Étiquette : Jésus Christ

  • Dieu est sur la terre et l’homme est dans les cieux

    Dieu, qui a donné l’être aux créatures, a lié toute chose à sa providence.

    Lui qui est le maître et qui s’est fait esclave (cf. Ph 2,6-7), a révélé à la création la cime de sa providence.

    Dieu le Verbe, qui sans changer s’est incarné, s’est uni dans la chair à toute la création.

    Un miracle étrange a lieu dans le ciel et sur la terre : Dieu est sur la terre, et l’homme est dans les cieux.

    Après avoir uni aux anges les hommes, il accorde ainsi à tout le monde créé la déification.

    La sanctification et la déification des anges et des hommes, c’est la connaissance de la Trinité sainte et consubstantielle. (…)

    Quand le Verbe s’est fait chair (cf. Jn 1,14) dans son amour de l’homme, il n’a pas changé ce qu’il était, ni a modifié ce qu’il est devenu.

    De même que nous disons que l’unique et même Christ est né de la divinité et de l’humanité, et existe dans sa divinité et son humanité, de même nous disons qu’il est né de deux natures, et qu’il existe en deux natures. (…)

    Jésus est le Christ l’un de la Trinité, dont toi aussi tu dois être l’héritier (cf. Rm 8,17).

    Thalassius l’Africain

  • Jésus à table avec les pharisiens

    Le Créateur éternel et invisible du monde, se disposant à sauver le genre humain qui se traînait au long des âges soumis aux dures lois de la mort, « dans ces temps qui sont les derniers » (He 1,2) a daigné se faire homme (…), pour racheter dans sa clémence ceux que dans sa justice il avait condamnés. Afin de montrer la profondeur de son amour pour nous, il ne s’est pas fait seulement homme, mais homme pauvre et humble, afin que, s’approchant de nous en sa pauvreté, il nous donne d’avoir part à ses richesses (2Co 8,9). Il s’est fait si pauvre pour nous qu’il n’a pas eu de lieu où reposer la tête : « Les renards ont leur tanière et les oiseaux du ciel leur nid, le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête » (Mt 8,20).

    C’est pourquoi il acceptait d’aller aux repas auxquels on l’invitait, non par goût immodéré des repas, mais pour y enseigner le salut et y susciter la foi. Là, il remplissait les convives de lumière par ses miracles. Là les serviteurs, qui étaient occupés à l’intérieur, et n’avaient pas la liberté d’aller auprès de lui, entendaient la parole du salut. En effet, il ne méprisait personne, aucun n’était indigne de son amour parce « qu’il a pitié de tous ; il n’a de haine pour aucune de ses œuvres et s’occupe avec soin de chacune d’elles » (Sg 11,24).

    Pour accomplir son œuvre de salut, le Seigneur entra donc dans la maison d’un notable pharisien un jour de sabbat. Les scribes et les pharisiens l’observaient pour pouvoir le reprendre, afin que, s’il guérissait l’hydropique, ils puissent l’accuser de violer la Loi et, s’il ne le guérissait pas, ils l’accusent d’impiété ou de faiblesse. (…) Par la lumière très pure de sa parole de vérité, ils voient s’évanouir toutes les ténèbres de leur mensonge

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157)

     

     

     

     

  • « Combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants. »

    La soif spirituelle du Christ aura une fin. Voici sa soif : son désir intense d’amour envers nous qui durera jusqu’à ce que nous en soyons témoins au jugement dernier. Car les élus qui seront la joie et le bonheur de Jésus durant toute l’éternité sont encore en partie ici-bas, et, après nous, il y en aura d’autres jusqu’à ce dernier jour. Sa soif ardente est de nous posséder tous en lui, pour son grand bonheur — c’est ce qu’il me semble, du moins. (…)

    En tant que Dieu, il est la béatitude parfaite, bonheur infini qui ne saurait être augmenté ni diminué. (…) Mais la foi nous enseigne que, par son humanité, il a voulu subir sa Passion, souffrir toutes sortes de douleurs et mourir par amour pour nous et pour notre bonheur éternel (…). En tant qu’il est notre Tête, le Christ est glorifié et il ne saurait plus souffrir ; mais puisqu’il est aussi le Corps qui unit tous ses membres (Ep 1,23), il n’est pas encore complètement glorieux et impassible. C’est pourquoi il éprouve toujours ce désir et cette soif qu’il ressentait sur la croix (Jn 19,28) et qui étaient en lui de toute éternité, il me semble. Et ainsi en est-il maintenant et en sera-t-il jusqu’à ce que la dernière âme sauvée soit entrée en cette béatitude.

