Étiquette : humilité

  • « Je te salue, comblée-de-grâce. »

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    « Si tu savais le don de Dieu », disait un soir le Christ à la Samaritaine (Jn 4,10). Mais quel est-il, ce don de Dieu, si ce n’est lui-même ? Et, nous dit le disciple bien-aimé : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1,11). Saint Jean Baptiste pourrait dire encore à bien des âmes cette parole de reproche : « Il y en a un, au milieu de vous — en vous — que vous ne connaissez pas » (Jn 1,26; cf Lc 17,21).

    « Si tu savais le don de Dieu. » Il est une créature qui connut ce don de Dieu, une créature qui n’en perdit pas une parcelle, une créature qui fut si pure, si lumineuse, qu’elle semble être la Lumière elle-même : « Speculum justitiae / Miroir de justice ». Une créature dont la vie fut si simple, si perdue en Dieu que l’on ne peut presque rien en dire.

    « Virgo fidelis » : c’est la Vierge fidèle, « celle qui gardait toutes choses en son cœur » (Lc 2,19.51). Elle se tenait si petite, si recueillie en face de Dieu, dans le secret du Temple, qu’elle attirait les complaisances de la Trinité sainte : « Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante, désormais toutes les générations m’appelleront bienheureuse ! » (Lc 1,48). Le Père se penchant vers cette créature si belle, si ignorante de sa beauté, voulut qu’elle soit la mère dans le temps de celui dont il est le Père dans l’éternité. Alors l’Esprit d’amour qui préside à toutes les opérations de Dieu survint ; la Vierge dit son fiat : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole », et le plus grand des mystères fut accompli. Et par la descente du Verbe en elle Marie fut pour toujours la proie de Dieu.

    Bienheureuse Élisabeth de la Trinité (1880-1906), carmélite
    Le Ciel dans la foi (Première retraite), dixième jour (OC, Cerf 1979-80, p. 123)

     

     

     

     

  • « Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de préparer votre défense. »

    enluminure-l-amour-de-dieu-a-ete-rependu-dans-nos-coeurs-carte.netÔ amour puissant de mon Dieu ! Qu’il est bien vrai que rien n’est impossible à celui qui aime. Heureux celui qui jouit d’une telle paix de la part de son Dieu, qui domine toutes les souffrances et tous les périls du monde. Il n’en redoute aucun, dès qu’il s’agit de servir un tel Maître, et il a bien raison… Une pensée s’offre à moi qui s’applique aux personnes naturellement craintives et peu courageuses… Même lorsqu’elles sont réellement élevées à l’état dont je parle, leur faible nature s’effraie. Il faut alors bien prendre garde, parce que cette faiblesse naturelle pourrait nous faire perdre une magnifique couronne.

    Quand vous sentirez, mes filles, ces atteintes de la crainte, recourez à la foi et à l’humilité ; et, fortifiées par la conviction que rien n’est impossible à Dieu (Lc 1,37), abordez votre tâche. Il a bien pu fortifier tant de jeunes saintes, qu’il a rendues capables d’endurer tous les tourments qu’elles s’étaient déterminées à supporter pour lui !

    Ce qu’il demande, c’est une détermination qui le rende maître de notre libre arbitre, car de nos efforts il n’a nul besoin. Notre Seigneur se plaît au contraire à faire resplendir ses merveilles chez les plus faibles de ses créatures, parce qu’il peut alors plus librement déployer son pouvoir et satisfaire son désir de nous accorder ses bienfaits…

    Laissez de côté les objections de votre raison, et méprisez votre faiblesse. Celle-ci ne ferait que grandir si vous vous arrêtiez à réfléchir si vous réussirez ou non… Ce n’est pas le moment de songer à vos péchés; laissez-les de côté. Cette humilité n’est plus de mise, elle est tout à fait hors de propos… Soyez certaines que le Seigneur n’abandonne jamais ceux qui l’aiment et qui encourent des risques pour lui seul.

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
    Pensées sur l’amour de Dieu, ch. 3, 4-6 LN/C (trad. OC, Cerf 1995, p. 929)

     

     

  • Être levain dans la pâte

    Est-il rien de plus dérisoire qu’un chrétien qui ne se soucie pas des autres ? Ne prends pas comme prétexte ta pauvreté : la veuve qui a mis deux petites pièces dans le tronc du Temple (Mc 12,42) se lèverait contre toi ; Pierre aussi, qui disait au boiteux : « Je n’ai ni or ni argent » (Ac 3,6), et Paul, si pauvre qu’il avait souvent faim. N’objecte pas ta condition sociale, car les apôtres étaient humbles aussi et de basse condition. N’invoque pas ton ignorance, car ils étaient des hommes sans lettres. Même si tu étais esclave ou fugitif, tu pourrais toujours faire ce qui dépend de toi. Tel était Onésime dont Paul fait l’éloge (Phl; Col 4,9). Serais-tu de santé fragile ? Timothée l’était aussi. Oui, qui que nous soyons, n’importe qui peut être utile à son prochain, s’il veut vraiment faire ce qu’il peut.

