Catégorie : Saints et Saintes

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,52-59.

    es Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
    Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.
    Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
    En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
    Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
    De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
    Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
    Voilà ce que Jésus a dit, dans son enseignement à la synagogue de Capharnaüm.

     

     

     

  • « Moi, je suis le pain de la vie. »

    Vous avez demandé à passer trois mois seul avec Jésus [en retraite] ; cela vous ressemble bien. Mais si pendant ce temps la faim de Jésus dans le cœur de quelques membres de son peuple est plus grande que la vôtre, vous ne devriez pas rester seul avec Jésus tout le temps. Vous devez permettre à Jésus de vous transformer en pain pour être mangé par ceux avec qui vous êtes en contact. Laissez les gens vous dévorer ; par la parole et la présence vous proclamez Jésus… Même Dieu ne pouvait pas offrir de plus grand amour qu’en se donnant lui-même comme Pain de vie — pour être rompu, pour être mangé afin que vous et moi puissions manger et vivre, que nous puissions manger et satisfaire ainsi notre faim d’amour.

    Et pourtant il ne semblait pas satisfait, car lui aussi avait faim d’amour. Il s’est donc fait l’affamé, l’assoiffé, le nu, le sans-logis et n’a cessé d’appeler : « J’avais faim, j’étais nu, j’étais sans logis. C’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Le Pain de vie et l’affamé, mais un seul amour : seulement Jésus.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    Lettre à un prêtre, 17/02/1978, in Come, Be My Light (trad. Viens, sois ma lumière, Lethielleux 2008, p. 322 rev.)

     

     

     

  • « Donne-nous de ce pain-là, toujours. »

    Le premier signe de l’amour, c’est que Jésus nous a donné sa chair à manger, son sang à boire : voilà une chose inouïe, qui exige de nous admiration et stupeur. Le propre de l’amour est de toujours donner et de toujours recevoir. Or, l’amour de Jésus est à la fois prodigue et avide. Tout ce qu’il a, tout ce qu’il est, il le donne ; tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, il le prend.

    Il a une faim immense… Plus notre amour le laisse agir, plus nous le goûtons amplement. Il a une faim immense, insatiable. Il sait bien que nous sommes pauvres, mais il n’en tient aucun compte. Il se fait lui-même pain en nous, faisant disparaître d’abord, dans son amour, nos penchants mauvais, fautes et péchés. Puis, quand il nous voit purs, il arrive avide pour prendre notre vie et la changer en la sienne, la nôtre pleine de péchés, la sienne pleine de grâce et de gloire, toute préparée pour nous, si seulement nous renonçons à nous-mêmes (Mt 16,24)… Tous ceux qui aiment me comprendront. Il nous fait le don d’une faim et d’une soif éternelles.

    À cette faim et à cette soif, il donne en nourriture son corps et son sang. Quand nous les recevons avec dévouement intérieur, son sang plein de chaleur et de gloire coule de Dieu jusque dans nos veines. Le feu prend au fond de nous et le goût spirituel nous pénètre l’âme et le corps, le goût et le désir. Il nous donne de ressembler à ses vertus ; il vit en nous et nous vivons en lui.

    Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381), chanoine régulier

     

     

  • « Aussitôt, la barque atteignit le rivage à l’endroit où ils se rendaient. »

    Quand se déchaînent les tempêtes,
    tu es, Seigneur, notre force.
    Nous te louerons, toi le Dieu fort
    qui es notre constant secours.
    Nous restons fermes près de toi,
    mettant en toi notre confiance,
    même si la terre est secouée
    et si la mer devient houleuse.

    Que les flots enflent et déferlent,
    que vacillent les montagnes,
    la joie nous illuminera,
    la cité de Dieu te rend grâce.
    En elle tu as ta demeure,
    tu préserves sa sainte paix.
    Et un fleuve puissant protège
    la sublime demeure de Dieu.

    Les peuples en folie se déchaînent,
    le pouvoir des États s’effondre.
    Voici qu’il élève la voix,
    la terre gronde, secouée.
    Mais le Seigneur est avec nous,
    le Seigneur, le Dieu Sabaoth.
    Tu es pour nous lumière et salut,
    nous ne saurions avoir peur.

