Catégorie : Année liturgique

  • Solennité du Corps et du Sang du Christ

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    Chers frères et sœurs,

    La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains, et, ayant prononcé la bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous. Et il dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24). Toute l’histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles. Ce n’est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais l’avenir également qui est anticipé : la venue du Royaume de Dieu dans le monde. Ce que dit Jésus, ce ne sont pas simplement des paroles. Ce qu’Il dit est un événement, l’événement central de l’histoire du monde et de notre vie personnelle.

    Ces paroles sont inépuisables. Je voudrais méditer avec vous uniquement un seul aspect. Jésus, comme signe de sa présence, a choisi le pain et le vin. À travers chacun de ces deux signes, il se donne entièrement, et non pas uniquement une partie de lui. Le Ressuscité n’est pas divisé. Il est une personne qui, à travers les signes, s’approche de nous et s’unit à nous. Mais les signes représentent, à leur façon, chacun un aspect particulier de Son mystère, et, à travers leur manifestation particulière, ils veulent nous parler, afin que nous apprenions à comprendre un peu plus le mystère de Jésus Christ. Au cours de la procession et dans l’adoration, nous regardons l’Hostie consacrée, – le type le plus simple de pain et de nourriture, composé uniquement d’un peu de farine et d’eau. Il apparaît ainsi comme la nourriture des pauvres, auxquels le Seigneur a accordé en premier lieu sa préférence. La prière à travers laquelle l’Église, au cours de la liturgie de la Messe, remet ce pain au Seigneur, le définit comme le fruit de la terre et du travail de l’homme. Celui-ci contient les peines de l’homme, le travail quotidien de ceux qui cultivent la terre, sèment et récoltent, et enfin, préparent le pain. Toutefois, le pain n’est pas seulement notre produit, quelque chose que nous fabriquons ; c’est le fruit de la terre et donc également un don. Car le fait que la terre porte des fruits n’est pas seulement l’un de nos mérites ; seul le Créateur pouvait lui conférer la fertilité. Et à présent, nous pouvons également étendre encore un peu cette prière de l’Église, en disant : le pain est fruit à la fois de la terre et du ciel. Il suppose la synergie des forces de la terre et des dons d’en haut, c’est-à-dire du soleil et de la pluie. Et l’eau aussi, dont nous avons besoin pour préparer le pain, nous ne pouvons pas la produire seuls. À une période où l’on parle de désertification et où nous entendons toujours plus de mises en garde contre le danger qu’hommes et bêtes meurent de soif dans les imagesrégions privées d’eau – en cette période, nous nous rendons à nouveau compte de la grandeur du don de l’eau également, et combien nous sommes incapables de nous la procurer seuls. Alors, en y regardant de plus près, ce petit morceau d’hostie blanche, ce pain des pauvres, nous apparaît comme une synthèse de la création. Ciel et terre, mais également activité et esprit de l’homme coopèrent. La synergie des forces qui rend possible, sur notre pauvre planète, le mystère de la vie et l’existence de l’homme, nous est présentée dans toute sa merveilleuse grandeur. Ainsi, nous commençons à comprendre pourquoi le Seigneur choisit ce morceau de pain comme son signe. […]

    Le signe du vin nous parle également de façon très semblable. Mais tandis que le pain renvoie à l’aspect quotidien, à la simplicité et au pèlerinage, le vin exprime le caractère exquis de la création : la fête de joie que Dieu veut nous offrir à la fin des temps et que, déjà à présent, il anticipe toujours à nouveau en l’évoquant à travers ce signe. Mais le vin parle également de la Passion : la vigne doit être taillée continuellement pour être ainsi purifiée ; le raisin doit mûrir sous le soleil et la pluie et doit être pressé : ce n’est qu’à travers cette passion que mûrit un vin précieux.

    En la fête du Corpus Domini, nous regardons surtout le signe du pain. Celui-ci nous rappelle également le pèlerinage d’Israël au cours des quarante années passées dans le désert. L’Hostie est notre manne à travers laquelle le Seigneur nous nourrit – c’est véritablement le pain du ciel à travers lequel Il se donne lui-même.

    Au cours de la procession, nous suivons ce signe, et ainsi, nous le suivons Lui-même. Et nous le prions : Guide-nous sur les routes de notre histoire ! Montre toujours à nouveau le droit chemin à l’Église et à ses pasteurs ! Regarde l’humanité qui souffre, qui erre dans l’incertitude parmi tant d’interrogations ; vois la faim physique et psychologique qui la tourmente ! Donne aux hommes du pain pour le corps et pour l’âme ! Donne-leur du travail ! Donne-leur la lumière ! Donne-toi à eux ! Purifie-nous et sanctifie-nous tous ! Fais-nous comprendre que ce n’est qu’à travers la participation à ta Passion, à travers le « oui » à la croix, au renoncement, aux purifications que tu nous imposes, que notre vie peut mûrir et atteindre sa pleine réalisation. Rassemble-nous de toutes les extrémités de la terre. Unis ton Église, unis l’humanité déchirée ! Donne-nous ton salut ! Amen !

