Auteur/autrice : fred

  • Le sabbat devient le premier jour de la création nouvelle

    La semaine comporte évidemment sept jours : Dieu nous en a donné six pour travailler, et il nous en a donné un pour prier, nous reposer et nous libérer de nos péchés. (…) Je vais t’exposer les raisons pour lesquelles la tradition de garder le dimanche et de nous abstenir de travailler nous a été transmise. Lorsque le Seigneur a confié le sacrement aux disciples, « il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : ‘Prenez, mangez : ceci est mon corps, rompu pour vous en rémission des péchés’. De même, il leur donna la coupe en disant : ‘Buvez-en tous : ceci est mon sang, le sang de l’Alliance Nouvelle, répandu pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Faites cela en mémoire de moi’ » (Mt 26,26s ;1Co 11,24).

    Le jour saint du dimanche est donc celui où l’on fait mémoire du Seigneur. C’est pourquoi on l’a appelé « le jour du Seigneur ». Et il est comme le seigneur des jours. En effet, avant la Passion du Seigneur, il n’était pas appelé « jour du Seigneur » mais « premier jour ». En ce jour, le Seigneur a établi le fondement de la résurrection, c’est-à-dire qu’il a entrepris la création ; en ce jour, il a donné au monde les prémices de la résurrection ; en ce jour, comme nous l’avons dit, il a ordonné de célébrer les saints mystères. Ce jour a donc été pour nous le commencement de toute grâce : commencement de la création du monde, commencement de la résurrection, commencement de la semaine. Ce jour, qui renferme en lui-même trois commencements, préfigure la primauté de la sainte Trinité.

    Homélie attribuée à Eusèbe d’Alexandrie (fin du 5ème siècle)

  • Justifie-moi avec le Publicain !

    Le Pharisien de la Loi,
    En sa prière au Temple,
    Mettait en avant le bien qu’il avait accompli
    Devant tes yeux qui voient tout.

    L’âme insensée s’enorgueillissait
    En se comparant au genre humain lointain
    Et au proche Publicain
    Qui, en même temps que lui, priait.

    Non seulement il n’obtint pas ce qu’il demandait
    À cause de sa langue grandiloquente,
    Mais encore ses œuvres antérieures de justice,
    Il les perdit à cause de son discours vaniteux.

    Mais alors, que ferai-je à mon âme
    Qui aime le vice totalement,
    Très négligente pour les bonnes actions,
    Active pour amasser les mauvaises ?

    Car je n’accomplis pas les bonnes actions
    Pour lesquelles s’est glorifié le Pharisien ;
    Et je suis bien supérieur à lui
    Dans le vice de la gloriole et de l’orgueil.

    Mais donne la voix du Publicain
    À mon âme guérie, chef des Publicains,
    Pour clamer avec ses propres mots :
    « Mon Dieu, pardonne-moi mes péchés ! »

    Justifie-moi avec lui,
    Comme Tu l’as fait pour lui par une seule parole ;
    Humilie mon esprit au-dedans,
    Pour que je sois exalté par ta grâce.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Cessez d’être un mauvais arbre, portez du fruit pour la vie éternelle !

    Nous voyons que notre divin Sauveur nous compare (…) à un figuier que le père de famille a planté dans sa vigne ; il le taille, il le cultive avec soi dans l’espérance qu’il rapportera du fruit ; mais, voyant qu’il n’en porte point, quoiqu’il n’en porte pas de mauvais, il l’arrache et le jette au feu (…). Dites-moi, n’est-ce pas bien nous montrer que Jésus-Christ ne donnera son paradis qu’à ceux qui l’ont mérité par leurs bonnes œuvres ? Voyez Jésus-Christ, qui est notre modèle : a-t-il été un instant de sa vie sans travailler à faire de bonnes œuvres, à convertir les âmes à son Père, et à souffrir ? Et nous, tout misérables que nous sommes, nous voudrions qu’il ne nous en coûtât rien ? (…)

    Si vous n’avez rien fait, ou si ce que vous avez fait est perdu pour quelque vue humaine, commencez de suite, afin qu’à la mort, vous puissiez vous trouver encore quelque chose à présenter à Jésus-Christ pour qu’il vous donne la vie éternelle. – Mais, me direz-vous, peut-être, je n’ai fait que du mal pendant toute ma vie ; je ne suis qu’un mauvais arbre qui ne peut plus porter de bon fruit. – Mes frères, cela se peut encore, et je vais vous l’apprendre.

