Catégorie : Prière des âmes

  • Mon Père, glorifiez Votre nom !

    « Père, sauvez-moi de cette heure. Mais c’est pour cette heure que je suis venu. Père, glorifiez Votre Nom » (Jn 12,28). C’est l’appel pur et simple à Dieu, la demande en toute simplicité de ce que désire la nature, la nature qui souffre et qui a besoin, et, tout de suite après, se reprend et dit : mais non, mon Dieu, ceci ou autre chose, peu m’importe, la seule chose qui m’importe, c’est Votre gloire.

    Glorifiez Votre Nom ! Donnez-moi ce qui Vous glorifiera le plus. C’est cela que je Vous demande et pas autre chose ! Ne faites pas attention à ma première demande ; je l’ai faite et j’ai dû la faire parce que Vous êtes mon Père et que c’est mon devoir de Vous exposer mes besoins… Mais, après Vous avoir dit mes besoins avec simplicité, je Vous rappelle, je Vous répète, je Vous dis et je Vous redis que j’ai un autre besoin mille fois plus grand, mille fois plus ardent, c’est celui de Vous voir glorifié ; c’est là mon vrai, mon seul besoin ! C’est celui que je Vous supplie de toute mon âme de satisfaire. Mon Père, glorifiez-Vous en moi ! Mon Père, glorifiez Votre nom !…

    Mon Seigneur Jésus, permettez que Votre indigne et misérable petite créature se joigne à Vous et fasse avec Vous cette prière : Mon Dieu, je Vous dis avec mon Seigneur Jésus en joignant ma voix à Sa voix adorable : « Non ce que je veux, mais ce que Vous voulez » (Mt 26,39) ; mon seul désir est que Vous soyez le plus glorifié possible, c’est ma soif. Mon Père, faites de moi ce qui Vous plaira le plus, quoi que ce soit, mon Père, glorifiez Votre Nom !

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • Seigneur, je me suis éloigné !

    Je me suis éloigné, à l’exemple de la brebis,
    De ton troupeau pensant ;
    J’ai diminué le nombre de la centaine
    Que Tu as laissée dans le désert d’en-haut.

    Tu es venu par amour à la recherche de l’unique ;
    Une fois retrouvée, Tu l’as portée sur tes épaules au ciel ;
    Tu as complété le nombre de la troupe qui avait chuté,
    Pour faire la joie des Anges.

    Tu m’as porté moi aussi, Seigneur, avec la multitude ;
    Tu m’as lavé de la boue et de la fange du péché ;
    En elles de nouveau à présent je me vautre,
    À l’exemple de l’ami stupide des ordures.

    Lave-moi de nouveau au moyen des larmes ;
    Veuille les accorder à mon âme impénitente
    Comme un ruisseau abondant et bouillonnant,
    À l’exemple de la fontaine débordante.

    Et moi qui me suis encore égaré volontairement,
    Fais-moi revenir à ta volonté divine ;
    La volonté de mon libre arbitre princier
    Ôte-la pour ce en quoi elle ne T’obéit pas.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Savoir lire les signes de notre temps

    Nous te rendons grâce, Père fidèle et plein de tendresse, de nous avoir donné Jésus ton Fils, notre Seigneur et notre frère. Son amour s’est manifesté aux pauvres et aux malades, aux petits et aux pécheurs. Il n’est resté indifférent à aucune détresse. Sa vie et son message sont pour nous la preuve que tu es un Dieu qui prends soin des hommes, comme un père porte le souci de ses enfants. C’est pourquoi nous te louons et nous te glorifions, nous célébrons ta bonté et ta fidélité et avec les anges et tous les saints nous proclamons l’hymne de ta gloire… Nous qui allons recevoir son corps et son sang, fortifie-nous et renouvelle-nous à son image… Donne à tous les membres de l’Église de savoir lire les signes des temps et de grandir dans la fidélité à l’Évangile. Rends-nous attentifs à tous les hommes afin que nous partagions dans la charité leurs tristesses et leurs angoisses, leurs espérances et leurs joies et que nous leur montrions le chemin du salut.