    Pour lire l’homélie complète :

    >>>Solennité du Corps et du Sang du Christ
    [Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

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    SÉQUENCE

    Sion, célèbre ton Sauveur,
    Chante ton chef et ton pasteur
    Par des hymnes et des chants.

    Tant que tu peux, tu dois oser,
    Car il dépasse tes louanges,
    Tu ne peux trop le louer.

    Le Pain vivant, le Pain de vie,
    Il est aujourd’hui proposé
    Comme objet de tes louanges.

    Au repas sacré de la Cène,
    Il est bien vrai qu’il fut donné
    Au groupe des douze frères.

    Louons-le à voix pleine et forte,
    Que soit joyeuse et rayonnante
    L’allégresse de nos coeurs !

    C’est en effet la journée solennelle
    Où nous fêtons de ce banquet divin
    La première institution.

    À ce banquet du nouveau Roi,
    La Pâque de la Loi nouvelle
    Met fin à la Pâque ancienne.

    L’ordre ancien le cède au nouveau,
    La réalité chasse l’ombre,
    Et la lumière, la nuit.

    Ce que fit le Christ à la Cène,
    Il ordonna qu’en sa mémoire
    Nous le fassions après lui.

    Instruits par son précepte saint,
    Nous consacrons le pain, le vin,
    En victime de salut.

    C’est un dogme pour les chrétiens
    Que le pain se change en son corps,
    Que le vin devient son sang.

    Ce qu’on ne peut comprendre et voir,
    Notre foi ose l’affirmer,
    Hors des lois de la nature.

    L’une et l’autre de ces espèces,
    Qui ne sont que de purs signes,
    Voilent un réel divin.

    Sa chair nourrit, son sang abreuve,
    Mais le Christ tout entier demeure
    Sous chacune des espèces.

    On le reçoit sans le briser,
    Le rompre ni le diviser ;
    Il est reçu tout entier.

    Qu’un seul ou mille communient,
    Il se donne à l’un comme aux autres,
    Il nourrit sans disparaître.

    Bons ou mauvais le consomment,
    Mais pour un sort bien différent,
    Pour la vie ou pour la mort.

    Mort des pécheurs, vie pour les justes ;
    Vois : ils prennent pareillement ;
    Quel résultat différent !

    Si l’on divise les espèces,
    N’hésite pas, mais souviens-toi
    Qu’il est présent dans un fragment
    Aussi bien que dans le tout.

    Le signe seul est partagé,
    Le Christ n’est en rien divisé,
    Ni sa taille ni son état
    N’ont en rien diminué.

    Le voici, le pain des anges,
    Il est le pain de l’homme en route,
    Le vrai pain des enfants de Dieu,
    Qu’on ne peut jeter aux chiens.

    D’avance il fut annoncé
    Par Isaac en sacrifice,
    Par l’agneau pascal immolé,
    Par la manne de nos pères.

    Ô bon Pasteur, notre vrai pain,
    Ô Jésus, aie pitié de nous,
    Nourris-nous et protège-nous,
    Fais-nous voir les biens éternels
    Dans la terre des vivants.

    Toi qui sais tout et qui peux tout,
    Toi qui sur terre nous nourris,
    Conduis-nous au banquet du ciel
    Et donne-nous ton héritage,
    En compagnie de tes saints. Amen.

    Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

     

     

     

  • « David lui-même le nomme Seigneur. »

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    Dans la traduction grecque des livres de l’Ancien Testament, le nom ineffable sous lequel Dieu s’est révélé à Moïse, YHWH, est rendu par Kyrios ( « Seigneur »). Seigneur devient dès lors le nom le plus habituel pour désigner la divinité même du Dieu d’Israël. Le Nouveau Testament utilise ce sens fort du titre de « Seigneur » à la fois pour le Père, mais aussi — et c’est là la nouveauté — pour Jésus reconnu ainsi comme Dieu. Jésus lui-même s’attribue de façon voilée ce titre lorsqu’il discute avec les Pharisiens sur le sens du psaume 110 (Mc 12,36), mais aussi de manière explicite en s’adressant à ses apôtres (Jn 13,13). Tout au long de sa vie publique ses gestes de domination sur la nature, sur les maladies, sur les démons, sur la mort et le péché, démontraient se souveraineté divine.