    Changez cet arbre de terre, arrosez-le avec d’autre eau, fumez-le avec d’autres engrais, et vous verrez que vous porterez du bon fruit, quoique vous en ayez porté de bien mauvais jusqu’à présent. (…) Faites de vous-mêmes comme la terre, qui, avant le déluge, tirait de son sein l’eau pour s’arroser elle-même (Gn 2,6), sans avoir recours aux nuées du ciel, pour lui donner la fécondité. De même, mes frères, tirez de votre propre cœur cette eau salutaire qui en changera les dispositions. Vous l’aviez arrosé avec l’eau bourbeuse de vos passions ; eh bien ! à présent, arrosez-le avec les larmes du repentir, de la douleur et de l’amour, et vous verrez que vous cesserez d’être un mauvais arbre, pour en devenir un qui portera du fruit pour la vie éternelle.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • Savoir lire les signes de notre temps

    Nous te rendons grâce, Père fidèle et plein de tendresse, de nous avoir donné Jésus ton Fils, notre Seigneur et notre frère. Son amour s’est manifesté aux pauvres et aux malades, aux petits et aux pécheurs. Il n’est resté indifférent à aucune détresse. Sa vie et son message sont pour nous la preuve que tu es un Dieu qui prends soin des hommes, comme un père porte le souci de ses enfants. C’est pourquoi nous te louons et nous te glorifions, nous célébrons ta bonté et ta fidélité et avec les anges et tous les saints nous proclamons l’hymne de ta gloire… Nous qui allons recevoir son corps et son sang, fortifie-nous et renouvelle-nous à son image… Donne à tous les membres de l’Église de savoir lire les signes des temps et de grandir dans la fidélité à l’Évangile. Rends-nous attentifs à tous les hommes afin que nous partagions dans la charité leurs tristesses et leurs angoisses, leurs espérances et leurs joies et que nous leur montrions le chemin du salut.

    Le Missel romain

  • « Je suis venu jeter un feu sur la terre. »

    Les symboles de l’Esprit Saint : le feu. Alors que l’eau signifiait la naissance et la fécondité de la vie donnée dans l’Esprit Saint, le feu symbolise l’énergie transformante des actes de l’Esprit Saint. Le prophète Élie, qui « se leva comme un feu et dont la parole brûlait comme une torche » (Si 48,1), par sa prière attire le feu du ciel sur le sacrifice du mont Carmel, préfiguration du feu de l’Esprit Saint qui transforme ce qu’il touche. Jean Baptiste, « qui marche devant le Seigneur avec ‘l’esprit’ et la puissance d’Élie » (Lc 1,17) annonce le Christ comme celui qui « baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Lc 3,16), cet Esprit dont Jésus dira : « Je suis venu jeter un feu sur la terre et combien je voudrais qu’il soit déjà allumé. » C’est sous la forme de langues « qu’on aurait dites de feu » que l’Esprit Saint se pose sur les disciples au matin de la Pentecôte et les remplit de lui (Ac 2,3-4). La tradition spirituelle retiendra ce symbolisme du feu comme l’un des plus expressifs de l’action de l’Esprit Saint : « N’éteignez pas l’Esprit » (1Th 5,19). (…)

    Jésus ne révèle pas pleinement l’Esprit Saint tant que lui-même n’a pas été glorifié par sa mort et sa résurrection. (…) C’est seulement quand l’heure est venue où il va être glorifié que Jésus promet la venue de l’Esprit Saint, puisque sa mort et sa résurrection seront l’accomplissement de la promesse faite aux pères. L’Esprit de vérité, l’autre Paraclet, sera donné par le Père à la prière de Jésus (Jn 14,16s) ; il sera envoyé par le Père au nom de Jésus ; Jésus l’enverra d’auprès du Père car il est issu du Père. (…) Enfin, vient l’heure de Jésus : Jésus remet son esprit entre les mains du Père au moment où par sa mort il est vainqueur de la mort, de sorte que, « ressuscité des morts par la gloire du Père » (Rm 6,4), il donne aussitôt l’Esprit Saint en soufflant sur ses disciples (Jn 20,22).

