Auteur/autrice : fred

  • « Ces douze, Jésus les envoya en mission. »

    « Ces douze, Jésus les envoya en mission. »

    Esprit d’Amour éternel,
    qui procèdes du Père et du Fils,
    nous te remercions pour toutes les vocations
    d’apôtres et de saints qui ont fécondé l’Église.
    Continue encore ton œuvre, nous t’en prions.
    Souviens-toi de ce moment où, à la Pentecôte,
    tu es descendu sur les apôtres réunis en prière
    avec Marie, la mère de Jésus,
    et regarde ton Église qui a aujourd’hui
    un besoin particulier de prêtres saints,
    de témoins fidèles et autorisés de ta grâce,
    qui a besoin d’hommes et de femmes consacrés
    qui rayonnent la joie de ceux qui vivent seulement pour le Père,
    de ceux qui font leurs la mission et l’offrande du Christ,
    de ceux qui construisent dans la charité le monde nouveau.

    Esprit Saint, Source éternelle de joie et de paix,
    c’est toi qui ouvres le cœur et l’esprit à l’appel divin ;
    c’est toi qui rends efficace tout élan
    vers le bien, vers la vérité, vers la charité.
    Tes gémissements inexprimables
    s’élèvent vers le Père du cœur de l’Église,
    qui souffre et lutte pour l’Évangile.
    Ouvre le cœur et l’esprit des jeunes gens et jeunes filles,
    pour qu’une nouvelle floraison de saintes vocations
    montre la fidélité de ton amour,
    et que tous puissent connaître le Christ,
    vraie lumière venue dans le monde
    pour offrir à chaque être humain
    l’espérance assurée de la vie éternelle. Amen.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

  • « Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers. »

    « Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers. »

    Un jour que je pensais à ce que je pouvais faire pour sauver les âmes, une parole de l’Évangile m’a montré une vive lumière. Autrefois Jésus disait à ses disciples en leur montrant les champs de blés mûrs : « Levez les yeux et voyez comme les campagnes sont déjà assez blanches pour être moissonnées » (Jn 4,35), et un peu plus tard : « À la vérité la moisson est abondante mais le nombre des ouvriers est petit ; demandez donc au maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers ». Quel mystère ! Jésus n’est-il pas tout-puissant ? Les créatures ne sont-elles pas à celui qui les a faites ? Pourquoi Jésus dit-il donc : « Demandez au maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers » ? Pourquoi ?

    Ah ! c’est que Jésus a pour nous un amour si incompréhensible qu’il veut que nous ayons part avec lui au salut des âmes. Il ne veut rien faire sans nous. Le créateur de l’univers attend la prière d’une pauvre petite âme pour sauver les autres âmes rachetées comme elle au prix de tout son sang. Notre vocation à nous ce n’est pas d’aller moissonner dans les champs de blés mûrs. Jésus ne nous dit pas : « Baissez les yeux, regardez les campagnes et allez les moissonner ». Notre mission [comme Carmélites] est encore plus sublime. Voici les paroles de notre Jésus : « Levez les yeux et voyez. Voyez comme dans mon Ciel il y a des places vides, c’est à vous de les remplir ; vous êtes mes Moïse priant sur la montagne (Ex 17,8s). Demandez-moi des ouvriers et j’en enverrai, je n’attends qu’une prière, un soupir de votre cœur ! »

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

  • « Je n’abandonne jamais celui qui me cherche. »

    « Je n’abandonne jamais celui qui me cherche. »

    Je suis une colonne stable et sûre, [dit le Seigneur à sainte Hildegarde dans une vision] et je n’abandonne jamais celui qui me cherche. Celui qui me saisit et se serre contre moi avec confiance ne tombera jamais dans la perdition. Mais celui qui me relègue dans l’oubli de son âme et, qui, en se rengorgeant, s’élève au-dessus de moi, c’est-à-dire qu’il a plus confiance en lui-même qu’en moi et, pour cela, se moque bien d’avoir confiance en moi, car il compte pour rien la grâce de Dieu, celui-là, je suis dans son âme comme un vent tourbillonnant car il me méprise et se moque de moi avec un superbe orgueil.

    Dans son désespoir, non pas à cause de la gravité des péchés qu’il a commis, mais à cause de son orgueil, il se moque de moi en disant : « Qu’est-ce que la grâce de Dieu ? » Celui-là, je le détruirai en le rejetant et je ne veux pas l’élever par mon choix, car il est mort pour la félicité éternelle. Et les hommes qui ne croient pas fermement qu’ils peuvent se relever de toutes les lourdes fautes de leurs péchés, et qui rejettent ainsi le Dieu tout-puissant et sa grâce, c’est-à-dire ceux qui, dans une immense tristesse, se désespèrent en pensant qu’ils ne peuvent plus échapper à l’énormité de leurs crimes, ceux-là sont abattus et rejetés, et ils se précipitent avec acharnement vers la mort.

