Catégorie : Prière des âmes

  • « Je crois ! Viens au secours de mon peu de foi. »

    Certaines vérités concernant la grandeur de Dieu demeurent tellement imprimées dans l’âme que, quand même la foi ne serait pas là pour lui dire qui il est et l’obliger à le reconnaître pour son Dieu, elle l’adorerait comme tel. Voilà ce qu’a fait Jacob après la vision de l’échelle mystérieuse (Gn 28,12s). Il est probable que ce patriarche a compris en cet instant d’autres secrets qu’il n’a pas pu expliquer ensuite. (…) Je ne sais pas si je m’exprime bien, car bien que j’en aie entendu parler, j’ignore si mes souvenirs sont exacts. Moïse lui non plus n’a pas pu expliquer tout ce qu’il avait vu dans le buisson, mais uniquement ce que Dieu lui a permis de révéler. Mais si Dieu n’avait pas communiqué à son âme la certitude de ces choses secrètes, s’il ne lui avait pas donné de voir et de croire que cela venait de Dieu, il n’aurait rien entrepris de ses grandes et nombreuses épreuves. Il a sûrement découvert au milieu des épines de ce buisson des vérités tellement profondes qu’elles lui ont donné le courage de faire ce qu’il a fait pour le peuple d’Israël.

    Nous n’avons donc pas à chercher des raisons de comprendre les choses cachées de Dieu. Mais puisque nous croyons qu’il est tout-puissant, nous devons croire également que, dans notre grande pauvreté, nous sommes incapables de comprendre ses grandeurs. Contentons-nous de le bénir puisqu’il veut bien nous en dévoiler quelques-unes.

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

     

     

  • Par amour de votre miséricorde !

    Ô éternelle miséricorde, qui couvrez les fautes de vos créatures ! Je ne m’étonne donc plus que vous disiez de ceux qui sortent du péché mortel pour faire retour à vous : Moi, je ne me souviens plus que vous m’ayez jamais offensé ! Ô Miséricorde ineffable, non je ne m’étonne plus que vous disiez cela à ceux qui sortent du péché, quand je vous entends dire de ceux qui vous persécutent : Je veux que vous me priiez pour eux afin que je leur fasse miséricorde. (…)

    Votre miséricorde donne la vie, et elle donne la lumière qui nous fait connaître votre clémence pour toute créature, pour les justes et pour les pécheurs. Au plus haut des cieux, votre miséricorde éclate dans vos saints. Si je regarde la terre, votre miséricorde y abonde. Dans les ténèbres de l’enfer, votre miséricorde luit encore, en n’infligeant pas aux damnés un supplice aussi grand que leurs fautes. Votre miséricorde fait plus douce votre justice ! C’est par miséricorde que vous nous avez lavés dans le sang, par miséricorde que vous avez voulu converser avec vos créatures. (…)

    Ô Miséricorde ! Mon cœur devient tout feu à penser à vous ! De quelque côté que mon esprit se tourne et se retourne, je ne trouve que miséricorde ! Ô Père éternel, pardonnez à mon ignorance, si je suis assez présomptueuse pour parler devant vous ! L’amour de votre miséricorde me sera une excuse devant votre Bonté.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

  • De Ta croix vient la force !

    Mon Jésus, voici que je vois que je suis passée par toutes les étapes de la vie en Te suivant : enfance, jeunesse, vocation, travaux apostoliques, Thabor, Jardin des Oliviers, et me voici maintenant déjà avec Toi au Calvaire. Je me suis laissée crucifier de mon plein gré et je suis déjà crucifiée, bien que je marche encore un peu, mais je suis écartelée sur la croix et je sens nettement que de Ta croix me vient la force, que Toi seul est ma persévérance.

