Étiquette : humilité

  • Venir à Jésus dans l’humilité

    [Gertrude dit au Seigneur] : « Hélas, mon bien-aimé, je n’ai rien qui soit digne de vous convenir, mais enfin, je sais bien que si je possédais tout ce que vous possédez, je voudrais renoncer à tout cela et vous le donner avec tant de libéralité que vous puissiez (…) en gratifier qui il vous plairait. » À quoi le Seigneur répondit avec bienveillance : « Si toi, tu trouves en ton cœur la disposition à agir ainsi envers moi, tu dois tenir pour très certain que, moi aussi, je désire te traiter de la sorte, et cela dans la proportion même où ma bonté et mon amour l’emportent sur les tiens. » Et elle : « Et quel titre aurai-je à me porter à votre rencontre, lorsque vous daignez venir à moi avec un tel flot de largesses ? — Je ne te demande rien, répondit le Seigneur, sinon de venir à moi toute vide et prête à recevoir, parce que tout ce qui me plaira en toi, tout cela tu l’auras reçu de moi comme un pur don. »

    Elle comprit alors que ce vide était cette humilité par laquelle elle jugeait n’avoir absolument aucun mérite, ne pouvoir même faire quoi que ce fût sans un don gratuit de Dieu, et enfin estimer comme néant toutes ses possibilités.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

     

     

  • « Nous sommes de simples serviteurs… » (Lc 17,10)

    Mes frères, pères et enfants, une fois de plus, je m’acquitte de ce que je vous dois, je veux dire le rappel de la catéchèse. (…) Celui qui est zélé dans ses tâches et soigneux dans le service à lui confié, que davantage encore, comme s’il servait Dieu et non pas les hommes, il se montre un ouvrier irréprochable (cf. 2 Tm 2,15), qu’il prenne sur lui les tâches les plus lourdes, qu’il se réjouisse de veiller sur son prochain, sachant qu’une grande récompense lui est réservée dans les cieux ; (…) quelle que soit la tâche, petite ou grande, que nous avons entreprise, en une course incessante et dans un désir in extinguible des biens éternels, endurons tout vaillamment, supportons tout avec bonne humeur, accomplissons tout sous l’inspiration de Dieu, en nous pardonnant mutuellement (cf. Ep 4,32 ; Col 3,13), emplis de tendresse les uns pour les autres, au point que chacun veuille donner sa vie (cf. 1 Th 2,8) pour son frère, en esprit et dans sa chair.

    Et si le Fils unique de Dieu vous invite et vous persuade [de vous conduire] ainsi, lui qui, par obéissance à Dieu le Père, s’est anéanti jusqu’à un degré infini d’abaissement, au point que de maître il est devenu esclave, qu’il a connu la mort et la mort de la croix (cf. Ph 2,8), joie pour moi, pécheur et désespéré, allégresse inépuisable et ineffable ! Joie aussi pour vous qui accomplissez ses commandements et contentement inexprimable ! Non seulement dès ici-bas vous recevez de brillants éloges de tout homme témoin de ce qui se passe chez vous, vous triomphez de l’ennemi et résistez à ses suggestions et à ses artifices, mais aussi dans le monde futur vous danserez en présence de la gloire du Christ Dieu et vous serez comptés au nombre des chœurs angéliques et des assemblées des saints, « là où est la demeure de tous ceux qui sont dans l’allégresse » (Ps 86, 7 LXX), comme le dit le psaume, ô très vénérés frères. Tel est notre rappel !

    Saint Théodore le Studite (759-826)

     

     

  • « Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple. »

    Ma sœur chérie, comment pouvez-vous me demander s’il vous est possible d’aimer le Bon Dieu comme je l’aime ? (…) Mes désirs du martyre ne sont rien, ce ne sont pas eux qui me donnent la confiance illimitée que je sens en mon cœur. Ce sont, à vrai dire, les richesses spirituelles qui rendent injuste, lorsqu’on s’y repose avec complaisance et que l’on croit qu’ils [sic] sont quelque chose de grand. (…) Je sens bien que (…) ce qui plaît au Bon Dieu dans ma petite âme c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde. Voilà mon seul trésor (…).

