Étiquette : humilité

  • Simples

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    (…) Jésus est né dans la pauvreté et la simplicité. Sa mère, Marie, est une femme humble, et Joseph, son époux, un simple artisan. Et les premiers qui pourront contempler le Fils de Dieu fait homme seront aussi des gens simples : les bergers des environs de Bethléem. Cette importance de la simplicité dans la vie de Jésus continuera dans la vie de l’Église et des saints. À Lourdes, la sainte Vierge apparaît à Bernadette, une pauvre jeune fille. À Lisieux, sainte Thérèse, qui n’a pas fait de longues études et qui vit une existence toute simple au carmel, exprimera mieux que personne de profondes vérités théologiques et spirituelles.
    Pour recevoir le message de Jésus, pour pouvoir s’approcher de lui et le connaître, il importe donc d’avoir un cœur simple. Une simplicité qu’il est difficile de décrire exactement avec des mots, mais dont on ressent bien ce qu’elle est en contemplant la sainte Vierge, Joseph, les bergers,… L’important n’est au fond pas tellement la condition sociale ou la richesse, mais l’attitude intérieure. Jésus a dit que pour entrer dans le Royaume, il faut ressembler à un enfant. Ne pas se prendre pour quelqu’un d’important, à qui des choses sont dues, qui a droit à de la considération, qui doit maintenir une certaine image de lui-même. Au contraire, il s’agit de se reconnaître comme un enfant, un enfant de notre Père du Ciel, et de nous abandonner dans ses bras.

    Extrait de la méditation écrite par Frère Jean Marie Fornerod, LC
    « Un coeur simple »
    catholique.org 01/12/2015

     

     

  • L’humilité du Fils de Dieu

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    Celui qui considère ses propres défauts des yeux du cœur doit « s’humilier en vérité sous la puissante main de Dieu ». Aussi, je vous exhorte, vous qui êtes la servante de Dieu, lorsque vous connaîtrez avec certitude vos défauts, à humilier profondément votre âme, et à vous mépriser vous-même. Car « l’humilité est une vertu, dit Saint Bernard, par laquelle l’homme se tient pour vil, grâce à une très exacte connaissance de lui-même ». Par cette humilité, notre Père, le bienheureux François, devint vil à ses propres yeux. Il l’aima et la rechercha depuis les commencements de sa vie religieuse jusqu’à la fin. Pour elle, il quitta le monde, se fit traîner nu dans les rues de la ville, servit les lépreux, confessa ses péchés dans ses prédications et demanda qu’on le couvrît d’opprobres.

    Mais c’est surtout du Fils de Dieu que vous devez apprendre cette vertu. Il dit lui-même : « apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », car, selon le bienheureux Grégoire : « celui qui amasse des vertus sans humilité, lance de la poussière contre le vent ». De même que l’orgueil est le principe de tout péché, de même en effet, l’humilité est le fondement de toutes les vertus.

    Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
    De la vie parfaite, II §1,3,4, (Œuvres spirituelles de Saint Bonaventure, Sté S. François d’Assise, 1931 ; pp.51-52, rev.)

     

     

     

  • « Nous sommes des serviteurs quelconques. »

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    Ne vous souciez pas de chercher la cause des grands problèmes de l’humanité ; contentez-vous de faire ce que vous pouvez faire pour les résoudre en apportant votre aide à ceux qui en ont besoin. Certains me disent qu’en faisant la charité aux autres, nous dédouanons les États de leurs responsabilités envers les nécessiteux et les pauvres. Je ne me tracasse pas pour autant, car ce n’est généralement pas l’amour qu’offrent les États. Je fais simplement tout ce que je peux faire, le reste n’est pas de mon ressort.

    Dieu a été si bon avec nous ! Travailler dans l’amour est toujours un moyen de se rapprocher de lui. Regardez ce que le Christ a fait durant sa vie sur terre ! Il l’a passée à faire le bien (Ac 10,38). Je rappelle à mes sœurs qu’il a passé les trois ans de sa vie publique à soigner les malades, les lépreux, les enfants et d’autres encore. C’est exactement ce que nous faisons en prêchant l’Évangile par nos actions.