    Venez tous, venez contempler
    les prodiges de sa puissance :
    toutes les guerres se meurent,
    la corde de l’arc se détend.
    Jetez dans le brasier de feu
    bouclier et arme de guerre.
    Le Seigneur, le Dieu Sabaoth
    nous secourt en toute détresse.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Poésie « Psalm 45 », 28/04/1936 ; paraphrase du psaume 45/46 (trad. Malgré la nuit, Ad solem 2002, p.41)

     

     

  • « Celui qui vient du ciel rend témoignage de ce qu’il a vu et entendu. »

    Supposons qu’en quelqu’un se taisent les agitations de la chair, que se taisent toutes les illusions de la terre, des eaux, de l’air, et même les cieux. Supposons que l’âme elle-même fasse silence et se dépasse en ne pensant plus à soi : silence des songes et silence des rêveries de l’imagination. Supposons qu’en quelqu’un toute langue, tout signe passager, fasse silence, que tout se taise — car pour qui peut l’entendre, toutes choses disent : « Nous ne nous sommes pas faites nous-mêmes ; notre Créateur c’est celui qui demeure éternellement » (cf Ps 99,3.5). Supposons donc que, cela dit, toute chose fasse silence, dressant l’oreille vers son Créateur, et que lui seul parle, non par ses œuvres mais par lui-même, nous faisant entendre sa Parole sans une langue de chair ou la voix d’un ange ou le fracas d’une nuée (Ex 19,16) ou le clair-obscur d’une parabole. Si lui-même, que nous aimons dans ces choses, se faisait entendre sans elles…et si notre pensée atteignait la Sagesse éternelle qui demeure au-dessus de tout…, ne serait-ce pas alors l’accomplissement de cette parole : « Entre dans la joie de ton Maître » ? (Mt 25,21)

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Les Confessions, IX, 10

     

     

     

  • « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique »

    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,16-21. 

    Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
    Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
    Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
    Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
    En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ;
    mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. »

    L’homme qui prend feu et flamme à cause de la vérité n’a pas encore appris la vérité telle qu’elle est. Lorsqu’il l’aura vraiment apprise, il cessera de s’enflammer à cause d’elle. Le don de Dieu et la connaissance accordée par ce don ne sont jamais motifs à se troubler ou à élever la voix, car le lieu où habite l’Esprit avec l’amour et l’humilité est un lieu où ne règne que la paix…
    Si le zèle avait été utile pour le redressement des hommes, pourquoi Dieu aurait-il revêtu un corps et employé la douceur et des façons humbles pour convertir le monde à son Père ? Et pourquoi se serait-il étendu sur la croix pour les pécheurs, et aurait-il livré son corps très saint à la souffrance en faveur du monde ? Moi, j’affirme que Dieu ne l’a fait que pour une seule raison : faire connaître au monde son amour, pour que notre capacité d’aimer, encore augmentée par une telle constatation, soit faite captive de son amour à lui. De la sorte, la puissance incomparable du Royaume des cieux, qui consiste dans l’amour, a trouvé une occasion de s’exprimer dans la mort de son Fils…afin que le monde ressente l’amour de Dieu pour sa création. Si ce geste admirable n’avait eu d’autre raison que la rémission de nos péchés, il aurait suffi d’un autre moyen pour la réaliser. Qui l’aurait refusé s’il l’avait accompli par une mort simple, sans plus ? Mais il n’a pas voulu d’une mort toute simple, afin que tu comprennes quel en est le mystère…

    Pourquoi fallait-il des insultes et des crachats ?… Oh, sagesse qui donne la vie ! Maintenant tu as  compris et ressenti quelle a été la raison de la venue de notre Seigneur et de tout ce qui s’en est suivi, avant même que de sa bouche sainte il ne nous l’ait lui-même clairement expliqué. Il est écrit, en effet, que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ».

    Isaac le Syrien (7ème siècle), moine près de Mossoul
    Chapitres sur la connaissance, IV, 77-78 (trad. Louf, Bellefontaine 2003, p. 273 rev.)

