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  • Dieu, seul maître de prière

     

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    La prière est, quant à sa nature, la conversation et l’union de l’homme avec Dieu, et quant à son efficacité, la conservation du monde et sa réconciliation avec Dieu, un pont élevé par dessus les tentations, un rempart contre les tribulations, l’extinction des guerres, la joie future, l’activité qui ne cesse jamais, la source des grâces, le pourvoyeur des charismes, un progrès invisible, l’aliment de l’âme, l’illumination de l’esprit, la hache qui retranche le désespoir, le bannissement de la tristesse, la réduction de la colère, le miroir du progrès, la manifestation de notre mesure, le test de l’état de notre âme, la révélation des choses futures, la sûre annonce de la gloire.

    Aie un grand courage, et tu auras Dieu lui-même pour maître de prière. Il est impossible d’apprendre à voir au moyen de paroles, parce que voir est un effet de la nature. Il est tout aussi impossible d’apprendre la beauté de la prière par l’enseignement d’autrui. La prière ne s’apprend que dans la prière et elle a Dieu pour maître, lui qui enseigne à l’homme la science…, qui accorde le don de la prière à celui qui prie, et qui bénit les années des justes.

    Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650), moine au Mont Sinaï
    L’Échelle sainte (trad. Bellefontaine 1993, coll. Spiritualité orientale n°24, pp. 290.299-300 rev.)

     

     

  • « Qui perdra sa vie la sauvegardera. »

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    Ô jour éternel, jour tant désiré,
    Je te guette avec nostalgie et impatience,
    Et très bientôt l’amour déchirera les voiles,
    Et tu deviendras mon salut.

    Jour merveilleux, moment incomparable,
    Où pour la première fois je verrai mon Dieu,
    L’époux de mon âme et le Seigneur des Seigneurs,
    Je sens que l’épouvante n’étreindra point mon âme.

    Jour très solennel, jour de clarté,
    Où l’âme connaîtra son Dieu dans sa puissance,
    Et tout entière sombrera dans son amour,
    Et connaîtra que les misères de l’exil sont passées.

    Jour bienheureux, jour béni
    Où pour toi mon cœur flambera d’un feu éternel :
    Car je te pressens déjà même si ce n’est qu’à travers des voiles,
    Toi Jésus, dans la vie et la mort, tu m’es ravissement et enchantement.

    Jour que j’espère toute ma vie durant :
    Et je t’attends avec impatience, Seigneur,
    Car toi tu es le seul que je désire,
    Toi, l’Unique en mon cœur ; le reste ne m’est rien.

    Jour de délice, d’infinies douceurs :
    Mon époux, Dieu de grande majesté,
    Tu sais que rien ne saurait contenter le cœur d’une vierge,
    Sur ton doux Cœur j’appuie mon front.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938), religieuse
    Petit journal, § 1230 (trad. Parole et dialogue 2002, p. 102)

     

     

     

  • « Gardez vos lampes allumées ! »

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    La prière offerte au temps de la nuit possède un grand pouvoir, plus que celle qui est offerte pendant le jour. C’est pourquoi tous les saints ont eu l’habitude de prier la nuit, combattant l’assoupissement du corps et la douceur du sommeil et dépassant leur nature corporelle. Le prophète disait lui aussi : « Je me suis fatigué à gémir ; chaque nuit, je baigne ma couche de mes larmes » (Ps 6,7) pendant qu’il soupirait du fond du cœur dans une prière passionnée. Et ailleurs : « Je me lève au milieu de la nuit pour te louer à cause de tes jugements, toi le Juste. » (Ps 118,62). Pour chacune des requêtes que les saints voulaient adresser à Dieu avec force, ils s’armaient de la prière pendant la nuit et aussitôt ils recevaient ce qu’ils demandaient.

