Étiquette : humilité

  • Goutte

    cascade

    Vous êtes le symbole d’une nouvelle cascade qui arrosera nombre de plaines et permettra la floraison et l’élévation de la nature, des plantes et des fleurs. Vous serez à la source de ce jardin, du renouveau de ce jardin et chaque goutte de votre amour sera aussi un parfum spécifique qui emplira le coeur, et emplira l’âme de tous ceux qui passeront à vos côtés. Regardez bien cette cascade, elle tombe, c’est une eau fraîche transparente. Tout le long de son cours, elle n’est qu’espérance, elle n’est que développement. Sans bruit, elle coule et intensifie tous les végétaux. Elle est cette sève qui fait fleurir, qui fait grandir qui donne explosion à la nature. Vous êtes ces petites gouttes qui permettent l’enrichissement de la nature.

    A vous par ces gouttelettes de rafraichir et d’apporter à tous une humilité, un sentiment d’amour inexplicable mais tellement quantifiable dans la chaleur de chacun.

    Marie Mère des hommes – février 2014

     

     

     

  • La gratuité de Dieu

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    Dieu nous sauve gratuitement. Il n’attend pas de nous des mérites, des efforts… La morale chrétienne, les bonnes actions que nous pouvons faire ne sont pas des conditions préalables à la bonté de Dieu, c’est un remerciement de notre part à Dieu. C’est parce que nous sommes sauvés que nous avons envie de remercier Dieu enétant le plus justes possible, et pas l’inverse, comme on le pense souvent. Ce n’est pas très neuf, l’Evangile le dit volontiers.
    Jésus dit : « Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé« . Jn, 3. C’est écrit noir sur blanc. Et plus loin, au chapitre 17, alors que Pierre vient de le trahir et que Judas vient de le vendre, Jésus dit à son Père : « Ils ont gardé ta Parole », il prend leur défense. Il nous fait confiance, il est sûr de nous alors même que nous ne sommes pas sûrs de lui. (…)
    La gratuité de Dieu, cela veut dire que c’est pour rien. Vous n’aimez pas vos enfants pour qu’ils prennent soin de vous plus tard, quand vous serez vieux. Vous les aimez pour rien, parce qu’ils sont là et que leur existence justifie la vôtre. Je pense que l’amour de Dieu est du même ordre, sans condition. La meilleure preuve, c’est qu’il choisit d’être du côté des coupables pour que tous les coupables puissent croire que l’amour de Dieu pour les coupables est sans condition. [La gratuité de Dieu] est plus tangible qu’ailleurs dans l’univers carcéral. Je ne suis pas aumônier, à chacun sa place, mais je suis convaincue que des gens font un chemin de vérité en prison, s’ils sont accompagnés et s’ils ont une relation possible avec une personne de confiance, qui peut être l’aumônier, un soignant, une personne de leur famille. Des gens font un chemin de vérité, et ce chemin a clairement quelque chose à voir avec l’Evangile, et certains savent très bien que le Christ est de leur côté, du côtédes coupables, d’autant plus qu’eux-mêmes sont coupables.
    Quand on voit des gens grandir, s’épanouir, être heureux, on est témoin de la grâce de Dieu qui les aide à vivre. Même en prison. Dans et hors de la prison, il y a les mêmes gens.
    La grâce de Dieu, c’est très simple. C’est accepter d’être accepté par Dieu. Cela demande beaucoup d’humilité. Etre simple, être ce qu’on est, ne pas vouloir être autre chose que ce qu’on est, profiter de la présence des autres, d’être là avec eux, sans se projeter dans ce qu’on va faire demain, sans regretter ce qu’on a fait hier. Une attitude de l’ordre de la reconnaissance et de l’émerveillement. […] Le mot-clé, c’est la présence. Quand on est présent aux autres, on est présent à soi-même, et non l’inverse. C’est dans la relation aux autres qu’on est présent à soi-même. Par exemple il ne faut pas attendre de s’aimer soi-même pour aimer les autres. C’est en aimant l’autre qu’on aura quelque chance de s’aimer soi-même.
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    Anne Lécu, dominicaine, théologienne, médecin de prison, répond aux questions de Sophie de Villeneuve dans l’émission « Mille questions à la foi » sur Radio Notre-Dame. 
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  • Lettre de saint Jacques 4,1-10.

    imagesrères, d’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous? N’est-ce pas justement de tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-mêmes?
    Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre.
    Vous n’obtenez rien parce que vous ne priez pas ; vous priez, mais vous ne recevez rien parce que votre prière est mauvaise : vous demandez des richesses pour satisfaire vos instincts.
    Créatures adultères ! Vous savez bien que l’amour pour les choses du monde est hostilité contre Dieu ; donc celui qui veut aimer les choses du monde se pose en ennemi de Dieu.
    Vous pensez bien que l’Écriture ne parle pas pour rien quand elle dit : Dieu veille jalousement sur l’Esprit qu’il a fait habiter en nous.
    Mais il nous donne une grâce plus grande encore ; c’est ce que dit l’Écriture : Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce.
    Soumettez-vous donc à Dieu, et résistez au démon : il s’enfuira loin de vous.
    Approchez-vous de Dieu, et lui s’approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; hommes partagés, purifiez vos cœurs.
    Affligez-vous, lamentez-vous et pleurez ; que votre rire se change en lamentations et votre joie en tristesse.
    Abaissez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera.