     

     

  • Livre des Actes des Apôtres 4,32-37.

    a multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne se disait propriétaire de ce qu’il possédait, mais on mettait tout en commun.
    C’est avec une grande force que les Apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et la puissance de la grâce était sur eux tous.
    Aucun d’entre eux n’était dans la misère, car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient,
    et ils en apportaient le prix pour le mettre à la disposition des Apôtres. On en redistribuait une part à chacun des frères au fur et à mesure de ses besoins.
    Joseph, que les Apôtres avaient surnommé Barnabé (ce qui veut dire : l’homme du réconfort), était un lévite originaire de Chypre.
    Il avait une terre, il la vendit et en apporta l’argent qu’il déposa aux pieds des Apôtres.

     

     

  • Solennité de l’Annonciation du Seigneur

    L’Annonciation de la Sainte Vierge et l’Incarnation de Jésus-Christ, base de notre sainte religion, ne forment, pour ainsi dire, qu’un seul et inséparable mystère. Depuis plus de quatre mille ans, la terre attendait le Sauveur promis ; l’heure de la délivrance a sonné enfin : voici le Rédempteur ! Une scène d’une grandeur toute mystérieuse se passe dans les splendeurs du Ciel ; la sainte et adorable Trinité tient conseil.

    Pour réparer l’injure infinie faite à la Divinité par le péché, il faut une réparation infinie et par conséquent divine : le Fils de Dieu descendra de son trône éternel, Il prendra une chair humaine et sera tout ensemble Dieu et homme.

    Le message céleste est confié à l’Archange Gabriel. Où trouvera-t-il celle qui, d’après les plans divins, doit donner naissance au Sauveur du monde ? Sera-ce dans un grand empire ? Non, mais dans la petite province de Galilée, perdue au milieu de l’immense empire romain. Ne convient-il du moins de prendre sur un trône celle qui doit devenir la Mère de son Dieu ? Non : il y a dans la petite ville de Nazareth une humble et pauvre maison où habite une jeune vierge inconnue ; son nom est Marie ; elle est promise en mariage à un ouvrier, Joseph, homme juste.

    En ce moment, elle prie à genoux, et soupire peut-être après la venue du Messie promis. L’Ange soudain paraît devant elle : « Je te salue, pleine de grâce, dit-il, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre toutes les femmes ! »

    Marie se trouble, à ces étonnantes paroles. L’ange ranime aussitôt la confiance de la timide vierge : « Ne crains rien, Marie, ajoute-t-il, tu as trouvé grâce devant Dieu ; tu concevras et tu enfanteras un Fils, à qui tu donneras le nom de Jésus ; Il sera grand, et on l’appellera le Fils du Très-Haut, et son règne n’aura pas de fin. »

    Quelle promesse, quel honneur et quel bonheur ! Mais comment s’opérera cette merveille en celle qui a voué à Dieu sa virginité ? La réponse est facile à l’envoyé du Ciel : « L’Esprit-Saint descendra en toi, et la vertu du Très-Haut te couvrira de Son ombre. » Marie n’a plus qu’à prononcer le Fiat qui va faire tressaillir la terre d’espérance : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »

    À cet instant béni, le mystère s’accomplit, le Verbe se fait chair, et Marie pourra entonner bientôt le cantique de la reconnaissance : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon cœur exulte en Dieu mon Sauveur ! À cause des grandes choses que Dieu a opérées en moi, toutes les nations m’appelleront bienheureuse ! »
    Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

     

     

     

  • Deuxième dimanche de Pâques – Dimanche de la miséricorde

    Au terme de l’octave pascale – toute la semaine n’est considérée que comme un seul jour célébrant « la fête des fêtes » (saint Augustin) -, le deuxième dimanche de Pâques inaugure l’octave de dimanches qui mène jusqu’à la Pentecôte, comme aussi un jour unique de fête, un « grand dimanche » (saint Athanase) d’allégresse, manifestée par la flamme du cierge pascal qui brûle près de l’ambon.

    Le dimanche de la Divine Miséricorde a porté de nombreux noms :

    * Ce fut le dimanche in albis (« en blanc ») car, ce jour-là, les baptisés de Pâques revêtent pour la dernière fois le vêtement blanc de leur naissance nouvelle.

    * Ce fut le dimanche de Quasimodo, du premier mot latin de l’antienne d’ouverture de la messe : « Comme des enfants nouveau-nés ont soif du lait qui les nourrit, soyez avides du lait pur de la Parole, afin qu’il vous fasse grandir pour le salut, alléluia !»

