Étiquette : humilité

  • Cœur Immaculée de Marie

    Comme l’obéissance perfectionne toutes mes œuvres, il est nécessaire que, parmi vous autres, il y en ait toujours une qui tienne lieu de supérieure. Ce sera tantôt l’une, tantôt l’autre. Nous en usons ainsi dans les missions ; cela ne vous semble-t-il pas nécessaire ? Que Dieu ait pour agréable la soumission que vous lui faites pour honorer la soumission de son Fils à Saint Joseph et à la Sainte Vierge ! Prenez garde, mes filles, de regarder toujours celle qui vous tiendra lieu de supérieure comme la Sainte Vierge ; voire même voyez Dieu en elle, et vous profiterez plus en un mois, que vous ne feriez en un an sans cela. En obéissant, vous apprendrez la sainte humilité ; et en commandant par obéissance, vous enseignerez les autres utilement. Je vous veux dire, pour vous exciter à la pratique de la sainte obéissance, que, quand Dieu me mit auprès de Madame la générale, je me proposai de lui obéir comme à la Sainte Vierge ; et Dieu sait combien cela m’a fait de bien !

    Saint Vincent de Paul (1581-1660), prêtre, fondateur de communautés religieuses
    Entretiens aux Filles de la Charité, 31/07/1634 (Tome IX, Éd. Gabalda, 1923, p.7 et 8. Conférence du 31 juillet 1634)

     

     

     

  • Le sel de l’humilité

    Si vous voulez être grand, n’en tirez pas orgueil comme le pharisien de la parabole (Lc 18,9s), et alors vous serez vraiment grand. Croyez que vous êtes sans mérite, et alors vous en aurez. Le publicain, lui, s’est reconnu pécheur et ainsi il est devenu juste ; combien plus le juste qui se reconnaît pécheur verra-t-il sa justice et ses mérites s’agrandir ! Car l’humilité fait du pécheur un juste, puisqu’il reconnaît la vérité de sa vie ; et dans l’âme des justes l’humilité véritable agit encore plus puissamment.

    Ne perdez donc pas par la vaine gloire le fruit que vous aurez gagné par vos travaux, le salaire de vos peines, la récompense des labeurs de votre vie. Dieu connaît mieux que vous-même le bien que vous faites. Un simple verre d’eau fraîche sera récompensé. Dieu agrée la plus petite aumône, ou si vous ne pouvez rien donner, même un soupir de compassion. Il accueille tout, se souviendra de tout pour vous le rendre au centuple.

    Cessons donc de compter nos mérites et de les étaler au grand jour. Si nous chantons nos mérites, nous ne serons pas loués par Dieu. Gémissons plutôt sur notre misère, et Dieu nous élèvera aux yeux des autres. Il ne veut pas que le fruit de nos labeurs se perde. Dans son amour ardent il veut couronner nos plus petites actions ; il cherche toutes les occasions pour nous délivrer de la géhenne.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur Saint Matthieu, n° 3

     

     

  • « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous. »

    Certains sont plongés dans l’incertitude par les stigmates de la Passion sur le corps du Christ et se posent la question : « Qui est ce Roi de gloire ? » (Ps 23,7) Réponds-leur que c’est le Christ fort et puissant (v. 8) en tout ce qu’il a toujours fait et qu’il continue de faire… Fais-leur voir la beauté de la robe portée par le corps souffrant du Christ, embelli par la Passion et transfiguré par l’éclat de la divinité, cette robe de gloire qui en fait l’objet le plus beau et le plus digne d’être aimé au monde… Est-il petit du fait qu’il s’est fait humble à cause de toi ? Est-il méprisable du fait que, Bon Berger offrant sa vie pour son troupeau (Jn 10,1), il est venu chercher la brebis égarée, et l’ayant trouvée, la ramène sur ses épaules qui ont porté pour elle la croix, et l’ayant ramenée, l’a mise au nombre des brebis fidèles qui sont restées au bercail ? (Lc 15,4s) Est-ce que tu l’estimes moins grand parce qu’il se ceint d’un linge pour laver les pieds de ses disciples, leur montrant que le plus sûr moyen de s’élever, c’est de s’abaisser ? (Jn 13,4 ;Mt 23,12) parce qu’en inclinant son âme vers la terre il s’abaisse afin de relever avec lui ceux qui plient sous le poids du péché ? Lui reproches-tu d’avoir mangé avec les publicains et les pécheurs pour leur salut ? (Mt 9,10)

    Il a connu la fatigue, la faim, la soif, l’angoisse et les larmes, suivant la loi de notre nature humaine. Mais, comme Dieu, que n’a-t-il pas fait ? … Nous avions besoin d’un Dieu fait homme, devenu mortel, pour pouvoir vivre. Nous avons partagé sa mort qui nous purifie ; par sa mort, il nous donne de partager sa résurrection ; par sa résurrection, il nous donne de partager sa gloire.

    Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l’Église
    Homélie pour la fête de Pâques ; PG 36, 624 (trad. Homéliaire patristique, coll. Lex orandi n°8, p. 223 rev.)

