Catégorie : Année liturgique

  • « Un Samaritain…arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié. »

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    Un Samaritain descendait par ce chemin. « Qui est descendu du ciel, sinon celui qui est monté au ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel ? » (cf Jn 3,13). Voyant à demi mort cet homme que personne avant lui n’avait pu guérir…, il vient près de lui ; c’est-à-dire qu’en acceptant de souffrir avec nous il s’est fait notre proche et qu’en nous prenant en pitié il s’est fait notre voisin.

    « Il pansa ses plaies en y versant de l’huile et du vin ». Ce médecin a bien des remèdes par lesquels il a coutume de guérir. Ses paroles sont un remède : telle parole ligature les plaies, une autre y verse du baume, une autre le vin astringent… « Puis il le chargea sur sa propre monture ». Ecoute comment il t’y place : « C’étaient nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était accablé » (Is 53,4). Le berger aussi a placé sur ses épaules la brebis fatiguée (Lc 15,5)…

    « Il le conduisit à l’hôtellerie et prit soin de lui »… Mais le Samaritain ne pouvait pas demeurer longtemps sur notre terre ; il devait retourner au lieu d’où il était descendu. Donc, « le lendemain » –- quel est ce lendemain, sinon le jour de la résurrection du Seigneur, celui dont il est dit : « Voici le jour que fit le Seigneur » (Ps 117,24) ? -– « il sortit deux pièces d’argent et les donna à l’hôtelier, en lui disant : Prends soin de lui ». Qu’est-ce que ces deux pièces ? Peut-être les deux Testaments, qui portent l’effigie du Père éternel, et aux prix desquels nos blessures sont guéries… Heureux cet hôtelier, qui peut soigner les blessures d’autrui ! Heureux celui à qui Jésus dit : « Ce que tu auras dépensé en plus, c’est moi qui te le rendrai lors de mon retour »… Il promet donc la récompense. Quand reviendras-tu, Seigneur, sinon au jour du jugement ? Bien que tu sois toujours partout, te tenant au milieu de nous sans que nous te reconnaissions, un jour viendra où toute chair te verra venir. Et tu rendras ce que tu dois. Comment le rendras-tu, Seigneur Jésus ? Tu as promis aux bons une large récompense au ciel, mais tu rendras encore plus quand tu diras : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (Mt 25,21).

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire de l’évangile de Luc, 7, 74s (trad. cf SC 52, p. 34 et Véricel, L’Evangile commenté, p. 241)

     

     

     

  • Sts Anges Gardiens

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    C’est une vérité de foi que les anges, tout bienheureux qu’ils sont, reçoivent une mission de Dieu auprès des hommes ; les paroles de Notre-Seigneur, l’enseignement des Docteurs et des saints, l’autorité de l’Église, ne nous permettent pas d’en douter. Si les démons, en légions innombrables, rôdent autour de nous comme des lions prêts à nous dévorer, selon la parole de saint Pierre, il est consolant pour nous de songer que Dieu nous a donné des défenseurs plus nombreux et plus puissants que les démons.

    C’est au plus tard dès sa naissance que tout homme venant au monde est confié à la garde d’un esprit céleste ; les païens, les hérétiques, les pécheurs eux-mêmes, ne sont pas privés de ce bienfait de Dieu. Il est même certain que divers personnages, en raison de leur situation, comme les rois, les pontifes, ou en raison des vues spéciales de Dieu sur eux, comme nombre de saints, ont parfois plusieurs anges gardiens. Il semble indubitable que non seulement les individus, mais les sociétés et les institutions, sont confiées aussi spécialement à la garde des anges ; l’Église, les royaumes, les provinces, les diocèses, les paroisses, les familles, les ordres religieux, les communautés, ont leurs angéliques protecteurs.