    Mais mes fils bien-aimés qui me reçoivent avec un esprit ouvert, la bonne volonté de leur âme, une intelligence aiguisée, qui me touchent par leurs gémissements et leurs larmes, m’embrassant avec joie, dans un élan sans retenue, ceux-là sont comme des fleurs. Dès qu’ils sentent que je suis là, aussitôt ils se réjouissent en moi et moi en eux… Je veux les polir et les purifier sans cesse, jusqu’à ce qu’ils soient placés de façon honorable et glorieuse dans la Jérusalem céleste… Souvent je les abandonne, pour qu’en eux l’homme extérieur ne soit pas gonflé d’orgueil…. de cette façon, je soumets leur foi à un rude examen.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

  • Dieu désire tant l’amitié des hommes !

    Dieu désire tant l’amitié des hommes !

    « Ô profondeur et immensité de la Sagesse de Dieu ! » s’écrie saint Paul (Rm 11,33). Qui sera l’ange assez éclairé et l’homme assez téméraire pour entreprendre de nous expliquer comme il faut l’origine de la Sagesse ? (…) C’est l’idée substantielle et éternelle de la divine beauté qui fut montrée à saint Jean l’évangéliste, dans l’admirable ravissement qui lui arriva dans l’île de Patmos, lorsqu’il s’écria : « Au commencement était le Verbe » − ou le fils de Dieu, ou la Sagesse éternelle −, « et le Verbe était en Dieu et le Verbe était Dieu » (Jn 1,1). (…)

    Cette beauté éternelle et souverainement aimable a tant de désir de l’amitié des hommes, qu’elle a fait un livre exprès pour la gagner, en lui découvrant ses excellences et les désirs qu’elle a de lui. Ce livre est comme une lettre d’une amante à son amant, pour gagner son affection. Les désirs qu’elle y témoigne du cœur de l’homme sont si empressés, les recherches qu’elle y fait de son amitié sont si tendres, ses appels et ses vœux y sont si amoureux, qu’à l’entendre parler vous diriez qu’elle n’est pas la Souveraine du ciel et de la terre et qu’elle a besoin de l’homme pour être heureuse. (…)

    Combien de fois s’est-elle écriée, lorsqu’elle vivait sur la terre : Venez à moi, venez tous à moi ; c’est moi, ne craignez rien ; pourquoi craignez-vous ? Est-ce parce que vous êtes pécheurs ? Eh ! c’est eux que je cherche ; je suis l’amie des pécheurs. Est-ce parce que vous êtes égarés du bercail par sa faute ? Eh ! je suis le bon Pasteur. Est-ce parce que vous êtes chargés de péchés, couverts d’ordures, accablés de tristesse ? Eh ! c’est justement pourquoi vous devez venir à moi ; car je vous déchargerai, je vous consolerai.

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

  • Le jeûne des amis de l’Époux

    Le jeûne des amis de l’Époux

    « Pourquoi est-ce que nous et les pharisiens nous jeûnons fréquemment, alors que tes disciples ne jeûnent pas ? »… Pourquoi ? Parce que, pour vous, le jeûne est une affaire de loi et non un don spontané. En lui-même, le jeûne n’a pas de valeur, ce qui compte c’est le désir de celui qui jeûne. Quel profit pensez-vous tirer, vous qui jeûnez contraints et forcés ? Le jeûne est une charrue merveilleuse pour labourer le champ de la sainteté : il retourne les cœurs, déracine le mal, arrache le péché, enfouit le vice, sème la charité ; il entretient la fécondité et prépare la moisson de l’innocence. Les disciples du Christ, eux, sont placés au cœur même du champ mûr de la sainteté, ils rassemblent les gerbes des vertus, ils jouissent du pain de la nouvelle récolte : ils ne peuvent donc pratiquer des jeûnes désormais périmés …

    « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Le Seigneur leur répond : « Les amis de l’Époux peuvent-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? »… Celui qui prend femme laisse le jeûne de côté, abandonne l’austérité ; il se livre tout entier à la joie, participe aux banquets ; il se montre en tout affable, aimable et gai ; il fait tout ce que lui inspire son affection pour son épouse. Le Christ célébrait alors ses noces avec l’Église. C’est pourquoi il acceptait de prendre part à des repas ; il ne se refusait pas à ceux qui l’invitaient. Plein de bienveillance et d’amour, il se montrait humain, abordable, aimable. C’est qu’il voulait unir l’homme à Dieu, et faire de ses compagnons des membres de la famille divine.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