    Le Missel romain

  • Le don de la persévérance dans la prière

    La prière est absolument nécessaire pour avoir le bonheur de persévérer dans la grâce de Dieu après l’avoir reçue dans le sacrement de Pénitence. Avec la prière vous pouvez tout, vous êtes, pour ainsi dire, maîtres des volontés de Dieu, si j’ose parler ainsi ; et, sans la prière, vous n’êtes capables de rien, et cela seul suffit pour vous montrer la nécessité de la prière. Tous les saints ont commencé leur conversion par la prière et ont persévéré par la prière ; et tous les damnés se sont perdus par leur négligence de la prière. Je dis donc que la prière nous est absolument nécessaire pour persévérer. (…)

    Mais la prière dont je vous parle, qui est si puissante auprès de Dieu, qui nous attire tant de grâces, qui semble même lier la volonté de Dieu, qui semble, pour ainsi dire, le forcer à nous accorder ce que nous lui demandons, c’est une prière faite dans un espèce de désespoir et d’espérance. Je dis désespoir, considérant notre indignité et le mépris que nous avons fait de Dieu et de ses grâces, nous reconnaissant indignes de paraître devant lui et d’oser lui demander notre grâce, nous qui l’avons tant de fois déjà reçue, et l’avons toujours payé d’ingratitude, ce qui doit nous porter, à chaque instant de notre vie, à croire que la terre va s’ouvrir sous nos pieds. (…) Je dis l’espérance, en représentant la grandeur de la miséricorde de Dieu, le désir qu’il a de nous rendre heureux, ce qu’il a fait pour nous mériter le ciel. Animés par une pensée si consolante, nous nous adresserons à lui avec une grande confiance. (…)

    Voilà, mes frères, la prière dont je veux parler, qui nous est absolument nécessaire pour avoir notre pardon et le don précieux de la persévérance.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • L’humanité T’appelle sans fin, Dieu de miséricorde !

    Sois adoré, notre Dieu miséricordieux,
    Notre Créateur et Seigneur tout-puissant,
    Nous Te rendons gloire avec la plus profonde humilité,
    Nous plongeant dans l’océan de Ta Divinité.

    L’homme n’a pas résisté à l’heure de l’épreuve,
    À l’incitation du mal il devint infidèle envers Toi,
    Il a perdu la grâce et les dons, il ne lui est resté que la misère,
    Larmes, souffrances, douleur, amertume – jusqu’à ce qu’il repose dans la tombe.

    Mais, Toi, ô Dieu miséricordieux, Tu n’as pas laissé périr l’humanité,
    Et Tu lui as donné la promesse d’un Rédempteur.
    Tu ne nous permets pas de désespérer, si grandes que soient nos colères,
    Tu envoies tes prophètes à Israël.

    Cependant, nuit et jour, l’humanité T’appelle,
    De son abîme de misère, de péchés et de toutes douleurs.
    Entends ses gémissements et ses pleurs, Toi qui règnes dans le ciel,
    Dieu de grande miséricorde, Dieu de pitié.

    L’homme s’est rendu coupable, mais il n’est pas capable de demander pardon,
    Car un gouffre infini s’est ouvert entre Dieu et l’homme,
    Par la voix de sa misère il crie : envoie-nous Ta pitié,
    Mais Yahvé se tait… et les siècles passent l’un après l’autre.

    De toute l’humanité s’accroît la nostalgie,
    De Celui qui Lui était promis.
    Viens Agneau de Dieu, effacer nos colères,
    Viens éclairer nos ténèbres, comme un rayon de lumière.

    L’humanité T’appelle sans fin, Seigneur des Seigneurs,
    Elle appelle Ton insondable miséricorde et Ta pitié.
    Ô grand Yahvé, permets-nous d’obtenir le pardon.
    Souviens-Toi de Ta bonté et pardonne nos colères.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

  • « Les souffrances du Messie et la gloire qui suivrait sa Passion » (1P 1,11)

    À l’approche de sa mort, le Sauveur s’écriait : « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils » (Jn 17,1). Or, sa gloire, c’est la croix. Comment donc pourrait-il avoir cherché à éviter ce qu’il avait demandé à un autre moment ? Que sa gloire soit la croix, l’Évangile nous l’enseigne en disant : « L’Esprit Saint n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jn 7,39). Voici le sens de cette parole : la grâce n’avait pas encore été donnée, parce que le Christ n’était pas encore monté sur la croix pour réconcilier Dieu et les hommes. En effet, c’est la croix qui a réconcilié les hommes avec Dieu, qui a fait de la terre un ciel, qui a réuni les hommes aux anges. Elle a renversé la citadelle de la mort, détruit la puissance du démon, délivré la terre de l’erreur, posé les fondements de l’Église. La croix, c’est la volonté du Père, la gloire du Fils, la jubilation de l’Esprit Saint. Elle est l’orgueil de saint Paul : « Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil » (Ga 6,14).

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

  • Vous avez appelés les pauvres à vous entourer, mon Dieu !

    Que vous êtes divinement bon, mon Dieu ! Si vous aviez appelé d’abord les riches, les pauvres n’auraient pas osé s’approcher de vous, ils se seraient crus obligés de rester à l’écart à cause de leur pauvreté, ils vous auraient regardé de loin, laissant les riches vous entourer. (…) Que vous êtes bon ! Comme vous avez pris le bon moyen pour appeler d’un seul coup autour de vous tous vos enfants, sans aucune exception ! Et quel baume vous avez mis jusqu’à la fin des siècles au cœur des pauvres, des petits, des dédaignés du monde, en leur montrant dès votre naissance qu’ils sont vos privilégiés, vos favoris, les premiers appelés : les toujours appelés autour de vous qui avez voulu être un des leurs et être dès votre berceau et toute votre vie entouré par eux.