    Oui, aussi véritablement qu’il y a en Dieu la miséricorde et la pitié, il y a en lui cette soif et ce désir. En vertu de ce désir qui est dans le Christ, nous aussi nous le désirons : sans cela aucune âme ne parvient au Ciel. Ce désir et cette soif procèdent, il me semble, de la bonté infinie de Dieu, comme sa miséricorde (…) ; et cette soif persistera en lui, tant que nous serons dans le besoin, nous attirant à sa béatitude

    Julienne de Norwich (1342-après 1416)

     

     

     

     

  • « Les scribes et les pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et le harcelaient. »

    Avec une crainte mêlée d’allégresse, j’estime souhaitable de dire ici quelque chose des souffrances que tu as endurées pour moi, toi le Dieu de tous !

    Tu t’es tenu debout au tribunal de ta créature, dans une nature qui était la mienne ;
    Tu n’as pas parlé, ô Toi qui donnes la parole ;
    Tu n’as pas élevé la voix, toi qui crées la langue ;
    Tu n’as pas crié, ô Toi qui ébranles la terre ; (…)
    Tu n’as pas livré à la honte celui qui te livrait aux tourments de la mort ;
    Tu n’as pas opposé de résistance lorsqu’on Te liait,
    et lorsqu’on te souffletait, tu ne t’es pas indigné.
    Lorsqu’on crachait sur Toi, Tu n’as pas injurié,
    et lorsqu’on te donnait des coups de poing, tu n’as point frémi.
    Lorsqu’on se moquait de toi, tu ne t’es pas courroucé,
    et lorsqu’on te bafouait, tu n’as pas altéré ton visage (Is 50,7). (…)

    Loin de te donner un instant de répit, toi la source de vie,
    aussitôt ils t’ont préparé, pour le porter,
    l’instrument de la mort.
    Tu l’as reçu avec magnanimité,
    tu l’as pris avec douceur,
    tu l’as soulevé avec patience ;
    tu t’es chargé, comme si tu étais un coupable,
    du bois des douleurs

    Saint Grégoire de Narek (v. 944-v. 1010)

     

     

     

  • Dieu se donne à voir en Jésus, son Fils bien-aimé

    Que l’Artisan de l’univers
    conserve intact sur la terre
    le nombre compté de ses élus,
    par son enfant bien-aimé, Jésus Christ.

    Par lui il nous a appelés des ténèbres à la lumière,
    de l’ignorance à la connaissance de la gloire de son nom.
    Nous mettons notre espérance en toi,
    Principe de toute la création.

    Tu as ouvert les yeux de nos cœurs afin qu’ils te connaissent,
    Toi le seul Très-Haut, au plus haut des cieux,
    le Saint qui repose au milieu des saints.

    Tu abaisses l’insolence des orgueilleux,
    tu déjoues les calculs des nations,
    tu exaltes les humbles et abaisses les grands ;
    tu enrichis et appauvris,
    tu prends et tu donnes la vie.

    Unique bienfaiteur des esprits,
    et Dieu de toute chair ;
    tu scrutes les profondeurs,
    tu surveilles les œuvres des hommes,
    Secours dans les dangers
    et Sauveur dans le désespoir,
    Créateur et Gardien de tout esprit vivant ! (…)

    Nous t’en prions, ô Maître !
    Sois notre secours et notre soutien.
    Sois le salut des opprimés,
    prends pitié des humbles,
    relève ceux qui sont tombés.

    Montre-toi à ceux qui sont dans le besoin,
    guéris les malades,
    ramène les égarés de ton peuple,
    rassasie ceux qui ont faim,
    délivre nos prisonniers,
    redresse les faibles,
    console les pusillanimes,
    que tous les peuples reconnaissent,
    que tu es le seul Dieu,
    que Jésus Christ est ton fils,
    que nous sommes ton peuple et les brebis de tes pâturages

    Saint Clément de Rome

     

     

     

  • « Je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, celui qui me justifie. Qui va plaider contre moi ? » (Is 50,7-8)

    Le Christ étant Dieu revêtit notre humanité. Il souffrit pour ceux qui souffrent, il fut lié pour ceux qui étaient vaincus, il fut jugé pour les condamnés, enseveli pour les ensevelis, et il ressuscita d’entre les morts. Il vous crie ces paroles : « Qui plaidera contre moi ? Qu’il vienne ! (Is 50,8) C’est moi qui ai délivré les condamnés, c’est moi qui ai donné la vie aux morts, c’est moi qui relève les ensevelis. Qui portera une accusation contre moi ? (v. 9) C’est moi, dit le Christ, c’est moi qui ai aboli la mort, qui ai vaincu l’ennemi, qui ai piétiné l’enfer, qui ai lié le fort (Lc 11,22), qui ai ravi l’homme au plus haut des cieux, c’est moi, dit-il, le Christ.

