Catégorie : Prière des âmes

  • La brebis égarée

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    Seigneur Jésus Christ notre Dieu, je n’ai pas un cœur qui se met en peine pour partir à ta recherche, ni de repentir, ni de tendresse, rien de ce qui ramène les enfants à leur héritage. Maître, je n’ai pas de larmes pour te prier. Mon esprit est enténébré par les choses de cette vie et n’a pas la force de tendre vers toi dans sa douleur. Mon cœur est froid sous les épreuves, et les larmes de l’amour pour toi ne peuvent pas le réchauffer. Mais toi, Seigneur Jésus Christ mon Dieu, trésor des biens, donne-moi le repentir total et un cœur en peine, pour que de toute mon âme je sorte à ta recherche, car sans toi je serai privé de tout bien ; ô Dieu bon, donne-moi ta grâce. Que le Père qui, hors du temps, dans l’éternité, t’a engendré dans son sein renouvelle en moi les formes de ton image.

    Je t’ai abandonné ; ne m’abandonne pas. Je suis sorti de toi ; sors à ma recherche. Conduis-moi dans ton pâturage ; compte-moi avec les brebis de ton troupeau élu. Avec elles nourris-moi de l’herbe verte de tes mystères divins dont le cœur pur est la demeure, ce cœur qui porte en lui la splendeur de tes révélations, la consolation et la douceur de ceux qui se sont donné de la peine pour toi dans les tourments et les outrages. Puissions-nous être dignes d’une telle splendeur, par ta grâce et ton amour de l’homme, toi notre Sauveur Jésus Christ, dans les siècles des siècles. Amen.

    Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
    Discours ascétiques, 1ère série, n° 2 (trad. DDB 1981, p.68)

     

     

     

  • La prière gratuite

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    Fruit et prière sont les mots-clés de l’Évangile. (…)
    Il y a des gens qui ne prient presque jamais et, lorsqu’ils le font, c’est en espérant que Dieu pourra résoudre pour eux un problème si compliqué qu’ils ne voient pas de solution. Et ils justifient leur attitude par les paroles de Jésus: «tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez déjà reçu, cela vous sera accordé» (Mc 11,24). Ils ont raison. Il est très humain, compréhensible et légitime que, devant des problèmes qui nous dépassent, nous fassions confiance à Dieu, à une force supérieure à la nôtre.
    Mais il faut ajouter que toute prière est “inutile”, («votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l’ayez demandé»: Mt 6,8), en ce sens qu’elle n’a pas d’utilité pratique directe, comme —par exemple— celle d’allumer une lumière. Nous ne recevons rien en échange de notre prière, parce que tout ce que nous recevons de Dieu est grâce pour grâce.
    Alors, faut-il prier? Certainement, car c’est maintenant que nous savons que nous recevons la grâce, que la prière a le plus de valeur: parce qu’elle est “inutile” et “gratuite”. En plus, la prière de demande nous apporte trois bienfaits: la paix intérieure (rencontrer Jésus, notre ami, et avoir confiance en Dieu, c’est relaxant); réfléchir, rationaliser un problème et savoir comment le présenter, c’est l’avoir presque résolu; enfin, la prière nous aide à distinguer entre ce qui est bon et ce qui n’est peut-être qu’un caprice. Alors, après-coup, nous comprendrons avec les yeux de la foi ce que Jésus nous dit: «Tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils» (Jn 14,13).