    Satan lui-même ne craint rien autant que la prière que l’on offre pendant les veilles. Même si elles s’accompagnent de distractions, elle ne revient pas sans fruit, à moins qu’on ne demande ce qui ne convient pas. C’est pourquoi il engage de sévères combats contre ceux qui veillent, afin de les détourner si possible de cette pratique, surtout s’ils se montrent persévérants. Mais ceux qui sont quelque peu fortifiés contre ses ruses pernicieuses et ont goûté les dons que Dieu accorde durant les veilles, et qui ont expérimenté personnellement la grandeur de l’aide que Dieu leur accorde, le méprisent complètement, lui et tous ses stratagèmes.

    Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
    Discours ascétiques (trad. Deseille, La fournaise de Babylone, Eds. Présence 1974, p. 90)

     

     

     

  • « Ils se mirent à lui en vouloir terriblement et le harcelaient. »

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    Ô mon peuple, que t’ai-je fait ?
    En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi (Mi 6,3).

    Peuple égaré par l’amertume,
    peuple au cœur fermé, souviens-toi !
    Le Maître t’a libéré.
    Tant d’amour serait-il sans réponse,
    tant d’amour d’un Dieu crucifié ?

    Moi, depuis l’aurore des mondes,
    j’ai préparé ton aujourd’hui ;
    toi, tu rejettes la vraie Vie
    qui peut donner la joie sans ombre :
    ô mon peuple, réponds-moi !

    Moi, j’ai brisé tes liens d’esclave,
    j’ai fait sombrer tes ennemis ;
    toi, tu me livres à l’ennemi,
    tu me prépares une autre Pâque :
    ô mon peuple, réponds-moi.

    Moi, j’ai pris part à ton exode,
    par la nuée je t’ai conduit ;
    toi, tu m’enfermes dans ta nuit,
    tu ne sais plus où va ma gloire :
    ô mon peuple, réponds-moi.

    Moi, j’ai envoyé mes prophètes,
    ils ont crié dans ton exil ;
    toi, tu ne veux pas revenir,
    tu deviens sourd quand je t’appelle :
    ô mon peuple, réponds-moi.

     

    Le Missel romain
    Impropères du Vendredi Saint

     

  • « Combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ? »

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    D’où viens-tu ? Comment pénètres-tu,
    je veux dire : à l’intérieur de ma cellule,
    fermée de toute part ?
    Ceci est en effet étrange,
    dépasse parole et pensée.
    Mais que tu viennes en moi,
    soudain tout entier et que tu brilles,
    que tu te laisses voir sous forme lumineuse,
    comme la lune dans sa pleine lumière,
    cela me laisse sans pensée
    et sans voix, mon Dieu !
    Je sais bien que tu es
    celui qui est venu pour illuminer
    ceux qui sont assis dans les ténèbres (Lc 1,79),
    et je suis stupéfait, je deviens
    privé de sens et de paroles,
    à voir une merveille étrange
    qui dépasse toute la création,
    toute la nature et tous les mots…

    Comment Dieu est-il hors de l’univers
    par son essence et sa nature,
    par sa puissance et par sa gloire,
    et comment aussi habite-t-il partout et en tous,
    mais d’une manière spéciale dans ses saints ?
    Comment dresse-t-il sa tente en eux
    d’une manière consciente et substantiellement,
    lui qui est totalement au-delà de la substance ?
    Comment est-il contenu dans leurs entrailles,
    lui qui contient toute la création ?
    Comment brille-t-il dans leur cœur,
    ce cœur charnel et épais ?
    Comment est-il à l’intérieur de celui-ci,
    comment est-il en dehors de tout,
    et remplit-il lui-même toute chose ?
    Comment, la nuit et le jour,
    brille-t-il sans être vu ?