    Les anges nous préservent d’une foule de maux et de dangers, ils éloignent de nous les occasions du péché ; ils nous inspirent de saintes pensées et nous portent à la vertu, nous soutiennent dans les tentations, nous fortifient dans nos faiblesses, nous animent dans nos découragements, nous consolent dans nos afflictions. Ils combattent avec nous contre le démon et nous prémunissent contre ses pièges ; si nous tombons, par fragilité ou par malice, ils nous relèvent par le remords, par les pensées de la foi, par la crainte des jugements de Dieu, et nous procurent divers moyens de conversion : ils portent nos bonnes œuvres et nos prières à Dieu, réparent nos fautes, intercèdent pour nous auprès de la divine miséricorde, suspendent la vengeance céleste au-dessus de nos têtes ; enfin ils nous éclairent et nous soutiennent dans la maladie et à l’heure de la mort, nous assistent au jugement de Dieu, visitent les âmes du purgatoire.

    Saint Bernard résume nos devoirs en trois mots : « Quel respect, quel amour, quelle confiance de notre part ne méritent pas les anges ! Respect pour leur présence, amour à cause de leur bienveillance, confiance en leur protection. » Ajoutons un quatrième devoir, la docilité à leurs bonnes inspirations.

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  • La révélation du mystère caché dès avant la création du monde

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    Considérons les paroles que Jésus a adressées pour nous à son Père en parlant de nous : « Tu as caché toutes ces choses aux sages et aux savants, et tu les as révélées aux tout-petits. Oui, Père, tel a été ton bon plaisir ». En effet, Dieu le Père nous a révélé le mystère caché dès avant la création du monde dans le silence de Dieu, le mystère du Fils unique fait homme, le mystère connu d’avance avant la création du monde et révélé aux hommes dans les derniers temps (Rm 16,25; Col 1,26). Saint Paul écrit en effet : « Moi, qui suis le dernier de tous les fidèles, j’ai reçu la grâce d’annoncer aux nations païennes la richesse insondable du Christ, et de mettre en lumière le contenu du mystère tenu caché depuis toujours en Dieu, le créateur de toutes choses » (Ep 3,8-9).

    Ce grand mystère de notre Sauveur, ce mystère digne d’être adoré, était donc caché dans la connaissance du Père, dès avant la création du monde. Nous aussi, nous sommes connus d’avance et prédestinés à être adoptés comme fils. Saint Paul encore nous l’enseigne quand il écrit : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis au ciel de toute bénédiction spirituelle dans le Christ. Il nous a choisis en lui avant la création du monde pour que nous soyons saints et sans tache devant lui ; dans son amour il nous a destinés par avance à l’adoption filiale, en lui, par Jésus Christ » (Ep 1,3-5). Le Père nous a donc révélé, à nous les petits, le mystère tu et caché de tous temps… « À vous, dit Jésus, il est donné de connaître le mystère du Royaume des cieux » (Lc 8,10), à vous qui avez cru, qui avez connu la révélation du Christ, qui entendez la Loi en son sens spirituel, qui êtes aptes à comprendre les prophéties, qui confessez que le Christ est Dieu et Fils de Dieu, à vous à qui le Père a trouvé bon de révéler son Fils.

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l’Église
    65e Homélie sur Luc (trad. Orval rev.)

     

     

     

  • Fête des saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges

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    Je te rends grâces, parce que tu m’as donné de vivre,
    de te connaître et de t’adorer, mon Dieu.
    Car « la vie, c’est de te connaître, toi le seul Dieu » (Jn 17,3),
    créateur et auteur de tout,
    non engendré, non créé, sans principe, unique,
    et ton Fils, engendré de toi,
    et l’Esprit très saint, procédant de toi,
    la trine unité digne de toute louange…

