ni par la peine, ni par aucune chose qui aura été dite ou faite ; et lors même que toutes les autres œuvres (…) cesseraient, l’amour ne devrait jamais s’éteindre. Je ne vous en dis pas davantage. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • Nous célébrons et nous annonçons, ô Christ, ta résurrection !

    Nous célébrons et nous annonçons, ô Christ, ta résurrection !

    L’arrogance de la Mort est réprimée, (…) Adam est désormais affranchi, pour tous les êtres s’inaugure un Esprit de vie grâce à la résurrection du Christ et avec une lumière sans fin, tandis qu’aux Porteuses de parfum a été souhaitée la joie, ainsi qu’à tous les fidèles qui avec amour psalmodient : « Au-dessus de toute louange, Dieu de nos pères et notre Dieu, tu es béni. »

    Les tombes s’ouvraient, ô Sauveur, à ton réveil et les âmes des justes célébraient dans l’allégresse, ô Christ, ta résurrection : car c’est toi, Maître, qui mort en ton essence humaine, par ta nature divine ô Tout-Puissant, as fait périr l’Hadès et libéré les mortels.

    Nous annonçons, tes deux natures, ô Christ, puisque tu es Dieu et homme, et avec piété nous te chantons : « Au-dessus de toute louange, Dieu de nos pères et notre Dieu, tu es béni. »

    « Montagne sainte », c’est véritablement ainsi, ô Vierge, que nous te reconnaissons tous, puisque de toi a été détachée sans main d’homme la Pierre, le Christ qui en venant dans la chair a aussitôt empli le monde entier de la connaissance de Dieu : c’est lui que nous adorons en clamant : « Au-dessus de toute louange, Dieu de nos pères et notre Dieu, tu es béni. »

    Bénissez le Créateur Dieu le Père, célébrez le Verbe descendu jusqu’à vous pour changer le feu en rosée, et exaltez par-dessus tout celui qui à tous accorde la vie, l’Esprit très saint, dans tous les siècles.

    Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)