    Ô ma sœur chérie (…), comprenez que pour aimer Jésus (…) plus on est faible, sans désirs, ni vertus, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant. Le seul désir d’être victime suffit, mais il faut consentir à rester pauvre et sans force, et voilà le difficile car « Le véritable pauvre d’esprit, où le trouver ? Il faut le chercher bien loin », a dit le psalmiste. Il ne dit pas qu’il faut le chercher parmi les grandes âmes, mais « bien loin », c’est-à-dire dans la bassesse, dans le néant.

    Restons donc bien loin de tout ce qui brille, aimons notre petitesse, aimons à ne rien sentir, alors nous serons pauvres d’esprit et Jésus viendra nous chercher ; si loin que nous soyons, il nous transformera en flammes d’amour. Oh, que je voudrais pouvoir vous faire comprendre ce que je sens ! C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour. La crainte ne conduit-elle pas à la Justice ? (À la justice sévère telle qu’on la représente aux pécheurs mais pas de cette justice que Jésus aura pour ceux qui l’aiment.) Puisque nous voyons la voie, courons ensemble. Oui, je le sens, Jésus veut nous faire les mêmes grâces, il veut nous donner gratuitement son Ciel

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

     

     

     

  • « Mon ami, avance plus haut ! »

    Ô humilité, fleur de beauté, je vois combien peu d’âmes te possèdent -– est-ce parce que tu es si belle et en même temps si difficile à conquérir ? Oh oui, et l’un et l’autre. Dieu lui-même y trouve prédilection. Sur l’âme pleine d’humilité sont entrouvertes les écluses célestes et un océan de grâces se déverse sur elle. Oh, qu’elle est belle, l’âme humble ; de son cœur, comme d’un encensoir, monte tout un parfum extrêmement agréable et traverse les nues, et parvient jusqu’à Dieu lui-même, et remplit de joie son très saint cœur. A cette âme Dieu ne refuse rien ; une telle âme est toute-puissante, elle influence le sort du monde entier. Dieu élève une telle âme jusqu’à son trône. Plus elle s’humilie, plus Dieu se penche vers elle, la suit de ses grâces et l’accompagne à chaque moment de sa toute-puissance. Cette âme est très profondément unie à Dieu.

    Ô humilité, implante-toi profondément dans tout mon être. Ô Vierge la plus pure, et aussi la plus humble, aide-moi à obtenir une profonde humilité. Je comprends maintenant pourquoi il y a si peu de saints, c’est que peu d’âmes sont vraiment et profondément humbles

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • « Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé »

    L’humilité est une puissance secrète que les saints reçoivent quand ils ont mené à bien toute l’ascèse de leur vie. Cette puissance en effet n’est donnée qu’à ceux qui parviennent à la perfection de la vertu par la force de la grâce. (…) C’est la puissance même qu’ont reçu les bienheureux apôtres sous la forme du feu. Le Sauveur leur avait ordonné en effet de ne pas quitter Jérusalem jusqu’à ce qu’ils aient reçu la puissance d’en haut (Ac 2,3 ; 1,4). Jérusalem est ici la vertu. La puissance est l’humilité. Et la puissance d’en haut est le Paraclet, c’est-à-dire l’Esprit Consolateur.

    Or c’est là ce qu’avait dit l’Écriture Sainte : les mystères sont révélés aux humbles (Lc 10,21). Aux humbles est donné de recevoir en eux-mêmes cet Esprit des révélations qui découvre les mystères. C’est pourquoi des saints ont dit que l’humilité accomplit l’âme dans les contemplations divines. Que nul donc n’aille s’imaginer qu’il est parvenu à la mesure de l’humilité parce qu’une pensée de componction lui sera venue à un certain moment, ou parce qu’il aura versé quelques larmes. (…) Mais si un homme a vaincu tous les esprits contraires (…), s’il a renversé et soumis toutes les forteresses des ennemis, et si alors il a senti qu’il a reçu cette grâce, quand « l’Esprit rend témoignage à son esprit » (Rm 8,16) selon la parole de l’apôtre Paul, là est la perfection de l’humilité. Bienheureux celui qui la possède. Car à tout heure il embrasse le sein de Jésus (cf Jn 13,25)

    Isaac le Syrien (7e siècle)

     

     

     

  • « Un serviteur n’est pas plus grand que son maître. » (Jn 13,16)

    Rappelez-vous ses merveilles, celles qu’il a faites (cf. Ps 104,5) pour nous dans le passé et celles qu’il accomplit encore. (…) En échange de ce qu’il fait pour nous, faisons encore davantage et rendons-lui ce que nous lui devons, mes très vénérés frères. Et ce qu’il veut de nous, qu’est-ce, sinon que nous le craignions, l’aimions de tout notre cœur et de toute notre intelligence (cf. Mt 22,37) et imitions autant qu’il nous est possible sa manière de vivre dans la chair ?

