Catégorie : Saints et Saintes

  • « D’où cela lui vient-il ?… N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? »

    rj3m5yh0

    Le Seigneur Jésus, étant revenu du Temple et de Jérusalem à Nazareth avec ses parents, y demeura avec eux jusqu’à sa trentième année « et il leur était soumis » (Lc 2,51). On ne trouve rien dans les Écritures qu’il ait fait pendant tout ce temps, ce qui paraît bien étonnant… Mais sois attentif et alors tu verras clairement que, ne faisant rien, il a fait des merveilles. Chacun de ses gestes révèle, en effet, son mystère. Et comme il agissait avec puissance, ainsi il s’est tu avec puissance, il est demeuré dans la retraite et dans l’obscurité avec puissance. Le Maître souverain, qui va nous enseigner les chemins de la vie, commence dès sa jeunesse à faire des œuvres de puissance, mais d’une manière étonnante, inconnue et inouïe, en paraissant aux yeux des hommes inutile, ignorant, et en vivant dans l’abjection…

    Il tenait de plus en plus à cette manière de vivre afin d’être jugé par tous comme un être bas et insignifiant ; cela avait été annoncé par le prophète qui disait en son nom : « Je suis un ver et non un homme » (Ps 21,7). Tu vois donc ce qu’il faisait en ne faisant rien. Il se rendait méprisable… ; crois-tu que ce soit là peu de chose ? Certes, ce n’est pas lui qui avait besoin de cela, mais nous. Je ne connais rien de plus difficile ni de plus grand. Ils me paraissent être parvenus au plus haut degré, ceux qui, de tout cœur et sans feinte, se sont suffisamment possédés pour ne rien chercher d’autre que d’être méprisé, de ne compter pour rien et de vivre dans un abaissement extrême. C’est une plus grande victoire que la prise d’une ville.

    Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
    Méditations sur la vie du Christ ; Opera omnia, t. 12, p. 530s (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 66 rev.)

     

     

     

  • Présentation du Seigneur au Temple, fête

    wp181f4d5c_05_06

    Aujourd’hui nous est rappelée l’action silencieuse de la Providence de Dieu. Elle accomplit tranquillement dans le cours du temps des événements prévus depuis longtemps ; en même temps, les visites du Seigneur demeurent soudaines et mystérieuses. Considérez ce qui se passe ici…

    Ici, rien d’extraordinaire ni d’impressionnant. Nous savons ce que le monde pense des gens comme les parents de cet enfant, si pauvres, et ces deux vieillards : on les regarde sans intérêt et on passe. Pourtant il s’agit là de la réalisation solennelle d’une prophétie ancienne et prodigieuse. L’enfant qu’on porte sur les bras, c’est le Sauveur du monde, l’héritier authentique, qui vient sous les traits d’un inconnu visiter sa propre maison. L’Écriture avait dit : « Soudain il entrera dans son Temple, le Seigneur que vous cherchez. Qui pourra soutenir le jour de sa venue ?… » (Ml 3,2), et voilà qu’il vient en prendre possession. En plus, le vieillard qui prend l’enfant dans ses bras est comblé des dons de l’Esprit… : joie, action de grâce, espérance, mélangées mystérieusement de crainte, d’effroi et de douleur. Anne aussi…devient prophétesse, et ces témoins auxquels elle s’adresse sont l’authentique Israël qui attend avec foi la rédemption du monde selon les promesses… : « La gloire à venir de ce Temple dépassera celle de l’ancien », avait annoncé un autre prophète (Ag 2,9). La voilà, cette gloire : un petit enfant avec ses parents, deux vieillards et une assemblée sans nom et sans suite. « La venue du Royaume de Dieu ne vient pas de manière visible » (Lc 17,20).

    Telle a toujours été la manière de Dieu en ses visites… : le silence, la soudaineté, la surprise au regard du monde, malgré des prédictions connues de tous, celles dont l’Église véritable saisit le sens et attend l’accomplissement… Il ne peut en être autrement. Les avertissements de Dieu sont clairs, mais le monde continue sa course ; engagés dans leurs activités, les hommes ne savent pas discerner le sens de l’histoire… À toute époque le monde reste profane et aveugle ; Dieu cache sa Providence, mais la réalise jour après jour.

    Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
    Sermon « Secrecy and Suddenness of Divine Visitations » PPS t. 2, n° 10

     

     

  • « Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. »

    fr-evangile-illustre-2015-08-31

    Le Christ a voulu amener à lui le monde entier et conduire à Dieu le Père tous les habitants de la terre… Les gens venus du paganisme, enrichis de la foi dans le Christ, ont bénéficié du divin trésor de la proclamation qui apporte le salut. Par elle, ils sont devenus participants du Royaume des cieux et compagnons des saints, héritiers des réalités inexprimables (Ep 2,19.3,6)… Le Christ promet la guérison et le pardon des péchés à ceux qui ont le cœur brisé, et il rend la vue aux aveugles. Comment ne seraient-ils pas aveugles ceux qui ne reconnaissent pas celui qui est le Dieu véritable ? Leur cœur n’est-il pas privé de la lumière divine et spirituelle ? A eux, le Père envoie la lumière de la vraie connaissance de Dieu. Appelés par la foi, ils l’ont connu ; plus encore, ils ont été connus par lui. Alors qu’ils étaient fils de la nuit et des ténèbres, ils sont devenus enfants de la lumière (Ep 5,8), car le jour les a illuminés, le Soleil de justice s’est levé pour eux (Ml 3,20), et l’étoile du matin leur est apparue dans tout son éclat (Ap 22,16).

    Rien pourtant ne s’oppose à ce que nous appliquions tout ce que nous venons de dire aux descendants d’Israël. Eux aussi, en effet, avaient le cœur brisé, ils étaient pauvres et comme prisonniers, et remplis de ténèbres… Mais le Christ est venu annoncer les bienfaits de son avènement, précisément aux descendants d’Israël avant les autres, et proclamer en même temps l’année de grâce du Seigneur (Lc 4,19) et le jour de la récompense.

    L’année de grâce, c’est celle où le Christ a été crucifié pour nous. Car c’est alors que nous sommes devenus agréables à Dieu le Père. Et nous portons du fruit par le Christ, comme lui-même nous l’a enseigné : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne un fruit plus abondant » (Jn 12,24). Il a dit encore : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12,32). En vérité, il a repris vie le troisième jour, après avoir foulé aux pieds la puissance de la mort. Puis il a dit aux saints disciples : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,18-19).

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l’Église
    Sur le prophète Isaïe, 5, 5; PG 70, 1352 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 394)

     

     

     

  • « D’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. »

    plante-trottoir

    La vie présente est un chemin qui mène au terme de notre espérance, tout comme on voit sur les pousses le fruit qui commence à sortir de la fleur, et qui, grâce à elle, parvient à l’existence comme fruit, même si la fleur n’est pas le fruit. De même, la moisson qui naît des semences n’apparaît pas immédiatement avec son épi, mais c’est l’herbe qui est la première à pousser ; ensuite, une fois l’herbe morte, la tige de blé surgit et ainsi le fruit mûrit à la tête de l’épi…

    Notre Créateur ne nous a pas destinés à la vie embryonnaire ; le but de la nature n’est pas la vie des nouveau-nés. Elle ne vise pas non plus les âges successifs qu’elle revêt avec le temps par le processus de croissance qui change sa forme, ni la dissolution du corps survenant à la mort. Tous ces états sont des étapes sur le chemin où nous avançons. Le but et le terme de la marche, à travers ces étapes, c’est la ressemblance au Divin… ; le terme attendu de la vie, c’est la béatitude. Mais aujourd’hui tout ce qui regarde le corps — la mort, la vieillesse, la jeunesse, l’enfance et la formation de l’embryon — tous ces états, comme autant d’herbes, de tiges et d’épis, forment un chemin, une succession et un potentiel permettant la maturité espérée.

    Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
    Sermon sur les défunts

     

     

     

  • « Rien n’a été gardé secret, sinon pour venir au grand jour. »

    habillage_voisinage_2

    Ayez soin de tenir des réunions plus fréquentes, pour offrir à Dieu votre eucharistie — votre action de grâce — et vos louanges. Car, en vous assemblant souvent, vous anéantissez les forces de Satan, et sa pernicieuse puissance se dissipe devant l’unanimité de votre foi. Quoi de meilleur que la paix, cette paix qui désarme tous nos ennemis spirituels et charnels ?