    Très souvent, dans les évangiles, des personnes s’adressent à Jésus en l’appelant « Seigneur ». Ce titre témoigne du respect et de la confiance de ceux qui s’approchent de Jésus et attendent de lui secours et guérison. Sous la motion de l’Esprit Saint, il exprime la reconnaissance du mystère divin de Jésus. Dans la rencontre avec Jésus ressuscité, il devient adoration : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,28). Il prend alors une connotation d’amour et d’affection qui va rester le propre de la tradition chrétienne : « C’est le Seigneur ! » (Jn 21,7)

    En attribuant à Jésus le titre divin de Seigneur, les premières confessions de foi de l’Eglise affirment, dès l’origine, que le pouvoir, l’honneur et la gloire dus à Dieu le Père le sont aussi à Jésus parce qu’il est de « condition divine » (Ph 2,6) et que le Père a manifesté cette souveraineté de Jésus en le ressuscitant des morts et en l’exaltant dans sa gloire. Dès le commencement de l’histoire chrétienne, l’affirmation de la seigneurie de Jésus sur le monde et sur l’histoire signifie aussi la reconnaissance que l’homme ne doit soumettre sa liberté personnelle, de façon absolue, à aucun pouvoir terrestre, mais seulement à Dieu le Père et au Seigneur Jésus Christ : César n’est pas « le Seigneur »… Et la prière chrétienne est marquée par le titre « Seigneur », que ce soit l’invitation à la prière « le Seigneur soit avec vous », ou la conclusion de la prière « par Jésus Christ notre Seigneur » ou encore le cri plein de confiance et d’espérance : « Amen, viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22,20)

    Catéchisme de l’Église catholique
    § 446-451

     

     

     

  • Ste Clotilde, reine des Francs (476-545)

    Santa_Clotilde_IClotilde était fille de Chilpéric, roi catholique d’une partie de la Bourgogne, et nièce du prince arien Gondebaud. Appelée par Dieu à la grande mission du salut de la France, elle fut élevée au palais de son oncle, assassin de sa famille. La mère de Clotilde avait déposé dans son cœur, avec la foi, les germes de la piété ; aussi, dans une cour hérétique, sut-elle résister à toutes les sollicitations de Gondebaud et conserver la foi de son baptême.

    Clovis, roi des Francs, entendit parler de la beauté, des vertus et de toutes les grandes qualités de la jeune princesse et la fit demander en mariage à Gondebaud, qui n’osa la refuser. Le mariage eut lieu en 493. Clotilde comprit qu’elle n’avait été appelée à partager le trône d’un roi païen que pour remplir les vues de Dieu sur un peuple généreux mais non éclairé de la lumière de l’Évangile.

    Elle eut soin de gagner les bonnes grâces d’un époux magnanime, mais violent et barbare ; elle usa de son influence pour lui parler de Jésus-Christ. Clovis l’écoutait avec intérêt ; toutefois, il ne se hâtait pas ; il lui permit cependant de faire célébrer le culte catholique dans le palais et consentit au baptême de son premier-né. Clotilde mettait sur la tête de cet enfant toutes ses espérances pour la conversion de son peuple, quand Dieu, dont les desseins sont impénétrables, le ravit à la terre. À la colère du roi, à ses reproches, la douce reine répondit : « Je remercie Dieu de ce qu’il m’a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le Ciel. » Un second enfant fut baptisé encore et tomba malade. Nouvelle et plus terrible colère de Clovis ; mais les prières de Clotilde furent entendues, et Dieu envoya des Anges guérir tout à coup le petit agonisant. Le moment de la grâce était venu.

    À la bataille de Tolbiac, après un choc terrible, les Francs pliaient, quand Clovis, dans une illumination soudaine, s’écria : « Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et tu seras mon Dieu ! » Le courage renaît à ses soldats et bientôt la victoire des Francs est complète. Peu après, Clovis était baptisé par saint Rémi, à Reims ; ce fut le signal du baptême de la nation entière.

    Clovis meurt en 511, à l’âge de quarante-cinq ans, et Clotilde, dégoûtée du monde, éprouvée dans ses enfants, quitta bientôt la cour pour aller finir sa vie dans les larmes, les prières les aumônes, au fond d’un couvent. Prévenue du jour de sa mort, elle fit venir ses enfants, leur adressa ses dernières recommandations, et alla recevoir au Ciel sa récompense.

    Elle est célébrée le 3 juin au Martyrologe Romain mais en France sa mémoire est reportée au lendemain (4 juin).

    Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

     

     

     

  • « Jean Baptiste est venu à vous…, et vous n’avez pas cru à sa parole. » (Mt 21,32)

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    « Jean Baptiste proclamait : ‘ Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ‘ » (Mt 3,1)… Bienheureux Jean qui a voulu que la conversion précède le jugement, que les pécheurs ne soient pas jugés, mais récompensés, qui a voulu que les impies entrent dans le Royaume et non sous le châtiment… Quand Jean a-t-il proclamé cette imminence du Royaume des cieux ? Le monde était encore en son enfance…; mais pour nous qui proclamons aujourd’hui cette imminence, le monde est extrêmement vieux et fatigué. Il a perdu ses forces ; il perd ses facultés ; les souffrances l’accablent…; il crie sa défaillance ; il porte tous les symptômes de sa fin…

    Nous sommes à la remorque d’un monde qui s’enfuit ; nous oublions les temps à venir. Nous sommes avides d’actualité, mais nous ne tenons pas compte du jugement qui vient déjà. Nous n’accourons pas à la rencontre du Seigneur qui vient…

    Convertissons-nous, frères, convertissons-nous vite… Le Seigneur, du fait qu’il tarde, qu’il attend encore, prouve son désir de nous voir revenir à lui, son désir que nous ne périssions pas. Dans sa grande bonté il nous adresse toujours ces paroles : « Je ne désire pas la mort du pécheur, mais qu’il se détourne de sa voie et qu’il vive » (Ez 33,11). Convertissons-nous, frères ; n’ayons pas peur de ce que le temps se fait court. Son temps à lui, l’Auteur du temps, ne peut pas être rétréci. La preuve en est ce brigand de l’Évangile qui, sur la croix et à l’heure de sa mort, a escamoté le pardon, s’est saisi de la vie et, voleur du paradis avec effraction, a réussi à pénétrer dans le Royaume (Lc 23,43).

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 167 ; CCL 248, 1025 ; PL 52, 636 (trad. Matthieu commenté, DDB 1985, p. 35 rev.)

     

  • « Un seul Dieu, un seul Seigneur, dans la trinité des personnes et l’unité de leur nature. » (Préface)

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    Le Père, le Fils et le Saint Esprit sont d’une seule substance et d’une inséparable égalité. L’unité est dans l’essence, la pluralité dans les personnes. Le Seigneur indique ouvertement l’unité de la divine essence et la trinité des personnes quand il dit : « Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Il ne dit pas « dans les noms » mais « dans le nom », par où il montre l’unité de l’essence. Mais il emploie ensuite trois noms, pour montrer qu’il y a trois personnes.

    Dans cette Trinité se trouvent la suprême origine de toutes choses, la beauté très parfaite, la joie très bienheureuse. La suprême origine, comme le dit saint Augustin dans son livre sur la vraie religion, c’est Dieu le Père, de qui viennent toutes choses, de qui procèdent le Fils et le Saint Esprit. La beauté très parfaite, c’est le Fils, la vérité du Père, qui ne lui est dissemblable en aucun point, que nous vénérons avec le Père et dans le Père, qui est le modèle de toutes choses, parce que tout a été fait par lui et que tout se rapporte à lui. La joie très bienheureuse, la souveraine bonté, c’est le Saint Esprit, qui est le don du Père et du Fils ; et ce don, nous devons croire et tenir qu’il est exactement pareil au Père et au Fils.

    En regardant la création, nous aboutissons à la Trinité d’une seule substance. Nous saisissons un seul Dieu : Père, de qui nous sommes, Fils, par qui nous sommes, Esprit Saint, en qui nous sommes. Principe, à qui nous recourons ; modèle, que nous suivons ; grâce, qui nous réconcilie.

    Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231), franciscain, docteur de l’Église
    Sermons pour le dimanche et les fêtes des saints (trad. Bayart, Eds. franciscaines 1944, p. 160)

     

     

  • Ste Jeanne d’Arc, Patronne secondaire de la France (1412-1431)

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    Sainte Jeanne d’Arc montre une fois de plus, et d’une manière particulièrement éclatante, deux choses : combien Dieu aime la France et comme il est vrai qu’Il se plaît à choisir les plus faibles instruments pour l’accomplissement des plus grandes choses.

    Jeanne d’Arc naît à Domrémy, dans la Lorraine actuelle, le 6 janvier 1412 ; ses parents, Jacques d’Arc et Isabelle Romée, étaient des cultivateurs faisant valoir leur petit bien. La première parole que lui apprit sa mère fut le nom de Jésus ; toute sa science se résuma dans le Pater, l’Ave, le Credo et les éléments essentiels de la religion. Elle se confessait et communiait très régulièrement ; tous les témoignages contemporains s’accordent à dire qu’elle était « une bonne fille, aimant et craignant Dieu », priant beaucoup Jésus et Marie. Son curé put dire d’elle : « Je n’ai jamais vu de meilleure chrétienne, et il n’y a pas sa pareille dans toute la paroisse.