     

     

     

     

  • « Tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. »

    TOURNESOLAussi longtemps que nous vivrons, quand en notre folie nous tournons notre regard vers ce qui est réprouvé, notre Seigneur Dieu nous touche avec tendresse et nous appelle avec une grande joie, en disant en notre âme : « Laisse là ce que tu aimes, mon enfant très cher. Tourne-toi vers moi ; je suis tout ce que tu veux. Réjouis-toi dans ton sauveur et dans ton salut. » Je suis sûre que l’âme perspicace par la grâce verra et sentira que notre Seigneur opère ainsi en nous. Car si cette œuvre concerne l’humanité en général, tout homme en particulier n’en est pas exclu…

    Qui plus est, Dieu a éclairé spécialement mon intelligence et m’a enseigné sur la façon dont il opère les miracles : « On sait que j’ai accompli déjà ici-bas beaucoup de miracles, éclatants et merveilleux, glorieux et grands. Ce que j’ai fait alors, je le fais encore continuellement, et je le ferai dans les temps à venir. » Nous savons que tout miracle est précédé par des souffrances, des angoisses, des tribulations. C’est pour que nous prenions conscience de notre faiblesse et des sottises que nous commettons à cause de notre péché et, par là, pour que nous devenions humbles et criions à Dieu, implorant son secours et sa grâce. Les miracles surgissent ensuite ; ils proviennent de la haute puissance, sagesse et bonté de Dieu et révèlent sa force et les joies du ciel, autant que cela est possible en cette vie passagère. Ainsi notre foi se fortifie et notre espérance grandit dans l’amour. Voilà pourquoi il plaît à Dieu d’être connu et glorifié par des miracles. Il veut que nous ne soyons pas accablés par la tristesse et les tempêtes qui s’abattent sur nous ; il en est toujours ainsi avant les miracles !

    Julienne de Norwich (1342-après 1416), recluse anglaise
    Révélations de l’amour divin, ch. 36

     

     

     

     

  • « Je te salue, comblée-de-grâce. »

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    « Si tu savais le don de Dieu », disait un soir le Christ à la Samaritaine (Jn 4,10). Mais quel est-il, ce don de Dieu, si ce n’est lui-même ? Et, nous dit le disciple bien-aimé : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1,11). Saint Jean Baptiste pourrait dire encore à bien des âmes cette parole de reproche : « Il y en a un, au milieu de vous — en vous — que vous ne connaissez pas » (Jn 1,26; cf Lc 17,21).

    « Si tu savais le don de Dieu. » Il est une créature qui connut ce don de Dieu, une créature qui n’en perdit pas une parcelle, une créature qui fut si pure, si lumineuse, qu’elle semble être la Lumière elle-même : « Speculum justitiae / Miroir de justice ». Une créature dont la vie fut si simple, si perdue en Dieu que l’on ne peut presque rien en dire.

    « Virgo fidelis » : c’est la Vierge fidèle, « celle qui gardait toutes choses en son cœur » (Lc 2,19.51). Elle se tenait si petite, si recueillie en face de Dieu, dans le secret du Temple, qu’elle attirait les complaisances de la Trinité sainte : « Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante, désormais toutes les générations m’appelleront bienheureuse ! » (Lc 1,48). Le Père se penchant vers cette créature si belle, si ignorante de sa beauté, voulut qu’elle soit la mère dans le temps de celui dont il est le Père dans l’éternité. Alors l’Esprit d’amour qui préside à toutes les opérations de Dieu survint ; la Vierge dit son fiat : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole », et le plus grand des mystères fut accompli. Et par la descente du Verbe en elle Marie fut pour toujours la proie de Dieu.