    * Et, depuis le 30 avril 2000, le pape Jean-Paul II a demandé qu’il soit fêté comme le

    « dimanche de la Divine Miséricorde », selon la demande faite par le Christ à sœur Faustine Kowalska, canonisée ce jour-là : « Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques, ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde » (1931).

    La liturgie y résonne encore tout entière de l’alléluia pascal, cette acclamation de la liturgie hébraïque qui loue joyeusement le Seigneur et retentit, dans l’Apocalypse, comme le chant des rachetés par le sang de l’Agneau. Et toutes les lectures concourent à « raviver dans les cœurs le mystère pascal » (prière après la communion).

    Le psaume 117, chanté dans le Grand Hallel de la Pâque juive, est repris comme un chant de victoire et, plus encore, comme un rappel de la mort-résurrection du Christ :

    « La pierre rejetée des bâtisseurs est devenue la tête d’angle…

    Voici le jour que fit le Seigneur : qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! »

    (Ps 117 -118-, 22-24) (…)

    Mais la célébration de ce dimanche est dominée par la figure de l’apôtre Thomas et l’expérience du Ressuscité qu’il connut « huit jours plus tard » (Jean 21, 26). À travers Thomas, c’est à tous ses disciples que le Seigneur apporte sa paix et qu’il demande :

    « Cesse d’être incrédule, sois croyant » (Jean 21, 27). Par-delà l’apôtre Thomas, c’est à nous que s’adresse directement cette béatitude, la dernière de l’Évangile : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » (Jean 21, 29)

    « L’incrédulité de Thomas vient au secours de notre foi », chante l’hymne de l’Office de la Résurrection. Ainsi la première lecture, tirée du livre des Actes des Apôtres qui, pendant tout le temps pascal, relate les débuts de l’Église, décrit la première communauté de Jérusalem, ceux qui déjà sont rassemblés au nom du Seigneur et croient sans l’avoir vu. Fondés sur la Parole, l’amour fraternel et l’Eucharistie, ils représentent l’archétype de toute communauté chrétienne, la communion réalisée de tous ceux qui se sont reconnus frères dans le frère aîné et, en lui, fils d’un même Père. N’y a-t-il pas déjà là une anticipation du bonheur céleste ouvert par la Résurrection du Christ ?

     

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  • « Le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Et eux, ils s’en allèrent prêcher en tout lieu, et le Seigneur agissait avec eux. » (Mc 16,19-20)

    Repartir du Christ : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). Cette certitude, chers frères et sœurs, a accompagné l’Église pendant deux mille ans… Nous devons y puiser un élan renouvelé pour notre vie chrétienne, en en faisant la force inspiratrice de notre cheminement. C’est dans la conscience de cette présence du Ressuscité parmi nous que nous nous posons aujourd’hui la question adressée à Pierre à Jérusalem, aussitôt après son discours de la Pentecôte : « Que devons-nous faire ? » (Ac 2,37)

    Nous nous interrogeons avec un optimisme confiant, sans pour autant sous-estimer les problèmes. Nous ne sommes certes pas séduits par la perspective naïve qu’il pourrait exister pour nous, face aux grands défis de notre temps, une formule magique. Non, ce n’est pas une formule qui nous sauvera, mais une personne, et la certitude qu’elle nous inspire : « Je suis avec vous ! »

    Il ne s’agit pas alors d’inventer un nouveau programme. Le programme existe déjà : c’est celui de toujours, tiré de l’Évangile et de la Tradition vivante. Il est centré, en dernière analyse, sur le Christ lui-même, qu’il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l’histoire jusqu’à son achèvement dans la Jérusalem céleste… Il est toutefois nécessaire qu’il se traduise par des orientations pastorales adaptées aux conditions de chaque communauté… C’est dans les Églises locales que l’on peut fixer les éléments concrets d’un programme…qui permettent à l’annonce du Christ d’atteindre les personnes, de modeler les communautés, d’agir en profondeur par le témoignage des valeurs évangéliques sur la société et sur la culture… C’est donc une œuvre de reprise pastorale enthousiasmante qui nous attend. Une œuvre qui nous implique tous.

    Bienheureux Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Lettre apostolique pour le nouveau millénaire « Novo millennio ineunte », §29 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)