Catégorie : Jardins de la Bible

  • « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? »

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    Admirez les merveilles de Dieu ; sortez de votre sommeil. Vous admirez seulement les prodiges extraordinaires ? Mais sont-ils plus grands que ceux qui se produisent tous les jours sous vos yeux ? Les hommes s’étonnent que notre Seigneur Jésus Christ ait rassasié plusieurs milliers de personnes avec cinq pains (Mt 14,19s), et ils ne s’étonnent pas que quelques graines suffisent pour couvrir la terre de moissons abondantes ? Ils sont saisis d’admiration en voyant le Sauveur changer l’eau en vin (Jn 2,19) ; n’est-ce pas la même chose quand la pluie passe par les racines de la vigne ? L’auteur de ces prodiges est le même…

    Le Seigneur a opéré des prodiges, et cependant un grand nombre l’ont méprisé… Ils se disaient : « Ces œuvres sont divines, mais lui, il n’est qu’un homme. » Tu vois donc deux choses : d’une part des œuvres divines, et de l’autre un homme. Si ces œuvres divines ne peuvent être faites que par Dieu, ne serait-ce pas parce que Dieu se cache en cet homme ? Oui, sois bien attentif à ce que tu vois, et crois ce que tu ne vois pas. Celui qui t’appelle à croire ne t’a pas abandonné à toi-même ; même s’il te demande de croire ce que tu ne peux pas voir, il ne t’a pas laissé sans rien à voir pour t’aider à croire ce que tu ne vois pas. Est-ce que la création elle-même est un faible signe, une faible manifestation du Créateur ? En plus, le voici qui vient dans le monde et qui fait des miracles. Tu ne pouvais pas voir Dieu, mais tu pouvais voir un homme : alors Dieu s’est fait homme, pour que ne fasse plus qu’un pour toi ce que tu vois et ce que tu crois.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 126, 4-5

     

     

     

     

  • « La moisson est abondante… Priez donc le Maître d’envoyer des ouvriers. »

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    Quand l’agriculteur sort de chez lui pour aller faire la moisson, il déborde de joie et resplendit de bonheur. Il n’envisage ni les peines ni les difficultés qu’il pourra rencontrer. Ayant en tête la moisson qui va lui revenir, il court, il se hâte de faire la récolte annuelle. Absolument rien ne peut le retenir, l’empêcher ou le faire douter de l’avenir : ni pluie, ni grêle, ni sécheresse, ni légions de sauterelles malfaisantes. Ceux qui s’apprêtent à moissonner ne connaissent pas ces inquiétudes, si bien qu’ils se mettent au travail en dansant et en bondissant de joie.

    Vous devez être comme eux et aller par toute la terre avec une joie beaucoup plus grande encore. C’est la moisson qui l’emporte. La moisson que vous avez à faire est très facile, elle vous attend sur des champs tout préparés. Le seul effort qui vous est demandé est de parler. Prêtez-moi votre langue, dit le Christ, et vous verrez le grain mûr entrer dans les greniers du roi.

    C’est pourquoi il envoie ses disciples en disant : « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). C’est lui qui rendait faciles les choses difficiles. Les apôtres réalisaient d’une manière visible la parole du prophète : « Moi, je marcherai devant toi et j’aplanirai les hauteurs » (Is 45,2). Le Christ marchait devant eux, et il rendait la route facile.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie sur la moisson abondante, 10,3 ; PG 63, 515-524 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 108)

     