     

     

  • Le mardi de la 2e semaine de Carême

    La providence de Dieu, qui veille à donner à chacun de nous ce qui lui est bon, a mené à nous toutes choses pour nous porter à l’humilité. Car si tu t’enorgueillis des grâces de la providence, celle-ci t’abandonne, et tu retombes… Sache donc qu’il ne t’appartient pas, ni à toi ni à ta vertu, de résister aux tendances mauvaises, mais que seule la grâce te tient dans sa main, pour que tu ne craignes pas… Gémis, pleure, souviens-toi de tes fautes au temps de ton épreuve afin d’être délivré de l’orgueil et d’acquérir l’humilité. Cependant ne désespère pas. Prie Dieu humblement de pardonner tes péchés.

    L’humilité, même sans les œuvres, efface beaucoup de fautes. Mais au contraire les œuvres sans elle ne servent à rien ; elles nous préparent même bien des maux. Obtiens donc par l’humilité le pardon de tes injustices. Ce que le sel est à toute nourriture, l’humilité l’est à toute vertu. Elle peut briser la force de nombreux péchés… Si nous la possédons, elle fait de nous des fils de Dieu, et elle nous mène à Dieu sans même le secours des œuvres bonnes. C’est pourquoi en dehors d’elle toutes nos œuvres sont vaines, sont vaines toutes les vertus, et sont vaines toutes les peines.

    Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
    Discours ascétiques, 1ère série n°49 (trad. DDB 1981, p.273)

     

     

     

  • Comme un enfant

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    Dieu est partout, dans tout, et sans lui nous ne pouvons pas exister. Pas un seul instant, je n’ai douté de son existence mais je sais que certains sont dans le doute. Si vous ne croyez pas en Dieu, vous pouvez déjà aider les autres par des actes inspirés par l’amour, et le fruit de ces œuvres sera les grâces supplémentaires qui descendront dans votre âme. Vous commencerez alors à vous épanouir lentement et vous aspirerez à la joie d’aimer Dieu.

    Il y a tant de religions ! Chacun suit Dieu à sa manière. Moi, je suis la voie du Christ : Jésus est mon Dieu, Jésus est mon Époux, Jésus est mon seul Amour, Jésus est mon Tout en tout, Jésus est tout pour moi.

    C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais peur. Je fais mon travail avec Jésus, je le fais pour lui en le lui dédiant ; c’est pourquoi les résultats sont les siens, pas les miens. Si vous avez besoin d’un guide, vous n’avez qu’à tourner les yeux vers Jésus. Vous devez vous en remettre à lui et compter entièrement sur lui. Quand vous faites cela, le doute se dissipe et l’assurance vous envahit. Mais Jésus a dit : « Si vous ne devenez pas semblables à un enfant, vous ne pouvez pas venir à moi » (Mt 18,3).

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p.65 rev.)

     

     

     

  • Humilité

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    Si l’orgueil nous a fait sortir, l’humilité nous fera rentrer… Comme le médecin, après avoir établi un diagnostic, traite le mal dans sa cause, toi, guéris la source du mal, guéris l’orgueil ; alors il n’y aura plus de mal en toi. Pour guérir ton orgueil le Fils de Dieu est descendu ; il s’est fait humble. Pourquoi t’enorgueillir ? Pour toi Dieu s’est fait humble. Tu rougirais peut-être d’imiter l’humilité d’un homme ; imite au moins l’humilité de Dieu. Le Fils de Dieu s’est fait humble ; il est venu dans l’homme. On t’ordonne, à toi, d’être humble ; on ne te demande pas de devenir une bête. Dieu, lui, s’est fait homme. Toi, homme, connais que tu es homme ; toute ton humilité consiste à te connaître.

    Écoute Dieu qui t’enseigne l’humilité : « Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 6,38). Je suis venu, humble, enseigner l’humilité, comme un maître d’humilité. Celui qui vient à moi s’incorpore à moi ; il devient humble. Celui qui adhère à moi sera humble ; il ne fait pas ma volonté, mais celle de Dieu. Aussi ne sera-t-il pas jeté dehors (Jn 6,37), comme lorsqu’il était orgueilleux.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Traité sur l’Évangile de saint Jean 25, fin 15.16 (tr. alt. Tournay)

     

     

  • Simples

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    (…) Jésus est né dans la pauvreté et la simplicité. Sa mère, Marie, est une femme humble, et Joseph, son époux, un simple artisan. Et les premiers qui pourront contempler le Fils de Dieu fait homme seront aussi des gens simples : les bergers des environs de Bethléem. Cette importance de la simplicité dans la vie de Jésus continuera dans la vie de l’Église et des saints. À Lourdes, la sainte Vierge apparaît à Bernadette, une pauvre jeune fille. À Lisieux, sainte Thérèse, qui n’a pas fait de longues études et qui vit une existence toute simple au carmel, exprimera mieux que personne de profondes vérités théologiques et spirituelles.
    Pour recevoir le message de Jésus, pour pouvoir s’approcher de lui et le connaître, il importe donc d’avoir un cœur simple. Une simplicité qu’il est difficile de décrire exactement avec des mots, mais dont on ressent bien ce qu’elle est en contemplant la sainte Vierge, Joseph, les bergers,… L’important n’est au fond pas tellement la condition sociale ou la richesse, mais l’attitude intérieure. Jésus a dit que pour entrer dans le Royaume, il faut ressembler à un enfant. Ne pas se prendre pour quelqu’un d’important, à qui des choses sont dues, qui a droit à de la considération, qui doit maintenir une certaine image de lui-même. Au contraire, il s’agit de se reconnaître comme un enfant, un enfant de notre Père du Ciel, et de nous abandonner dans ses bras.

