Catégorie : Jardins de la Bible

  • Printemps

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    Un oiseau chante dans le jardin. Ne le dérange pas.? Fais-toi le plus petit possible, le plus effacé,?le plus silencieux. Écoute-le.? Ne cherche pas à l’attraper, à l’apprivoiser.? C’est la création qui chante.? Et son chant est celui de son Créateur.?? Des roses s’épanouissent dans le jardin. ?Laisse-les fleurir.? Ne tends pas la main pour les cueillir.? Réjouis-toi de les voir si belles, si fraîches.? C’est le sourire du Créateur.

    Et surtout, si Dieu vient à fleurir dans? ton jardin, ne cherche pas à le ramener à toi.? Laisse Dieu être Dieu.? Réjouis-toi seulement de ce qu’il est Dieu. ?Qu’il fleurisse dans ton jardin ou dans celui du voisin,? peu importe. Il est Dieu, cela suffit.

    Et si tu rencontres un misérable, un être douloureux? ou désespéré, tais-toi, écoute-le.? Emplis tes yeux de sa présence, de son existence,? jusqu’à ce qu’il découvre lui-même, dans ton regard ?qu’il existe vraiment et que tu es son frère.? Alors tu trouveras les gestes et les mots? qui conviennent.? Et peut-être n’y aura-t-il rien à dire ou à faire ?? Il existe. Tu l’as fait exister. Tu as été Dieu pour ton frère.

    Alors tu entendras toi aussi le chant de la flûte neuve.? Tu ne seras pas un violent, un conquérant, un rapace. Tu connaîtras la joie divine d’exister. Tu auras le cœur léger.

     

    Eloi Leclerc.? « Le soleil se lève sur Assise », DDB

  • « Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. »

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    « Je suis la vraie vigne, » dit Jésus (Jn 15,1)… On creuse des tranchées autour de cette vigne, c’est-à-dire on creuse des embûches par la ruse. Quand on complote pour faire tomber quelqu’un dans un piège, c’est comme si on creusait une fosse devant lui. C’est pourquoi il s’en lamente en disant : « Ils ont creusé une fosse devant moi » (Ps 56,7)… Voici un exemple de ces pièges : « Ils ont amené une femme adultère » au Seigneur Jésus « en disant : ‘ Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? ’ » (Jn 8,3s)… Et un autre : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » (Mt 22,17)…

    Mais ils ont découvert que ces embûches ne nuisaient pas à la vigne ; au contraire, en creusant ces fosses, ce sont eux-mêmes qui sont tombés dedans (Ps 56,7)… Alors, ils ont encore creusé : non seulement les mains et les pieds (Ps 21,17), mais ils ont percé son côté avec une lance (Jn 19,34) et ont mis à découvert l’intérieur de ce cœur très saint, qui avait déjà été blessé par la lance de l’amour. Dans le cantique de son amour, l’Époux dit : « Tu as blessé mon cœur, ma sœur, mon épouse » (Ct 4,9 Vulg). Seigneur Jésus, ton cœur a été blessé d’amour par ton épouse, ton amie, ta sœur. Pourquoi donc fallait-il que tes ennemis le blessent encore ? Que faites-vous, ennemis ?… Ne saviez-vous pas que ce cœur du Seigneur Jésus, déjà frappé, est déjà mort, déjà ouvert, et ne peut plus être atteint par une autre souffrance ? Le cœur de l’Époux, du Seigneur Jésus, a déjà reçu la blessure de l’amour, la mort de l’amour. Quel autre mort pourrait l’atteindre ?… Les martyrs aussi rient quand on les menace, se réjouissent quand on les frappe, triomphent quand on les tue. Pourquoi ? Parce qu’ils sont déjà morts par amour dans leur cœur, « morts au péché » (Rm 6,2) et au monde…

    Le cœur de Jésus donc a été blessé et mis à mort pour nous… ; la mort physique a triomphé un moment, mais pour être vaincue à jamais. Elle a été anéantie quand le Christ est ressuscité des morts, parce que « sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir » (Rm 6,9).

    Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
    La Vigne mystique, ch. 3, § 5-10

     

     

     

     

  • Goutte

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    Vous êtes le symbole d’une nouvelle cascade qui arrosera nombre de plaines et permettra la floraison et l’élévation de la nature, des plantes et des fleurs. Vous serez à la source de ce jardin, du renouveau de ce jardin et chaque goutte de votre amour sera aussi un parfum spécifique qui emplira le coeur, et emplira l’âme de tous ceux qui passeront à vos côtés. Regardez bien cette cascade, elle tombe, c’est une eau fraîche transparente. Tout le long de son cours, elle n’est qu’espérance, elle n’est que développement. Sans bruit, elle coule et intensifie tous les végétaux. Elle est cette sève qui fait fleurir, qui fait grandir qui donne explosion à la nature. Vous êtes ces petites gouttes qui permettent l’enrichissement de la nature.