  • Marie Mère de tout ce qui est divin

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    Marie

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    Fidèles à l’enseignement révélé sur la sainte Vierge Mère de Dieu, les Pères de l’Église estimèrent que le nom ‘Christotokos’, que Nestorius avait proposé à la place de ‘Theotokos’, était un blasphème contre le Christ Seigneur, et ils l’ont refusé absolument.
    Ils le firent remplis de la vérité de la sainte Révélation, parce que pour eux le nom ‘Christ’ qui signifie ‘Oint’ appartient à tous ceux qui ont obtenu l’action de l’Esprit Saint, et ensuite à tous les chrétiens (1 Jn 2, 20; Ac 10, 44-46).
    Elle est Mère de Dieu, et ensuite aussi la Mère de tout ce qui est divin, de tout ce qui est saint, de tout ce qu’est céleste, de tout ce qui est excellent.
    Elle est le meilleur des biens, la plus sainte des saints, la plus pure des purs, la plus splendide de tout ce qui est admirable.
    Elle est l’image la plus parfaite de tout ce qui est excellent,
    et si c’est par elle que Dieu est descendu dans le monde, comment tout ce qui est divin, ne pourrait-il pas descendre jusqu’à l’homme, et tout ce qui est céleste, tout ce qui est immortel, tout ce qui est éternel, tout ce qui est béni ?
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    Justin Popovitch (1894-1979)
    Extraits de : Justin Popovitch, Philosophie orthodoxe de la vérité. Dogmatique de l’Eglise orthodoxe. Edition l’Age d’homme, Lausanne 
    mariedenazareth.com

     

     

     

  • Graine

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    « Le Royaume des cieux est semblable à une graine de moutarde qu’un homme sème en son champ ; en poussant, il devient comme un arbre, en sorte que les oiseaux du ciel viennent se reposer sur ses branches » (Mt 13,31). Ce petit grain de semence est pour nous le symbole de Jésus Christ, qui mis en terre dans le jardin où il a été enseveli, en est ressorti peu après par sa résurrection, debout comme un grand arbre.

    On peut dire que quand il est mort, ce fut comme un petit grain de semence. Ce fut un grain de semence par l’humiliation de sa chair, et un grand arbre par la glorification de sa majesté. Ce fut un grain de semence lorsqu’il est apparu à nos yeux tout défiguré ; et un arbre lorsqu’il est ressuscité comme le plus beau des hommes (Ps 44,3).

    Les branches de cet arbre mystérieux sont les saints prédicateurs de l’Évangile, dont un psaume nous marque l’étendue : « Leur renommée s’est répandue par tout l’univers, et leurs paroles jusqu’aux extrémités de la terre » (Ps 19,5 ; cf Rm 10,18). Les oiseaux se reposent sur ses branches lorsque les âmes justes qui se sont élevées des attraits de la terre en s’appuyant sur les ailes de la sainteté, trouvent dans les paroles de ces prédicateurs de l’Évangile la consolation dont elles ont besoin dans les peines et les fatigues de cette vie.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
    Homélies sur Matthieu, ch. 13

     

     

     

  • Donner du fruit trente, soixante ou cent pour un

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    Frères, il y a deux sortes de champs : l’un est le champ de Dieu, l’autre celui de l’homme. Tu as ton domaine ; Dieu aussi a le sien. Ton domaine, c’est ta terre ; le domaine de Dieu, c’est ton âme. Est-il juste que tu cultives ton domaine et que tu laisses en friche celui de Dieu ? Si tu cultives ta terre et que tu ne cultives pas ton âme, c’est parce que tu veux mettre ta propriété en ordre et laisser en friche celle de Dieu ? Est-ce juste ? Est-ce que Dieu mérite que nous négligions notre âme qu’il aime tant ? Tu te réjouis en voyant ton domaine bien cultivé ; pourquoi ne pleures-tu pas en voyant ton âme en friche ? Les champs de notre domaine nous feront vivre quelques jours en ce monde ; le soin de notre âme nous fera vivre sans fin dans le ciel…

    Dieu a daigné nous confier notre âme comme son domaine ; mettons-nous donc à l’œuvre de toutes nos forces avec son aide, pour qu’au moment où il viendra visiter son domaine, il le trouve bien cultivé et parfaitement en ordre. Qu’il y trouve une moisson et non des ronces ; qu’il y trouve du vin et non du vinaigre ; du blé plutôt que de l’ivraie. S’il y trouve tout ce qui peut plaire à ses yeux, il nous donnera en échange les récompenses éternelles, mais les ronces seront vouées au feu.