    « Venez donc, vous tous les peuples d’hommes qui étiez englués dans le mal, recevez le pardon de vos péchés. Car je suis votre pardon, je suis la Pâque du salut, je suis l’agneau immolé pour vous. Je suis l’eau qui vous purifie, je suis votre lumière, je suis votre Sauveur, je suis votre résurrection, je suis votre roi. Je vous emporte au plus haut des cieux, je vous montrerai le Père éternel, je vous ressusciterai de ma main droite ».

    Tel est celui qui fit le ciel et la terre, qui au commencement pétrit l’homme (Gn 2,7), qui par la Loi et les prophètes s’annonça, qui d’une vierge prit chair, qui sur le bois fut crucifié, qui en terre fut déposé, qui d’entre les morts ressuscita, qui monta au plus haut des cieux, qui s’assit à la droite du Père et a le pouvoir de tout juger et de tout sauver. Par lui, le Père a créé tout ce qui existe, depuis les origines jusque dans l’éternité. C’est lui qui est l’alpha et l’oméga (Ap 1,8), c’est lui qui est le commencement et la fin,(…) c’est lui qui est le Christ (…). À lui la gloire et la puissance dans les siècles. Amen

    Méliton de Sardes (?-v. 195)

     

     

     

     

  • « Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés. »

    Les scribes professaient que Dieu seul peut remettre les péchés. Mais Jésus, avant même de remettre les péchés, a révélé les secrets des cœurs, montrant par là qu’il possédait aussi cet autre pouvoir réservé à Dieu. (…) Car il est écrit : « Toi seul, Seigneur, tu connais les secrets des humains », et « L’homme voit le visage et Dieu voit le cœur (2Ch 6,30; 1S 16,7). Jésus révèle donc sa divinité et son égalité avec le Père en dévoilant aux scribes le fond de leur cœur, en divulguant des pensées qu’ils n’osent pas déclarer ouvertement par crainte de la foule. Et il fait cela avec beaucoup de douceur. (…)

    Le paralytique aurait pu manifester sa déception au Christ en lui disant : « Soit ! Tu es venu pour soigner une autre maladie et guérir un autre mal, le péché. Mais quelle preuve aurai-je que mes péchés sont pardonnés ? » Or, il ne dit rien de tel, mais il se confie à celui qui a le pouvoir de le guérir. (…)

    Aux scribes, le Christ dit : « Qu’est-ce qui est le plus facile ? De dire : Tes péchés sont pardonnés, ou bien de dire : Prends ta civière et rentre chez toi ? » Autrement dit : Qu’est-ce qui vous semble le plus facile? Raffermir un corps paralysé, ou remettre les péchés de l’âme ? C’est évidemment de guérir un corps, car le pardon des péchés dépasse cette guérison autant que l’âme est supérieure au corps. Mais puisque l’une de ces œuvres est visible, et l’autre pas, je vais accomplir également l’œuvre qui est visible et moindre, pour prouver celle qui est plus grande et invisible. À ce moment-là, Jésus témoigne par ses œuvres qu’il est « celui qui enlève les péchés du monde » (Jn 1,29)

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

     

     

     

  • « Qui vous accueille, m’accueille. »

    « Celui qui reçoit l’un de ces petits, c’est moi qu’il reçoit » dit le Seigneur (Lc 10,48). Plus ce frère est petit, plus le Christ est présent. Car lorsqu’on reçoit un grand personnage, on le fait souvent par vaine gloire ; mais celui qui reçoit un petit, le fait avec une intention pure et pour le Christ. « J’étais un étranger, dit-il, et vous m’avez accueilli. » Et encore : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,35.40). Puisqu’il s’agit d’un croyant et d’un frère, serait-ce le plus petit, c’est le Christ qui entre avec lui. Ouvre ta maison, reçois-le.