    Plus d’une fois j’ai entendu la voix de la tentation me criant « Descends de la croix ! », cependant la force de Dieu me fortifie ; l’abandon, l’obscurité et diverses souffrances frappent mon cœur, pourtant la grâce mystérieuse de Dieu me soutient et m’affermit. Je désire boire le calice jusqu’à la dernière goutte. Je crois fermement que si Ta grâce m’a soutenue au Jardin des Oliviers, elle me viendra en aide maintenant que je suis au Calvaire.

    Ô mon Jésus, Maître, j’unis mes désirs aux désirs que Tu as eus sur la croix : je désire accomplir Ta sainte volonté ; je désire la conversion des âmes ; je désire que Ta miséricorde soit glorifiée ; je désire que soit hâté le triomphe de l’Église… (…) Ô mon Jésus, maintenant j’embrasse le monde entier et j’implore pour Lui Ta miséricorde.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

  • « Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur aveuglé ? »

    imageDieu, Père tout-puissant, c’est à toi que je veux consacrer l’occupation principale de ma vie. Que tout en moi, mes paroles et mes pensées, parlent de toi… Conscients de notre pauvreté, nous te demandons ce qui nous manque ; nous apporterons un zèle infatigable pour scruter les paroles de tes prophètes et de tes apôtres, nous frapperons à toutes les portes que notre intelligence trouvera fermées.

    Mais c’est à toi d’exaucer la demande, d’accorder ce qu’on cherche, d’ouvrir la porte fermée (Lc 11,9). Car nous vivons dans une sorte de torpeur, à cause de l’engourdissement de notre nature ; la faiblesse de notre esprit nous empêche de comprendre tes mystères par une ignorance inéluctable.

    Heureusement, l’étude de ta doctrine fortifie notre perception de la vérité divine, et l’obéissance de la foi nous soulève au-dessus des pensées du commun des hommes. Nous espérons donc que tu stimuleras les débuts de cette entreprise difficile, que tu affermiras les progrès de notre démarche et que tu nous appelleras à participer à l’Esprit qui a guidé tes prophètes et tes apôtres. Nous voudrions comprendre leurs paroles dans le sens où ils les ont prononcées et employer des termes exacts pour rendre fidèlement tout ce qu’ils ont exprimé… Accorde-nous donc le sens exact des mots, la lumière de l’intelligence, la beauté de l’expression ; établis notre foi dans la vérité. Accorde-nous de dire ce que nous croyons.

    Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
    La Trinité, I, 37-38 (trad. cf coll. Pères dans la foi, n°19, p. 56)

     

     

     

  • « Jésus se rendit dans un endroit désert, et là il priait. » (Mc 1, 35)

    Je tiens pour impossible de distinguer toutes les formes de prières, à moins d’une pureté de cœur tout à fait singulière et de lumières extraordinaires de l’Esprit Saint. Leur nombre est aussi grand qu’il peut se rencontrer dans une âme, ou plutôt dans toutes les âmes, d’états et de disposition différentes. (…)

    La prière se modifie à tout instant, selon le degré de pureté où l’âme est parvenue, suivant aussi sa disposition actuelle, que celle-ci soit due à des influences étrangères ou spontanée ; et il est bien certain que pour personne elle ne demeure en tout temps identique à elle-même. On prie différemment suivant que l’on a le cœur léger, ou alourdi de tristesse et de désespérance ; dans l’enivrement de la vie surnaturelle, et la dépression des tentations violentes ; lorsqu’on implore le pardon de ses fautes, ou que l’on demande une grâce, une vertu, la guérison d’un vice ; dans la componction qu’inspirent la pensée de l’enfer et la crainte du jugement, et lorsqu’on brûle du désir et de l’espérance des biens futurs ; parmi l’adversité et le péril, ou dans la paix et la sécurité ; si l’on se sent inondé de lumière à la révélation des mystères du ciel, ou paralysé par la stérilité dans la vertu et la sécheresse dans les pensées. (…)

    Ces divers modes de prière seront suivis d’un état plus sublime encore et d’une plus transcendante élévation. C’est un regard sur Dieu seul, un grand feu d’amour. L’âme s’y fond et s’abîme en la sainte dilection, et s’entretient avec Dieu comme avec son propre Père, très familièrement, dans une tendresse de piété toute particulière.

