Catégorie : Jardins de la Bible

  • Les semences d’une joie éternelle

    « Encore un peu de temps et le pécheur cessera d’être : tu chercheras sa place, et tu ne la trouveras plus. Mais les bons recevront en héritage la terre des vivants ; et ils se délecteront éternellement dans la paix… » (Ps 36, 10-11 LXX). (…)

    Tout ce psaume est le développement admirable de cette pensée : il y des tristesses sur la terre pour les justes, mais ces tristesses sont la semence d’une éternelle joie : qu’ils espèrent et se consolent et remercient Dieu, et qu’ils se gardent de porter envie aux joyeux du monde qu’attendent à la porte sitôt atteinte de l’éternité de si effroyables tourments ! Pauvre Lazare, n’envie pas le riche qui se réjouit et mange splendidement : c’est toi qui es l’heureux ! (…) N’envions pas les mondains, avec leurs joies et leurs prospérités… ce ne sont pas eux les heureux : les heureux sont ceux qui ont Dieu pour Seigneur, qui ne vivent pas pour les jouissances, les sciences, les richesses, les honneurs, l’amour, les affections humaines, pour rien de ce qui est sur la terre, mais qui vivent pour Dieu seul, qui n’ont de regards que pour lui, en qui il règne parfaitement, comme un souverain Seigneur gouvernant tout dans un royaume parfaitement soumis.

    Remercions Dieu de notre bonheur, nous qu’il a aimés d’un amour éternel, et qu’il a à cause de cela attirés à lui dans sa miséricorde. Aimons nos tristesses mêmes, qui sont la marque de notre séparation du monde, et offrons-les à Dieu, en lui demandant de faire de nous tout ce qu’il voudra.

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

     

     

     

     

  • Semer dans le monde entier

    « Voici que le semeur est sorti pour semer. » La scène est d’actualité. Aujourd’hui le semeur divin sème encore sa semence à la volée. L’œuvre de salut continue de se réaliser, et le Seigneur veut se servir de nous ; il désire que nous, les chrétiens, nous ouvrions à son amour tous les chemins de la terre ; il nous invite à propager son message divin, par la doctrine et par l’exemple, jusqu’aux confins du monde. Il nous demande, à nous, citoyens de la société qu’est l’Église, et citoyens de la société civile, d’être chacun un autre Christ dans l’accomplissement fidèle de ses devoirs, en sanctifiant son travail professionnel et les obligations de son état.

    Si nous considérons ce monde qui nous entoure, et que nous aimons parce qu’il est l’œuvre de Dieu, nous y verrons se réaliser la parabole : la parole de Jésus est féconde, elle suscite en de nombreuses âmes la soif de se donner et d’être fidèles. La vie et le comportement de ceux qui servent Dieu ont modifié l’histoire, et même beaucoup de ceux qui ne connaissent pas le Seigneur sont mus, peut-être sans le savoir, par des idéaux dont l’origine se trouve dans le christianisme.

    Nous voyons aussi qu’une partie de la semence tombe dans la terre stérile, ou parmi les épines et les broussailles ; qu’il y a des cœurs qui se ferment à la lumière de la foi. Si les idéaux de paix, de réconciliation, de fraternité sont acceptés et proclamés, ils sont trop souvent démentis par les faits. Quelques-uns s’acharnent en vain à bâillonner la voix de Dieu, en ayant recours, pour empêcher sa diffusion, soit à la force brutale, soit à une arme moins bruyante mais peut-être plus cruelle parce qu’elle insensibilise l’esprit : l’indifférence.

    Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975)

     

     

     

  • La moisson est abondante

    Le Christ était rempli d’ardeur pour son œuvre et il se disposait à envoyer des ouvriers (…); il va donc envoyer des moissonneurs. « Il est bien vrai le proverbe : L’un sème, l’autre moissonne. Je vous ai envoyés moissonner là ou vous n’avez pas pris de peine, d’autres ont pris de la peine, et vous, vous profitez de leurs travaux » (Jn 4,37-38). Comment ? A-t-il envoyé des moissonneurs sans envoyer des semeurs ? Où a-t-il envoyé les moissonneurs ? Là où d’autres avaient déjà travaillé (…), là où déjà les prophètes avaient prêché, car c’était eux les semeurs. (…)

    Quels sont ceux qui ont ainsi travaillé ? Abraham, Isaac, Jacob. Lisez le récit de leurs travaux : dans tous leurs travaux se trouve une prophétie du Christ ; ils ont donc été des semeurs. Quant à Moïse, aux autres patriarches, à tous les prophètes, que n’ont-ils pas supporté dans le froid, au temps où ils semaient ? En Judée par conséquent la moisson était déjà prête. Et l’on comprend que la moisson était mûre à l’heure où tant de milliers d’hommes apportaient le prix de leurs biens, le déposaient aux pieds des apôtres (Ac 4,35) et, déchargeant leurs épaules des fardeaux de ce monde-ci (Ps 81,7), se mettaient à suivre le Christ Seigneur. La moisson était vraiment arrivée à maturité.