    « Qui reçoit un prophète en sa qualité de prophète, recevra une récompense de prophète. » Donc celui qui reçoit le Christ recevra la récompense de l’hospitalité du Christ. Ne mets pas en doute ses paroles, fais-leur confiance. Lui-même nous l’a dit : « En eux, c’est moi qui me présente. » Et pour que tu n’en doutes pas, il décrète le châtiment pour ceux qui ne le reçoivent pas, les honneurs pour ceux qui le reçoivent (Mt 25,31s). Il ne le ferait pas s’il n’était pas personnellement touché par l’honneur ou le mépris. « Tu m’as reçu, dit-il, dans ta demeure ; je te recevrai dans le Royaume de mon Père. Tu m’as délivré de la faim ; je te délivrerai de tes péchés. Tu m’as vu enchaîné ; je te ferai voir ta libération. Tu m’as vu étranger ; je ferai de toi un citoyen des cieux. Tu m’as donné du pain ; je te donnerai le Royaume comme ton héritage et ta pleine propriété. Tu m’as aidé en secret ; je le proclamerai publiquement et je dirai que tu es mon bienfaiteur et moi ton débiteur.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

     

     

     

  • « Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. »

    « Le Christ nous a confié le ministère de la réconciliation » (Cf. 2Co 5,18). Paul fait ressortir la grandeur des apôtres en nous montrant quel ministère leur a été confié, en même temps qu’il manifeste de quel amour Dieu nous a aimés. Après que les hommes eurent refusé d’entendre celui qu’il leur avait envoyé, Dieu n’a pas fait éclater sa colère, il ne les a pas rejetés. Il persiste à les appeler par lui-même et par les Apôtres. (…)

    « Dieu a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation » (Cf. 2Co 5,19). Nous venons donc, non pour une œuvre pénible, mais pour faire de tous les hommes des amis de Dieu. Puisqu’ils n’ont pas écouté, nous dit le Seigneur, continuez à les exhorter jusqu’à ce qu’ils en viennent à la foi. C’est pourquoi Paul ajoute : « Nous sommes les ambassadeurs du Christ ; c’est Dieu lui-même qui vous adresse un appel par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : réconciliez-vous avec Dieu. » (…) Que pourrait-on comparer à un si grand amour ? Après que nous avons payé ses bienfaits par des outrages, loin de nous châtier, il nous a donné son Fils pour nous réconcilier avec lui. Or, loin de vouloir se réconcilier, les hommes l’ont fait mourir. Dieu a envoyé d’autres ambassadeurs pour les exhorter et, après cela, il se fait lui-même suppliant par eux. C’était toujours lui qui demandait : « Réconciliez-vous avec Dieu ». (…)

    Il ne dit pas : « Réconciliez Dieu avec vous ». Ce n’est pas lui qui nous repousse ; c’est vous qui refusez d’être ses amis. Est-ce que Dieu peut éprouver un sentiment de haine

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

     

     

     

     

  • L’Ascension du Christ au ciel

    L’Ascension du Christ fut conforme à la raison (…) pour trois motifs : premièrement, le ciel lui était dû à cause de sa nature. Car il est conforme à la nature que chaque être retourne là d’où il tire son origine. Or le Christ tire son origine de Dieu, qui est au-dessus de tout. Jésus dit en effet à ses Apôtres (Jn 16, 28) : « Je suis sorti du Père et je suis venu au monde : maintenant je quitte le monde et je vais au Père. » (…) Les saints aussi montent au ciel, cependant ils n’y montent pas de la même manière que le Christ ; le Christ en effet s’est élevé aux cieux de sa propre puissance, mais les saints s’y élèvent comme entraînés par le Christ. Aussi lui disons-nous avec l’épouse du Cantique (1, 3) : « Seigneur, entraîne-nous à ta suite. » On peut dire également que personne ne monte au ciel si ce n’est le Christ. Le Christ en effet est la Tête de l’Église, et les saints ne montent au ciel que parce qu’ils sont ses membres.

    Deuxièmement, le ciel était dû au Christ Jésus en raison de sa victoire. Le Christ en effet fut envoyé dans le monde pour lutter contre le diable, et il sortit victorieux du combat : « Moi, j’ai été vainqueur, dit Jésus (Ap 3,21), et je suis allé siéger avec mon Père sur le trône. »

    Enfin, le Christ méritait d’être au ciel à cause de son humilité. En effet, aucune humilité n’est aussi grande que celle du Christ, car alors qu’il était Dieu, il voulut devenir homme ; alors qu’il était Seigneur, il voulut prendre la condition de l’esclave, se rendant obéissant jusqu’à la mort (cf. Ph 2,7) et il descendit jusqu’en enfer : aussi mérita-t-il d’être exalté jusqu’au ciel, au trône de Dieu. L’humilité en effet est la voie qui conduit à l’exaltation. « Celui qui s’abaisse, dit le Seigneur, (Lc 14, 11) sera élevé, et saint Paul écrit aux Éphésiens (4, 10) : « Celui qui est descendu, c’est le même qui est aussi monté par-delà tous les cieux

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)