Auteur/autrice : fred

  • « Jésus gravit la montagne, ouvrant la bouche, il les enseignait. »

    « Jésus gravit la montagne, ouvrant la bouche, il les enseignait. »

    Tu es monté T’asseoir sur une haute montagne
    Comme autrefois Tu étais descendu au Sinaï ;
    Dans la nuée Tu avais exposé la Loi ancienne ;
    Dans ton corps, ô Verbe, Tu as enseigné la Nouvelle.

    Tu as ouvert ta bouche divine,
    Tu as béatifié les hommes de bien ;
    En échange des Tables des Dix commandements,
    Tu as donné les Neuf Béatitudes de la loi Nouvelle.

    Tu as posé une échelle de la terre au ciel
    Avec neuf marches et degré ;
    Par elle Tu as fait monter le genre humain ;
    Tu l’as placé parmi les neuf Chœurs.

    Mais moi, j’ai tellement collé à la terre
    À cause des vices du péché si lourds à porter,
    Que je n’ai même pas grimpé un seul
    Parmi les neuf degrés ! (…)

    À présent, je Te supplie, Seigneur, tout en larmes ;
    J’embrasse, Seigneur, tes pieds ;
    Allège-moi, moi qui suis en un corps,
    Du fardeau si lourd des péchés,

    Afin qu’il soit possible à mon âme ici-bas
    De monter en esprit vers Toi au ciel,
    En suivant tes Paroles comme une échelle,
    En gravissant au moins une marche après l’autre.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Solennité du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ

    Solennité du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ

    Qui de nous, mes frères, aurait jamais pu comprendre que Jésus-Christ eût porté son amour envers ses créatures jusqu’à leur donner son Corps adorable et Son Sang précieux pour servir de nourriture à nos âmes, si ce n’était lui-même qui nous le dise ? Eh quoi ! Mes frères, une âme se nourrir de son Sauveur !… et cela autant de fois qu’elle le désire !… Ô abîme de bonté et d’amour d’un Dieu pour ses créatures !…

    Saint Paul nous dit, mes frères, que le Sauveur, en se revêtant de notre chair, a caché sa divinité et a porté l’humiliation jusqu’à l’anéantissement. Mais, en instituant le sacrement adorable de l’Eucharistie, il a voilé jusqu’à son humanité, il n’a laissé paraître que les entrailles de sa miséricorde. Oh ! mes frères, voyez de quoi est capable l’amour d’un Dieu pour ses créatures !… Non, mes frères, de tous les sacrements, il n’y en a point qui puisse être comparé à celui de l’Eucharistie. (…)

    Saint Jean nous dit que Jésus-Christ « ayant aimé les hommes jusqu’à la fin » (Jn 13,1), trouva le moyen de monter au ciel sans quitter la terre : il prit du pain entre ses mains saintes et vénérables, le bénit et le changea en son Corps ; il prit du vin et le changea en son Sang précieux, et donna à tous les prêtres, dans la personne de ses apôtres, le pouvoir de faire le même miracle, toutes les fois qu’il prononceraient les mêmes paroles ; afin que, par ce miracle d’amour, il pût rester avec nous, nous servir de nourriture, nous consoler et nous tenir en compagnie. (…)

    Oh ! mes frères, quel bonheur pour un chrétien d’aspirer à un si grand honneur que de se nourrir du pain des anges !… Ah ! mes frères, si nous comprenions la grandeur du bonheur que nous avons de recevoir Jésus-Christ, ne travaillerions-nous pas continuellement à le mériter ?

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • « Il vit aussi une veuve indigente. »

    « Il vit aussi une veuve indigente. »

    La miséricorde ne mérite pas d’être louée seulement à cause de l’abondance des bienfaits, mais quand elle procède d’une pensée droite et miséricordieuse. Il y a des gens qui donnent et distribuent beaucoup mais qui ne sont pas tenus pour miséricordieux devant Dieu, et il y a des gens qui n’ont rien, qui ne possèdent rien, et qui ont pitié de tous dans leur cœur. Ceux-ci sont considérés devant Dieu comme de parfaits miséricordieux, et ils le sont en effet. Ne dis donc pas : « Je n’ai rien à donner aux pauvres » ; ne t’afflige pas en croyant qu’à cause de cela tu ne peux pas être miséricordieux. Si tu as quelque chose, donne ce que tu as ; si tu n’as rien, donne, ne serait-ce qu’un morceau de pain sec, avec une intention vraiment miséricordieuse et cela sera considéré devant Dieu comme la miséricorde parfaite.