    Extrait de la méditation écrite par Frère Jean Marie Fornerod, LC
    « Un coeur simple »
    catholique.org 01/12/2015

     

     

  • L’humilité du Fils de Dieu

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    Celui qui considère ses propres défauts des yeux du cœur doit « s’humilier en vérité sous la puissante main de Dieu ». Aussi, je vous exhorte, vous qui êtes la servante de Dieu, lorsque vous connaîtrez avec certitude vos défauts, à humilier profondément votre âme, et à vous mépriser vous-même. Car « l’humilité est une vertu, dit Saint Bernard, par laquelle l’homme se tient pour vil, grâce à une très exacte connaissance de lui-même ». Par cette humilité, notre Père, le bienheureux François, devint vil à ses propres yeux. Il l’aima et la rechercha depuis les commencements de sa vie religieuse jusqu’à la fin. Pour elle, il quitta le monde, se fit traîner nu dans les rues de la ville, servit les lépreux, confessa ses péchés dans ses prédications et demanda qu’on le couvrît d’opprobres.

    Mais c’est surtout du Fils de Dieu que vous devez apprendre cette vertu. Il dit lui-même : « apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », car, selon le bienheureux Grégoire : « celui qui amasse des vertus sans humilité, lance de la poussière contre le vent ». De même que l’orgueil est le principe de tout péché, de même en effet, l’humilité est le fondement de toutes les vertus.

    Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
    De la vie parfaite, II §1,3,4, (Œuvres spirituelles de Saint Bonaventure, Sté S. François d’Assise, 1931 ; pp.51-52, rev.)

     

     

     

  • « Nous sommes des serviteurs quelconques. »

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    Ne vous souciez pas de chercher la cause des grands problèmes de l’humanité ; contentez-vous de faire ce que vous pouvez faire pour les résoudre en apportant votre aide à ceux qui en ont besoin. Certains me disent qu’en faisant la charité aux autres, nous dédouanons les États de leurs responsabilités envers les nécessiteux et les pauvres. Je ne me tracasse pas pour autant, car ce n’est généralement pas l’amour qu’offrent les États. Je fais simplement tout ce que je peux faire, le reste n’est pas de mon ressort.

    Dieu a été si bon avec nous ! Travailler dans l’amour est toujours un moyen de se rapprocher de lui. Regardez ce que le Christ a fait durant sa vie sur terre ! Il l’a passée à faire le bien (Ac 10,38). Je rappelle à mes sœurs qu’il a passé les trois ans de sa vie publique à soigner les malades, les lépreux, les enfants et d’autres encore. C’est exactement ce que nous faisons en prêchant l’Évangile par nos actions.

    Nous considérons que servir les autres est un privilège et nous essayons à chaque instant de le faire de tout notre cœur. Nous savons bien que notre action n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais sans notre action cette goutte manquerait.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p. 106)

     

     

     

  • « Pardonne-lui ! »

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    L’amour consiste non à sentir qu’on aime, mais à vouloir aimer. Quand on veut aimer, on aime ; quand on veut aimer par-dessus tout, on aime par-dessus tout. S’il arrive qu’on succombe à une tentation, c’est que l’amour est trop faible, ce n’est pas qu’il n’existe pas. Il faut pleurer, comme saint Pierre, se repentir comme saint Pierre…, mais comme lui aussi, dire par trois fois : « Je vous aime, je vous aime, vous savez que malgré mes faiblesses et mes péchés, je vous aime » (Jn 21,15s).

    Quant à l’amour que Jésus a pour nous, il nous l’a assez prouvé pour que nous y croyions sans le sentir. Sentir que nous l’aimons et qu’il nous aime, ce serait le ciel ; le ciel n’est, sauf rares moments et rares exceptions, pas pour ici-bas.

    Racontons-nous souvent la double histoire des grâces que Dieu nous a faites personnellement depuis notre naissance et celle de nos infidélités ; nous y trouverons…de quoi nous perdre dans une confiance sans bornes en son amour. Il nous aime parce qu’il est bon, non parce que nous sommes bons ; les mères n’aiment-elles pas leurs enfants dévoyés ? Et nous trouverons de quoi nous enfoncer dans l’humilité et la défiance de nous. Cherchons à racheter un peu nos péchés par l’amour du prochain, par le bien fait au prochain. La charité envers le prochain, les efforts pour faire du bien aux autres sont un excellent remède à opposer aux tentations : c’est passer de la simple défense à la contre-attaque.

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
    Lettre du 15/07/1916 (Œuvres Spirituelles, Seuil 1958, p. 777)