    Catéchisme de l’Église catholique

  • « Tenez-vous prêts ! »

    « C’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme viendra. » Jésus leur dit cela pour que les disciples restent éveillés, qu’ils soient toujours prêts. S’il leur dit qu’il viendra quand ils ne s’y attendront pas, c’est qu’il veut les pousser à pratiquer la vertu avec zèle et sans relâche. C’est comme s’il leur disait : « Si les gens savaient quand ils vont mourir, ils seraient parfaitement prêts pour ce jour »… Mais le moment de la fin de notre vie est un secret qui échappe à chaque homme…

    Voilà pourquoi le Seigneur exige deux qualités de son serviteur : qu’il soit fidèle, pour qu’il ne s’attribue à lui-même rien de ce qui appartient à son maître, et qu’il soit avisé, pour administrer convenablement tout ce qu’on lui a confié. Il nous faut donc ces deux qualités pour être prêts à l’arrivée du Maître… Car voici ce qui arrive du fait que nous ne connaissons pas le jour de notre rencontre avec lui : on se dit : « Mon maître tarde à venir ». Le serviteur fidèle et avisé n’a pas de pensée semblable. Malheureux, sous prétexte que ton Maître tarde, tu t’imagines qu’il ne va pas venir du tout ? Son arrivée est certaine. Pourquoi ne restes-tu donc pas sur tes gardes ? Non, le Seigneur n’est pas lent à venir ; ce retard n’est que dans l’imagination du mauvais serviteur.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

  • « Pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. »

    Le Dieu Verbe secoue le paresseux et réveille le dormeur. En effet, celui qui vient frapper à la porte veut toujours entrer. Mais cela dépend de nous s’il n’entre pas toujours ou s’il ne demeure pas toujours. Que ta porte soit ouverte à celui qui vient ; ouvre ton âme, élargis les capacités de ton esprit, afin de découvrir les richesses de la simplicité, les trésors de la paix, la douceur de la grâce. Dilate ton cœur ; cours à la rencontre du soleil de la lumière éternelle qui « illumine tout homme » (Jn 1,9). Il est certain que cette lumière véritable brille pour tous ; mais si quelqu’un ferme ses fenêtres, il se privera lui-même de la lumière éternelle.

    Donc même le Christ reste dehors, si tu fermes la porte de ton âme. Certes, il pourrait entrer, mais il ne veut pas s’introduire de force, il ne veut pas contraindre ceux qui le refusent. Issu de la Vierge, sorti de son sein, il irradie tout l’univers, afin de resplendir pour tous. Ceux qui désirent recevoir la lumière qui brille d’un éclat perpétuel lui ouvrent ; aucune nuit ne viendra l’interrompre. En effet, le soleil que nous voyons chaque jour cède la place aux ténèbres de la nuit ; mais le Soleil de justice (Ml 3,20) ne connaît pas de couchant, car la Sagesse n’est pas vaincue par le mal.

    Saint Ambroise (v. 340-397)

  • User des biens sans en abuser

    La miséricorde et la bienfaisance sont les amies de Dieu. Et si elles viennent s’établir au cœur d’un homme, elles le divinisent et le modèlent à la ressemblance du souverain Bien afin qu’il soit l’image de l’essence première et sans mélange qui surpasse toute connaissance.

    Vous donc, créatures raisonnables et douées de l’intelligence qui interprète et qui enseigne les choses divines, ne vous laissez pas séduire par les choses temporelles. Tâchez plutôt de gagner celui qui possède ce qui rend éternel. Limitez-vous dans l’usage des biens de la vie. Tout ne vous appartient pas ; qu’une part aussi soit laissée pour les pauvres qui sont aimés de Dieu. Car tout est à Dieu, notre Père commun, et nous sommes des frères, l’idéal le plus juste serait que chacun jouît d’une part égale de l’héritage. Mais à défaut de cela, si certains s’attribuent le plus gros de cet héritage, que tous les autres en obtiennent au moins une partie. Et si quelqu’un veut le posséder tout entier à l’exclusion de ses nombreux frères, celui-là est un impitoyable tyran, un barbare sans cœur, une bête insatiable.