    Saint Césaire d’Arles (470-543), moine et évêque
    Sermons au peuple, n° 6 ; CCL 103, 32 (trad. SC 175, p. 327 et Orval)

     

     

  • Le Christ guérit la paralysie de nos membres et de nos cœurs.

    Adam

    L’incarnation du Christ n’est pas normale, c’est miraculeux ; ce n’est pas conforme à la raison, mais à la puissance divine ; cela vient du Créateur, non de la nature ; ce n’est pas commun, c’est unique ; c’est divin, non pas humain. Elle ne s’est pas faite par nécessité, mais par puissance… Elle a été mystère de foi, renouvellement et salut pour l’homme. Celui qui, sans être né, a formé l’homme avec de la glaise intacte (Gn 2,7), en naissant a fait un homme à partir d’un corps intact ; la main qui a daigné saisir de l’argile pour nous créer a daigné saisir aussi notre chair pour nous recréer…

    Homme, pourquoi te méprises-tu tellement, alors que tu es si précieux pour Dieu ? Pourquoi, lorsque Dieu t’honore ainsi, te déshonores-tu à ce point ? Pourquoi cherches-tu comment tu as été fait et ne recherches-tu pas en vue de quoi tu es fait ? Est-ce que toute cette demeure du monde que tu vois n’a pas été faite pour toi ? …

    Le Christ prend chair pour rendre toute son intégrité à la nature corrompue ; il assume la condition d’enfant, il accepte d’être nourri, il traverse des âges successifs afin de restaurer l’âge unique, parfait et durable qu’il avait lui-même créé. Il porte l’homme, pour que l’homme ne puisse plus tomber. Celui qu’il avait créé terrestre, il le rend céleste ; celui qui était animé par un esprit humain, il lui donne la vie d’un esprit divin. Et c’est ainsi qu’il l’élève tout entier jusqu’à Dieu, afin de ne rien laisser en lui de ce qui appartient au péché, à la mort, au labeur, à la douleur, à la terre. Voilà ce que nous apporte notre Seigneur Jésus Christ qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père, dans l’unité du Saint Esprit, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Homélie sur le mystère de l’Incarnation, 148 ; PL 52, 596 (trad. bréviaire 30/07 rev.)

     

     

     

  • Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

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    Que puis-je dire de ce mystère ? Je vois un ouvrier, une mangeoire, un enfant, des langes, l’enfantement d’une vierge privée de tout le nécessaire, toutes les marques de l’indigence, tout le fardeau de la pauvreté. Avez-vous jamais vu la richesse dans une telle pénurie ? Comment celui qui était riche s’est-il fait pauvre pour nous (2Co 8,9) au point que, privé de berceau et de couvertures, il est couché dans une dure mangeoire ? … Ô richesse immense, sous les apparences de la pauvreté ! Il dort dans une mangeoire et il ébranle l’univers. Lui qui est serré dans ses langes, il brise les chaînes du péché. Alors qu’il ne peut pas prononcer un mot, il a instruit les mages pour qu’ils rentrent par un autre chemin. Le mystère dépasse la parole !

    Voici le bébé enveloppé de langes, couché dans une mangeoire ; il y a là aussi Marie, à la fois vierge et mère ; il y a encore Joseph qu’on appelle son père. Celui-ci a épousé Marie, mais le Saint Esprit a couvert Marie de son ombre. C’est pourquoi Joseph était angoissé, ne sachant comment appeler l’enfant… Dans cette anxiété, un message lui a été apporté par un ange : « Ne crains pas, Joseph, l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint » (Mt 1,20)… Pourquoi le Sauveur est-il né d’une vierge ? Jadis Eve, qui était vierge, s’est laissé séduire et a enfanté la cause de notre mort ; Marie, ayant reçu de l’ange la Bonne Nouvelle, a enfanté le Verbe fait chair qui nous apporte la vie éternelle.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie pour Noël ; PG 56, 392 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 24)

     

     

     

  • Poinsettia, l’étoile de Noël

    Cette fleur de fête a une histoire riche et très symbolique.