  • Fête de saint Thomas, apôtre

    Fête de saint Thomas, apôtre

    Quand Jésus, en un moment critique de sa vie, a décidé d’aller à Béthanie pour ressusciter Lazare, s’approchant ainsi dangereusement de Jérusalem (cf Mc 10,32), Thomas a dit à ses condisciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui » (Jn 11,16). Sa détermination à suivre le Maître est vraiment exemplaire et nous donne un enseignement précieux : elle révèle sa disponibilité totale à adhérer à Jésus, jusqu’à identifier son sort au sien, et à vouloir partager avec lui l’épreuve suprême de la mort. En effet, quand les Évangiles emploient le verbe « suivre », c’est pour signifier que là où Jésus se dirige, là aussi doit aller son disciple. La vie chrétienne se définit donc comme une vie avec Jésus Christ : mourir ensemble, vivre ensemble, être dans son cœur comme lui est dans le nôtre.

    Une seconde intervention de Thomas nous est rapportée lors de la dernière Cène. Jésus, prédisant son départ imminent, annonce qu’il va préparer une place aux disciples pour qu’ils soient eux aussi là où il se trouve. Et il leur précise : « Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin » (Jn 14,4). C’est alors que Thomas intervient en disant : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Ses paroles fournissent à Jésus l’occasion de prononcer la célèbre définition : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). C’est donc en premier lieu à Thomas que cette révélation est faite, mais elle vaut pour nous tous et pour tous les temps.

    En même temps, sa question nous confère aussi le droit, pour ainsi dire, de demander des explications à Jésus. Souvent, nous ne le comprenons pas. Ayons le courage de dire : « Je ne te comprends pas, Seigneur, écoute-moi, aide-moi à comprendre. » Ainsi, avec cette franchise qui est la vraie manière de prier, de parler à Jésus, nous exprimons notre pauvre capacité à comprendre, et en même temps nous nous mettons dans l’attitude de confiance de ceux qui attendent la lumière et la force de la part de celui qui peut les donner.

    Benoît XVI

  • « Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » (Mc 2,7)

    « Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » (Mc 2,7)

    Il y a deux choses qui reviennent à Dieu seul : l’honneur de recevoir la confession et le pouvoir de pardonner. Nous devons lui faire notre confession et attendre de lui le pardon. À Dieu seul il appartient, en effet, de pardonner les péchés ; c’est donc à lui seul qu’il faut les confesser. Mais le Tout-Puissant, le Très-Haut, ayant pris une épouse faible et insignifiante, a fait de cette servante une reine. Celle qui était en retrait à ses pieds, il l’a placée à côté de lui ; car c’est de son côté qu’elle est sortie et c’est par là qu’il se l’est fiancée (Gn 2,22 ; Jn 19,34). Et de même que tout ce qui est au Père est au Fils et tout ce qui est au Fils est au Père de par leur unité de nature (Jn 17,10), de même l’Époux a donné tous ses biens à l’épouse et il a pris en charge tout ce qui appartient à l’épouse qu’il a unie à lui-même et aussi à son Père…

    C’est pourquoi l’Époux, qui est un avec le Père et un avec l’épouse, a enlevé en celle-ci tout ce qu’il a trouvé chez elle d’étranger, le fixant à la croix où il a porté ses péchés sur le bois et les a détruits par le bois. Ce qui est naturel et propre à l’épouse, il l’a assumé et revêtu ; ce qui lui est propre et divin, il l’a donné à l’épouse… Il partage ainsi la faiblesse de l’épouse ainsi que son gémissement, et tout est commun à l’Époux et à l’épouse : l’honneur de recevoir la confession et le pouvoir de pardonner. C’est la raison de cette parole : « Va te montrer au prêtre » (Mc 1,44).

    Isaac de l’Étoile (?-v. 1171)

  •  Les gens le supplièrent de partir de leur région. »

     Les gens le supplièrent de partir de leur région. »

    Le monde actuel apparaît à la fois comme puissant et faible, capable du meilleur et du pire ; le chemin qui s’ouvre devant lui est celui de la liberté ou de la servitude, du progrès ou de la régression, de la fraternité ou de la haine. En outre, l’homme découvre qu’il lui appartient de bien diriger les forces qu’il a mises en mouvement et qui peuvent l’écraser ou le servir. C’est pourquoi il s’interroge.