    Vois-tu combien les arbres de la forêt sont vigoureux, beaux, élancés ? Et cependant, dans nos jardins, nous préférons des arbres fruitiers ou des oliviers couverts de fruits. De beaux arbres stériles…, tels sont les hommes qui ne considèrent que leur propre intérêt…

    Si le levain ne fait pas lever la pâte, il n’est pas un vrai ferment. Si un parfum n’embaume pas ceux qui approchent, pouvons-nous l’appeler un parfum ? Ne dis donc pas qu’il est impossible d’avoir une bonne influence sur les autres, car si tu es vraiment chrétien, il est impossible qu’il ne se passe rien ; cela fait partie de l’essence même du chrétien… Il serait aussi contradictoire de dire qu’un chrétien ne peut pas être utile à son prochain que de dénier au soleil la possibilité d’éclairer et de réchauffer.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur les Actes des apôtres, n° 20 (trad. cf AELF)

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  • La foi des humbles serviteurs, de l’humble servante

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    Trouver également Dieu dans les plus petites choses et les communes comme dans les grandes, c’est avoir une foi non commune, mais grande et extraordinaire. Se contenter du moment présent, c’est de goûter et d’adorer la volonté divine dans tout ce qui se rencontre à souffrir et à faire, ce qui compose par leurs successions le moment présent. Ces âmes simples, par la vivacité de leur foi, adorent Dieu également dans les états les plus humiliants ; rien ne le dérobe à l’œil perçant de leur foi… Rien ne les étonne, ne les dégoûte.

    Marie verra fuir les apôtres, elle demeurera constamment au pied de la croix et elle reconnaîtra son fils quelque défiguré qu’il soit par les crachats et les plaies… La vie de la foi n’est qu’une poursuite continuelle de Dieu au travers de ce qui le déguise, le défigure, le détruit pour ainsi dire et l’anéantit. Voici encore Marie depuis l’étable jusqu’au Calvaire : elle trouve toujours un Dieu que tout le monde méconnaît, abandonne et persécute. De même, les âmes de foi outrepassent une suite continuelle de morts, de voiles, d’ombres et d’apparences qui font effort pour rendre la volonté de Dieu méconnaissable ; ces âmes la poursuivent et l’aiment jusqu’à la mort de la croix. Elles savent qu’il faut toujours laisser les ombres pour courir après ce divin soleil ; depuis son lever jusqu’à son coucher, quelques soient les nuées sombres et épaisses qui le cachent, il éclaire, réchauffe et embrase les cœurs fidèles qui le bénissent, le louent, le contemplent.

    Jean-Pierre de Caussade (1675-1751), jésuite
    Abandon à la providence divine, ch. 9, 122 (français légèrement modernisé)

     

     

     

     

  • « Laissez les enfants venir à moi ! »

    Le Christ aime l’enfance qu’il a d’abord assumée dans son âme comme dans son corps. Le Christ aime l’enfance, qui enseigne l’humilité, qui est la norme de l’innocence, le modèle de la douceur. Le Christ aime l’enfance : vers elle il oriente la conduite des adultes, vers elle il ramène les vieillards, il attire à son propre exemple ceux qu’il élève au royaume éternel.

    Mais pour comprendre comment il est possible de parvenir à une conversion si admirable, et par quelle transformation il nous faut revenir à une attitude d’enfants, laissons saint Paul nous instruire et nous dire : « Pour ce qui du bons sens, ne soyez pas des enfants, mais soyez de petits enfants pour ce qui est de la malice » (1Co 14,20). Il ne s’agit donc pas pour nous de revenir aux jeux de l’enfance, ni aux maladresses des débuts, mais de lui prendre quelque chose qui convient aux années de la maturité, c’est-à-dire apaiser rapidement les agitations intérieures, retrouver vite le calme, oublier totalement les offenses, être complètement indifférent aux honneurs, aimer se retrouver ensemble, garder l’égalité d’humeur comme étant naturelle. En effet, c’est un grand bien que de ne pas savoir nuire et ne pas avoir de goût pour le mal…; ne rendre à personne le mal pour le mal (Rm 12,17), c’est la paix intérieure des enfants qui convient aux chrétiens… C’est cette forme d’humilité que nous enseigne le Sauveur enfant quand il a été adoré par les mages.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
    Sermon 7 pour l’Épiphanie, 3 4 ; SC 22 bis, PL 54, 258 (trad. cf Orval et SC, p. 281)

     

     

     