    Bienheureuse Élisabeth de la Trinité (1880-1906), carmélite
    Le Ciel dans la foi (Première retraite), dixième jour (OC, Cerf 1979-80, p. 123)

     

     

     

     

  • « Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de préparer votre défense. »

    enluminure-l-amour-de-dieu-a-ete-rependu-dans-nos-coeurs-carte.netÔ amour puissant de mon Dieu ! Qu’il est bien vrai que rien n’est impossible à celui qui aime. Heureux celui qui jouit d’une telle paix de la part de son Dieu, qui domine toutes les souffrances et tous les périls du monde. Il n’en redoute aucun, dès qu’il s’agit de servir un tel Maître, et il a bien raison… Une pensée s’offre à moi qui s’applique aux personnes naturellement craintives et peu courageuses… Même lorsqu’elles sont réellement élevées à l’état dont je parle, leur faible nature s’effraie. Il faut alors bien prendre garde, parce que cette faiblesse naturelle pourrait nous faire perdre une magnifique couronne.

    Quand vous sentirez, mes filles, ces atteintes de la crainte, recourez à la foi et à l’humilité ; et, fortifiées par la conviction que rien n’est impossible à Dieu (Lc 1,37), abordez votre tâche. Il a bien pu fortifier tant de jeunes saintes, qu’il a rendues capables d’endurer tous les tourments qu’elles s’étaient déterminées à supporter pour lui !

    Ce qu’il demande, c’est une détermination qui le rende maître de notre libre arbitre, car de nos efforts il n’a nul besoin. Notre Seigneur se plaît au contraire à faire resplendir ses merveilles chez les plus faibles de ses créatures, parce qu’il peut alors plus librement déployer son pouvoir et satisfaire son désir de nous accorder ses bienfaits…

    Laissez de côté les objections de votre raison, et méprisez votre faiblesse. Celle-ci ne ferait que grandir si vous vous arrêtiez à réfléchir si vous réussirez ou non… Ce n’est pas le moment de songer à vos péchés; laissez-les de côté. Cette humilité n’est plus de mise, elle est tout à fait hors de propos… Soyez certaines que le Seigneur n’abandonne jamais ceux qui l’aiment et qui encourent des risques pour lui seul.

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
    Pensées sur l’amour de Dieu, ch. 3, 4-6 LN/C (trad. OC, Cerf 1995, p. 929)

     

     

  • Être levain dans la pâte

    Est-il rien de plus dérisoire qu’un chrétien qui ne se soucie pas des autres ? Ne prends pas comme prétexte ta pauvreté : la veuve qui a mis deux petites pièces dans le tronc du Temple (Mc 12,42) se lèverait contre toi ; Pierre aussi, qui disait au boiteux : « Je n’ai ni or ni argent » (Ac 3,6), et Paul, si pauvre qu’il avait souvent faim. N’objecte pas ta condition sociale, car les apôtres étaient humbles aussi et de basse condition. N’invoque pas ton ignorance, car ils étaient des hommes sans lettres. Même si tu étais esclave ou fugitif, tu pourrais toujours faire ce qui dépend de toi. Tel était Onésime dont Paul fait l’éloge (Phl; Col 4,9). Serais-tu de santé fragile ? Timothée l’était aussi. Oui, qui que nous soyons, n’importe qui peut être utile à son prochain, s’il veut vraiment faire ce qu’il peut.

    Vois-tu combien les arbres de la forêt sont vigoureux, beaux, élancés ? Et cependant, dans nos jardins, nous préférons des arbres fruitiers ou des oliviers couverts de fruits. De beaux arbres stériles…, tels sont les hommes qui ne considèrent que leur propre intérêt…

    Si le levain ne fait pas lever la pâte, il n’est pas un vrai ferment. Si un parfum n’embaume pas ceux qui approchent, pouvons-nous l’appeler un parfum ? Ne dis donc pas qu’il est impossible d’avoir une bonne influence sur les autres, car si tu es vraiment chrétien, il est impossible qu’il ne se passe rien ; cela fait partie de l’essence même du chrétien… Il serait aussi contradictoire de dire qu’un chrétien ne peut pas être utile à son prochain que de dénier au soleil la possibilité d’éclairer et de réchauffer.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur les Actes des apôtres, n° 20 (trad. cf AELF)

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  • La foi des humbles serviteurs, de l’humble servante

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    Trouver également Dieu dans les plus petites choses et les communes comme dans les grandes, c’est avoir une foi non commune, mais grande et extraordinaire. Se contenter du moment présent, c’est de goûter et d’adorer la volonté divine dans tout ce qui se rencontre à souffrir et à faire, ce qui compose par leurs successions le moment présent. Ces âmes simples, par la vivacité de leur foi, adorent Dieu également dans les états les plus humiliants ; rien ne le dérobe à l’œil perçant de leur foi… Rien ne les étonne, ne les dégoûte.