    Dis-moi, est-ce que l’esprit de l’homme
    concevra tous ces mystères
    ou pourra te les exprimer ?
    Certes non ! un ange ne pourrait,
    ni un archange, te l’expliquer ;
    ils seraient incapables
    de t’exposer cela avec des mots.
    C’est donc l’Esprit de Dieu, parce qu’il est divin,
    qui seul connaît ces mystères
    et qui les sait parce que lui seul
    partage la nature, le trône et l’éternité
    avec le Fils et le Père.
    C’est donc à ceux pour qui cet Esprit resplendira
    et à qui il sera uni libéralement
    qu’il montre tout d’une manière inexprimable…
    C’est comme un aveugle : s’il voit,
    il voit tout d’abord la lumière
    et ensuite aussi toute la création
    qui est dans la lumière, oh merveille !
    De même, celui qui a été éclairé
    par le divin Esprit dans son âme,
    aussitôt entre en communion de la lumière
    et contemple la lumière,
    la lumière de Dieu, Dieu vraiment,
    qui aussi lui montre tout,
    ou plutôt tout ce que Dieu décide,
    tout ce qu’il désire et ce qu’il veut.
    À ceux qu’il éclairera par son illumination
    il accorde de voir ce qui se trouve dans la lumière divine.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec
    Hymnes, n°29 (trad. SC 174, p. 315s)

     

     

  • « Apprends-nous à prier. »

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    Le bien suprême, c’est la prière, la conversation familière avec Dieu. Elle est relation à Dieu et union avec lui. De même que les yeux du corps sont éclairés à la vue de la lumière, ainsi l’âme tendue vers Dieu est illuminée de son ineffable lumière. La prière n’est pas l’effet d’une attitude extérieure, mais elle vient du cœur. Elle ne s’enferme pas dans des heures ou des moments déterminés, mais elle est en activité continuelle, de nuit comme de jour. Ne nous contentons pas d’orienter notre pensée vers Dieu lorsqu’elle s’applique exclusivement à la prière ; mais lorsque d’autres occupations — comme le soin des pauvres ou quelque autre souci en vue d’une œuvre bonne et utile — nous absorbent, il importe aussi d’y mêler le désir et le souvenir de Dieu, afin d’offrir au Seigneur de l’univers une nourriture très douce, assaisonnée au sel de l’amour de Dieu. Nous pouvons en retirer un grand avantage, tout au long de notre vie, si nous y consacrons une bonne part de notre temps.

    La prière est la lumière de l’âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes. Par elle, l’âme s’élève vers le ciel et embrasse le Seigneur d’une étreinte inexprimable. Comme un nourrisson vers sa mère, elle crie vers Dieu en pleurant, assoiffée de lait divin. Elle exprime ses désirs profonds et reçoit des présents qui dépassent tout ce que l’on peut voir dans la nature. La prière, par laquelle nous nous présentons avec respect devant Dieu, est la joie du cœur et le repos de l’âme.

    Homélie du 5e siècle sur la prière
    Attribuée à tort à saint Jean Chrysostome ; PG 64, 461 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 196 rev. ; cf. bréviaire vendredi après les Cendres)

     

     

  • La Vierge Marie Médiatrice – mémoire facultative

    Beata_Vergine_Maria_della_Mercede_ALaisser passer la grâce de Dieu dans notre pauvreté, une joie ! Quelle joie de nous unir aux chrétiens de Belgique pour fêter « Marie médiatrice de grâce ». Nous n’hésitons pas à dire que nous recevons le don de Dieu les uns par les autres. Nous disons aussi que les frères les plus pauvres au milieu de nous sont des « canaux » privilégiés par lesquels nous arrive la grâce de Dieu. C’est une expérience concrète et quotidienne que nous faisons de la médiation de l’Amour de Dieu. Nous expérimentons cette « expérience » entre Dieu, le donateur de la grâce, et les pauvres pécheurs que nous sommes. Les pauvres ont là un rôle privilégié, par leur pauvreté même, ils sont comme des médiateurs, des moyens divins par lesquels la grâce de Dieu nous arrive.