    Nous considérons que servir les autres est un privilège et nous essayons à chaque instant de le faire de tout notre cœur. Nous savons bien que notre action n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais sans notre action cette goutte manquerait.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p. 106)

     

     

     

  • « Pardonne-lui ! »

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    L’amour consiste non à sentir qu’on aime, mais à vouloir aimer. Quand on veut aimer, on aime ; quand on veut aimer par-dessus tout, on aime par-dessus tout. S’il arrive qu’on succombe à une tentation, c’est que l’amour est trop faible, ce n’est pas qu’il n’existe pas. Il faut pleurer, comme saint Pierre, se repentir comme saint Pierre…, mais comme lui aussi, dire par trois fois : « Je vous aime, je vous aime, vous savez que malgré mes faiblesses et mes péchés, je vous aime » (Jn 21,15s).

    Quant à l’amour que Jésus a pour nous, il nous l’a assez prouvé pour que nous y croyions sans le sentir. Sentir que nous l’aimons et qu’il nous aime, ce serait le ciel ; le ciel n’est, sauf rares moments et rares exceptions, pas pour ici-bas.

    Racontons-nous souvent la double histoire des grâces que Dieu nous a faites personnellement depuis notre naissance et celle de nos infidélités ; nous y trouverons…de quoi nous perdre dans une confiance sans bornes en son amour. Il nous aime parce qu’il est bon, non parce que nous sommes bons ; les mères n’aiment-elles pas leurs enfants dévoyés ? Et nous trouverons de quoi nous enfoncer dans l’humilité et la défiance de nous. Cherchons à racheter un peu nos péchés par l’amour du prochain, par le bien fait au prochain. La charité envers le prochain, les efforts pour faire du bien aux autres sont un excellent remède à opposer aux tentations : c’est passer de la simple défense à la contre-attaque.

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
    Lettre du 15/07/1916 (Œuvres Spirituelles, Seuil 1958, p. 777)

     

     

  • « Qui s’abaisse sera élevé ! »

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    « Tu prépares une table pour moi devant mes ennemis » (Ps 22,5)… Que pourrions-nous donc désirer de plus ? Pourquoi choisirions-nous les premières places ? Quelle que soit la place que nous occupions, nous avons tout en abondance et ne manquons de rien. Mais toi qui cherches à avoir la première place, qui que tu sois, va t’asseoir à la dernière place. Ne permets pas que ton savoir te gonfle d’orgueil ; ne te laisse pas exalter par la renommée. Mais plus tu es grand, plus il faut t’humilier en toute chose et « tu trouveras grâce auprès de Dieu » (Lc 1,30), si bien qu’au moment favorable il te dira : « Mon ami, avance plus haut », et « ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi ».

    Assurément, pour autant que cela dépendait de lui, Moïse occupait la dernière place. Lorsque le Seigneur voulait l’envoyer vers les fils d’Israël et l’a invité à accéder à un rang plus élevé, il lui a répondu : « Je t’en prie, Seigneur, envoie qui tu voudras envoyer, car je n’ai pas la parole facile. » (Ex 4,13) C’est comme s’il avait dit : « Je ne suis pas digne d’une fonction aussi haute. » Saül aussi se considérait comme un homme d’humble condition, quand le Seigneur a fait de lui un roi. Et de même Jérémie, craignant de monter à la première place, disait : « Oh ! Seigneur mon Dieu, vois donc : je ne sais pas parler, je ne suis qu’un enfant. » (1,6) C’est donc par l’humilité, non par l’orgueil, par les vertus, non par l’argent, que nous devons chercher à occuper la première place.

    Saint Bruno de Segni (v. 1045-1123), évêque
    Commentaire sur l’évangile de Luc, 2,14 ; PL 165,406 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 435)

     

     

     

  • « Soyez sans crainte ! »

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    Il me semble que vous devriez vous résoudre à faire avec calme ce que vous pouvez. Ne soyez pas inquiet de tout le reste, mais abandonnez à la divine Providence ce que vous ne pouvez pas accomplir par vous-même. Sont agréables à Dieu notre soin et notre sollicitude raisonnables pour mener à bien les affaires dont nous devons nous occuper par devoir. Ne plaisent pas à Dieu l’anxiété et l’inquiétude de l’esprit : le Seigneur veut que nos limites et nos faiblesses prennent appui en sa force et en sa toute-puissance, il veut que nous espérions que sa bonté suppléera à l’imperfection de nos moyens.