    Marie verra fuir les apôtres, elle demeurera constamment au pied de la croix et elle reconnaîtra son fils quelque défiguré qu’il soit par les crachats et les plaies… La vie de la foi n’est qu’une poursuite continuelle de Dieu au travers de ce qui le déguise, le défigure, le détruit pour ainsi dire et l’anéantit. Voici encore Marie depuis l’étable jusqu’au Calvaire : elle trouve toujours un Dieu que tout le monde méconnaît, abandonne et persécute. De même, les âmes de foi outrepassent une suite continuelle de morts, de voiles, d’ombres et d’apparences qui font effort pour rendre la volonté de Dieu méconnaissable ; ces âmes la poursuivent et l’aiment jusqu’à la mort de la croix. Elles savent qu’il faut toujours laisser les ombres pour courir après ce divin soleil ; depuis son lever jusqu’à son coucher, quelques soient les nuées sombres et épaisses qui le cachent, il éclaire, réchauffe et embrase les cœurs fidèles qui le bénissent, le louent, le contemplent.

    Jean-Pierre de Caussade (1675-1751), jésuite
    Abandon à la providence divine, ch. 9, 122 (français légèrement modernisé)

     

     

     

     

  • « Laissez les enfants venir à moi ! »

    Le Christ aime l’enfance qu’il a d’abord assumée dans son âme comme dans son corps. Le Christ aime l’enfance, qui enseigne l’humilité, qui est la norme de l’innocence, le modèle de la douceur. Le Christ aime l’enfance : vers elle il oriente la conduite des adultes, vers elle il ramène les vieillards, il attire à son propre exemple ceux qu’il élève au royaume éternel.

    Mais pour comprendre comment il est possible de parvenir à une conversion si admirable, et par quelle transformation il nous faut revenir à une attitude d’enfants, laissons saint Paul nous instruire et nous dire : « Pour ce qui du bons sens, ne soyez pas des enfants, mais soyez de petits enfants pour ce qui est de la malice » (1Co 14,20). Il ne s’agit donc pas pour nous de revenir aux jeux de l’enfance, ni aux maladresses des débuts, mais de lui prendre quelque chose qui convient aux années de la maturité, c’est-à-dire apaiser rapidement les agitations intérieures, retrouver vite le calme, oublier totalement les offenses, être complètement indifférent aux honneurs, aimer se retrouver ensemble, garder l’égalité d’humeur comme étant naturelle. En effet, c’est un grand bien que de ne pas savoir nuire et ne pas avoir de goût pour le mal…; ne rendre à personne le mal pour le mal (Rm 12,17), c’est la paix intérieure des enfants qui convient aux chrétiens… C’est cette forme d’humilité que nous enseigne le Sauveur enfant quand il a été adoré par les mages.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
    Sermon 7 pour l’Épiphanie, 3 4 ; SC 22 bis, PL 54, 258 (trad. cf Orval et SC, p. 281)

     

     

     

  • Suivons les mages

    Levons-nous, à l’exemple des mages. Laissons tout le monde se troubler ; mais nous, courons avec joie à la demeure de l’enfant. Si les rois ou les peuples s’efforcent de nous barrer le chemin, peu importe, ne ralentissons pas notre ferveur, repoussons tous les maux qui nous menacent. S’ils n’avaient pas vu l’enfant, les mages n’auraient pas échappé au danger qu’ils couraient de la part du roi Hérode. Avant d’avoir eu le bonheur de le contempler, ils étaient assiégés par la crainte, entourés de périls, plongés dans le trouble ; après qu’ils l’ont adoré, le calme et la sécurité se sont établis dans leur cœur…

    Laissons donc là, nous aussi, une ville en désordre, un despote assoiffé de sang, toutes les richesses de ce monde, et venons à Bethléem, la « maison du pain » spirituel. Si tu es berger, viens seulement, et tu verras l’enfant dans l’étable. Si tu es roi, tes vêtements fastueux, tout l’éclat de ta dignité, ne te serviront de rien si tu ne viens pas. Si tu es homme de science comme les mages, toutes tes connaissances ne te sauveront pas si tu ne viens pas montrer ton respect. Si tu es un étranger ou même un barbare, tu seras admis à la cour de ce roi… Il suffit de venir avec frayeur et avec joie, ces deux sentiments qui habitent un cœur vraiment chrétien…

    Avant d’adorer cet enfant, décharge-toi de tout ce qui t’encombre. Si tu es riche, dépose ton or à ses pieds, c’est-à-dire, donne-le aux pauvres. Ces étrangers sont venus de si loin pour contempler ce nouveau-né ; comment pourrais-tu…refuser de faire quelques pas pour visiter un malade ou un prisonnier ?… Les mages ont offert leurs trésors à Jésus, et toi, tu n’as même pas un morceau de pain à lui donner ? (Mt 25,35s) Quand ils ont vu l’étoile, leur cœur a été rempli de joie ; tu vois le Christ dans les pauvres, manquant de tout, et tu passes outre, tu n’es pas ému ?

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°7, 5

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