    Saint Jean Cassien (v. 360-435)

     

     

  • « Je le veux, sois purifié ! »

    Dieu, dans le peuple hébreu, en donna le symbole :
    Quiconque dans le camp était atteint de lèpre
    En était expulsé et banni au-dehors.
    Mais si, guérie sa lèpre, il avait trouvé grâce,
    Alors, avec l’hysope, avec le sang et l’eau purifié par le prêtre,
    Il retournait chez lui, rentrant en héritage (Lv 14,1s).

    Adam était tout pur dans le Jardin splendide,
    Mais il eut lèpre affreuse au souffle du Serpent.
    Le Jardin pur le rejeta, le chassa de son sein,
    Mais le Grand Prêtre alors (He 9,11) de là-haut le voyant
    Jeté dehors, daigna descendre jusqu’à lui,
    Le purifia par son hysope (cf Jn 19,29) et le fit rentrer en Paradis.

    Adam nu était beau : mais sa femme diligente
    Peina à lui tisser un habit de souillures.
    Le Jardin le voyant, et le trouvant hideux, dehors le repoussa.
    Mais pour lui par Marie fut faite une tunique neuve.
    Vêtu de cette parure et selon la promesse, le Larron resplendit :
    Et le Jardin, revoyant en son image Adam, l’embrassa (Lc 23,43).

    Saint Éphrem (v. 306-373)

     

     

  • Sois la gardienne de ma vie, Ô Marie !

    Ô Marie, Vierge Immaculée,
    Pur cristal pour mon cœur,
    Tu es ma force, ô ancre puissante,
    Tu es le bouclier et la défense du cœur faible.

    Ô Marie, Tu es pure et inégalable,
    Vierge et Mère en même temps,
    Tu es belle comme le soleil, Tu es sans tache,
    Rien ne peut être comparé à l’image de Ton âme.

    Ta beauté a tant charmé le regard du Trois fois saint,
    Qu’Il descendit du Ciel, quittant le Trône éternel,
    Et Il revêtit le corps et le sang venant de Ton Cœur,
    En se cachant pendant neuf mois dans le cœur d’une Vierge.

    Ô Mère, Vierge, personne ne concevra
    que Dieu infini devint homme,
    C’est seulement à cause de Son amour et de Son insondable miséricorde,
    Par Toi, Mère, il nous est donné de vivre éternellement avec Lui.

    Ô Marie, Mère Vierge et Porte du ciel
    Par Toi le salut nous est venu,
    Par Tes mains jaillit chaque grâce pour nous,
    Seule une fidèle imitation de Toi me sanctifiera.

    Ô Marie, Vierge, le plus beau des Lis,
    Ton Cœur était pour Jésus le premier tabernacle sur terre,
    C’est parce que Ton humilité était la plus profonde
    Que Tu es élevée au-dessus des chœurs angéliques et des saints.

    Ô Marie, ma douce Mère,
    Je Te donne mon âme, mon corps et mon pauvre cœur,
    Sois la gardienne de ma vie,
    Et particulièrement à l’heure de la mort, dans le dernier combat.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • Nativité du Seigneur Jésus-Christ (messe de la nuit)

    J’ai vu briller l’étoile lumineuse

    J’ai vu briller l’étoile lumineuse
    Qui m’indiquait le berceau de mon Roi
    Et dans la nuit calme et mystérieuse
    Elle semblait s’orienter vers moi.
    Puis j’entendis, pleine de charme,
    La voix de l’Ange qui me dit :
    « Recueille-toi, c’est en ton âme
    Que le mystère est accompli.
    Jésus, Splendeur du Père,
    En toi s’est incarné.
    Avec la Vierge Mère
    Étreins ton Bien Aimé,
    Il est à toi. »

    Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

     

     

     

     

  • Debout ! Réveillez-vous !

