Catégorie : Saints et Saintes

  • St David fils de Jessé le Bethléémite, IIe roi d’Israël

    San_Davide_AHDans le livre du Prophète Samuel, on peut lire  le commencement, pas ordinaire, de cette histoire: le choix inattendu d’un jeune berger appelé à succéder à Saül, lequel fut  premier roi régnant en Israël. Il s’agit de David, le  personnage biblique de  l’Ancienne Alliance sur qui  le Livre sacré nous fournit le plus de détails –  sur  son histoire édifiante et quelques fois fort  tumultueuse. À preuve…

    Le prophète Samuel était parti en quête d’un successeur pour le roi Saül tombé en disgrâce devant le Très-Haut.  Évidemment, le roi n’en  savait rien, sinon la démarche  du  vieux prophète n’aurait pas fait long feu. On ne change pas de roi comme on change de chemise… si ce n’est par un  coup d’état, ce dont Samuel  n’avait nullement envie. Samuel agissait toujours avec la patience et la discrétion de l’Esprit. Or l’Esprit, ce jour-là, le conduisit au patelin de Bethléem oùhabitait un propriétaire terrien du nom de Ishaï. Samuel confia son dessein au seigneur du lieu qui appela ses fils. Il en avait huit, dont sept en âge de prendre des responsabilités;  le septième n’était qu’un gamin qu’il laissa au champ pour garder le troupeau.  Le prophète se mit en prière et exerça son discernement sur les sept grands gars d’Ishaï;  mais il n’en trouva aucun marqué de  l’Esprit. On appela donc le petit dernier et Samuel le sacra roi dans le plus grand secret.

    David était un bel adolescent roux d’une quinzaine d’années. On le mit au courant de sa mission: aller vivre, plutôt incognito,  à la cour du roi. Comme il était artiste, chantait bien, touchait la lyre et composait des mélodies, il serait facile de trouver un poste auprès de Saül. Cependant, déjà sacré  par le prophète,  il ne devait  rien  laisser transpirer  du projet de son Élohim (Dieu). Le secret ainsi gardé, le Seigneur lui révélerait à quel moment  se faire connaître comme nouveau roi en Juda.
    Selon le livre sacré, l’esprit de Dieu s’était retiré de Saül, et un esprit mauvais le tenaillait, lui causait des terreurs inexplicables. Un serviteur convia David en présence du roi pour  jouer de la lyre et calmer  son esprit tourmenté. En entendant la musique de David, Saül éprouvait  un grand soulagement. Aussi, dit le Livre, « Saül se prit d’une grande affection pour lui et David devint son   écuyer ».  Un jour, comme écuyer du roi, David se lança, seul,  à l’attaque du géant Goliath qui terrorisait Israël. Au nom de Yahvé Sabaot,  il le tua d’une pierre de sa fronde et lui trancha la tête. Cet événement enchanta le peuple qui acclama le jeune David. Dès lors, le roi  Saül commença de jalouser son écuyer. Et, très rapidement,  la vie se compliqua pour David qui devait fuir continuellement la présence du roi.  Celui-ci  forma même le projet de le faire périr. Jonathan et Milka aidèrent David  à  échapper au piège.