    Qu’y a-t-il chez les anges, chez les archanges,
    les souverainetés, les chérubins et les séraphins
    et toutes les autres armées célestes,
    comme gloire ou comme lumière d’immortalité,
    quelle joie, quelle splendeur de vie immatérielle,
    sinon l’unique lumière de la Sainte Trinité ? …
    Cite-moi un être incorporel ou corporel,
    tu trouveras que c’est Dieu qui a tout fait.
    Si on te parle d’un être quelconque, ceux du ciel,
    ceux de la terre ou ceux des abîmes,
    pour eux aussi, pour tous, il n’y a qu’une vie, une gloire,
    un désir et un royaume,
    une unique richesse, joie, couronne, victoire, paix
    ou tout autre éclat que ce soit :
    la connaissance du Principe et de la Cause
    d’où tout est venu, d’où tout a pris naissance.
    Là est celui qui maintient les choses d’en haut et les choses d’en bas,
    Là est celui qui met en ordre tous les êtres spirituels,
    Là est celui qui règne sur tous les êtres visibles…

    monument_eglise_statue_gabrielIls ont grandi en connaissance et redoublé de crainte
    en voyant Satan tomber
    et ses compagnons emportés par la présomption.
    Ceux qui sont tombés ont oublié tout cela,
    esclaves de leur orgueil ;
    tandis que tous ceux qui en ont conservé la connaissance,
    soulevés par la crainte et l’amour,
    se sont attachés à leur Seigneur.
    Ainsi la reconnaissance de sa seigneurie
    produisait aussi l’accroissement de leur amour
    parce qu’ils voyaient mieux et plus clairement
    l’éclat fulgurant de la Trinité.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec
    Hymne 2 (trad. SC 156, p. 183 rev.)

     

     

     

  • « Je te suivrai. »

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    Jésus a renoncé d’abord à Marie et à Joseph, ainsi qu’à ses amis secrets dont il avait la sympathie ; quand le temps est arrivé, il a dû y renoncer… Demeurons quelques instants près de Marie, avant de suivre la marche de son Fils, notre Seigneur. Il est arrivé à Jésus de refuser à quelqu’un qui voulait le suivre la permission de prendre congé des siens. Et telle a été, à ce qu’il semble, sa manière d’agir avec sa mère…

    Ô Marie, nous pensons à ta… douleur de mère : celle-ci, causée par le départ de ton fils, n’est-elle pas l’une des plus grandes ?… Comment as-tu supporté cette première séparation et passé ces premiers jours, loin de lui ?… Comment as-tu pu vivre les trois longues années de son ministère ? Une fois, vers le début, tu as essayé de l’approcher (Mc 3,31) ; après on n’entend plus parler de toi avant de te trouver debout au pied de sa croix.

    Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
    Meditations and Devotions, Part III, 2,2 « Our Lord refuses sympathy »

     

     

  • « Il prit avec courage la route de Jérusalem. »

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    Frères, il est bien certain que déjà vous vous êtes mis à marcher vers la cité où vous habiterez ; ce n’est pas dans les fourrés que vous avancez, mais sur la route. Mais je crains que cette vie vous donne l’illusion d’être longue et qu’ainsi elle vous apporte, non une consolation, mais bien plutôt de la tristesse. Oui, je crains que certains, à la pensée qu’il leur reste une longue route à parcourir, se sentent gagnés par un découragement spirituel, qu’ils perdent l’espoir de pouvoir supporter tant de peines et si longtemps. Comme si les consolations de Dieu ne remplissaient pas de joie l’âme des élus bien plus largement que la multitude des peines contenues dans leur cœur.

    Actuellement, il est vrai, ces consolations ne leur sont encore données qu’à la mesure de leurs peines ; mais, une fois atteint le bonheur, ce ne sera plus des consolations mais des délices sans fin que nous trouverons à la droite de Dieu (Ps 15,11). Désirons cette droite, frères, elle qui nous embrasse dans notre être tout entier. Souhaitons ardemment ce bonheur pour que le temps présent nous semble bref (ce qu’il est en réalité) en comparaison de la grandeur de l’amour de Dieu. « Les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer avec la gloire qui va bientôt se révéler en nous » (Rm 8,18). Heureuse promesse, qu’il nous faut étreindre de tous nos vœux !