    Abbé Agustí BOADAS Llavat OFM (Barcelone, Espagne)
    evangeli.net

  • Avec Marie, le Ciel au coeur

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    (…) Le Très Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, ainsi que le sacrement de la réconciliation, ont une immense force : ils nous font repartir avec le Ciel dans notre cœur, pour reprendre les mots du curé d’Ars. Et vraiment, c’est là quelque chose à désirer : laisser le bonheur et la vie de Dieu gagner en nous du terrain… Nous faire devenir pleinement humains en nous remplissant de Dieu ! Hier, à la sortie du métro, un homme m’a accosté dans la rue et s’est mis à faire un bout de chemin avec moi. Voilà qu’un prêtre lui tombait sous la main, si je puis dire. Il m’a confié qu’il était dans un mauvais passage, au point de penser au pire. Je ne le connaissais pas. J’ai écouté. J’ai essayé de lui faire voir plus loin que ses idées noires et sa vision pessimiste de l’humanité. Je lui ai dit qu’il serait bien qu’il commençât à s’aimer lui-même, et donc à imiter Dieu, lui rappelant que Celui-ci l’aime. Il a reconnu cette dernière affirmation.
    Vous n’imaginez pas à quel point j’espère que le Ciel sera descendu dans son cœur ! Et j’espère que vous le laisserez aussi descendre dans le vôtre ! N’hésitez pas à en prendre les moyens…

    Fr Philippe Jaillot producteur du Jour du Seigneur
    extrait du blog du 04/06/2015
    « Tout le Ciel dans mon coeur »

     

     

     

     

  • « Pour la première fois, il les envoie. »

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    Jésus dit à Pierre : « Avance au large ! » (Lc 5,4) « Pierre et ses premiers compagnons firent confiance à la parole du Christ et jetèrent leurs filets »… Celui qui ouvre son cœur au Christ comprend non seulement le mystère de sa propre existence, mais aussi celui de sa propre vocation, et il fait mûrir de splendides fruits de grâce… En vivant l’Évangile dans son intégralité, le chrétien devient toujours plus capable d’aimer à la manière même du Christ, en accueillant son exhortation : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). Il s’engage à persévérer dans l’unité avec ses frères au sein de la communion de l’Église, et il se met au service de la nouvelle évangélisation pour proclamer la merveilleuse vérité de l’amour salvifique de Dieu et pour en témoigner.

    Chers jeunes, c’est à vous tout particulièrement que je renouvelle l’invitation du Christ à « avancer au large »… Ayez confiance en lui, mettez-vous à l’écoute de ses enseignements, fixez le regard sur son visage, persévérez dans l’écoute de sa Parole. Laissez-le orienter toutes vos recherches et toutes vos aspirations, tout votre idéal et tout le désir de votre cœur… Je pense en même temps à la parole adressée par Marie, sa mère, aux serviteurs à Cana de Galilée : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2,5). Chers jeunes, le Christ vous demande « d’avancer au large » et la Vierge vous encourage à ne pas hésiter à le suivre. Que monte de tous les coins du monde, soutenue par l’intercession maternelle de la Madone, la prière ardente au Père du ciel pour obtenir « des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9,38) :

    Jésus, Fils de Dieu,
    en qui demeure la plénitude de la divinité,
    Tu appelles tous les baptisés « à avancer au large »,
    en parcourant le chemin de la sainteté.
    Suscite dans le cœur des jeunes le désir
    d’être des témoins de la puissance de ton amour
    dans le monde d’aujourd’hui.
    Remplis-les de ton Esprit de force et de prudence,
    pour qu’ils soient capables de découvrir la pleine vérité
    sur eux-mêmes et leur vocation propre.
    Notre Sauveur,
    envoyé par le Père pour révéler son amour miséricordieux,
    fais à ton Église
    le don de jeunes prêts à avancer au large,
    pour être parmi leurs frères une manifestation
    de ta présence qui renouvelle et qui sauve.

    Vierge Sainte, Mère du Rédempteur,
    guide assuré dans le chemin vers Dieu et le prochain,
    toi qui as conservé ses paroles dans l’intimité de ton cœur (Lc 2,19),
    soutiens par ton intercession maternelle
    les familles et les communautés ecclésiales,
    afin qu’elles aident les adolescents et les jeunes
    à répondre généreusement à l’appel du Seigneur.
    Amen.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Message pour la 42e Journée mondiale de prière pour les vocations 17/04/2005 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »

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    Comme la femme souffrant d’hémorragie je me prosterne devant toi, Seigneur, pour que tu me délivres de la souffrance et que tu m’accordes le pardon de mes fautes, afin qu’avec componction de cœur je te crie : « Sauveur, sauve-moi »…

    Elle allait à toi en se cachant, Sauveur, car elle te prenait pour un simple humain, mais sa guérison lui a enseigné que tu étais Dieu et homme tout ensemble. En secret elle a touché ta frange, craignant dans son âme…, se disant : « Comment me ferai-je voir de celui qui observe tout, moi qui porte la honte de mes fautes ? Si le Tout-Pur voit le flux de sang, il s’écartera de moi comme impure, et ce sera pour moi plus terrible que ma plaie, s’il se détourne de moi malgré mon cri : Sauveur, sauve-moi.