    David devint un homme de guerre, toujours doublé du poète qui chantait par des psaumes la gloire du Très-Haut. Il avait  gardé son cœur d’enfant, de petit berger qui tendrement protégeait et conduisait  son troupeau. Il se tenait en présence du  Dieu qui l’assistait en toutes ses entreprises.
    Quand il succéda à Saül, décédé aux mains des Pelishtîm, il régna sept ans sur Iehouda, siégeant à Hèbrôn,  tandis qu’un fils de Saül, Ishbaal,  fut sacré  roi en Israël. Puis, une guerre se déclara entre les deux royaumes, où David vainquit Abner,  chef d’armée du roi d’Israël. Après cette victoire, qui fut suivie des meurtres d’Abner et d’Ishbaal, les chefs des tribus d’Israël joignirent David à Hèbrôn et le reconnurent comme leur roi. La Bible nous dit: « David avait trente ans à son avènement et il régna quarante ans. À Hèbrôn, il régna sept ans et six mois sur Juda; à Jerusalem, il régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda ».  De fait, après sa victoire sur Israël, David partit en guerre contre les Iebussîm, s’empara de Ieroushalaîm dont il fit la capitale du royaume uni. Le prophète Natân le bénit au nom de Yahvé et lui assura une descendance à jamais: “Ta maison et ta royauté subsisteront à jamais devant moi, ton trône sera affermi à jamais”. David n’avait que trente ans et louait Dieu de tout ce qu’il lui avait permis de vivre en si peu d’années. Parfois, il se demandait s’il rêvait ou si c’était bien vrai! Il faisait à Dieu cette prière, conservée au Livre sacré: “Qui suis-je, Seigneur Adonaï, et quelle est ma maison pour que tu m’aies mené jusque-là? Mais cela est encore trop peu à tes yeux, Seigneur Adonaï, et tu étends aussi tes promesses à la maison de ton serviteur pour un lointain avenir…

    L’unification du Royaume constitua un événement majeur dans l’histoire du  peuple élu; mais aussi un tournant, un peu tragique, dans la vie de David. Il commença à prospérer, à sentir qu’il était  “maître après Dieu”. Et il lui arrivait d’oublier le “après Dieu”!  Il organisa le royaume, avec l’aide des sages de ce temps qui étaient  plus “hommes politiques” que “hommes de l’Esprit”. Il se prit à leur jeu, et se référa de moins à moins à l’Esprit de son Elohîm pour prendre des décisions: constructions, armées, guerres, annexions, relations diplomatiques, mariages d’état en série, etc. Ce qui, peu à peu, l’emporta dans son esprit et guida sa politique royale, ce fut l’efficacité, la possession,  le pouvoir. Le royaume marcha si bien que David pensa de moins en moins à recourir à son Seigneur : il en vint  à négliger ses prières!  Mais Dieu l’attendait au détour…

    Moins enclin à prier son Seigneur, David laissait  facilement errer son esprit où il ne devait pas. Il commit une imprudence glissante en examinant, de sa terrasse et avec convoitise, la très belle Bat-Shèba, épouse de son voisin Ouryah. Il succomba même au désir d’avoir une relation avec elle, et elle devint enceinte. Alors, comme allant de soi, David s’arrangea pour liquider l’époux gênant, l’envoyant au front d’un combat perdu d’avance. Puis, tout bonnement, il fit entrer Bat-Shèba dans son harem… Il pensait que l’histoire finirait là, qu’on n’en parlerait plus et que tout rentrerait dans l’ordre. Mais Dieu veillait sur son David d’autrefois, si croyant, fidèle et  pieux. Il lui fit la grâce d’un prophète pour le tirer de son errement qui risquait de l’encroûter à jamais. Natân, qu’il aimait bien, vint lui conter l’histoire d’un homme riche, aux troupeaux fabuleux, qui prit  à un indigent la seule petite brebis qu’il possédait et faisait reposer sur con cœur. Le Livre raconte que David entra en grande colère contre cet homme et dit à Natân: “Aussi vrai que Yahvé est vivant, l’homme qui a fait cela mérite la mort!…” Quand David eut fini de se vider le cœur et d’exprimer sa profonde indignation devant telle injustice, le Prophète lui dit: “Cet homme, c’est toi!”

    Ce fut un réveil brutal pour David. Il pleura amèrement et pria la très  belle prière que l’on prie  au Livre des Psaumes; il la composa, dit le Livre, “quand Natân, l’inspiré, vint à lui parce qu’il était allé vers Bat-Shèba”. La prière de l’Église récite souvent ce qu’on a appelé le  >>> Miserere Mei, Deus, et que des poètes musiciens ont mis en musique.

    Le roi David recouvrit son cœur d’enfant de Dieu. Il fut, par la suite de son long règne,  un roi modèle que l’on présenta toujours comme tel à la postérité: tous les rois qui suivirent furent jugés à  l’aune du roi David. Pareillement, on attendit toujours le Messie à venir comme “fils de David” qui devait naître à Béit-Lèhèm  de Iehouda, la ville du saint Roi David.