    Ceux qui se chargent d’affaires nombreuses, même avec une intention droite, doivent se résoudre à faire simplement ce qui est en leur pouvoir… Si on doit laisser de côté certaines choses, il faut s’armer de patience, et ne pas penser que Dieu attend de nous ce que nous ne pouvons pas faire. Il ne veut pas que l’homme s’afflige de ses limites… ; il n’est pas nécessaire de se fatiguer exagérément. Bien plus, lorsqu’on s’est efforcé d’agir de son mieux, on peut abandonner tout le reste à celui qui a le pouvoir d’accomplir tout ce qu’il veut.

    Plaise à la divine bonté de nous communiquer toujours la lumière de la sagesse, pour que nous puissions voir clairement et accomplir fermement son bon plaisir, en nous et dans les autres…, pour que nous acceptions de sa main ce qu’il nous envoie, en considérant ce qui a le plus d’importance : la patience, l’humilité, l’obéissance et la charité.

    Saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur des jésuites
    Lettre du 17/11/1555 (trad. Soleil Levant 1957, p. 169 rev. Tournay)

     

     

     

  • « Suis-moi ! »

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    Les trois sortes d’humilité : La première sorte d’humilité est nécessaire au salut éternel. Elle consiste à m’abaisser et m’humilier autant que cela m’est possible pour que j’obéisse en tout à la Loi de Dieu notre Seigneur. De la sorte, même si on faisait de moi le maître de toutes les choses créées en ce monde ou s’il y allait de ma propre vie temporelle, je n’envisagerais pas de transgresser un commandement, soit divin soit humain…

    La deuxième sorte d’humilité est une humilité plus parfaite que la première. Elle consiste en ceci : je me trouve à un point tel que je ne veux ni ne m’incline davantage à avoir la richesse plutôt que la pauvreté, à vouloir l’honneur plutôt que le déshonneur, à désirer une vie longue plutôt qu’une vie courte, étant égal le service de Dieu notre Seigneur et le salut de mon âme…

    La troisième sorte d’humilité est l’humilité la plus parfaite : c’est quand, tout en incluant la première et la deuxième, la louange et la gloire de sa divine majesté étant égales, pour imiter le Christ notre Seigneur et lui ressembler plus effectivement je veux et je choisis davantage la pauvreté avec le Christ pauvre que la richesse, les opprobres avec le Christ couvert d’opprobres que les honneurs ; et que je désire davantage être tenu pour insensé et fou pour le Christ qui, le premier, a été tenu pour tel, plutôt que « sage et prudent » dans ce monde (Mt 11,25).

    Saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur des jésuites
    Exercices spirituels, 2e semaine, 12e jour (trad. DDB 1986, p. 103)

     

     

     

  • Reconnaître le Christ dans son humilité et descendre à sa suite

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    « Mon âme se trouble en moi », ô Dieu, au souvenir de mes péchés ; « alors je me souviens de toi, depuis le pays du Jourdain » (Ps 41,7) — c’est-à-dire en me rappelant comment tu as purifié Naaman le lépreux dans son humble descente… « Il descendit et se lava sept fois dans le Jourdain, comme l’avait prescrit l’homme de Dieu, et il fut purifié » (2R 5,14). Descends toi aussi, ô mon âme, descends du char de l’orgueil dans les eaux salutaires du Jourdain, qui, de la source de la maison de David, coule maintenant sur le monde entier « pour laver tout péché et toute souillure » (Za 13,1). Assurément, cette source c’est l’humilité de la pénitence, qui coule à la fois grâce à un don du Christ et grâce à son exemple, et qui, prêchée désormais sur toute la terre, lave les péchés du monde entier… Notre Jourdain est un fleuve pur ; il sera donc impossible aux superbes de t’accuser, si tu te plonges entièrement en lui, si tu t’ensevelis, pour ainsi dire, dans l’humilité du Christ…