    « En me voyant, tout le monde me bouscule : ‘ Où vas-tu ? Prends conscience de ta honte, femme, sache qui tu es, et de qui tu voudrais t’approcher maintenant ! Toi, l’impure, approcher le Tout-Pur ! Va-t’en te purifier, et quand tu auras essuyé la tache que tu portes, alors tu iras vers lui en criant : Sauveur, sauve-moi. ‘

    « — Vous cherchez à me causer plus de peine que mon propre mal ? Je sais que lui il est pur, et c’est bien pour cela que j’irai à lui, pour être délivrée de l’opprobre et de l’infamie. Ne m’empêchez donc pas…de crier : Sauveur, sauve-moi.

    « La source épanche ses flots pour tous : de quel droit la bouchez-vous ? … Vous êtes témoins de ses guérisons… Tous les jours il nous encourage en disant : ‘ Venez à moi, vous que les maux accablent ; moi, je pourrai vous soulager ‘ (Mt 11,28). Il aime faire le don de la santé à tous. Et vous, pourquoi me rudoyez-vous en m’empêchant de lui crier… : Sauveur, sauve-moi ? »…

    Celui qui sait toutes choses…se retourne et dit à ses disciples : « Qui vient de toucher ma frange ? (Mc 5,30)… Pourquoi me dis-tu, Pierre, qu’une grande foule me presse ? Ils ne touchent pas ma divinité, mais cette femme, en touchant mon vêtement visible, a saisi ma nature divine, et elle a acquis la santé en me criant : Seigneur, sauve-moi…

    « Prends courage à présent, femme… Sois donc désormais en bonne santé… Ceci n’est pas l’ouvrage de ma main, mais l’œuvre de ta foi. Car beaucoup ont touché ma frange, mais sans obtenir la force, parce qu’ils n’apportaient pas de foi. Toi, tu m’as touché avec beaucoup de foi, tu as reçu la santé, c’est pourquoi je t’ai amenée maintenant devant tous, pour que tu dises : Sauveur, sauve-moi. »

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d’hymnes
    Hymne 23, Sur l’hémorroïsse (trad. SC 114, p. 87 rev.)

     

     

     

     

  • Consécration et litanie au Très Précieux Sang

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    Miséricordieux Jésus, conscient de mon néant et de la Grandeur Divine, je me jette à Vos Pieds pour Vous remercier des nombreuses Grâces que Vous m’avez accordées, particulièrement celles de m’avoir délivré, par la Vertu de Votre Précieux Sang, du pouvoir néfaste de satan. En présence de la Vierge Marie, ma Mère, de mon Saint Ange Gardien, de mes Saints Patrons et de toute la Cour Céleste, je me consacre librement et d’un coeur sincère à Votre Sang Précieux, Ô Jésus, au moyen duquel Vous avez sauvé le monde du péché, de la mort et de l’enfer. Je Vous promets, avec le

    secours de Votre Sainte Grâce, de susciter et de répandre de toutes mes forces et selon mes moyens, la dévotion à Votre Précieux Sang, gage de notre salut, afin que Votre Sang Adorable soit honoré et glorifié. Je voudrais, par ce moyen, réparer mes infidélités envers Votre Précieux Sang, signe de Votre Amour, et faire amende honorable pour les nombreuses profanations des hommes à l’égard de Votre Sang Rédempteur. Ne Vous souvenez plus de mes propres péchés, de mes froideurs et de mes ingratitudes. C’est pourquoi je Vous offre, Ô Jésus, l’Amour, la Vénération et l’Adoration de votre très Saint Mère, de Vos disciples fidèles et de tous les Saints à l’égard de Votre Précieux Sang. Je Vous supplie de ne plus Vous souvenir de mes infidélités et froideurs passées et de pardonner à tous ceux qui Vous ont offensé. Aspergez-moi, Ô mon Divin Sauveur, ainsi que tous les hommes, de Votre Précieux Sang, afin que désormais, nous Vous aimions de tout notre coeur, Ô Amour Crucifié, et vénérions en tout temps dignement le prix de notre salut. AMEN.