    Celui-là s’est fait étranger en quittant le ciel pour la terre, afin que, nous aussi, nous devenions étrangers aux pensées qui viennent des volonté propres. Lui-même a obéi à son père afin que, vous aussi, obéissiez sans hésitation (…). Celui-là s’est humilié lui-même jusqu’à la mort (cf. Ph 2,8), afin que vous aussi soyez dans ce sentiment, vous abaissant et vous humiliant dans vos pensées, vos actes, vos paroles et vos gestes. Quelle est-elle la gloire divine et véritable, si ce n’est d’être sans gloire parmi les hommes à cause de Dieu ? (…) Ce qui est tout petit et que l’on méprise, voilà ce qu’il a choisi, mon Sauveur et Dieu qui a revêtu notre chair, pour confondre (cf. 1 Co 1,27-28) ce qui est célébrité et richesse des hommes.

    C’est pourquoi il vient au monde dans une grotte, il est couché dans une mangeoire, on le nomme fils du charpentier, on le nomme nazaréen, il est revêtu d’une seule petite tunique et d’un seul manteau, il va à pied, il peine, il est lapidé (cf. Jn 10,31) par les Juifs, insulté, arrêté, crucifié, percé avec une lance, mis au tombeau, après quoi il ressuscite, ainsi veut-il nous persuader, mes frères, de choisir devant ses anges (cf. Lc 12,8 ; 15,10) les mêmes choses que lui, pour que nous soyons couronnés dans le royaume des cieux, dans le Christ lui-même notre Seigneur à qui appartiennent la gloire et la puissance avec le Père et le Saint-Esprit maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

    Saint Théodore le Studite (759-826)

     

     

     

  • « Lui qui était dans la condition de Dieu (…) se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. » (Ph 2,6-7)

    Le Seigneur Jésus, Sauveur de tous, « se fait tout à tous » (1Co 9,22), de manière à se révéler plus petit que les petits, plus grand que les grands. Pour sauver une âme surprise en adultère et accusée par les démons, il s’abaisse jusqu’à écrire du doigt sur la terre (…). Il est lui-même cette sainte et sublime échelle que le voyageur Jacob a vue dans son sommeil (Gn 28,12), l’échelle dressée de la terre jusqu’à Dieu et tendue par Dieu à la terre. Quand il le veut, il monte jusqu’à Dieu, parfois accompagné de quelques-uns, parfois sans qu’aucun homme puisse le suivre. Et quand il le veut, il rejoint la foule des hommes, guérit les lépreux, mange avec les publicains et les pécheurs, touche les malades pour les guérir.

    Bienheureuse est l’âme qui peut suivre le Seigneur Jésus partout où il va, montant dans le repos de la contemplation et d’autre part descendant par l’exercice de la charité, le suivant jusqu’à s’abaisser dans le service, à aimer la pauvreté, à supporter la fatigue, le travail, les pleurs, la prière, et finalement la compassion et la passion. Car il est venu pour obéir jusqu’à la mort, pour servir, non pour être servi, et donner, non de l’or ou de l’argent, mais son enseignement et son assistance à la multitude, sa vie pour la multitude (Mc 10,45). (…)

    Que ce soit donc pour vous le modèle de la vie, frères : (…) suivre le Christ en montant vers le Père, (…) suivre le Christ en descendant vers le frère, ne refusant aucun exercice de charité, se faisant tout à tous.