    En vérité, les déséquilibres dont souffre le monde actuel sont liés à un déséquilibre plus fondamental, qui a sa racine dans le cœur même de l’homme. C’est en l’homme lui-même, en effet, que de nombreux éléments se combattent. D’une part, comme créature, il fait l’expérience de ses multiples limites ; d’autre part, il se sent illimité dans ses désirs et appelé à une vie supérieure. Sollicité par tant d’appels, il est sans cesse contraint de choisir entre eux et d’en abandonner quelques-uns. En outre, faible et pécheur, il accomplit souvent ce qu’il ne veut pas et n’accomplit pas ce qu’il voudrait (Rm 7,15). C’est donc en lui-même qu’il souffre division, et c’est de là que naissent au sein de la société des discordes si nombreuses et si profondes…

    Néanmoins, il y a de plus en plus de personnes qui, devant l’évolution présente du monde, se posent les questions les plus fondamentales ou les perçoivent avec une acuité nouvelle : Qu’est-ce que l’homme ? Que signifient la souffrance, le mal, la mort, qui subsistent malgré tant de progrès ? À quoi bon ces victoires payées d’un si grand prix ? Qu’est-ce que l’homme peut apporter à la société ? Que peut-il attendre d’elle ? Qu’arrivera-t-il après cette vie terrestre ?

    L’Église, quant à elle, croit que par son Esprit le Christ, mort et ressuscité pour tous, offre à l’homme lumière et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation. Elle croit qu’« il n’est pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel ils doivent être sauvés » (Ac 4,12). Elle croit aussi que l’on trouve la clé, le centre et la fin de toute histoire humaine en son Maître et Seigneur. Elle affirme en outre qu’à travers tous les changements bien des choses demeurent qui ont leur fondement ultime dans le Christ, « le même hier, aujourd’hui et à jamais » (He 13,8).

    Concile Vatican II

  • Du bon usage des tentations

    Du bon usage des tentations

    Comme le bon soldat n’a pas peur du combat, de même le bon chrétien n’a pas peur de la tentation […] La plus grande tentation est de n’en point avoir ! On peut presque dire qu’on est heureux d’avoir des tentations : c’est le moment de la récolte spirituelle où nous amassons pour le ciel […]. Si nous étions bien pénétrés de la sainte Présence de Dieu, il nous serait très facile de résister à l’ennemi. Avec cette pensée : Dieu te voit ! nous ne pécherions jamais.

    Il y avait une sainte qui se plaignait à notre Seigneur après la tentation et Lui disait : « Où étiez-vous donc, mon Jésus tout aimable, pendant cette horrible tempête ? ». Notre Seigneur lui répondit : « J’étais au milieu de ton cœur… ».

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité

    Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité

    C’est avec raison, mes frères, que l’Église applique aux saints apôtres Pierre et Paul ces paroles du Sage : « Ce sont des hommes de miséricorde, dont les bienfaits ne tombent pas dans l’oubli ; les biens qu’ils ont laissés à leur postérité subsistent toujours » (Si 44,10-11). Oui, on peut bien les appeler des hommes de miséricorde : parce qu’ils ont obtenu miséricorde pour eux-mêmes, parce qu’ils sont pleins de miséricorde, et que c’est dans sa miséricorde que Dieu nous les a donnés.

    Voyez, en effet, quelle miséricorde ils ont obtenue. Si vous interrogez saint Paul sur ce point…, il vous dira de lui-même : « J’ai commencé par être un blasphémateur, un persécuteur, un insulteur ; mais j’ai obtenu miséricorde de Dieu » (1Tm 1,13). En effet, qui ne sait tout le mal qu’il a fait aux chrétiens de Jérusalem… et même dans la Judée tout entière ?… Pour ce qui est du bienheureux Pierre, j’ai une autre chose à vous dire, mais une chose d’autant plus sublime qu’elle est unique. En effet, si Paul a péché, il l’a fait sans le savoir, car il n’avait pas la foi ; Pierre au contraire avait les yeux grands ouverts au moment de sa chute (Mt 26,69s). Mais « là où la faute a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20)… Si saint Pierre a pu s’élever à un tel degré de sainteté après avoir fait une chute si lourde, qui pourra désormais désespérer, pour peu qu’il veuille lui aussi sortir de ses péchés ? Remarquez ce que dit l’Évangile : « Il sortit et pleura amèrement » (v. 75)…

    Vous avez entendu quelle miséricorde les apôtres ont obtenue, et désormais personne parmi vous ne sera accablé de ses fautes passées plus qu’il ne faut… Si tu as péché, Paul n’a-t-il pas péché davantage ? Si tu as fait une chute, Pierre n’en a-t-il pas fait une plus profonde que toi ? Or, l’un et l’autre, en faisant pénitence, non seulement ont obtenu le salut mais sont devenus de grands saints, sont même devenus les ministres du salut, les maîtres de la sainteté. Fais donc de même, mon frère, car c’est pour toi que l’Écriture les appelle « des hommes de miséricorde ».

    Saint Bernard (1091-1153)