    Dieu n’a pas attaché le salut à la science, à l’intelligence, à la richesse, à une longue expérience, à des dons rares et que tous n’ont pas reçus, non. Il l’a attaché à ce qui entre dans les mains de tous, d’absolument tous, des jeunes et des vieux, des humains de tout âge et de toute classe, de toute intelligence et de toute fortune. Il l’a attaché à ce que tous peuvent lui donner, moyennant un peu de bonne volonté : un peu de bonne volonté, c’est tout ce qu’il faut pour gagner ce ciel que Jésus attache à l’humilité, au fait de se faire petit, de prendre la dernière place, d’obéir, qu’il attache ailleurs à la pauvreté d’esprit, à la pureté de cœur, à l’amour de la justice, à l’esprit de paix. Espérons, puisque par la miséricorde de Dieu le salut est si près de nous, entre nos mains, et qu’il nous suffit d’un peu de bonne volonté pour l’obtenir.

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • La tendresse de Dieu pour les petits

    Mes filles, Dieu prend un grand plaisir à voir le service que vous rendez aux petits enfants, comme il en prend à leurs petits gazouillements, voire même à leurs petits cris et à leurs plaintes. Chacun de ces cris touche le cœur de Dieu de confusion. Et vous, mes chères sœurs, quand, à leur cri, vous les soulagez, leur rendant les services dont ils ont besoin, pour l’amour de Dieu et pour honorer l’enfance de Notre-Seigneur, ne faites-vous pas plaisir à Dieu ? Et Dieu n’est-il pas honoré du cri et des plaintes de ces petits enfants ? Courage donc, mes filles ! Aimez bien le service de ces petits enfants, par la bouche desquels Dieu reçoit une louange parfaite. Ce n’est pas moi qui le dis, mes sœurs ; c’est le prophète : « En la bouche des petits enfants suçant le lait, votre louange est parfaite. » Ô mes filles, cela est donc vrai, puisque la Sainte Écriture l’affirme.

    Voyez combien vous êtes heureuses de rendre service à ces petites créatures, qui donnent à Dieu une louange parfaite et dans lesquelles la bonté de Dieu prend si grand plaisir, plaisir en quelque sorte pareil à celui des mères, qui n’ont point plus grande consolation que de voir les petites actions de leurs petits enfants. Elles admirent tout et aiment tout. Ainsi Dieu, qui est leur père, prend de grands plaisirs à toutes leurs petites actions.

    Saint Vincent de Paul (1581-1660)

  • « Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. »

    À la recherche de ta perle
    Je ne me suis point mis comme le marchand ;
    Et je n’ai point, en échange de l’Inéchangeable,
    Donné l’amour de l’éphémère.

    Je n’ai point vendu, selon le commandement,
    La concupiscence du terrestre,
    Afin d’acquérir ce qui est d’un haut prix :
    L’étoile du matin, née de la Rosée.

    Ô Toi qui es né de la Vierge à la manière de la perle,
    Dieu et homme, les deux ne formant qu’un,
    Fais que de ton amour divin
    Je sois le mendiant au cœur blessé !

    Ouvre ma chambre nuptiale, moi qui soupire ;
    Entre dans l’appartement avec l’affection du cœur ;
    Rends-moi de nouveau ta demeure
    Et embrasse-moi de ta droite.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Ne craignez pas… Soyez sans crainte. »

    Je te rends grâces, Seigneur,
    parce que je t’aime.
    Très-Haut, ne m’abandonne pas,
    car tu es mon espoir.
    Gracieusement j’ai reçu ta grâce,
    c’est elle qui me fait vivre.

    Mes persécuteurs viendront,
    et ils ne me verront plus.
    Un nuage d’obscurité tombera sur leurs yeux,
    et un air de ténèbres les obscurcira.
    Ils n’auront plus de lumière pour voir,
    ils ne pourront plus me saisir.

    Ils ont médité un plan,
    et il s’est anéanti pour eux.
    Ils ont conçu des projets méchants
    et les voilà dépouillés.

    Dans le Seigneur est mon espoir,
    je n’ai point de crainte.
    Le Seigneur est mon salut,
    je n’ai point de crainte.
    Il est comme une couronne sur ma tête,
    je ne chancellerai pas.

    Quand même tout l’univers chancellerait,
    je resterai debout.
    Si tout ce qui est visible périt,
    moi je ne mourrai pas.
    Car le Seigneur est avec moi,
    je suis avec lui.
    Alléluia !

    Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)