    Vous n’ignorez aucune de ces vérités, si vous avez pour Jésus Christ une foi et une charité parfaites. Ces deux vertus sont le principe et la fin de la vie : la foi en est le principe, la charité en est la perfection ; l’union des deux, c’est Dieu même ; toutes les autres vertus leur font cortège pour conduire l’homme à la perfection. La profession de la foi est incompatible avec le péché, et la charité avec la haine. « C’est aux fruits qu’on reconnaît l’arbre » (Mt 12,33) : de même c’est à leurs œuvres qu’on reconnaîtra ceux qui font profession d’appartenir au Christ. Car en ce moment il ne s’agit pas pour nous de faire simplement profession de la foi, mais de la mettre effectivement en pratique avec persévérance jusqu’à la fin.

    Mieux vaut être chrétien sans le dire que de le dire sans l’être. C’est très bien d’enseigner, à condition de pratiquer ce qu’on enseigne. Nous n’avons donc qu’un seul maître (Mt 23,8), celui qui « a dit, et tout a été fait » (Ps 32,9). Mêmes les œuvres qu’il a accomplies en silence sont dignes du Père. Celui qui comprend véritablement la parole de Jésus, celui-là peut entendre son silence même ; c’est alors qu’il sera parfait : il agira par sa parole, et se manifestera par son silence. Rien n’échappe au Seigneur ; nos secrets mêmes sont dans sa main. Faisons donc toutes nos actions avec la pensée qu’il habite en nous ; nous serons ainsi ses temples, et lui-même sera notre Dieu résidant en nous.

    Saint Ignace d’Antioche (?-v. 110), évêque et martyr
    Lettre aux Ephésiens, § 13-15 (trad. coll. Icthus, vol. 2, p. 80)

     

     

     

  • Être une lampe sur le lampadaire

    Bible-en-un-ans-web

    Les laïcs, que leur vocation spécifique place au cœur du monde et à la tête des tâches matérielles les plus variées, doivent exercer par là même une forme singulière d’évangélisation. Leur tâche première et immédiate n’est pas l’institution et le développement de la communauté ecclésiale — c’est là le rôle spécifique des Pasteurs — mais c’est la mise en œuvre de toutes les possibilités chrétiennes et évangéliques cachées, mais déjà présentes et actives, dans les choses du monde. Le champ propre de leur activité évangélisatrice, c’est le monde vaste et compliqué de la politique, du social, de l’économie, mais également de la culture, des sciences et des arts, de la vie internationale, des mass media, ainsi que certaines autres réalités ouvertes à l’évangélisation comme l’amour, la famille, l’éducation des enfants et des adolescents, le travail professionnel, la souffrance.

    Plus il y aura des laïcs imprégnés d’évangile responsables de ces réalités et clairement engagés en elles, compétents pour les promouvoir et conscients qu’il faut déployer leur pleine capacité chrétienne souvent enfouie et asphyxiée, plus ces réalités se trouveront au service de l’édification du Règne de Dieu et donc du salut en Jésus Christ, sans rien perdre ou sacrifier de leur coefficient humain, mais manifestant une dimension transcendante souvent méconnue.

    Bienheureux Paul VI, pape de 1963-1978
    Evangelii nuntiandi, 70

     

     

     

  • « À moi, autrefois blasphémateur et persécuteur…, il m’a été fait miséricorde. » (1Tm 1,13) : la conversion de saint Paul

    Il faut que nous gardions toujours à l’esprit combien tous les hommes sont entourés de tant de témoignages du même amour de Dieu. Si sa justice avait précédé la pénitence, l’univers aurait été anéanti. Si Dieu avait été prompt au châtiment, l’Eglise n’aurait pas connu l’apôtre Paul ; elle n’aurait pas reçu un tel homme dans son sein. C’est la miséricorde de Dieu qui transforme le persécuteur en apôtre ; c’est elle qui change le loup en berger, et qui a fait d’un publicain un évangéliste (Mt 9,9). C’est la miséricorde de Dieu qui, touchée de notre sort, nous a tous transformés ; c’est elle qui nous convertit.