    Isaac de l’Étoile (?-v. 1171)

     

     

     

  • « Prends pitié du pécheur que je suis. »

    Il est capital que tu insistes sur ce qui est la base de la sainteté et le fondement de la bonté, je veux parler de la vertu par laquelle Jésus se présente explicitement comme modèle : l’humilité (Mt 11,29). L’humilité intérieure ; plus intérieure qu’extérieure. Reconnais qui tu es véritablement : un rien, bien misérable, faible, pétri de défauts, capable de changer le bien en mal, d’abandonner le bien pour le mal, de t’attribuer le bien et de te justifier dans le mal, et par amour de ce mal, de mépriser Celui qui est le bien suprême.

    Ne te mets jamais au lit sans avoir au préalable examiné en conscience comment tu as passé ta journée. Tourne toutes tes pensées vers le Seigneur, et consacre-lui ta personne ainsi que tous les chrétiens. Puis offre à sa gloire le repos que tu vas prendre, sans jamais oublier ton ange gardien, qui se tient en permanence à tes côtés.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)

     

     

     

  • « Qui s’abaissera sera élevé. »

    ND-de-France

    Je ne crois pas qu’il existe quelqu’un qui ait besoin du secours et de la grâce de Dieu autant que moi. Parfois je me sens si désarmée, si faible. C’est pour cela, je crois, que Dieu se sert de moi. Puisque je ne peux pas compter sur mes propres forces, je me tourne vers lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et si la journée comptait encore plus d’heures, j’aurais besoin de son aide et de sa grâce toutes ces heures durant. Tous nous devons nous accrocher à Dieu par la prière. Mon secret est très simple : je prie. Par la prière, je deviens une dans l’amour avec le Christ. J’ai compris que le prier, c’est l’aimer…

    Les gens ont faim de la Parole de Dieu qui apportera la paix, qui apportera l’unité, qui apportera la joie. Mais on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. C’est pour cela qu’il faut approfondir notre vie de prière. Sois sincère dans tes prières. La sincérité, c’est l’humilité, et on n’acquiert l’humilité qu’en acceptant les humiliations. Tout ce qui a été dit sur l’humilité ne suffira pas à te l’enseigner. Tout ce que tu as lu sur l’humilité ne suffira pas à te l’enseigner. On n’apprend l’humilité qu’en acceptant les humiliations, et tu rencontreras l’humiliation tout au long de ta vie. La plus grande des humiliations est de savoir qu’on n’est rien ; voilà ce qu’on apprend lorsqu’on se retrouve face à Dieu dans la prière.

    Souvent un regard profond et fervent sur le Christ constitue la meilleure des prières : je le regarde et il me regarde. Dans le face-à-face avec Dieu, on ne peut que savoir qu’on n’est rien et qu’on n’a rien.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    No Greater Love, p. 3s

     

     

     

  • « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

    Jésus ! (…) Quelle n’est pas votre humilité, ô divin Roi de Gloire, de vous soumettre à tous vos prêtres sans faire aucune distinction entre ceux qui vous aiment et ceux qui sont, hélas ! tièdes ou froids dans votre service. À leur appel vous descendez du ciel ; ils peuvent avancer, retarder l’heure du saint sacrifice, toujours vous êtes prêt. Ô mon Bien-Aimé, sous le voile de la blanche hostie, que vous m’apparaissez doux et humble de cœur ! (Mt 11,29) Pour m’enseigner l’humilité vous ne pouvez vous abaisser davantage ; aussi je veux, afin de répondre à votre amour, désirer que mes sœurs me mettent toujours à la dernière place et bien me persuader que cette place est la mienne. (…)

    Je le sais, ô mon Dieu, vous abaissez l’âme orgueilleuse, mais à celle qui s’humilie vous donnez une éternité de gloire ; je veux donc me mettre au dernier rang, partager vos humiliations afin « d’avoir part avec vous » (Jn 13,8) dans le royaume des Cieux.

    Mais, Seigneur, ma faiblesse vous est connue ; chaque matin je prends la résolution de pratiquer l’humilité et le soir je reconnais que j’ai commis encore bien des fautes d’orgueil. À cette vue je suis tentée de me décourager mais, je le sais, le découragement est aussi de l’orgueil. Je veux donc, ô mon Dieu, fonder sur vous seul mon espérance ; puisque vous pouvez tout, daignez faire naître en mon âme la vertu que je désire. Pour obtenir cette grâce de votre infinie miséricorde je vous répéterai bien souvent : « Ô Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre ! »

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)