    La France était alors à la merci des Anglais et des Bourguignons, leurs alliés ; la situation du roi Charles VII était désespérée. Mais Dieu se souvint de son peuple, et afin que l’on vît d’une manière évidente que le salut venait de Lui seul, Il se servit d’une humble fille des champs.

    Jeanne avait treize ans quand l’Archange saint Michel lui apparut une première fois, vers midi, dans le jardin de son père, lui donna des conseils pour sa conduite et lui déclara que Dieu voulait sauver la France par elle. Les visions se multiplièrent ; l’Archange protecteur de la France était accompagné de sainte Catherine et de sainte Marguerite, que Dieu donnait à Jeanne comme conseillères et comme soutien.

    Jusqu’ici la vie de Jeanne est l’idylle d’une pieuse bergère ; elle va devenir l’épopée d’une guerrière vaillante et inspirée ; elle avait seize ans quand le roi Charles VII, convaincu de sa mission par des signes miraculeux, lui remit la conduite de ses armées. Bientôt Orléans est délivrée, les Anglais tremblent et fuient devant une jeune fille. Quelques mois plus tard, le roi était sacré à Reims.

    Dans les vues divines, la vie de Jeanne devait être couronnée par l’apothéose du martyre : elle fut trahie à Compiègne, vendue aux Anglais, et après un long emprisonnement, où elle subit tous les outrages, condamnée et brûlée à Rouen (30 mai 1431). Son âme s’échappa de son corps sous la forme d’une colombe, et son cœur ne fut pas touché par les flammes.

    Jeanne d’Arc a été béatifiée le 18 avril 1909, par saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914), et proclamée sainte le 16 mai 1920 par le pape Benoît XV (Giacomo della Chiesa, 1914-1922).

    Jeanne d’Arc demeure la gloire de la France, sa Protectrice puissante et bien-aimée. Elle a été déclarée sa Patronne secondaire par un Bref du Pape Pie XI, le 2 mars 1922.

    Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
    >>> Sainte Jeanne d’Arc
    [Allemand, Anglais, Croate, Espagnol, Français, Italien, Portugais]
    Sources principales : Abbé L. Jaud (Vie des Saints…) ; vatican.va (« Rév. x gpm »).

     

     

     

  • « Ayez foi en Dieu ! »

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    « C’est une grande affaire, dit l’Ecriture, de trouver un homme qui a la foi » (Pr 20,6). Je ne te dis pas cela pour t’inciter à m’ouvrir ton cœur, mais pour que tu montres à Dieu la candeur de ta foi, à ce Dieu qui sonde les reins et les cœurs et qui connaît les pensées des hommes (Ps 7,10; 93,11). Oui, c’est une grande chose qu’un homme qui a la foi ; il est plus riche que tous les riches. En effet, le croyant possède toutes les richesses de l’univers, puisqu’il les méprise et les foule aux pieds. Car, même si ceux qui sont riches possèdent des tas de choses au plan matériel, comme ils sont pauvres spirituellement ! Plus ils amassent, plus on les sent consumés du désir de ce qui leur manque. Au contraire, et c’est bien là le comble du paradoxe, l’homme qui a la foi est riche au sein de la pauvreté, car il sait qu’il n’a besoin que de vêtements et de nourriture ; il s’en contente et met sous ses pieds les richesses.

    Et ce n’est pas seulement nous, qui portons le nom du Christ, qui vivons d’une démarche de foi. Tous les hommes, même ceux qui sont étrangers à l’Eglise, vivent d’une démarche semblable. C’est par une foi dans l’avenir que des gens qui ne se connaissent pas parfaitement contractent un mariage ; l’agriculture est basée sur la confiance que les travaux engagés porteront des fruits ; les marins mettent leur confiance dans un frêle esquif de bois… C’est selon une démarche de foi que tiennent la plupart des entreprises humaines ; tout le monde croit en des principes.

    Mais aujourd’hui les Ecritures vous appellent à la vraie foi et vous tracent la vraie route qui plaît à Dieu. C’est cette foi qui, chez Daniel, a fermé la gueule des lions (Dn 6,23). Par « le bouclier de la foi vous pourrez éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais » (Ep 6,16)… La foi soutient les hommes jusqu’à marcher sur la mer (Mt 14,29). Certains, comme le paralytique, ont été sauvés par la foi des autres (Mt 9,2) ; la foi des sœurs de Lazare a été si forte qu’il a été rappelé des morts (Jn 11)… La foi donnée gratuitement par l’Esprit Saint dépasse toutes les forces humaines. Grâce à elle on peut dire à cette montagne : « Transporte-toi jusque là-bas » et elle se transportera (Mt 17,20).