    Notre Seigneur n’a pas loué ceux qui jetaient beaucoup dans le tronc des offrandes ; il a loué la veuve pour y avoir mis deux piécettes qu’elle avait prises de son indigence, avec une pensée droite, pour les jeter dans le trésor de Dieu. C’est l’homme qui a pitié de ses semblables dans son cœur qui est réputé miséricordieux devant Dieu ; une intention droite sans effet visible vaut mieux que beaucoup d’œuvres éclatantes sans intention droite.

    Youssef Bousnaya (v. 869-979)

  • « David lui-même le nomme Seigneur. »

    « David lui-même le nomme Seigneur. »

    Dans la traduction grecque des livres de l’Ancien Testament, le nom ineffable sous lequel Dieu s’est révélé à Moïse, YHWH, est rendu par Kyrios (« Seigneur »). Seigneur devient dès lors le nom le plus habituel pour désigner la divinité même du Dieu d’Israël. Le Nouveau Testament utilise ce sens fort du titre de « Seigneur » à la fois pour le Père, mais aussi — et c’est là la nouveauté — pour Jésus reconnu ainsi comme Dieu. Jésus lui-même s’attribue de façon voilée ce titre lorsqu’il discute avec les Pharisiens sur le sens du psaume 110 (Mc 12,36), mais aussi de manière explicite en s’adressant à ses apôtres (Jn 13,13). Tout au long de sa vie publique ses gestes de domination sur la nature, sur les maladies, sur les démons, sur la mort et le péché, démontraient se souveraineté divine.

    Très souvent, dans les évangiles, des personnes s’adressent à Jésus en l’appelant « Seigneur ». Ce titre témoigne du respect et de la confiance de ceux qui s’approchent de Jésus et attendent de lui secours et guérison. Sous la motion de l’Esprit Saint, il exprime la reconnaissance du mystère divin de Jésus. Dans la rencontre avec Jésus ressuscité, il devient adoration : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,28). Il prend alors une connotation d’amour et d’affection qui va rester le propre de la tradition chrétienne : « C’est le Seigneur ! » (Jn 21,7).

    En attribuant à Jésus le titre divin de Seigneur, les premières confessions de foi de l’Eglise affirment, dès l’origine, que le pouvoir, l’honneur et la gloire dus à Dieu le Père le sont aussi à Jésus parce qu’il est de « condition divine » (Ph 2,6) et que le Père a manifesté cette souveraineté de Jésus en le ressuscitant des morts et en l’exaltant dans sa gloire. Dès le commencement de l’histoire chrétienne, l’affirmation de la seigneurie de Jésus sur le monde et sur l’histoire signifie aussi la reconnaissance que l’homme ne doit soumettre sa liberté personnelle, de façon absolue, à aucun pouvoir terrestre, mais seulement à Dieu le Père et au Seigneur Jésus Christ : César n’est pas « le Seigneur »… Et la prière chrétienne est marquée par le titre « Seigneur », que ce soit l’invitation à la prière « le Seigneur soit avec vous », ou la conclusion de la prière « par Jésus Christ notre Seigneur » ou encore le cri plein de confiance et d’espérance : « Amen, viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22,20).

    Catéchisme de l’Église catholique

  • Consolide-moi dans ton amour

    Consolide-moi dans ton amour

    Ô douceur et dilection, mon Dieu, ma miséricorde, ah, envoie maintenant des cieux ton Esprit Saint, et crée en moi un cœur nouveau et un esprit nouveau (Ez 18,31). Que ton onction m’enseigne sur toutes choses ; car je t’ai choisi entre mille (Ct 5,10), et je t’aime plus chèrement que tout autre amour, plus que l’amour de ma propre vie. Que la vertu de mon âme abonde de l’éclat et de la beauté de cette charité que tu convoites, car je te désire ardemment. Ah, fais-moi paraître en ta présence d’une façon digne de toi. Oui, me voici, je viens à toi que j’ai aimé, en qui j’ai cru, à qui j’ai donné mon cœur. (…)