  • Suivons les mages

    Levons-nous, à l’exemple des mages. Laissons tout le monde se troubler ; mais nous, courons avec joie à la demeure de l’enfant. Si les rois ou les peuples s’efforcent de nous barrer le chemin, peu importe, ne ralentissons pas notre ferveur, repoussons tous les maux qui nous menacent. S’ils n’avaient pas vu l’enfant, les mages n’auraient pas échappé au danger qu’ils couraient de la part du roi Hérode. Avant d’avoir eu le bonheur de le contempler, ils étaient assiégés par la crainte, entourés de périls, plongés dans le trouble ; après qu’ils l’ont adoré, le calme et la sécurité se sont établis dans leur cœur…

    Laissons donc là, nous aussi, une ville en désordre, un despote assoiffé de sang, toutes les richesses de ce monde, et venons à Bethléem, la « maison du pain » spirituel. Si tu es berger, viens seulement, et tu verras l’enfant dans l’étable. Si tu es roi, tes vêtements fastueux, tout l’éclat de ta dignité, ne te serviront de rien si tu ne viens pas. Si tu es homme de science comme les mages, toutes tes connaissances ne te sauveront pas si tu ne viens pas montrer ton respect. Si tu es un étranger ou même un barbare, tu seras admis à la cour de ce roi… Il suffit de venir avec frayeur et avec joie, ces deux sentiments qui habitent un cœur vraiment chrétien…

    Avant d’adorer cet enfant, décharge-toi de tout ce qui t’encombre. Si tu es riche, dépose ton or à ses pieds, c’est-à-dire, donne-le aux pauvres. Ces étrangers sont venus de si loin pour contempler ce nouveau-né ; comment pourrais-tu…refuser de faire quelques pas pour visiter un malade ou un prisonnier ?… Les mages ont offert leurs trésors à Jésus, et toi, tu n’as même pas un morceau de pain à lui donner ? (Mt 25,35s) Quand ils ont vu l’étoile, leur cœur a été rempli de joie ; tu vois le Christ dans les pauvres, manquant de tout, et tu passes outre, tu n’es pas ému ?

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°7, 5

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  • « Marie se leva et partit en hâte pour la montagne. »

    Il est normal que tous ceux qui veulent qu’on les croie donnent des raisons de croire. C’est pourquoi l’ange…a annoncé à Marie, la vierge, qu’une femme âgée et stérile devenait mère, montrant ainsi que Dieu peut faire tout ce qui lui plaît. Dès que Marie l’a appris, elle est partie vers les montagnes — non par manque de foi en la prophétie, ni par incertitude devant cette annonce, ni par doute…, mais dans l’allégresse de son désir, pour remplir un devoir religieux, dans l’empressement de la joie. Désormais remplie de Dieu, comment pouvait-elle ne pas s’élever en hâte vers les hauteurs ? Des raisonnements lents sont étrangers à la grâce de l’Esprit Saint.

    Jusque-là Marie vivait seule, retirée du monde extérieur : elle n’a pas été retenue par sa pudeur de partir en public, ni par les escarpements des montagnes de réaliser son dessein, ni par la longueur du chemin du service à rendre. Cette vierge se hâte vers les hauteurs, une vierge qui pense à servir et qui oublie sa peine ; la charité fait sa force…; elle quitte sa maison et elle part… Vous avez appris la délicatesse de Marie ; apprenez aussi son humilité. La cadette vient vers l’aînée…, ce qui est supérieur vient à ce qui est inférieure : Marie à Élisabeth, le Christ à Jean, comme plus tard le Seigneur viendra se faire baptiser par Jean pour consacrer le baptême. Et tout de suite se manifestent les bienfaits de l’arrivée de Marie et de la présence du Seigneur, car « dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein et elle fut remplie de l’Esprit Saint »… Les deux femmes parlent de la grâce qui leur est faite ; les deux enfants réalisent cette grâce et entraînent leurs mères dans ce mystère de la miséricorde.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Luc, II,19s ; SC 45 (trad. SC, p. 81s rev.)

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  • Se faire violence pour devenir la demeure du Seigneur

    Celui qui veut s’approcher du Seigneur, être digne de la vie éternelle, devenir la demeure du Christ, être rempli du Saint Esprit, afin de porter les fruits de cet Esprit…doit d’abord croire fermement dans le Seigneur et puis se livrer sans réserve à ses commandements… Il doit se faire violence pour être humble devant tout homme…, comme le dit le Seigneur : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes » (Mt 11,29). De même, il doit s’exercer de toutes ses forces à être habituellement miséricordieux, doux, compatissant et bon, comme le dit le Seigneur : « Soyez bons et doux comme votre Père céleste est compatissant » (Lc 6,36; Mt 5,48). Et encore : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jn 14,15). Et « Faites-vous violence, car ce sont les violents qui s’emparent du Royaume des cieux ». Et « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite » (Lc 13,24). En tout, il doit prendre modèle sur l’humilité, la conduite, la douceur, la manière de vivre du Seigneur…