    Ainsi cette fête de la Vierge Marie que nous célébrons aujourd’hui, nous l’expérimentons chaque jour. Nous expérimentons aussi que, si nous refusons ces petits moyens par lesquels la grâce de Dieu nous est offerte, nous nous coupons de la grâce de Dieu. Cette fête nous révèle une autre expérience quotidienne. Imaginons que nous ayons un frère, tellement débordant dans son amour pour nous, qu’il nous « étouffe ». Est-ce que cet amour vient de Dieu ? Nous n’en savons rien. Ce que nous savons, c’est qu’il y a un malaise entre cet « enveloppement gênant » et ce que nous sommes prêts à recevoir. Nous avons l’expérience que « cet autre » peut nous gêner dans son amour. Les psychologues parleront de la « captation » pour s’attacher l’autre. Cela nous remet alors devant la source de l’amour et la pureté de cette Source.

    Nous comprenons ainsi l’humilité de Dieu. Dieu est un amour tellement fort, grand et puissant que nous prenons l’image du soleil et nous sommes comme une petite goutte d’eau ! Approchez une petite goutte d’eau du soleil, c’est la « désintégration » de la petite goutte d’eau, à moins qu’elle ne soit rendue capable de vivre du Soleil. L’humilité de Dieu va jusqu’à proportionner le don de son amour en l’adaptant, par la médiation, à ce que nous pouvons en recevoir. Les pauvres sont toujours très humbles dans la manière avec laquelle ils nous proposent l’amour qui vient du cœur de Dieu. Toutes ces médiations trouvent leur origine dans l’unique médiateur Jésus. Tout vient de Dieu par Jésus.

    L’Église dans sa sagesse, fait passer toutes les prières liturgiques qu’elle adresse au Père par Jésus Notre Seigneur, dans l’Esprit. Dieu, dans sa bonté miséricordieuse, vient nous rejoindre jusque dans notre misère. Il a voulu que la nature coopère, que la créature coopère au don de son amour. Quand Dieu veut nous combler de sa grâce, Il veut que nous la lui demandions, c’est la prière de demande. Il ne nous donne jamais sa grâce sans que nous la lui ayons demandée. Toute prière de demande dans l’Église, nous dispose à recevoir le don de Dieu. Ce don de Dieu nous déborde de toutes parts. Chaque fois que nous demandons notre pain quotidien, la joie dont nous avons besoin pour vivre, nous nous disposons, à recevoir la grâce de Dieu.

    Dans sa miséricorde, Dieu veut que sa grâce nous arrive, proportionnée à ce que nous pouvons en recevoir. C’est sa grâce qui nous prépare à recevoir toutes ses grâces. Nous comprenons la fête que nous célébrons aujourd’hui en Église : Marie, médiatrice de toutes grâces est Immaculée. Elle demeure à la Source, c’est son privilège obtenu par la passion de Jésus. Étant toujours à la source, étant aussi de notre peuple, elle est solidaire de l’humanité, de chacun de nous. Elle nous donne Jésus, l’unique médiateur. Dans cet unique médiateur, sont contenus beaucoup de médiations.

     

    Source principale : vallee-aisne60.cef.fr (« Rév. x gpm »).

     

     

     

     

     

  • « Seigneur, sauve-nous ! »

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    Ô mon Dieu, mon cœur est comme une vaste mer toujours agitée par les tempêtes : qu’il trouve en toi la paix et le repos. Tu as commandé aux vents et à la mer de se calmer, et à ta voix ils se sont apaisés ; viens apaiser les agitations de mon cœur, afin que tout en moi soit calme et tranquille, afin que je puisse te posséder, toi mon unique bien, et te contempler, douce lumière de mes yeux, sans trouble et sans obscurité. Ô mon Dieu, que mon âme, délivrée des pensées tumultueuses de ce monde-ci, « se cache à l’ombre de tes ailes » (Ps 16,8). Qu’elle trouve près de toi un lieu de rafraîchissement et de paix ; toute transportée de joie, qu’elle puisse chanter : « En toi maintenant je peux m’endormir et me reposer en paix en toi » (Ps 4,9).