    Le poinsettia est une plante décorative offerte au moment des fêtes. Dans son pays d’origine, le Mexique, c’est le sujet d’un très beau conte de Noël. Dans la nuit sainte, alors que les jeunes se dirigeaient vers l’église avec des cadeaux pour l’enfant Jésus, Pépita n’osait rentrer car elle était trop pauvre. Un vieil homme qui la voyait pleurer lui rappela que le plus pauvre des cadeaux serait apprécié car le principal était de le donner avec amour. Pépita se leva et cueillit quelques branches d’un arbuste commun qui poussait au bord de la route.

    UNE FLEUR NÉE D’UN MIRACLE

    Lorsqu’elle les déposa aux pieds de la crèche, un miracle se produisit au grand étonnement de tous les participants. Les feuilles ordinaires et vertes s’illuminèrent soudain d’un superbe rouge flamboyant. Depuis cette époque, les poinsettias se parent de superbes couleurs au temps de Noël… et au Mexique ils sont devenus les flores de la Noche Buena ou les « fleurs de la Nuit Sainte ».

    En Amérique centrale, les populations locales utilisent leurs vertus depuis des siècles. Les cataplasmes de feuilles sont utilisés pour traiter les affections de peau. Et on les utilisait aussi pour accroître la lactation des jeunes mères. On tirait aussi des bractées une teinture cramoisie. Bien sûr tous ces usages concernaient les poinsettias sauvages du Mexique.

    En effet, les potées que nous offrons pour les fêtes sont issues de longues sélections et créations horticoles…

    Leur histoire ornementale commence en 1825, lorsqu’un nouvel ambassadeur des États-Unis d’Amérique, passionné de botanique, prit ses fonctions à Mexico : le Dr Joël Roberts Poinsett. Sillonnant les campagnes, il réunit de belles collections de bulbes et de plantes qu’il envoyait chez lui, en Caroline du Sud.

    Parmi ses découvertes se trouvait une superbe euphorbe aux bractées rouges, notre Euphorbia pulcherrima… qui se trouva rebaptisé du nom de notre diplomate.

    Le poinsettia est un arbuste qui appartient à la famille des Euphorbiacées, tout comme les euphorbes des bords de nos chemins. Dans ses contrées d’origine – au sud du Mexique et en Amérique centrale – il peut atteindre plus de trois mètres de hauteur. Ce sont des variétés plus petites qui ont donné naissance à nos plantes décoratives.

    Dans son habitat, le poinsettia fleurit naturellement autour de Noël. Sous nos climats, on les élève en contrôlant leur éclairement pour arriver au même résultat.

    Les nombreux cultivars, maintenant disponibles, offrent aux consommateurs une gamme de couleurs et de formes comme des bractées roses, blanc crème, jaunes, rouge pourpre, marbrées, tachetées ou même ondulées.

     

     

     

  • « Venez à moi, vous tous qui peinez. »

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    Nous parcourions l’itinéraire de cette vie dans l’ignorance des bonnes actions et dans l’incertitude de l’épreuve qu’est la mort. Notre voyage à travers le monde nous avait chargés d’un gros fardeau de négligence pécheresse… Soudain, vers l’orient, nous avons aperçu une source d’eau vive que nous n’espérions pas. Tandis que nous nous hâtions vers elle, la voix de Dieu s’est fait entendre en nous criant : « Vous qui avez soif, venez à l’eau ! » (Is 55,1) Nous voyant approcher, chargés de lourds bagages, elle a repris : « Venez à moi, vous tous qui peinez et qui êtes chargés, et je vous soulagerai ». Et quand nous avons entendu cette voix pleine de bonté, nous avons jeté nos bagages a terre. Pressés par la soif, nous nous sommes étendus sur le sol pour puiser avidement à la source ; nous avons bu longuement, et nous nous sommes relevés renouvelés.