    Use donc des biens de la terre, mais n’en abuse pas.

    Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395)

  • Le don de la persévérance dans la prière

    La prière est absolument nécessaire pour avoir le bonheur de persévérer dans la grâce de Dieu après l’avoir reçue dans le sacrement de Pénitence. Avec la prière vous pouvez tout, vous êtes, pour ainsi dire, maîtres des volontés de Dieu, si j’ose parler ainsi ; et, sans la prière, vous n’êtes capables de rien, et cela seul suffit pour vous montrer la nécessité de la prière. Tous les saints ont commencé leur conversion par la prière et ont persévéré par la prière ; et tous les damnés se sont perdus par leur négligence de la prière. Je dis donc que la prière nous est absolument nécessaire pour persévérer. (…)

    Mais la prière dont je vous parle, qui est si puissante auprès de Dieu, qui nous attire tant de grâces, qui semble même lier la volonté de Dieu, qui semble, pour ainsi dire, le forcer à nous accorder ce que nous lui demandons, c’est une prière faite dans un espèce de désespoir et d’espérance. Je dis désespoir, considérant notre indignité et le mépris que nous avons fait de Dieu et de ses grâces, nous reconnaissant indignes de paraître devant lui et d’oser lui demander notre grâce, nous qui l’avons tant de fois déjà reçue, et l’avons toujours payé d’ingratitude, ce qui doit nous porter, à chaque instant de notre vie, à croire que la terre va s’ouvrir sous nos pieds. (…) Je dis l’espérance, en représentant la grandeur de la miséricorde de Dieu, le désir qu’il a de nous rendre heureux, ce qu’il a fait pour nous mériter le ciel. Animés par une pensée si consolante, nous nous adresserons à lui avec une grande confiance. (…)

    Voilà, mes frères, la prière dont je veux parler, qui nous est absolument nécessaire pour avoir notre pardon et le don précieux de la persévérance.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • « Proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. »

    Le Christ, afin d’accomplir la volonté du Père, a inauguré ici-bas le Royaume des cieux ; il nous a révélé le mystère du Père et, par son obéissance, a opéré la rédemption. L’Église, qui est le Royaume du Christ déjà présent sous une forme mystérieuse, croît visiblement dans le monde grâce à la puissance de Dieu. Ce commencement et cette croissance sont signifiés par le sang et l’eau qui sortent du côté de Jésus crucifié et annoncés par les paroles du Seigneur concernant sa mort en croix : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi »…

    Le mystère de la sainte Église se manifeste dans sa fondation. Le Seigneur Jésus, en effet, a inauguré son Église en prêchant la Bonne Nouvelle, c’est-à-dire la venue du Royaume de Dieu promis depuis des siècles dans les Écritures : « Les temps sont accomplis, le Royaume de Dieu est proche ». Ce Royaume de Dieu apparaît aux hommes dans la parole, les œuvres et la présence du Christ. La parole du Seigneur est comparée au grain semé dans un champ : ceux qui l’écoutent avec foi et s’agrègent au petit troupeau du Christ ont accueilli le Royaume lui-même. Puis la semence, par sa propre force, germe et se développe jusqu’au temps de la moisson. De même les miracles de Jésus sont une preuve que le Royaume est véritablement venu sur terre : « Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, c’est donc que le Royaume de Dieu est déjà survenu pour vous ». Mais, avant tout, le Royaume se manifeste dans la personne même du Christ, Fils de Dieu et Fils de l’homme, qui est venu « pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ».

    Et quand Jésus, après avoir souffert la mort en croix pour les hommes, a été ressuscité, il est apparu établi comme Seigneur et Christ, comme Prêtre éternel, et il a répandu en ses disciples l’Esprit promis par le Père. Dès lors, l’Église pourvue des dons de son Fondateur et attachée à ses préceptes de charité, d’humilité et d’abnégation, reçoit la mission d’annoncer et d’instaurer en toutes les nations le Royaume du Christ et de Dieu dont, sur terre, elle constitue le germe et le commencement. Dans l’intervalle, à mesure qu’elle grandit, elle aspire à l’accomplissement du Royaume, elle espère et souhaite de toutes ses forces être unie à son Roi dans la gloire.

    Concile Vatican II