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
    Sermons divers, n° 1 (trad. Emery rev)

     

     

     

     

  • Reconnaître le Christ pauvre

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    Tu veux honorer le Corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu. Ne l’honore pas ici, dans l’église, par des tissus de soie tandis que tu le laisses dehors souffrir du froid et du manque de vêtements. Car celui qui a dit : « Ceci est mon corps » (Mt 26,26), et qui l’a réalisé en le disant, c’est lui qui a dit : « Vous m’avez vu avoir faim, et vous ne m’avez pas donné à manger » et aussi : « Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait » (Mt 25,42.45). Ici le corps du Christ n’a pas besoin de vêtements, mais d’âmes pures ; là-bas il a besoin de beaucoup de sollicitude… Dieu n’a pas besoin de vases d’or mais d’âmes qui soient en or.

    Je ne vous dis pas cela pour vous empêcher de faire des donations religieuses, mais je soutiens qu’en même temps, et même auparavant, on doit faire l’aumône… Quel avantage y a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d’or, tandis que lui-même meurt de faim ? Commence par rassasier l’affamé et, avec ce qui te restera, tu orneras son autel. Tu fais une coupe en or, et tu ne donnes pas « un verre d’eau fraîche » ? (Mt 10,42)… Pense qu’il s’agit aussi du Christ, lorsqu’il s’en va, errant, étranger, sans abri ; et toi, qui as omis de l’accueillir, tu embellis le pavé, les murs et les chapiteaux des colonnes, tu attaches les lampes par des chaînes d’argent ; mais lui, tu ne veux même pas voir qu’il est enchaîné dans une prison. Je ne dis pas cela pour t’empêcher de faire de telles générosités, mais je t’exhorte à les accompagner ou plutôt à les faire précéder par les autres actes de bienfaisance… Donc, lorsque tu ornes l’église n’oublie pas ton frère en détresse, car il est un temple et de tous le plus précieux.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°50, 3-4 (trad. bréviaire)

     

     

     

  • Notre-Dame de la Merci

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    Parmi les ordres religieux qui furent fondés sous le patronage de la Reine des Anges, un des plus illustres a été celui de Notre-Dame de la Merci. La Vierge manifesta sa volonté de voir cet ordre s’établir, en apparaissant à saint Pierre Nolasque, à saint Raymond de Pennafort et à Jacques Ier, roi d’Aragon. Au commencement du XIIIe siècle, la plus grande partie de l’Espagne était sous le joug des Sarrasins, qui tenaient enfermés dans les cachots une multitude de chrétiens, dans le but de leur faire renier leur foi.

    C’est pour mettre fin à cette calamité que Marie établit l’œuvre de la rédemption des captifs. Le 1er août 1218, la Reine du Ciel apparut à saint Pierre Nolasque, qui était alors en prière : « Mon fils, lui dit-elle, je suis la mère de Dieu ; je viens chercher des hommes qui veuillent, à l’exemple de mon Jésus, donner leur vie pour le salut et la liberté de leurs frères captifs. Je désire que l’on fonde en mon honneur un ordre de religieux dans ce but. Quand tu me priais avec larmes de porter remède aux souffrances des captifs, je présentais à mon Fils tes vœux ardents, et c’est Lui qui m’envoie vers toi. » – “Je crois d’une foi vive que vous êtes la Mère du Dieu vivant et que vous m’apparaissez pour le soulagement des pauvres chrétiens esclaves ; mais qui suis-je, moi, pour accomplir cette œuvre ?” « Ne crains rien, je serai avec toi, et bientôt s’accomplira ce que je demande. »

    Le lendemain, Pierre Nolasque rendit compte de sa vision à Saint Raymond de Pennafort, son confesseur, qui lui dit : « J’ai eu la même vision que vous. » Le roi Jacques, les rencontrant dans la cathédrale, leur communiqua une vision semblable. Il n’y avait pas à hésiter. Quelques jours plus tard, l’œuvre commença, de par l’ordre et avec la protection du roi, qui désigna Pierre Nolasque pour être le chef de la nouvelle institution. L’évêque donna au fondateur l’habit blanc, avec le scapulaire qui, conformément aux instructions de la Sainte Vierge, devait être le costume des religieux de la Merci. Saint Pierre Nolasque fit alors le vœu solennel de se donner en otage aux Turcs, s’il était nécessaire, pour la rédemption des captifs chrétiens, vœu que tous ses religieux devaient faire également. En peu d’années, cet ordre, si conforme aux besoins de l’époque produisait des fruits admirables.