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l’Église
    Catéchèses baptismales, n° 5

     

     

     

  • De la détresse aveugle à la demande d’aide clairevoyante (2Chroniques 15,1-8 / Hébreux 12,1-3 / Marc 10,46-52)

    Bartimée

    Pour moi, le monde n’a aucun sens, ni haut ni bas, ni ténèbres ni lumière. Le monde ne va nul part, absurde. Lors d’une naissance, on dit volontiers qu’un enfant voit le jour ; moi, j’ai vu la nuit. Je suis entré dans la nuit pour ne jamais en sortir. D’une certaine façon, je mourus avant de trépasser. Aux yeux du monde, je ne suis qu’un accident de la nature. Dans la société, je n’ai même pas vraiment d’identité, puisqu’on m’appelle Bar-Timée.
    Bar, ça signifie, « fils de ». Je suis le fils de mon père : Timée.
    Un père probablement plus connu, un père qui m’a mis au monde, mais qui n’est plus là pour m’aider comme dans mes premières années. Je suis le fils d’un mort.
    Comme chaque jour – quand on me dit qu’il fait jour – je me fais guider jusque sur le chemin qui descend de Jéricho.
    Les gens de passage ne me remarquent qu’à peine, caché que je suis sous mon manteau. Ce vieux manteau, fidèle compagnon de misère, qui me colle à la peau dans la poussière, le vent et de rare fois la pluie.
    Les gens de passage, ceux qui ont l’habitude de passer régulièrement, doivent penser que je fais partie du paysage, depuis le temps. Ça c’est dur : quand la misère devient normale, quand les gens s’habituent.
    Quand il n’y a plus personne pour se pencher sur nous, quand plus personne ne vous prend en pitié.
    Oh, bien sûr, plusieurs me donnent une pièce ou quelque dons qui donnent sens à mon existence. C’est pas tellement l’argent dont j’ai besoin, mais cet argent témoigne du fait que quelqu’un m’a vu et a reconnu ma détresse, cet argent signale que j’existe pour quelqu’un. Cet argent, je le ramène à ceux qui m’hébergent. D’une certaine façon, l’aumône rend ma vie utile pour quelqu’un.
    Insignifiante utilité pour une insignifiante personnalité.
    Et pourtant ce jour là, j’ai entendu les pas nombreux d’une foule qui sortait de Jéricho. Des gens accouraient des alentours et se pressaient autour de moi. Il semblait qu’un homme important allait passer par là. Un homme de Galilée qui descendait à Jérusalem, un certain Jésus. J’en avais entendu vaguement parler. Paraît qu’il enthousiasmait et entraînait à sa suite un grand nombre de disciples. Certains pensaient même qu’il était le messie, le libérateur d’Israël en marche victorieuse vers la ville sainte, vers le temple.
    Je ne sais pas ce qui m’a pris. Qui suis-je moi, Bar-Timée, qui suis-je moi l’insignifiant au manteau sur la route de Jéricho, pour me faire remarquer, pour houspiller le messie ?
    Mais c’était plus fort que moi. Si c’était bien lui le messie, alors il allait entendre parler de moi, de ma misère. Depuis le temps que Dieu semble ignorer la détresse du monde et des gens comme moi.
    On verrait bien si le messie donne l’exemple, s’il donne une aumône digne du Christ. Même s’il ne l’est pas, il se sentira peut-être obligé.
    Dans mon cri, on aurait pu percevoir en même temps la plainte, la révolte et la supplication : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi». Toujours assis, je tends la main à gauche, à droite, sans savoir d’où la réponse va venir.
    La réponse ne se fait pas attendre, mais pas celle du messie. Je sens immédiatement les gens se presser autour de moi, comme pour me cacher, comme pour étouffer ma plainte égoïste.
    On me rabroue, on me bouscule, je les entendais presque penser : Tu ne crois pas que le Messie a autre chose à faire que de te faire l’aumône : il va délivrer Israël.
    Mais c’était plus fort que moi. Qui est donc ce Dieu invisible qui ne se préoccupe pas de la misère, de ma misère ? Et même s’il chasse les romains de Jérusalem, qu’est-ce que j’en aurait de plus ?
    Alors je persiste, me débat et encore une fois je crie ma détresse à ce Christ invisible : « Fils de David, aie pitié de moi ». Pourquoi ne ferait-il pas un détour pour moi, pourquoi ne s’intéresserait-il pas à ma misère, pourquoi, pour une fois, Dieu ne se pencherait-il pas sur ma détresse ? Toujours assis, recroquevillé sous mon manteau, je tends les mains, repoussant les jambes de la foule et brassant l’air.
    Alors quelque chose se passe. Comme si j’entendais la foule se figer. Ce Jésus va-t-il venir vers moi ? Dans mon aveuglement, je fais des geste interrogateurs autour de moi. Alors je sens des mains qui pressent mon dos, qui me soulèvent par les épaules : allez, vas-y, lève-toi, prends courage, il t’appelle.
    En même temps c’est inespéré, quelqu’un d’important – messie ou pas – répond à mon appel. Et en même temps, c’est un peu bizarre : pourquoi ne vient-il pas lui-même? C’est quand même plus facile pour lui de venir se pencher vers moi que pour moi de me lever, de marcher à tâtons sous les regards invisibles de cette foule curieuse et interrompue. Marcher à tâtons pour essayer de rejoindre cet homme sans savoir où exactement.
    Quoi qu’il en soit, ce Jésus est là, quelque part, tout près, dans cette foule. Il m’attends. En attendant ainsi, il exige que je me bouge, moi l’infirme ! Il m’oblige à m’approcher de lui, alors que je ne le voit pas, que je ne le connaît pas, que le chemin est obscur.