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    Seigneur, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.
    O Christ, ayez pitié de nous. O Christ, ayez pitié de nous.
    Seigneur, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.

    Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
    Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
    Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
    Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

    Sang du Christ, fils unique du Père Eternel, Sauvez-nous
    Sang du Christ, Verbe incarné, Sauvez-nous
    Sang du Christ,Nouveau et Ancien Testament, Sauvez-nous
    Sang du Christ, répandu sur la terre pendant son agonie, Sauvez-nous
    Sang du Christ, versé dans la flagellation, Sauvez-nous
    Sang du Christ, émanant de la couronne d’épines, Sauvez-nous
    Sang du Christ,répandu sur la Croix, Sauvez-nous
    Sang du Christ, prix de notre salut, Sauvez-nous
    Sang du Christ, sans lequel il ne peut y avoir de rémission, Sauvez-nous
    Sang du Christ, nourriture eucharistisque et purification des âmes, Sauvez-nous
    Sang du Christ,fleuve de miséricorde, Sauvez-nous
    Sang du Christ, victoire sur les démons, Sauvez-nous
    Sang du Christ, force des martyrs, Sauvez-nous
    Sang du Christ, vertu des confesseurs, Sauvez-nous
    Sang du Christ, source de virginité, Sauvez-nous
    Sang du Christ, soutien de ceux qui sont dans le danger, Sauvez-nous
    Sang du Christ, soulagement de ceux qui peinent, Sauvez-nous
    Sang du Christ, espoir des pénitents, Sauvez-nous
    Sang du Christ, secours des mourants, Sauvez-nous
    Sang du Christ, paix et douceur des coeurs, Sauvez-nous
    Sang du Christ, gage de vie éternelle, Sauvez-nous
    Sang du Christ, qui délivre les âmes du Purgatoire, Sauvez-nous
    Sang du Christ, digne de tout honneur et de toute gloire, Sauvez-nous

    Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Jésus.
    Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Jésus.
    Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Jésus.

    Vous nous avez rachetés, Seigneur par votre Sang..
    Et vous avez fait de nous le royaume de Dieu.

    Prions :

    Dieu éternel et tout-puissant qui avez constitué votre fils unique, Rédempteur du monde, et avez voulu être apaisé par son sang, faîtes, nous vous en prions, que, vénérant le prix de notre salut et étant par lui protégés sur la terre contre les maux de cette vie, nous recueillions la récompense éternelle dans le Ciel. Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur.

    Ainsi-soit-il.

  • « Si Dieu habille ainsi l’herbe des champs, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? »

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    Au nom du Dieu saint, je prends aujourd’hui la plume pour que mes paroles, s’estampant sur la feuille blanche, servent de louange perpétuelle au Dieu béni, auteur de ma vie, de mon âme, de mon cœur. Je voudrais que l’univers entier, avec les planètes, tous les astres et les innombrables systèmes stellaires, soient une immense étendue, polie et brillante, où je pourrais écrire le nom de Dieu. Je voudrais que ma voix soit plus puissante que mille tonnerres, et plus forte que le fracas de la mer, et plus terrible que le grondement des volcans, pour seulement dire : Dieu ! Je voudrais que mon cœur soit aussi grand que le ciel, pur comme celui des anges, simple comme celui de la colombe (Mt 10,16), pour y mettre Dieu ! Mais puisque toute cette grandeur dont tu rêves ne peut pas devenir réalité, contente-toi de peu et de toi-même qui n’es rien, Frère Raphaël, car le rien même doit te suffire…