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  • « Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je »

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    Le Christ ! Je sens la nécessité de l’annoncer, je ne peux pas le taire : « Malheur à moi, si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1Co 9,16) Je suis envoyé par lui pour cela ; je suis apôtre, je suis témoin. Plus est loin le but et difficile la mission, plus est pressant l’amour qui m’y pousse (2Co 5,14). Je dois proclamer son nom : Jésus est le Christ, Fils du Dieu vivant (Mt 16,16). Il est celui qui nous a révélé le Dieu invisible, il est le premier-né de toute créature, il est le fondement de toute chose (Col 1,15s). Il est le Maître de l’humanité et le Rédempteur : il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous ; il est le centre de l’histoire et du monde. Il est celui qui nous connaît et qui nous aime ; il est le compagnon et l’ami de notre vie. Il est l’homme de la douleur et de l’espérance ; il est celui qui doit venir et qui sera un jour notre juge et aussi, nous l’espérons, la plénitude éternelle de notre existence, notre béatitude.

    Je n’en finirais plus de parler de lui : il est la lumière, il est la vérité ; bien plus, il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Il est le Pain, la Source d’eau vive répondant à notre faim et à notre soif (Jn 6,35 ;7,38) ; il est le Pasteur, notre guide, notre exemple, notre réconfort, notre frère. Comme nous, et plus que nous, il a été petit, pauvre, humilié, travailleur, malheureux et patient. Pour nous, il a parlé, il a accompli des miracles, il a fondé un Royaume nouveau où les pauvres sont bienheureux, où la paix est le principe de la vie ensemble, où ceux qui ont le cœur pur et ceux qui pleurent sont exaltés et consolés, où ceux qui aspirent à la justice sont exaucés, où les pécheurs peuvent être pardonnés, où tous sont frères.

    Jésus Christ : vous en avez entendu parler, et même, pour la plupart, vous êtes déjà des siens, vous êtes chrétiens. Eh bien ! À vous, chrétiens, je répète son nom, à tous je l’annonce : Jésus Christ est « le commencement et la fin, l’alpha et l’oméga » (Ap 21,6). Il est le roi du monde nouveau ; il est le secret de l’histoire, la clé de notre destin ; il est le Médiateur, le pont entre la terre et le ciel… ; le Fils de l’homme, le Fils de Dieu…, le Fils de Marie… Jésus Christ ! Souvenez-vous : c’est l’annonce que nous faisons pour l’éternité, c’est la voix que nous faisons résonner par toute la terre (Rm 10,18) et pour toute la suite des siècles.

    Bienheureux Paul VI, pape de 1963-1978
    Homélie à Manille, 29/11/70 (trad. DC 1576, p.1115 © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • Lumières

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    Le soleil et la lune illuminent nos corps ; ainsi le Christ et l’Église illuminent nos esprits. Du moins les illuminent-ils si nous ne sommes pas des aveugles spirituels. Car, de même que le soleil et la lune ne laissent pas de répandre leur clarté sur les aveugles qui ne peuvent cependant accueillir la lumière, ainsi le Christ envoie sa lumière à nos esprits. Mais cette illumination aura lieu seulement si notre cécité n’y fait pas obstacle. Donc, que les aveugles suivent d’abord le Christ en criant : « Aie pitié de nous, Fils de David ! » (Mt 9,27), et quand ils auront retrouvé la vue grâce à lui, ils pourront être irradiés par la splendeur de la lumière.

    Mais tous ceux qui voient ne sont pas illuminés de manière égale par le Christ ; chacun l’est à la mesure dont il peut recevoir la lumière (cf Lc 23,8s)… Ce n’est pas de la même manière que nous allons tous à lui, mais « chacun y va selon ses possibilités propres » (Mt 25,15).

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Homélies sur la Genèse, n°1, 5-7 (trad. SC 7, p. 70-73 rev.)