    Pour un approfondissement, lire :
    Premier Livre de Samuel (chapitres 16 à 31) ;
    Deuxième livre de Samuel (chapitres 1 à 24);
    Premier livre des Rois (chapitres 1 et 2);
    Premier livre des Chroniques (chapitres 3, 11 à 29).

    Source principale : bible.catholique.org/ ; jesuites.org/content (« Rév. x gpm »).

     

     

     

  • Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

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    Que puis-je dire de ce mystère ? Je vois un ouvrier, une mangeoire, un enfant, des langes, l’enfantement d’une vierge privée de tout le nécessaire, toutes les marques de l’indigence, tout le fardeau de la pauvreté. Avez-vous jamais vu la richesse dans une telle pénurie ? Comment celui qui était riche s’est-il fait pauvre pour nous (2Co 8,9) au point que, privé de berceau et de couvertures, il est couché dans une dure mangeoire ? … Ô richesse immense, sous les apparences de la pauvreté ! Il dort dans une mangeoire et il ébranle l’univers. Lui qui est serré dans ses langes, il brise les chaînes du péché. Alors qu’il ne peut pas prononcer un mot, il a instruit les mages pour qu’ils rentrent par un autre chemin. Le mystère dépasse la parole !

    Voici le bébé enveloppé de langes, couché dans une mangeoire ; il y a là aussi Marie, à la fois vierge et mère ; il y a encore Joseph qu’on appelle son père. Celui-ci a épousé Marie, mais le Saint Esprit a couvert Marie de son ombre. C’est pourquoi Joseph était angoissé, ne sachant comment appeler l’enfant… Dans cette anxiété, un message lui a été apporté par un ange : « Ne crains pas, Joseph, l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint » (Mt 1,20)… Pourquoi le Sauveur est-il né d’une vierge ? Jadis Eve, qui était vierge, s’est laissé séduire et a enfanté la cause de notre mort ; Marie, ayant reçu de l’ange la Bonne Nouvelle, a enfanté le Verbe fait chair qui nous apporte la vie éternelle.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie pour Noël ; PG 56, 392 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 24)

     

     

     

  • Fête de Saint Jean, apôtre et évangéliste

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    Pierre et Jean courent tous deux au tombeau. Le tombeau du Christ c’est l’Écriture sainte, dans laquelle les mystères les plus obscurs de sa divinité et de son humanité sont défendus, si j’ose dire, par une muraille de rocher. Mais Jean court plus vite que Pierre, car la puissance de la contemplation totalement purifiée pénètre les secrets des œuvres divines d’un regard plus perçant et plus vif que la puissance de l’action, qui a encore besoin d’être purifiée.

    Pierre entre cependant le premier dans le tombeau ; Jean le suit. Tous deux courent, et tous deux entrent. Ici Pierre est l’image de la foi, et Jean représente l’intelligence… La foi doit donc entrer la première dans le tombeau, image de l’Écriture sainte, et l’intelligence entrer à sa suite…

    Pierre, qui représente aussi la pratique des vertus, voit par la puissance de la foi et de l’action le Fils de Dieu enfermé d’une manière inexprimable et merveilleuse dans les limites de la chair. Jean, lui, qui représente la plus haute contemplation de la vérité, admire le Verbe de Dieu, parfait en lui-même et infini dans son origine, c’est-à-dire dans son Père. Pierre, conduit par la révélation divine, regarde en même temps les choses éternelles et les choses de ce monde, unies dans le Christ. Jean contemple et annonce l’éternité du Verbe pour le faire connaître aux âmes croyantes.

    Je dis donc que Jean est un aigle spirituel au vol rapide, qui voit Dieu ; je l’appelle théologien. Il domine toute la création visible et invisible, il va au-delà de toutes les facultés de l’intellect, et il entre divinisé en Dieu qui lui donne en partage sa propre vie divine.