    Pourquoi se taire ? Pourquoi le cacher ? Pourquoi ne pas crier au monde entier et publier aux quatre vents les merveilles de Dieu ? Pourquoi ne pas dire aux gens et à tous ceux qui veulent l’entendre : voyez-vous ce que je suis ? Voyez-vous ce que j’ai été ? Voyez-vous ma misère se traînant dans la boue ? Car peu importe : émerveillez-vous ; malgré tout ça, je possède Dieu. Dieu est mon ami ! Dieu m’aime, moi, d’un tel amour que, si le monde entier le comprenait, toutes les créatures deviendraient folles et hurleraient de stupeur. Et encore, cela est peu. Dieu m’aime tellement que même les anges n’y comprennent rien ! (cf. 1P 1,12) La miséricorde de Dieu est grande ! M’aimer, moi, être mon ami, mon frère, mon père, mon maître. Être Dieu, et moi, être ce que je suis !

    Ah, mon Jésus, je n’ai ni papier, ni plume. Que puis-je dire ! Comment ne pas devenir fou ?

    Saint Raphaël Arnáiz Barón (1911-1938), moine trappiste espagnol
    Écrits spirituels, 04/03/1938, (trad. Cerf 2008, p. 372)

     

     

     

     

  • « Vous donc, priez ainsi : Notre Père. »

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15.

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. 

    Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.
    Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
    que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
    Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
    Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
    Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
    Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
    Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes.»

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    Avant tout, le Christ, Docteur de la paix et Maître de l’unité, n’a pas voulu que la prière soit individuelle et privée, comme si on ne priait que pour soi. Nous ne disons pas : « Mon Père, qui es aux cieux », ni « donne-moi aujourd’hui mon pain de ce jour ». Chacun ne demande pas que la dette lui soit remise à lui seul, ni que lui seul ne soit induit en tentation et délivré du Mal. Pour nous la prière est publique et communautaire, et quand nous prions, nous intercédons non pour un seul mais pour tout le peuple, car nous, le peuple entier, nous sommes un.

    Le Dieu de la paix et le Maître de la concorde, qui nous a enseigné l’unité, a voulu qu’un seul prie pour tous, comme lui-même en un seul a porté tous les hommes. Les trois jeunes Hébreux jetés dans la fournaise ont observé cette loi de la prière… : « Tous trois, d’une seule voix, chantaient une hymne et bénissaient Dieu » (Dn 3,51)… Les apôtres et les disciples priaient de cette manière après l’Ascension du Seigneur : « Tous d’un même cœur persévéraient dans la prière, avec quelques femmes et Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères » (Ac 1,14). D’un seul cœur, ils participaient fidèlement la prière ; par leur ferveur et leur amour mutuel, ils témoignaient que Dieu, « qui fait habiter les hommes unanimes dans une même maison » (Ps 67,7 Vulg), n’admet dans sa demeure éternelle que ceux qui prient en communion les uns avec les autres.

    Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
    La Prière du Seigneur, 8 (trad. cf bréviaire 11e lun.)

     

     

  • « Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte et prie ton Père qui est là dans le secret. »

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    Entrer au fond de ta maison, c’est rentrer dans ton cœur. Heureux ceux qui se réjouissent de rentrer dans leur cœur, et qui n’y trouvent rien de mal…

    Ils sont bien à plaindre, ceux qui, en rentrant chez eux, peuvent craindre d’en être chassés par d’âpres disputes avec les leurs. Mais combien plus malheureux sont ceux qui n’osent pas rentrer dans leur conscience, de peur d’en être chassés par le remords de leurs péchés. Si tu veux rentrer avec plaisir dans ton cœur, purifie-le. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5,8). Enlève de ton cœur les souillures de la convoitise, les taches de l’avarice, l’ulcère de la superstition ; enlève les sacrilèges, les pensées mauvaises, les haines, je ne dis pas seulement envers tes amis, mais même envers tes ennemis. Enlève tout cela, puis rentre alors dans ton cœur et tu y seras heureux.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    2ème discours sur le Psaume 33, §8 ; PL 36,312