    En voyant le goinfre d’hier se mettre aujourd’hui à jeûner, le blasphémateur de jadis parler de Dieu avec respect, l’homme ignoble d’autrefois n’ouvrir sa bouche que pour louer Dieu, on peut admirer cette miséricorde du Seigneur. Oui, frères, si Dieu est bon envers tous les hommes, il l’est particulièrement envers les pécheurs.

    Voulez-vous même entendre quelque chose d’étrange du point de vue de nos habitudes, mais quelque chose de vrai du point de vue de notre religion ? Écoutez : tandis que Dieu se montre exigeant pour les justes, il n’a pour les pécheurs que bonté et douceur. Quelle rigueur envers le juste ! Quelle indulgence envers le pécheur ! Telle est la nouveauté, le renversement, que nous offre la conduite de Dieu… Et voici pourquoi : effrayer le pécheur, surtout le pécheur obstiné, ce serait le priver de toute confiance, le plonger dans le désespoir ; flatter le juste, ce serait émousser la vigueur de sa vertu, le faire se relâcher de son zèle. Dieu est infiniment bon ! Sa crainte est la sauvegarde du juste, et sa bonté retourne le pécheur.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    7e Homélie sur la conversion

     

    13_French master_conversion of Paul Artwork:  Conversion of St. Paul, The     Artist:  UNKNOWN; French Master      Date:  C. 1200     Technique:  Miniature on vellum     Location:  Koninklijke Bibliotheek, The Hague     Notes:  From a Picture Bible with miniatures from Northwestern France (manuscript "Den Haag, KB, 76 F 5"). Psalter fragment?     Subject:  On the Way to Damascus              Hosts:  Museum Meermanno and Koninklijke Bibliotheek, The Hague: Interactive Presentation of Handwritings  [IMAGE]
    French master_conversion of Paul
    Artwork: Conversion of St. Paul, The
    Artist: UNKNOWN; French Master
    Date: C. 1200
    Subject: On the Way to Damascus
    Hosts: Museum Meermanno and Koninklijke Bibliotheek, The Hague

    Vase d’élection, convertissez les pécheurs qui ne pensent point à Dieu. Sur la terre, vous vous êtes dépensé tout entier pour le salut des âmes ; au ciel où vous régnez, continuez votre ministère, et demandez au Seigneur, pour ceux qui persécutent Jésus, ces grâces qui triomphent des plus rebelles. Apôtre des Gentils, jetez les yeux sur tant de peuples assis encore dans l’ombre de la mort. Autrefois vous étiez partagé entre deux ardents désirs : celui d’être avec Jésus-Christ, et celui de rester sur la terre pour travailler au salut des peuples. Maintenant, vous êtes pour jamais avec ce Sauveur que vous avez prêché ; n’oubliez pas ceux qui ne le connaissent point encore. Suscitez des hommes apostoliques pour continuer vos travaux. Rendez féconds leurs sueurs et leur sang. Veillez sur le Siège de Pierre, votre frère et votre chef ; soutenez l’autorité de cette Église Romaine qui a hérité de vos pouvoirs, et qui vous regarde comme son second appui. Vengez-la partout où elle est méconnue ; détruisez les schismes et les hérésies ; remplissez tous les pasteurs de votre esprit, afin que, comme vous, ils ne se cherchent point eux-mêmes, mais uniquement et toujours les intérêts de Jésus-Christ.

  • « Cette parole de l’Écriture…, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

    leandre7-400x273

    Quand vous lisez : « Il enseignait dans leurs synagogues et tous célébraient ses louanges », prenez garde de n’estimer heureux que les auditeurs du Christ et de vous juger, vous, privés de son enseignement. Si l’Écriture est la vérité, Dieu n’a pas seulement parlé jadis dans les assemblées juives mais il parle aujourd’hui encore dans notre assemblée. Et non seulement ici, dans la nôtre, mais dans d’autres réunions et dans le monde entier Jésus enseigne et cherche des porte-parole pour transmettre son enseignement. Priez pour qu’il me trouve à la fois disposé et apte à le chanter.

    De même que le Dieu tout-puissant, cherchant des prophètes au temps où la prophétie faisait défaut aux hommes, trouve par exemple Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, ainsi Jésus cherche des porte-parole pour transmettre sa parole, pour « enseigner les peuples dans leurs synagogues et être glorifié par tous ». Aujourd’hui Jésus est davantage « glorifié par tous » qu’au temps où il n’était connu que dans une seule province.