    Jean Scot Érigène (?-v. 870), bénédictin irlandais
    Homélie sur le prologue de l’évangile de Jean, §2 (trad. Jean expliqué, DDB 1985, p. 27 rev.)

     

     

     

  • Fête de Saint Étienne, premier martyr

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    Hier nous fêtions la naissance dans le temps de notre roi éternel ; aujourd’hui nous fêtons le combat victorieux  de son soldat… Notre roi, lui qui est le Très-Haut, est venu à nous dans l’humilité, mais il ne pouvait  pas venir les mains vides : il a apporté à ses soldats la plus grande des grâces. Il ne s’est pas contenté de les couvrir de richesses, il leur a aussi donné une force invincible au combat : il leur a fait le don de la charité, qui conduit les hommes à partager la vie de Dieu…

    La charité, cet amour qui a fait descendre le Christ sur la terre, a élevé Étienne de la terre au ciel… Pour obtenir la couronne signifiée par son nom, Étienne avait donc pour armes la charité. Grâce à elle, il était entièrement vainqueur. C’est par amour de Dieu qu’il n’a pas reculé devant ses ennemis et par amour du prochain qu’il a intercédé pour ses bourreaux. Par cette charité, il incitait les égarés à se corriger ; par elle, il priait pour éviter le châtiment à ses meurtriers. Soutenu par cet amour, il a vaincu Saul, qui était rempli de fureur, et celui qu’il avait eu pour persécuteur sur la terre, il a obtenu de l’avoir comme compagnon dans le ciel. Son amour saint et indéfectible désirait gagner à lui par sa prière ceux qu’il n’avait pas pu convertir par ses avertissements… Et c’est pourquoi maintenant Paul partage le bonheur d’Étienne. Avec Étienne il jouit de la gloire du Christ, avec Étienne il exulte, avec Étienne il règne. Là où Étienne est monté le premier, lapidé sous les yeux de Paul, là aussi Paul est monté avec l’aide des prières d’Étienne.

    Saint Fulgence de Ruspe (467-532), évêque en Afrique du Nord
    Sermon 3, 1-3, 5-6 ; CCL 91 A, 905-909 (trad. cf Orval et bréviaire 26/12)

     

     

  • Quatrième Dimanche de l’Avent

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    La joie est une composante fondamentale du temps sacré qui commence. L’Avent est un temps de vigilance, de prière, de conversion, en plus d’une attente fervente et joyeuse. Le motif est clair : « Le Seigneur est proche » (Ph 4,5).

    La première parole adressée à Marie dans le Nouveau Testament est une invitation joyeuse : « Exulte, réjouis-toi ! » (Lc 1,28 grec). Une telle salutation est liée à la venue du Sauveur. À Marie la première est annoncée une joie qui par la suite sera proclamée à tout le peuple (Lc 2,10) ; elle y participe d’une manière et dans une mesure extraordinaire. En elle la joie de l’ancien Israël se concentre et trouve sa plénitude ; en elle le bonheur des temps messianiques éclate irrévocablement. La joie de la Vierge Marie est en particulier celle du « petit reste » d’Israël (Is 10,20s), des pauvres qui attendent le salut de Dieu et qui font l’expérience de sa fidélité.

    Pour participer à cette fête nous aussi il est nécessaire d’attendre avec humilité et d’accueillir le Sauveur avec confiance. « Tous les fidèles, qui par la liturgie vivent l’esprit de l’Avent, en considérant l’amour inexprimable avec lequel la Vierge Mère attendait le Fils, seront amenés à la prendre comme modèle et à se préparer pour aller à la rencontre du Seigneur qui vient, ‘ vigilants dans la prière et remplis d’allégresse ‘ » (Paul VI, Marialis cultus 4 ; Missel romain).

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Allocution 27/11/1983

     

     

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  • « Voici la servante du Seigneur. »

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    « L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth. » Vous êtes surpris que Nazareth, cette petite cité, soit honorée du message d’un grand Roi, et de quel message ! Mais un grand trésor est caché dans cette bourgade : il est caché aux hommes, non à Dieu. Marie, n’est-elle pas le trésor de Dieu ? Partout où elle se trouve, le cœur de Dieu la suit. Ses yeux sont sur elle ; il ne quitte pas du regard son humble servante.