    Gardez-vous donc, je vous prie, toujours sains et saufs dans l’atelier secret de l’âme. Ne commettez, mes enfants, aucune action qui mène à la perte et à la ruine de vos âmes. Oui, craignons ce Dieu qui s’apprête à révéler les arcanes des ténèbres, à rendre manifestes les desseins des cœurs (1 Co 4,5) et à rétribuer chacun non seulement pour ses actions (cf. Mt 16,27), mais aussi pour ses paroles et pour ses simples pensées. (…)

    Et qui ne restera pas éveillé, rejetant sa paresse et sa somnolente inertie ? Debout ! Réveillez-vous ! La nuit est passée. Déjà commence à poindre (cf. Rm 13,12) le jour de la restauration future ! Prenons garde que la mort ne nous saisisse sans que nous soyons prêts et qu’elle ne nous apporte un malheur éternel et sans remède. (…) Relevons-nous encore et encore et élançons-nous vers tout ce qui peut plaire à Dieu, supportons vaillamment les choses présentes en nous réjouissant de celles que nous espérons (cf. Rm 12,12 ; He 11,1). (…) Je le sais bien, nous serons sauvés et nous danserons sans fin dans les cieux, dans la joie de ceux qui depuis le commencement du monde auront plu au Christ. (…)

    Brisez la gangue de l’inertie, soyez joyeux, d’humeur égale ; que votre âme soit paisible et votre cœur léger ; soyez secourables les uns pour les autres ; bannissez inquiétudes et soucis. (…) Et quel besoin de vous soucier et de vous agiter à tout propos ? Choisissez, je vous le conseille, la meilleure part (cf. Lc 10,41-42) : écouter nos humbles paroles (cf. Lc 10,39). Puissiez-vous, mes enfants être sauvés dans le Seigneur et exulter dans la crainte (cf. Ps 2,11) (…) du Christ Jésus notre Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

    Saint Théodore le Studite (759-826)

  • « Sachez que le Fils de l’homme est proche. » (Mc 13,29)

    Quelle crainte et quel tremblement s’empareront de nous au moment où nous sortirons de ce monde ? (…) Comment affronterons-nous ce jour redoutable, si l’un de nous devait vivre dans la négligence ?

    Lorsqu’au signal de la trompette de l’archange, tous les hommes ressusciteront (1 Th 4,16) et que tous les peuples, toute tribu et toute langue (cf. Ap 5,9) iront vers le jugement, alors le ciel se dissoudra avec fracas, les éléments s’embraseront (cf. 2 P 3,10.12), la création tout entière sera transformée, toutes les innombrables myriades des saints anges s’avanceront avec crainte, et il siégera, le juge de toutes choses ; puis actes et paroles de chacun seront étalés au grand jour, il placera devant nous les pièces à conviction : la faute telle qu’elle apparaît à première vue, la faute avec ses circonstances de lieu, de manière et de temps, et tout cela en un clin d’œil (cf. 1 Co 15,52). Alors « ils s’en iront » dit l’Écriture, « ceux qui auront fait le bien vers une vie éternelle, ceux qui auront fait le mal vers une punition éternelle » (Mt 25,46) ; là « il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Mt 8,12), « leur feu ne s’éteindra pas et leur ver ne mourra pas » (Is 66,24) (…). Mais non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais donnons plutôt gloire (cf. Ps 113B,1) et louange à ton nom en ce jour-là, en nous établissant à ta droite. (…)

    « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? les tribulations, l’angoisse, la faim, la persécution, le danger ou le glaive ? », car « à cause de toi, on nous met à mort tout le long du jour, nous avons passé pour de brebis d’abattoir » (cf. Rm 8,35-36). À lui est la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

    Saint Théodore le Studite (759-826)