    Jusqu’alors, ce sont les gens, librement, qui choisissaient de passer de l’autre côté du chemin ou de faire le détour vers moi pour déposer un pièce. Celui-là ne fait ni l’un ni l’autre, il s’arrête et regarde si moi, je m’approche. Une situation inhabituelle qui transforme le quotidiens. Tout à coup je sens une onde libératrice une onde de courage traverser tout mon être.
    L’espace d’une minute, mon quotidien, je vais pouvoir l’oublier, m’en débarrasser. Je le laisse tomber derrière moi. Mon manteau s’affale sans contenu sur l’emplacement de ma misère et me voilà à peine habillé, marchant et trébuchant dans ma précipitation vers cette voix inconnue qui m’appelle.
    Je m’avance et me présente presque aussi nu qu’un nourrisson devant son créateur, comme si je prononçais au fond de moi à ce Jésus:
    « Toi si tu es le messie, toi qui pourrait alors voir. Toi qui verrait non seulement la surface des choses, mais les vérités profondes, mesure donc ma détresse, vois mon désarroi et la nuit de mes jours : Jésus, fils de David, aie pitié de moi »
    Mais aucun son ne sort plus de ma bouche, que va-t-il se passer maintenant ? Je suis allé trop loin, je sens la présence de toute cette foule curieuse qui nous entoure ? Si ce Jésus est bien le messie, alors l’issue de cette rencontre révèlera probablement quelque chose de ce Dieu qu’on ne voit pas. Enfin quelqu’un allait avoir pitié de moi, et peut-être Dieu lui-même.
    Mais en guise de réponse, je reçois une question. Une question qui me désarçonne : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ».
    « que veux-t…. » qu’est-ce que je veux ? Je n’en sais rien. Qu’est-ce que peux espérer quelqu’un comme moi : Un peu de compassion, de la pitié, une aumône quoi… !.
    Qu’est-ce que je veux… ? Le bonheur…. Mais quoi en particulier ? En fait je n’avais jamais eu l’occasion de répondre à une question pareille. « qu’est-ce que je veux ». on a droit à plusieurs réponses ?
    Le ton de la question n’était pas superficiel, je l’ai bien senti en fait. la réponse ne devait pas l’être non plus. Mais comment répondre du tac au tac ? c’est que je ne suis pas un orateur, moi.
    Vite, répondre tout de suite l’essentiel, la chance de voir passer le messie en chair et en os ne se présente qu’une fois. Voir passer le messie. Voir.
    aveugle-crieEn me destabilisant, la question du maître faisait traverser ses pensées en une fraction de seconde dans mon esprit.
    Et je m’entends répondre : « Maître, fait que je voie de nouveau ». Réponse absurde que je regrettait aussitôt. Par sa question, ce Jésus m’a fait rêver au meilleur de la vie. Je me suis fait avoir, je me suis laissé emporter. Je sens sur moi le sourire triste de la foule m’envelopper comme un nouveau manteau. Je me sens me recroqueviller, surgit l’envie d’aller me cacher.
    C’est alors qu’une autre sensation me submerge, comme si je sentais le regard de ce Jésus posé sur moi : « vas! ta foi t’a guéri ». Ce regard, je ne l’oublierai jamais. Si vous pouviez le voir. Voir comme je l’ai vu de mes propres yeux. Cette homme n’a rien fait, il est simplement là, il ne fait que constater : c’est ma confiance qui me guérit.
    Il ne fait rien, mais il est là. Le Fils de Dieu. Oui, j’en suis sûr, le Fils de Dieu en personne. Aussi humain que n’importe qui, il se tient devant moi et tout à coup je vois clair. Pas seulement à la surface des choses, mais en profondeur.
    Dieu est là, toujours invisible à nos yeux aveugles, il se rend présent. Même si c’est ce que tu espère, Dieu ne se penche pas sur ta misère recroquevillée, même si c’est ce que tu attends de lui. Il t’écoutes et t’attends. A toi de te lever, à toi de rejeter le manteau de ta misère sur le chemin. Son appel te libère du regard critique et réprobateur des autres qui te jugent, qui veulent d’écarter, te cacher comme une honte. Il te libère de ton propre regard sur toi-même qui t’enferme dans le seul petit coin dont tu te crois digne.
    Ce Jésus, il est là et il veut te voir debout. Debout et actif.
    Vivre de l’espérance c’est pas tendre la main en demandant de la pitié. Vivre de l’espérance, c’est se lever. C’est y croire !
    Oui croire que vraiment ce Jésus transformera ta vie grâce à ton engagement, grâce à la reprise en main de ton sort. C’est d’y croire, c’est ta confiance, c’est ta foi active qui te guérit.
    Si je ne m’étais pas mis à crié, si je ne m’étais pas levé. Je serais encore au bord du chemin de Jéricho à maugréer contre Dieu dans mon obscurité.
    Mais Jésus m’a ouvert les yeux sur l’identité de Dieu. Il m’a montré comment demander des choses concrètes plutôt que de me résigner et me plaindre sans être capable de répondre à la question : « que veux-tu ? ».
    Ce Jésus, je l’ai suivi jusqu’à Jérusalem. Il n’a guéri plus personnes, j’étais le dernier sur sa route. Beaucoup de souffrances n’ont pas été apaisée et beaucoup n’ont pas reçu le cadeau que j’ai reçu. Mais ce Jésus est mort. Et je suis sûr, avec ses disciples, qu’il est revenu à la vie.
    Maintenant, quand une partie de ma vie est morte en moi, je pense à lui est je sens de la même manière le regard de ce Jésus invisible posé sur moi : « que veux-tu que je fasse pour toi ? »
    Le jour où j’ai répondu à cette question, je suis vraiment né, j’ai vu le jour. J’ai quitté mon père Timée décédé, je suis devenu le fils du Dieu vivant.
    Amen!