    Si le Fils unique de Dieu le Père connaît le ciel, il connaît aussi Nazareth. Comment ne connaîtrait-il pas sa patrie et son héritage ? Il tient le ciel de son Père, Nazareth de sa mère, puisqu’il se dit à la fois le Fils de David et le Seigneur (Mt 22,42s)…

    « Ne crains pas Marie : tu as trouvé grâce auprès de Dieu. » Et quelle grâce ! Une grâce pleine, unique, singulière…: d’autant plus singulière qu’elle est pour tous les hommes… Grâce unique, puisque seule, ô Marie, tu as la plénitude ; grâce universelle, puisque tout ce que Dieu a créé a sa part de cette plénitude : « Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni » (Lc 1,42). Il n’est que pour toi le fruit de tes entrailles, mais par ta médiation il parvient aux âmes de tous… En toi seule ce Roi si riche s’est anéanti, ce grand souverain s’est humilié, ce Dieu infini s’est fait petit. Il s’est mis au-dessous des anges (He 2,7) ; vrai Dieu et Fils de Dieu, il s’est incarné. Mais à quelle fin ? Pour nous enrichir tous de sa pauvreté, nous élever par son abaissement, nous grandir en se faisant petit, nous unir à Dieu en se faisant homme, afin que nous commencions à n’être avec lui qu’un même esprit (2Co 8,9; 1Co 6,17).

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
    Sermon pour l’Annonciation, §7-8 (trad. Œuvres spirituelles, Seuil 1953, p. 968-970 rev.)

     

     

     

  • De la même pâte que nous

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    Nous avons appris que ce Verbe, la Parole de Dieu, a pris chair d’une vierge et qu’il a porté l’homme ancien en rénovant sa nature. Nous savons que l’humanité du Verbe est faite de la même pâte que nous. Car s’il n’était pas ainsi, c’est en vain qu’il nous aurait commandé de l’imiter comme notre maître. Si cet homme est d’une autre nature, comment peut-il me prescrire de faire comme lui, à moi qui suis faible par nature ? Et alors où est sa bonté, sa justice ?

    Pour bien faire comprendre qu’il n’est pas différent de nous, il a voulu supporter la fatigue et connaître la faim ; il n’a pas refusé d’avoir soif, il a trouvé son repos dans le sommeil, il n’a pas refusé la souffrance, il s’est soumis à la mort et il a rendu manifeste sa résurrection. En tout cela il a offert comme prémices sa propre humanité afin que toi, dans ta souffrance, tu ne perdes pas courage mais que, reconnaissant que tu es toi-même homme, tu attendes toi aussi ce que le Père a donné à cet homme-là.

    Saint Hippolyte de Rome (?-v. 235), prêtre et martyr
    Réfutation de toutes les hérésies, 10, 33-34 ; GCS 26, 289-293

     

     

  • « Votre Père ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »

    brebis égaréeLe Seigneur aime le pécheur repentant ; il le serre avec tendresse sur son cœur : « Où étais-tu, mon enfant ? Je t’attends depuis longtemps ». Le Seigneur appelle ainsi à lui tous les hommes par son Évangile ; sa voix retentit dans le monde entier : « Venez à moi, vous tous qui peinez, et je vous donnerai le repos ; venez et buvez l’eau vive (Mt 11,28; Jn 4,10). Venez et apprenez que je vous aime… Je ne peux pas supporter que même une seule de mes brebis se perde. Même pour une seule, le pasteur va dans les montagnes et la cherche partout. Venez donc à moi, mes brebis. Je vous ai créées et je vous aime. Mon amour pour vous m’a fait venir sur la terre, et j’ai tout enduré pour votre salut. Je veux que vous connaissiez mon amour et que vous disiez comme les apôtres sur le Mont Thabor : ‘ Seigneur, il est bon pour nous d’être avec toi ‘ (Mt 17,4) ».