    Qu’elle se repose, je te prie, mon Dieu, qu’elle se repose du souvenir de tout ce qui est sous le ciel, éveillée pour toi seul, comme il est écrit : « Je dors, mais mon cœur veille » (Ct 5,2). Mon âme ne peut être en paix et en sûreté, mon Dieu, que sous les ailes de ta protection (Ps 90,4). Qu’elle demeure donc éternellement en toi et qu’elle soit embrasée de ton feu. Que, s’élevant au-dessus d’elle-même, elle te contemple et chante tes louanges dans la joie. Au milieu des troubles qui m’agitent, que tes dons soient ma douce consolation, jusqu’à ce que je vienne à toi, ô toi la paix véritable.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Méditations, ch. 37

     

     

     

  • « Ton Père voit ce que tu fais en secret. »

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    Il n’est pas question de concevoir la prière intérieure, libre de toutes formes traditionnelles, comme une piété simplement subjective et de l’opposer à la liturgie, qui serait la prière objective de l’Église. Toute prière véritable est prière de l’Église ; à travers toute prière véritable, il se passe quelque chose dans l’Église et c’est l’Église elle-même qui prie car c’est l’Esprit Saint vivant en elle qui, en chaque âme unique, « intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8,26). Et voilà justement la prière véritable, car « sans le Saint Esprit, personne n’est capable de dire ‘Jésus est le Seigneur’ » (1Co 12,3). Que serait la prière de l’Église si elle n’était pas l’offrande de ceux qui, brûlant d’un grand amour, se donnent au Dieu qui est amour ?

    Le don de soi à Dieu, par amour et sans limite, et le don divin en retour, l’union pleine et constante, est la plus haute élévation du cœur qui nous soit accessible, le plus haut degré de la prière. Les âmes qui l’ont atteint sont en vérité le cœur de l’Église ; en elles vit l’amour de Jésus grand prêtre. Cachées en Dieu avec le Christ (Col 3,3), elles ne peuvent que rayonner dans d’autres cœurs l’amour divin dont elles sont remplies et concourir ainsi à l’accomplissement de l’unité parfaite de tous en Dieu, ce qui était et demeure le grand désir de Jésus.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    La Prière de l’Eglise (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 70)

     

     

     

  • Prière pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit

    Les dons du Saint Esprit

    Ô Jésus, par Vous, le Fils unique, pour nous fait homme, crucifié et glorifié, nous prions le Père très clément de nous accorder de ses trésors la grâce aux sept formes de l’Esprit qui reposa en toute plénitude sur Vous : esprit de sagesse, dis-je, pour goûter le fruit de l’arbre de vie que vous êtes véritablement et savourer ses vivifiantes douceur ; don d’intelligence qui illumine les regards de notre esprit ; don de conseil, qui nous conduise dans les voies étroites sur les traces de vos pas ; don de force, pour que nous puissions réduire à néant la violence des attaques ennemies ; don de science, afin que nous soyons remplis des lumières de votre sainte doctrine pour distinguer le bien du mal ; don de piété, qui nous donne des entrailles miséricordieuses ; don de crainte qui, en nous éloignant de tout mal, nous tienne dans la paix sous le poids du respect pour votre éternelle Majesté.

    C’est là, en effet, ce que vous avez voulu que nous demandions dans cette sainte oraison que vous nous enseignâtes ; aussi, maintenant, nous vous demandons par votre Croix de nous les obtenir pour la gloire de Votre nom très saint, auquel soit avec le Père et le Saint-Esprit, tout honneur, louange, action de grâce, gloire et domination pendant tous les siècles. Ainsi soit-il.

    Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
    L’arbre de vie, n° 49 (Œuvres spirituelles de Saint Bonaventure, t.III, Le Christ Jésus ; Sté S. François d’Assise, 1932, pp.119-120, rev.)