    Qu’en est-il résulté ? De cette moisson quelques grains ont été retirés, ils ont ensemencé l’univers, et voici que se lève une autre moisson destinée à être recueillie à la fin du monde. (…) Pour récolter cette moisson-là ce ne seront pas les apôtres qui seront envoyés mais les anges.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • Glorifier le Père dans le Fils

    Les cieux, l’air, la terre, les mers, sont revêtus de splendeur, et le cosmos tout entier doit son nom à sa magnifique harmonie. Nous apprécions cette beauté des choses d’instinct, naturellement, mais la parole qui l’exprime est toujours inférieure à ce que notre intelligence a saisi. À plus forte raison le Seigneur de la beauté est-il au-dessus de toute beauté ; et si notre intelligence ne peut concevoir sa splendeur éternelle, elle garde pourtant l’idée de splendeur. Nous devons donc confesser un Dieu d’une beauté inconcevable pour notre esprit, mais que nous ne pouvons atteindre en dehors de lui.

    Telle est la vérité du mystère de Dieu, de la nature impénétrable du Père. Dieu est invisible, ineffable, infini. La parole la plus éloquente ne peut que se taire ; l’intelligence qui veut pénétrer ce mystère se sent tout engourdie, elle éprouve son étroitesse. C’est dans le nom de Père, cependant, comme nous l’avons dit, que nous avons sa vraie nature : car il est Père ; mais non pas comme les hommes le sont, car lui est incréé, éternel, et il demeure lui-même, toujours, et pour toujours. Seul le Fils est connu, car « personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11,27 ; Lc 10,22). Ils se connaissent mutuellement et la science qu’ils ont l’un de l’autre est parfaite. Et parce que personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, c’est avec le Fils, seul témoin fidèle, qu’il nous faut apprendre à connaître le Père.

    Mais il m’est plus facile de penser cela du Père que de le dire et je sens bien comme toute parole est impuissante à exprimer ce qu’il est. (…) La parfaite connaissance de Dieu à notre échelle humaine consiste donc à savoir que Dieu existe, qu’il ne peut être ignoré, mais qu’il reste malgré tout inexprimable et indicible. Croyons en lui, essayons de le comprendre, efforçons-nous de l’adorer ; une telle louange, voilà de notre part le témoignage que nous pouvons lui rendre.

    Saint Hilaire (v. 315-367)

     

     

     

  • « Lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche. »

    « En lui nous vivons, en lui nous avons le mouvement et l’être » (Ac 17,28). Heureux celui qui vit par lui, qui est mû par lui, et en qui il est la vie. Vous me demanderez, puisque les traces de sa venue ne sont pas perceptibles, comment j’ai pu savoir qu’il était présent ? C’est que le Verbe, la Parole de Dieu, est « vivant et efficace » (He 4,12) : à peine était-il en moi qu’il a réveillé mon âme endormie. Il a vivifié, attendri et excité mon cœur qui était assoupi et dur comme une pierre (Ez 36,26). Il a commencé à arracher et à sarcler, à construire et à planter, à arroser ma sécheresse, à éclairer mes ténèbres, à ouvrir ce qui était fermé, à enflammer ma froideur, et aussi à « redresser les sentiers tortueux et aplanir les endroits rugueux » de mon âme (Is 40,4), de sorte qu’elle puisse « bénir le Seigneur et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom » (Ps 102,1).

    Le Verbe Époux est venu en moi plus d’une fois, mais sans donner signe de son arrivée imprévue, que ce soit par une voix, une image visuelle ou tout autre approche sensible… C’est au mouvement de mon cœur que j’ai perçu qu’il était là. J’ai reconnu sa force et sa puissance parce que mes penchants mauvais et mes désirs déréglés s’apaisaient. La mise en discussion ou en accusation de mes sentiments obscurs m’a conduit à admirer la profondeur de sa sagesse. J’ai expérimenté sa douceur et sa bonté au léger progrès de ma vie. Et voyant « se renouveler l’homme intérieur » (2Co 4,16), mon esprit au plus profond de moi-même, j’ai découvert un peu de sa beauté. En saisissant enfin tout cela ensemble, j’ai tremblé devant l’immensité de sa grandeur.

    Saint Bernard (1091-1153)

     

     

     

  • La petitesse d’une semence et l’espérance de la résurrection

    En considérant que l’esprit se libère de la chair, que la chair se change en pourriture, que la pourriture est réduite en poussière, que la poussière est réduite à ses éléments au point de devenir invisible aux yeux de l’homme, quelques esprits désespèrent de pouvoir ressusciter ; ils ont sous les yeux des os desséchés : que ces os se revêtent de leur chair et puissent retrouver la verte fraîcheur de la vie, ils n’ont pas une telle foi. Eh bien, s’ils ne gardent pas la foi en la résurrection par obéissance, du moins devraient-ils la garder par raison.