    Le Seigneur nous appelle sans cesse vers lui : « Venez à moi, et je vous donnerai le repos ». Il nous nourrit de son Corps très pur et de son Sang. Avec bonté, il nous éduque par sa parole et par le Saint Esprit ; il nous a révélé les mystères. Il vit en nous et dans les sacrements de l’Église, et il nous conduit là où nous verrons sa gloire. Mais chacun verra cette gloire dans la mesure de son amour…

    Tu as attiré à toi les âmes des saints, Seigneur, et elles coulent vers toi comme des rivières silencieuses. L’esprit des saints s’est attaché à toi, Seigneur, et il s’élance vers toi, notre lumière et notre joie. Le cœur des saints s’est affermi dans ton amour, Seigneur, et il ne peut pas t’oublier ne serait-ce qu’un instant, même dans le sommeil, car douce est la grâce du Saint Esprit.

    Silouane (1866-1938), moine russe, saint des Églises orthodoxes
    Ecrits (trad. Sophrony, Starets, Eds. Présence 1975, p. 389)

     

     

     

     

  • Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

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    1. « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ! » (Lc 1, 28).

     

    À travers ces paroles de l’Archange Gabriel, nous nous adressons à la Vierge Marie plusieurs fois par jour. Nous les répétons aujourd’hui avec une joie fervente, en la solennité de l’Immaculée Conception, en rappelant la date du 8 décembre 1854, lorsque le bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878)proclama cet admirable dogme de la foi catholique précisément dans cette Basilique vaticane […]

     

    2. Combien est grand le mystère de l’Immaculée Conception, que nous présente la liturgie d’aujourd’hui ! Un mystère qui ne cesse d’attirer la contemplation des croyants et qui inspire la réflexion des théologiens. Le thème du Congrès qui vient d’être rappelé -« Marie de Nazareth accueille le Fils de Dieu dans l’histoire »- a permis un approfondissement de la doctrine de la conception immaculée de Marie comme présupposé pour l’accueil en son sein virginal du Verbe de Dieu incarné, Sauveur du genre humain.

    « Pleine de grâce », «????????????» : c’est à travers cette appellation, selon l’original en grec de l’Évangile de Luc, que l’Ange s’adresse à Marie. Tel est le nom avec lequel Dieu, à travers son messager, a voulu qualifier la Vierge. C’est de cette façon qu’Il l’a pensée et vue depuis toujours, ab aeterno.

     

    3. Dans l’hymne de la Lettre aux Éphésiens, qui vient d’être proclamé, l’Apôtre loue Dieu le Père car il « nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles aux cieux, dans le Christ » (1, 3). Avec quelle bénédiction très spéciale Dieu s’est-il adressé à Marie depuis le début des temps ! Marie est véritablement bénie entre toutes les femmes (cf. Lc 1, 42)!

    Le Père l’a choisie dans le Christ avant la création du monde, afin qu’elle soit sainte et immaculée en sa présence dans l’amour, la prédestinant d’avance à l’adoption filiale par Jésus Christ (cf. Ep 1, 4-5).

     

    4. La prédestination de Marie, comme celle de chacun de nous, est relative à la prédestination du Fils. Le Christ est la souche qui devait  écraser la tête de l’antique serpent, selon le Livre de la Genèse (cf. Gn 3, 15) ; c’est l’Agneau sans tache (cf. Ex 12, 5; 1 P 1, 19), immolé pour racheter l’humanité du péché.

    En prévision de sa mort salvifique, Marie, sa Mère, a été préservée du péché originel et de tout autre péché. Dans la victoire du nouvel Adam, il y a également celle de la nouvelle Ève, mère des rachetés. L’Immaculée est ainsi un signe d’espérance pour tous les vivants, qui ont vaincu Satan par le sang de l’Agneau (cf. Ap 12, 11).

     

    5. Nous contemplons aujourd’hui l’humble jeune fille de Nazareth sainte et immaculée en présence de Dieu dans la charité (cf. Ep 1, 4), cette charité qui, dans sa source originelle, est Dieu lui-même, un et trine.