    Qu’il persévère dans la prière, qu’il demande sans se lasser que le Seigneur vienne et demeure en lui, le restaure et lui donne la force d’observer tous ses commandements, et que le Sauveur devienne lui-même la demeure de son âme. Et alors, ce qu’il accomplit en se faisant violence, sans l’inclination de la nature, il l’accomplira de bon gré, parce qu’il s’habituera complètement au bien, se souviendra sans cesse du Seigneur et l’attendra avec un grand amour. Quand le Seigneur verra une telle résolution…, il aura pitié de lui, le délivrera de ses ennemis et du péché qui habite en lui, et le remplira du Saint Esprit. Et ainsi, désormais, il observera tous les commandements du Seigneur en toute vérité, sans violence ni fatigue — ou plutôt, ce sera le Seigneur lui-même qui accomplira en lui ses propres préceptes et il produira en toute pureté les fruits de l’Esprit (cf Ga 5,22).

    Attribué à saint Macaire d’Égypte (?-405), moine
    Homélies spirituelles, n°19 (trad. coll. Spi. Or. n°40, Bellefontaine, p. 224)

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  • « Elle a donné tout ce qu’elle avait pour vivre. »

    Que vous êtes divinement bon, mon Dieu ! Si vous aviez appelé d’abord les riches, les pauvres n’auraient pas osé s’approcher de vous ; ils se seraient crus obligés de rester à l’écart à cause de leur pauvreté ; ils vous auraient regardé de loin, laissant les riches vous entourer. Mais vous avez appelé à vous tout le monde, tout le monde : les pauvres, puisque vous leur montrez par là, jusqu’à la fin des siècles, qu’ils sont les premiers appelés, les favoris, les privilégiés ; les riches, car d’une part, ils ne sont pas timides, de l’autre il dépend d’eux de devenir aussi pauvres que les bergers. En une minute, s’ils veulent, s’ils ont le désir d’être semblables à vous, s’ils craignent que leurs richesses les écartent de vous, ils peuvent devenir parfaitement pauvres.

    Que vous êtes bon ! Comme vous avez pris le bon moyen pour appeler d’un seul coup autour de vous tous vos enfants, sans aucune exception ! Et quel baume vous avez mis jusqu’à la fin des siècles au cœur des pauvres, des petits, des dédaignés du monde, en leur montrant dès votre naissance qu’ils sont vos privilégiés, vos favoris, les premiers appelés — les toujours appelés autour de vous qui avez voulu être un des leurs et être dès votre berceau et toute votre vie entouré par eux.

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
    Méditations sur les passages des saints évangiles relatifs à quinze vertus, Nazareth 1897-98 ; n°263 (Œuvres Spirituelles, Seuil, 1958, p. 174)

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  • L’humble service

    Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,7-10. 


    ésus disait aux Apôtres :  » Lequel d’entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : ‘Viens vite à table’?
    Ne lui dira-t-il pas plutôt : ‘Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour. ‘
    Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ?
    De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : ‘Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir. ‘ »

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    Avant la venue du Seigneur Jésus, les hommes tiraient gloire d’eux-mêmes. Il est venu comme un homme pour que diminue la gloire de l’homme et que grandisse la gloire de Dieu. Car il est venu sans le péché et nous a trouvés tous pécheurs. S’il est venu pour remettre les péchés, c’est parce que Dieu est miséricordieux : à l’homme donc de le reconnaître. Car l’humilité de l’homme c’est sa reconnaissance, et la grandeur de Dieu, sa miséricorde.

    S’il est venu pardonner à l’homme ses péchés, que l’homme donc prenne conscience de sa petitesse et que Dieu exerce sa miséricorde. « Il faut que lui grandisse et que je diminue » (Jn 3,30). C’est-à-dire : il faut que lui, il donne et que moi, je reçoive. Il faut qu’il ait la gloire et que je la reconnaisse. Que l’homme comprenne où est sa place, qu’il reconnaisse Dieu et entende ce que dit l’apôtre Paul à l’homme superbe et orgueilleux qui prétend s’élever : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Mais si tu as tout reçu, pourquoi t’enorgueillir comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1Co 4,7) Que l’homme qui voulait dire sien ce qui n’est pas à lui comprenne donc qu’il l’a reçu et qu’il se fasse tout petit, car il lui est bon que Dieu soit glorifié en lui. Qu’il se diminue donc en lui-même, afin qu’en lui Dieu grandisse.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermons sur l’évangile de Jean, 14,5 ; CCL 36, 143-144 (trad. Orval rev.)

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