    Mon très aimé Jésus, je désire suivre avec toi la règle d’amour, grâce à laquelle je pourrai renouveler ma vie et la passer en toi. Oh, place ma vie sous la garde de ton Esprit Saint afin qu’en tout temps je sois trouvée très empressée à tes commandements. Rends ma conduite conforme à la tienne ; consolide-moi dans ton amour et dans la paix. Enferme-mes sens dans la lumière de ta charité, afin que toi seul tu m’enseignes, me diriges et me formes, au plus intime de mon cœur. Absorbe mon esprit dans ton esprit, si puissamment et si profondément que vraiment je sois tout entière ensevelie en toi, et que dans cette union avec toi je me quitte moi-même, et que nul, si ce n’est ton amour, ne connaisse ma sépulture en toi. Là, que l’amour m’enferme sous son sceau et m’enchaîne à toi par un lien indivisible. Amen.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • L’espoir de la résurrection nous est donné dans le Christ

    L’espoir de la résurrection nous est donné dans le Christ

    Pourquoi est-ce le Verbe de Dieu qui devait s’incarner, et non un autre ? L’Écriture nous en indique la raison par ces mots : « Il convenait que, voulant conduire à la gloire un grand nombre de fils, celui pour qui et par qui sont toutes choses rendît parfait par des souffrances le chef qui devait les guider vers leur salut » (He 2,10). Par là nous est signifié que relever les hommes de la ruine où ils étaient tombés n’appartenait à nul autre qu’au Verbe de Dieu qui les avait faits au commencement.

    Par le sacrifice de son corps, il a mis fin à la loi qui pesait sur nous, et il a renouvelé pour nous le principe de vie en nous donnant l’espoir de la résurrection. Car si c’est par les hommes que la mort a dominé sur les hommes, en revanche, c’est par l’incarnation du Verbe de Dieu que la mort a été détruite et que la vie est ressuscitée, comme le dit l’Apôtre rempli du Christ : « C’est par un homme que la mort est venue ; c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. Tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ » (1 Co 15,21-22).

    Ce n’est plus comme des condamnés que nous mourons ; mais, dans l’espoir de nous réveiller des morts, nous attendons l’universelle résurrection que Dieu nous montrera en son temps, lui qui en est l’auteur et qui nous en fait la grâce.

    Saint Athanase (295-373)

  • « De qui est cette effigie ? »

    « De qui est cette effigie ? »

    Moïse a écrit dans la Loi : « Dieu fit l’homme à son image et à sa ressemblance » (Gn 1,26). Considérez, je vous prie, l’importance de cette parole. Dieu, le tout-puissant, l’invisible, l’incompréhensible, l’inestimable, en façonnant l’homme avec de la glaise, l’a ennobli de l’image de sa propre grandeur. Quoi de commun entre l’homme et Dieu, entre la glaise et l’esprit ? Car « Dieu est esprit » (Jn 4,24). C’est donc une grande marque d’estime pour l’homme, que Dieu lui ait fait le don de l’image de son éternité et de la ressemblance de sa propre vie. La grandeur de l’homme, c’est sa ressemblance avec Dieu, pourvu qu’il la garde. (…)

    Tant que l’âme fait bon usage des vertus semées en elle, elle sera semblable à Dieu. Toutes les vertus que Dieu a mises en nous lors de notre création, il nous a enseigné que nous devions les lui rendre. Il nous demande d’abord d’aimer Dieu de tout notre cœur (Dt 6,5; Mt 22,37), car « lui nous a aimés le premier » (1Jn 4,10), dès le commencement, avant même que nous ayons existé. Aimer Dieu, c’est donc renouveler en nous son image. Or, celui aime Dieu qui garde ses commandements. (…)

    À nous donc de refléter pour notre Dieu, pour notre Père, l’image inviolée de sa sainteté, car il est saint et il a dit : « Soyez saints comme je suis saint » (Lv 11,45) ; avec amour, car il est amour, et Jean a dit : « Dieu est amour » (1Jn 4,8) ; avec tendresse et en vérité, car Dieu est bon et vrai. Ne soyons pas les peintres d’une image étrangère. (…) Et pour que nous n’introduisions pas en nous l’image de l’orgueil, laissons le Christ peindre en nous son image.  