    Qu’imite, en effet, chaque jour le monde en ses propres éléments ? N’est-ce pas notre propre résurrection ? (…) Considérons donc la petitesse d’une semence d’arbre jetée en terre pour produire un arbre, et représentons-nous, si nous en sommes capables, où était caché dans l’exiguïté de cette semence l’arbre tellement immense qui en est sorti, où donc était le bois, l’écorce, la verdure du feuillage, la profusion des fruits. Distinguait-on rien de tel dans la semence quand elle était jeté en terre ? Et pourtant, selon le plan secret du maître d’œuvre qui ordonne merveilleusement le devenir universel, dans la délicatesse de la semence était cachée l’âpreté de l’écorce, dans la fragilité de la semence se voilait la force de sa résistance et dans la sécheresse, la profusion de sa fécondité.

    Faut-il donc s’étonner qu’une poussière si tenue, qui échappe même à nos yeux une fois réduite à ses éléments, recouvre forme humaine le jour où le veut Celui qui des semences les plus ténues fait surgir dans leur intégrité des arbres immenses ? Puisque donc nous sommes, par notre constitution même, des êtres doués de raison, l’espérance de notre résurrection devrait s’imposer à notre regard, à notre contemplation même devant le monde extérieur. Mais comme s’est engourdi en nous le jugement de la raison, pour nous donner un exemple nous est venue, de surcroît, la grâce du Rédempteur.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

     

     

     

  • Je suis cette grande providence, qui jamais ne fait défaut à mes serviteurs

    [Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] Ma providence a tout ordonné, tout disposé avec une sagesse parfaite. J’ai donné beaucoup à l’homme, parce que je suis riche et que je le pouvais faire ; et je le puis toujours, car ma richesse est infinie.

    Tout a été fait par moi, et sans moi rien ne peut être. Et donc l’homme veut-il la beauté, je suis la beauté ; veut-il la bonté, je suis la bonté, car je suis bon souverainement ; je suis la sagesse, je suis doux, je suis juste, je suis miséricordieux. Je suis généreux et non pas avare ; je suis celui qui donne à qui lui demande ; j’ouvre à celui qui frappe vraiment ; je réponds à qui m’appelle. Je ne suis pas ingrat, je reconnais mes serviteurs et j’aime à récompenser ceux qui se dépensent pour moi, pour l’honneur et la gloire de mon nom. Je suis joyeux et je conserve en constante allégresse l’âme qui s’est revêtue de ma volonté. Je suis cette grande providence, qui jamais ne fait défaut à mes serviteurs qui espèrent en elle, soit pour leur âme, soit pour leur corps. (…)

    Ne te souviens-tu pas d’avoir lu, dans la vie des Pères du désert, l’histoire de ce saint homme qui avait renoncé à tout et à lui-même, pour la gloire et l’honneur de mon nom. Comme il était malade, c’est ma clémence qui veillait sur lui, et lui envoya un ange pour l’assister et pourvoir à ses besoins. Le corps était ainsi secouru dans sa misère, tandis que l’âme demeurait dans une inexprimable allégresse, en savourant la douceur de ce commerce angélique. En pareille occurrence, l’Esprit Saint est pour l’homme une mère qui le nourrit au sein de ma divine charité. (…) Mon Esprit Saint, ce serviteur que ma puissance lui a donné, le revêt lui-même, il le nourrit, il l’enivre de douceur, il le comble de richesses inestimables. (…) Oh! combien heureuse cette âme, qui, dans un corps mortel, n’en goûte pas moins le bien immortel !

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

     

     

  • « N’ai-je pas le droit de disposer de mes biens comme il me plaît ? »

    Ces hommes étaient prêts à travailler mais « personne ne les avait embauchés » ; ils étaient laborieux, mais oisifs par manque de travail et de patron. Ensuite, une voix les a embauchés, une parole les a mis en route et, dans leur zèle, ils n’ont pas convenu d’avance du prix de leur travail comme les premiers. Le maître a évalué leurs travaux avec sagesse et les a payés autant que les autres. Notre Seigneur a prononcé cette parabole pour que personne ne dise : « Puisque je n’ai pas été appelé pendant ma jeunesse, je ne peux pas être reçu. » Il a montré que, quel que soit le moment de sa conversion, tout homme est accueilli… « Il sortit le matin, à la troisième, à la sixième, à la neuvième et à la onzième heure » : on peut comprendre cela du début de sa prédication, puis du cours de sa vie jusqu’à la croix, parce que c’est « à la onzième heure » que le larron est entré dans le Paradis (Lc 23,43). Pour qu’on n’incrimine pas le larron, notre Seigneur affirme sa bonne volonté ; si on l’avait embauché, il aurait travaillé, mais « personne ne nous a embauchés. »