    Œuvre sublime de la Très Sainte Trinité que l’Immaculée Conception de la Mère du Rédempteur! Pie IX, dans la Bulle Ineffabilis Deus, rappelle que le Tout-Puissant a établi « par un seul et même décret l’origine de Marie et l’incarnation de la Sagesse divine » (Pie IX Pontificis Maximi Acta, Pars prima, p. 559).

    Le oui de la Vierge à l’annonce de l’Ange prend place dans la situation concrète de notre condition terrestre, en humble obéissance à la volonté divine de sauver l’humanité non pas de l’histoire, mais dans l’histoire. En effet, préservée de toute tache de péché originel, la « nouvelle Ève » a bénéficié de façon particulière de l’œuvre du Christ comme Médiateur et Rédempteur très parfait. Rachetée la première par son Fils, participant en plénitude à sa sainteté, Elle est déjà ce que toute l’Église désire et espère être. Elle est l’icône eschatologique de l’Église.

     

    6. C’est pourquoi l’Immaculée, qui marque « le début de l’Église, épouse du Christ sans tache et sans ride, resplendissante de beauté » (Préface), précède toujours le Peuple de Dieu, dans le pèlerinage de la foi vers le Royaume des cieux (cf. Lumen gentium, n. 58 ; Enc. Redemptoris Mater, n. 2).

    Dans la Conception immaculée de Marie, l’Église voit se projeter, anticipée à travers son membre le plus noble, la grâce salvifique de Pâques.

    Dans l’événement de l’Incarnation, elle trouve le Fils et la Mère indissolublement associés: « Celui qui est son Seigneur et sa Tête et celle qui, en prononçant le premier fiat de la Nouvelle Alliance, préfigure sa condition d’épouse et de Mère » (Redemptoris Mater, n. 1).

     

    7. À Toi, Vierge immaculée, prédestinée par Dieu par-dessus toute autre créature comme avocate de grâce et modèle de sainteté pour son peuple, je renouvelle aujourd’hui de façon particulière l’acte de consécration de toute l’Église.

    Puisses-tu guider ses fils dans leur pèlerinage de foi, les faisant devenir toujours plus obéissants et fidèles à la Parole de Dieu.

    Puisses-tu accompagner chaque chrétien sur le chemin de la conversion et de la sainteté, dans la lutte contre le péché et dans la recherche de la beauté véritable, qui constitue toujours la marque et le reflet de la Beauté divine.

    Puisses-tu encore obtenir la paix et le salut pour tous les peuples. Que le Père éternel, qui t’a voulue Mère immaculée du Rédempteur, renouvelle également dans notre temps, à travers toi, les prodiges de son amour miséricordieux. Amen !

     

    Homélie de Saint Jean-Paul II

    (Mercredi 8 décembre 2004)

    Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm»).

  • « Voyant les foules, il eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues. »

    Padre Pio

    L’espérance en la miséricorde inépuisable de Dieu nous soutient dans le tumulte des émotions et le flot des contrariétés ; c’est avec confiance que nous accourons au sacrement de pénitence où le Seigneur nous attend à tout moment comme un Père de miséricorde. Certes, devant lui nous sommes bien conscients de ne pas mériter son pardon ; mais nous ne doutons pas de sa miséricorde infinie. Oublions donc nos péchés, comme Dieu l’a fait avant nous.

    Il ne faut plus revenir, ni par la pensée ni en confession, sur les fautes déjà accusées lors de confessions précédentes. Grâce à notre repentir sincère, le Seigneur les a pardonnées une fois pour toutes. Vouloir revenir sur des fautes déjà pardonnées seulement pour en être encore une fois absous, ou seulement parce que nous doutons qu’elles aient été réellement et pleinement pardonnées, cela ne doit-il pas être vu comme un manque de confiance envers la bonté de Dieu ?

    Si cela peut t’apporter quelque réconfort, tu peux repenser aux offenses que tu as faites à la justice de Dieu, à sa sagesse, à sa miséricorde, mais uniquement pour pleurer des larmes salutaires de repentir et d’amour.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
    GF 171,169 (trad. Une pensée, Médiaspaul 1991, p. 46)