    Bien sûr, notre baptême est unique, mais une telle humilité rebaptise. Elle ne réitère pas la mort du Christ en effet, mais elle accomplit la mortification et la sépulture du péché, et ce qui a été célébré sacramentellement au baptême trouve sous cette nouvelle forme son plein achèvement. Oui, une telle humilité ouvre les cieux, et rend l’esprit d’adoption ; le Père reconnaît son fils, reformé dans l’innocence et la pureté d’un enfant régénéré. C’est pourquoi l’Écriture mentionne à juste titre que la chair de Naaman a été rétablie comme celle d’un enfant nouveau-né… Nous qui avons perdu la grâce de notre premier baptême…voici que nous avons découvert le vrai Jourdain, c’est-à-dire la descente de l’humilité… À nous seulement de ne pas craindre de descendre plus profondément chaque jour… avec le Christ.

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
    4ème sermon pour l’Epiphanie (trad. SC 166, p. 299s)

     

     

     

  • « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

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    Quand le Seigneur engage l’homme qui veut le suivre à renoncer à soi-même, nous trouvons son commandement difficile et dur à entendre. Mais si celui qui commande nous aide à l’accomplir, son commandement n’est ni difficile ni pénible… Et cette autre parole sortie de la bouche du Seigneur est également vraie : « Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger » (Mt 11,30). L’amour, en effet, adoucit ce que les préceptes peuvent avoir de pénible. Nous connaissons toutes les merveilles que l’amour peut accomplir… Quelles rigueurs les hommes n’ont-ils pas endurées, quelles conditions de vie indignes et intolérables n’ont-ils pas supportées pour arriver à posséder l’objet de leur amour ! … Pourquoi s’étonner que celui qui aime le Christ et veut le suivre renonce à soi-même pour l’aimer ? Car, si l’homme se perd en s’aimant soi-même, il doit sans aucun doute se trouver en se renonçant…

    Qui refuserait de suivre le Christ jusqu’au séjour du bonheur parfait, de la paix suprême et de la tranquillité éternelle ? Il est bon de le suivre jusque-là ; encore faut-il connaître la voie pour y parvenir… Le chemin te semble couvert d’aspérités, il te rebute, tu ne veux pas suivre le Christ. Marche à sa suite ! Le chemin que les hommes se sont tracé est raboteux, mais il a été aplani quand le Christ l’a foulé en retournant au ciel. Qui donc refuserait d’avancer vers la gloire ?

    Tout le monde aime à s’élever en gloire, mais l’humilité est la marche à gravir pour y arriver. Pourquoi lèves-tu le pied plus haut que toi ? Tu veux donc tomber au lieu de monter ? Commence par cette marche : déjà elle te fait monter. Les deux disciples qui disaient : « Seigneur, accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume », ne prêtaient aucune attention à ce degré d’humilité. Ils visaient le sommet et ne voyaient pas la marche. Mais le Seigneur leur a montré la marche. Eh bien, qu’a-t-il répondu ? « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire (Mc 10,37-38) ? Vous qui désirez parvenir au faîte des honneurs, pouvez-vous boire le calice de l’humilité ? » Voilà pourquoi il ne s’est pas borné à dire d’une manière générale : « Qu’il renonce à lui-même et qu’il me suive », mais il a ajouté : « Qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 96 ; PL 38, 584-586 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 132)

     

     

     

  • « Qui s’abaissera sera élevé. »

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    Il y a une humilité qui vient de la crainte de Dieu, et il y a une humilité qui vient de Dieu lui-même. Il y a celui qui est humble parce qu’il craint Dieu, et il y a celui qui est humble parce qu’il connaît la joie. L’un, celui qui est humble parce qu’il craint Dieu, reçoit la douceur dans son corps, l’équilibre des sens et un cœur brisé en tout temps. L’autre, celui qui est humble parce qu’il connaît la joie, reçoit une grande simplicité et un cœur dilaté que rien ne retient plus.

    Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
    Discours 58, 1ère série (trad. Touraille, DDB 1981, p. 313)