    Ce que nous donnons à Dieu est bien indigne de lui, et ce qu’il nous donne bien au-delà de ce que nous méritons. On nous embauche pour un travail proportionné à nos forces, mais on nous propose un salaire tout à fait disproportionné… Il agit de la même façon envers les premiers et les derniers ; « ils reçurent chacun une pièce d’argent » portant l’image du Roi. Tout cela signifie le pain de la vie (Jn 6,35), qui est le même pour tous ; le remède qui donne la vie est le même pour tous ceux qui le prennent.

    Dans le travail de la vigne, on ne peut pas reprocher au maître sa bonté, et on ne trouve rien à redire de sa droiture. Dans sa droiture, il a donné comme il avait convenu, et dans sa bonté, il s’est montré miséricordieux comme il l’a voulu. C’est pour enseigner cela que notre Seigneur a prononcé cette parabole, et il a résumé tout cela par ces mots : « N’ai-je pas le droit de faire ce que je veux dans ma maison ? »

    Saint Éphrem (v. 306-373)

     

     

     

  • « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende. »

    Si la semence sèche, ce n’est pas à cause de la chaleur. Jésus n’a pas dit qu’elle a séché à cause de la chaleur, mais « faute de racine ». Si la parole est étouffée, cela ne vient pas des épines, mais de ceux qui les ont laissé pousser en liberté. Avec de la volonté, tu peux les empêcher de pousser, tu peux faire de la richesse un usage convenable. C’est pour cela que le Sauveur parle non du « monde » mais du « souci du monde », non de « la richesse » mais de la « séduction de la richesse ». N’accusons donc pas les choses elles-mêmes, mais la corruption de notre conscience. (…)

    Ce n’est pas le cultivateur, tu le vois, ce n’est pas la semence, c’est la terre où elle est reçue qui explique tout, c’est-à-dire les dispositions de notre cœur. Là aussi la bonté de Dieu pour l’homme est immense, puisque, loin d’exiger une même mesure de vertu, il accueille les premiers, ne repousse pas les seconds et donne une place aux troisièmes. (…)

    Il faut donc d’abord écouter la Parole avec attention, puis la garder fidèlement en mémoire, puis être plein de courage, puis mépriser la richesse et se délivrer de l’amour de tous les biens du monde. Si Jésus met l’attention pour la Parole au premier rang et avant toutes les autres conditions, c’est qu’elle est la condition nécessaire. « Comment croire sans d’abord l’entendre ? » (Rm 10,14) Et nous aussi, si nous ne faisons pas attention à ce qui nous est dit, nous ne connaîtrons pas les devoirs à remplir. Après seulement viennent le courage et le mépris des biens du monde. Pour mettre à profit ces leçons, fortifions-nous de toute façon : soyons attentifs à la Parole, poussons profondément nos racines et débarrassons-nous de tout le souci du monde.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

     

     

     

  • La foi, base de toute vie chrétienne

    La foi est un fondement. Songez à un monument qui attire les regards par sa grandeur et l’harmonieux ensemble de toutes ses proportions. Qu’est-ce qui lui donne sa solidité ? Les assises. Que celles-ci viennent à être ébranlées, aussitôt les murailles se lézardent et l’édifice est en danger ; si on ne le consolide, il est voué à la ruine. C’est là l’image de la vie spirituelle. Celle-ci est un édifice que Dieu, de concert avec nous, se construit en nous, à sa gloire, c’est un temple qu’il veut habiter. Mais si nous ne posons pas un fondement ferme, il est impossible de bâtir l’édifice. Et plus celui-ci s’élève, plus il est nécessaire que les assises soient profondes et inébranlables. Quand l’homme spirituel pense arriver au sommet de la perfection, à la cime de la contemplation, si en lui la foi, qui est la base du vrai amour, ne s’affermit pas en proportion, tout peut s’écrouler.

    Le saint concile [de Trente] compare encore la foi à une racine. Voyez cet arbre majestueux, au tronc puissant, aux branches vigoureuses, au feuillage abondant et touffu. D’où lui viennent cette force et cette beauté ? De quelque chose qu’on n’aperçoit pas : les racines. Celles-ci plongent dans le sol pour s’y fixer et y puiser les sucs nourriciers nécessaires à la vie de ce géant. Que les racines viennent à se dessécher : l’arbre va dépérir. La racine de la vie chrétienne c’est la foi. Sans elle, tout se flétrit, tout se dessèche, tout meurt. Elle est la condition nécessaire de toute vie et de tout progrès spirituel.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)