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Homélies sur l’évangile de Luc, n°32, 2 ; SC 87 (trad. SC p. 387)

     

     

  • Jésus se donne entièrement : il se donne lui-même à manger

    gravure-xveme-siecle-297751

    Le Fils unique de Dieu, voulant nous faire participer à sa divinité, a pris notre nature afin de diviniser les hommes, lui qui s’est fait homme. En outre, ce qu’il a pris de nous, il nous l’a entièrement donné pour notre salut. En effet, sur l’autel de la croix il a offert son corps en sacrifice à Dieu le Père afin de nous réconcilier avec lui, et il a répandu son sang pour qu’il soit en même temps notre rançon et notre baptême : rachetés d’un esclavage lamentable, nous serions purifiés de tous nos péchés.

    Et pour que nous gardions toujours la mémoire d’un si grand bienfait, il a laissé aux fidèles son corps à manger et son sang à boire, sous les dehors du pain et du vin… Peut-il y avoir rien de plus précieux que ce banquet où l’on ne nous propose plus, comme dans l’ancienne Loi, de manger la chair des veaux et des boucs, mais le Christ qui est vraiment Dieu ? Y a-t-il rien de plus admirable que ce sacrement ?… Personne n’est capable d’exprimer les délices de ce sacrement, puisqu’on y goûte la douceur spirituelle à sa source ; et on y célèbre la mémoire de cet amour insurpassable que le Christ a montré dans sa Passion.

    Il voulait que l’immensité de cet amour se grave plus profondément dans le cœur des fidèles. C’est pourquoi à la dernière Cène, après avoir célébré la Pâque avec ses disciples, lorsqu’il allait passer de ce monde à son Père, il a institué ce sacrement comme le mémorial perpétuel de sa Passion, l’accomplissement des anciennes préfigurations, le plus grand de tous ses miracles ; et à ceux que son absence remplirait de tristesse, il a laissé ce sacrement comme réconfort incomparable.

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
    Opuscule pour la fête du Corps du Christ (trad. bréviaire)

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3,13-19.

    En ce temps-là, Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui,
    et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle
    avec le pouvoir d’expulser les démons.
    Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –,
    Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –,
    André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote,
    et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

    parleseigneur

    Je ne dis rien d’étrange, je ne recherche pas le paradoxe, mais, docile à l’enseignement des apôtres, je veux à mon tour enseigner les nations. Je veux transmettre exactement la tradition à ceux qui veulent, eux aussi, devenir les disciples de la Vérité. Qui…ne s’empresserait pas d’apprendre pleinement tout ce que le Verbe de Dieu a clairement enseigné a ses disciples ? Car en se manifestant, ce Verbe qui n’a pas été compris par ceux qui ne croyaient pas en lui, a manifesté la vérité à ses disciples ; s’exprimant ouvertement, il a tout dit à ses disciples. Il les a reconnus comme ses fidèles, et ils ont reçu de lui la connaissance des mystères du Père.

    C’est pour cela que le Verbe a été envoyé dans le monde. Et pour qu’il soit manifesté au monde entier…, il a été proclamé par les apôtres pour que les nations croient en lui. Lui qui était dès le commencement (1Jn 1,1), il s’est manifesté dans la nouveauté, et ses disciples ont reconnu en lui l’ancienneté. Il renaît toujours jeune dans le cœur des saints… Par lui l’Église est comblée de richesses ; la grâce s’épanouit, se multiplie dans les saints ; elle confère l’intelligence de la foi, dévoile les mystères du Père ; elle donne à comprendre les temps… Elle est offerte à ceux qui la recherchent en respectant les règles de la foi et en gardant fidèlement la tradition des Pères.

    Voici que la crainte de la Loi est chantée ; voici que la grâce des prophètes est reconnue, la foi des Évangiles affermie, la tradition des apôtres conservée ; la grâce de l’Église bondit d’allégresse. Cette grâce, ne la contristez pas ; alors vous connaîtrez les secrets que le Verbe de Dieu révèle par qui il veut, quand il lui plaît. Approchez-vous, écoutez, et vous saurez tout ce que Dieu confie à ceux qui l’aiment vraiment.

    La Lettre à Diognète (v. 200)
    § 11 (trad. cf SC 33 bis, p. 79)