    Après nous être remis debout, nous sommes restés là, tout stupéfiés, dans l’excès de notre joie. Nous regardions le joug que nous avions péniblement porté en chemin, et ces bagages qui nous avaient fatigué jusqu’à en mourir, ignorants que nous étions. Tandis que nous étions absorbés dans nos considérations, de nouveau nous avons entendu la voix qui sortait de la source qui nous avait rendu la vie : « Chargez-vous de mon joug ; mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos pour vos âmes. Mon joug est aisé et mon fardeau léger ». A ces mots nous nous sommes dit l’un à l’autre : « Ne revenons pas en arrière après avoir trouvé la vie grâce à une telle source… Ne reprenons pas le bagage de nos péchés que nous avons jeté loin de nous en allant à la source baptismale… Maintenant nous avons reçu la sagesse de Dieu… Nous avons été invités au repos par la voix du Seigneur ».

    La Règle du Maître, règle monastique du 6ème siècle
    Invitatoire ; SC 105 (trad. SC p. 297s rev.)

     

     

     

  • Dieu dans le ciel de mon âme…

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    Tant de gens aujourd’hui cherchent Dieu au-dehors d’eux-mêmes.
    (…)
    Élisabeth de la Trinité parle avec enthousiasme de la présence des Trois dans le « Ciel de son âme ». « Faire l’unité en tout son être par le silence intérieur, c’est ramasser toutes ses puissances pour les occuper au seul exercice de l’amour, c’est avoir cet œil simple qui permet à la lumière de Dieu de nous irradier. Une âme qui discute avec son moi, qui s’occupe de ses sensibilités, qui poursuit une pensée inutile, un désir quelconque, cette âme disperse ses forces, elle n’est pas tout ordonnée à Dieu. » (…)
    Pour Élisabeth, la personne la plus libre est celle qui est la plus oublieuse d’elle-même. La prière l’aide à vivre cette liberté en communiant à la prière du Christ. « Il me semble que j’ai trouvé mon Ciel sur la terre puisque le Ciel, c’est Dieu, et Dieu, c’est mon âme. Le jour où j’ai compris cela, tout s’est illuminé en moi et je voudrais dire ce secret tout bas à ceux que j’aime afin qu’eux aussi, à travers tout, adhèrent toujours à Dieu, et que se réalise cette prière du Christ : “Père, qu’ils soient consommés en l’Un!” ».
    Ce Dieu d’amour, elle le trouve partout, « à la lessive comme à l’oraison! ». « Il est en moi, je suis en Lui, je n’ai qu’à l’aimer, qu’à me laisser aimer, et cela en tout temps, à travers toutes choses ». Ainsi est-elle toujours en prière puisqu’elle aime comme Dieu l’aime. « Quand je dis: la prière, ce n’est pas tant s’imposer quantité de prières vocales à réciter chaque jour, mais c’est cette élévation de l’âme vers Dieu à travers toutes choses qui nous établit avec la Sainte Trinité en une sorte de communion continuelle, tout simplement en faisant tout sous son regard ».
    Aujourd’hui, dans la nébuleuse aux contours flous de spiritualités à la carte, qu’on appelle « Nouvel Âge » ou autre, l’être humain est perçu comme une étincelle du divin. Ce dieu n’est pas une personne, c’est un Esprit universel, cosmique, qui s’identifie au moi. Élisabeth témoigne d’un Dieu personnel qui réside en elle et en chaque personne comme étant l’Amour.(…)
    Élisabeth revient toujours à cette simplicité de la prière de présence qui n’est que repos en Dieu qui aime. Il s’agit de se tenir près de lui, de laisser aller son cœur, d’être une louange de gloire. « C’est si simple, cette intimité avec Dieu; cela repose plutôt que de fatiguer — comme une enfant se repose sous le regard de sa mère ».
    (…)
     .
    Jacques Gauthier, théologien catholique canadien
    in Le blogue de Jacques Gauthier
    « Elisabeth de la Trinité » (extraits)