    .
    Une prière :

    Seigneur
    Tu passes sur notre chemin, tu longes notre misère
    Ton regard se pose sur nous.
    Apprends-nous à exprimer concrètement ce dont nous avons besoin. Ce que nous attendons de toi.
    Donne-nous toi-même la force de nous relever
    quand la détresse nous terrasse,
    quand le manteau de la tristesse nous enveloppe.
    Seigneur, si la foi de Bartimée l’a guéri
    Nous te prions pour la foi de ce monde blessé
    De ce monde aveugle.
    Arrête-toi et fais-le appeler.
    Qu’il se relève de sa misère et place sa confiance en toi
    Qu’il voie à nouveau clair sur ton identité.
    Amen !

     

    Prédication du pasteur Marc Rossier

     

     

  • « En ce temps déjà, le centuple… et dans le monde à venir, la vie éternelle »

     

    gloire

    Ces doctrines [sociales de l’Eglise] pourraient diminuer la distance que l’orgueil se plaît à maintenir entre riches et pauvres, mais la simple amitié c’est encore trop peu : si l’on obéit aux préceptes du christianisme, c’est dans l’amour fraternel que s’opérera l’union. De part et d’autre, on saura et on comprendra que les hommes sont absolument tous issus de Dieu, leur père commun ; que Dieu est leur unique et commune fin, et que lui seul est capable de communiquer aux anges et aux hommes un bonheur parfait et absolu. Tous ils ont été également rachetés par Jésus Christ et rétablis par lui dans leur dignité d’enfants de Dieu, et ainsi un véritable lien de fraternité les unit, soit entre eux, soit au Christ leur Seigneur, qui est « le premier-né de beaucoup de frères » (Rm 8,29). Ils sauront enfin que tous les biens de la nature, tous les trésors de la grâce appartiennent en commun et indistinctement à tout le genre humain, et qu’il n’y a que les indignes qui soient déshérités des biens célestes. « Si vous êtes fils, vous êtes aussi héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers de Jésus-Christ » (Rm 8,17).

    Léon XIII, pape de 1878 à 1903
    Encyclique Rerum novarum, 21