    Saint Colomban (563-615)

  • « Je suis la vraie vigne. » (Jn 15,1)

    « Je suis la vraie vigne. » (Jn 15,1)

     Doux Jésus, en quel état je te vois ! Très doux et très aimant, qui t’a condamné à une mort si amère ? Seul Sauveur de nos blessures anciennes, qui donc t’amène à souffrir ces blessures, non seulement si cruelles mais encore si ignominieuses ? Douce vigne, bon Jésus, voilà le fruit que te donne ta vigne…       

    Jusqu’à ce jour de tes noces, tu as patiemment attendu qu’elle produise des raisins, et elle ne donne que des épines (Is 5,6). Elle t’a couronné d’épines et elle t’a entouré des épines de ses péchés. Cette vigne, qui n’est déjà plus la tienne mais qui est devenue une vigne étrangère, qu’elle est devenue amère ! Elle t’a renié en criant : « Nous n’avons pas d’autre roi que César » (Jn 19,15). Après t’avoir chassé du vignoble de ta cité et de ton héritage, ces vignerons t’ont mis à mort : non pas d’un coup, mais après t’avoir accablé par le long tourment de la croix, et t’avoir torturé par les blessures des fouets et des clous…, Seigneur Jésus…, toi-même tu livres ton âme à la mort, personne ne peut te l’enlever, c’est toi qui la donnes (Jn 10,18)… Quel échange admirable ! Le Roi se donne pour l’esclave, Dieu pour l’homme, le Créateur pour celui qu’il a créé, l’Innocent pour les coupables.

    Saint Bonaventure (1221-1274)

  • Sainte Trinité, solennité

    Sainte Trinité, solennité

    Il y a un seul Dieu, sans principe, sans cause, qui ne peut être limité ni par quelqu’un d’antérieur à lui, ni par un être qui viendrait dans la suite. Il est enveloppé d’éternité, infini, Père très grand d’un Fils unique, bon et grand, qu’il engendre sans rien subir de charnel puisqu’il est esprit. Dieu unique et autre, mais non point autre en sa divinité, tel est le Verbe de Dieu. C’est lui l’empreinte du Père, le seul Fils de celui qui est sans principe, l’unique de l’unique et son égal. Alors que celui-ci demeure Père tout entier, lui, le Fils, est l’auteur et le maître du monde, la force et la pensée du Père. (…)

    Tremblons devant la grandeur de l’Esprit qui est Dieu également et par qui j’ai connu Dieu. Il est manifestement Dieu et il fait naître Dieu ici-bas. Il est tout-puissant, distribue les dons divers, inspire les chants du chœur des bienheureux ; il donne la vie aux êtres célestes et terrestres, siège dans les hauteurs, vient du Père ; il est la force divine, agit de son propre mouvement, n’est pas Fils car le Père excellent n’a qu’un seul Fils plein de bonté – mais il n’est pas en dehors de la divinité invisible et il a une gloire égale.

    Saint Grégoire de Nazianze (330-390)

  • « Qui t’a donné cette autorité ? »

    « Qui t’a donné cette autorité ? »

    La sagesse personnelle de Dieu, son Fils unique, a créé et réalisé toute chose. En effet, un psaume dit : « Tu as tout fait avec sagesse » (103,24). (…) De même que notre parole humaine est l’image de cette Parole qui est le Fils de Dieu (cf Jn 1,1), ainsi notre sagesse est, elle aussi, l’image de ce Verbe qui est la Sagesse en personne. Parce que nous possédons en elle la capacité de connaître et de penser, nous devenons capables d’accueillir la Sagesse créatrice, et par elle nous pouvons connaître son Père. « Car celui qui a le Fils a aussi le Père » (1Jn 2,23), et encore : « Celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé » (Mt 10,40). (…)

    « Puisque le monde, avec le moyen de la sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu à travers les œuvres de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile » (1Co 1,21). Désormais Dieu ne veut plus, comme dans les temps anciens, être connu par des images et des ombres de la Sagesse : il a voulu que la véritable Sagesse en personne prenne chair, devienne homme, subisse la mort de la croix, afin qu’à l’avenir tous les croyants puissent être sauvés par la foi en cette Sagesse incarnée.

    C’est donc elle qui est la Sagesse de Dieu. Auparavant, elle se faisait connaître par son image introduite dans les choses créées (…) et de cette façon faisait connaître le Père. Par la suite, elle, qui est le Verbe, est devenue chair, comme dit saint Jean (1,14). Après avoir « détruit la mort » (1Co 15,26) et sauvé l’humanité, elle s’est manifestée plus clairement elle-même et, par elle-même, elle a manifesté son Père. Ce qui lui a fait dire : « Donne-leur de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jn 17,3). Toute la terre a donc été remplie de sa connaissance. Car il y a une seule connaissance, du Père par le Fils, et du Fils à partir du Père. Le Père met sa joie en lui, et le Fils se réjouit de la même joie dans le Père, ainsi qu’il le dit : « J’y trouvais ma joie, je me réjouissais jour après jour en sa présence » (Pr 8,30).

    Saint Athanase (295-373)