    A vous par ces gouttelettes de rafraichir et d’apporter à tous une humilité, un sentiment d’amour inexplicable mais tellement quantifiable dans la chaleur de chacun.

    Marie Mère des hommes – février 2014

     

     

     

  • « La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture ? »

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    Si vraiment nous donnons la première place aux réalités spirituelles, nous n’aurons pas à nous préoccuper des biens matériels, car Dieu, dans sa bonté, nous les procurera en abondance. Si, au contraire, nous veillons uniquement à nos intérêts matériels sans prendre soin de notre vie spirituelle, le souci constant des choses terrestres nous conduira à négliger notre âme… Ne renversons donc pas l’ordre des choses. Connaissant la bonté de notre Maître, nous lui ferons confiance en tout et ne nous laisserons pas accabler par les soucis de cette vie… « Votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela, avant même que vous l’ayez demandé » (Mt 6,32.8).

    Jésus veut donc que nous soyons libres de tout souci de ce monde et que nous nous consacrions totalement aux œuvres spirituelles. « Cherchez donc, nous dit-il, les biens spirituels et je pourvoirai moi-même amplement à tous vos besoins matériels… Regardez les oiseaux du ciel, ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserve dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. » Autrement dit : « Si je prends un tel soin des oiseaux sans raison et que je leur procure tout ce dont ils ont besoin, sans semailles ni labour, je veillerai d’autant mieux sur vous, qui êtes doués de raison, pourvu que vous choisissiez de préférer le spirituel au corporel. Puisque je les ai créés pour vous, ainsi que tous les autres êtres, et que j’en prends tant de soin, de quelle sollicitude ne vous jugerai-je pas dignes, vous pour qui j’ai fait tout cela ? »

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Catéchèses baptismales, n°8, 19-25 ; SC 50 (trad. SC p. 257 rev. ; cf Delhougne, Les Pères commentent, p. 101)

     

     

     

     

  • Quand vous priez Dieu, dans quelle direction vous tournez-vous ?

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    Vous penserez peut-être que c’est une question bizarre.
    En fait, le geste auquel je fais référence est le suivant. Parmi les populations premières d’Amérique du Nord, les Amérindiens, ceux qui sont devenus chrétiens, ont réinvesti et christianisé une coutume. Ils prient Dieu dans les différentes directions autour d’eux. Ils se tournent vers l’est, vers le sud, vers l’ouest et vers le nord, priant ainsi pour les diverses réalités de l’existence humaine : le froid et la chaleur, la pluie et le vent, la lumière du soleil. Ils s’ouvrent à toutes les rencontres qui font leur quotidien. Ils ajoutent aussi la direction du sol, terre nourricière, exprimant en même temps que nous venons de la terre et que nous y retournons. Ils complètent enfin avec la direction du ciel, comme le cœur qui aspire aux réalités spirituelles.
    Et je repensais à un usage de l’Eglise. Traditionnellement, nous prions en nous tournant vers l’est, l’orient. Ce que nous appelons l’orientation de la prière. L’est, c’est le côté où le soleil se lève, et le lever du soleil évoque la lumière du Christ ressuscitéqui inonde notre monde et dissipe les ténèbres du péché et de la mort. Nous accueillons le ressuscité, dans notre prière ! L’est, c’est le lieu où Dieu rencontre notre monde. Ainsi nous le prions pour la vie de notre humanité. Concrètement, comment cela se passait ? Les églises étaient traditionnellement orientées. Le chœur était tourné vers l’est, et le prêtre et toute l’assemblée priaient en direction de l’Orient, ce que je trouve très significatif car cela aide notre corps à entrer en prière, et non pas seulement notre esprit. (…)
    La direction que nous prenons pour prier, si elle est surtout cérébrale et intérieure, nous impose de vérifier que notre prière ne se limite pas à un petit retour sur nous-même. Sommes-nous bien tournés vers Dieu, le Dieu tout autre qui vient jusqu’à nous ? Est-ce que nous disons vraiment « tu » ou « vous » à Dieu, dans notre prière ?  Est-ce que nous lui parlons vraiment, en nous disant que nous lui remettons notre vie, que nous attendons quelque chose de lui et que nous pouvons le remercier ? Est-ce bien une relation de respect et d’amitié qui se dessine dans notre contemplation ? Car nous pouvons vite nous faire illusion, dans notre prière, en parlant plus de Dieu qu’en parlant véritablement à Dieu.
    La direction physique de la prière, dans la tradition de l’Eglise, nous permet de nous rappeler qu’avoir la foi, c’est être en relation avec Dieu, un Dieu que nous rencontrons, comme une personne, et non pas une idée ou une valeur !
    Les quatre directions de la prière, chez les Amérindiens, nous permettent de nous redire que notre prière porte nos proches mais aussi ceux qui sont loin. Notre prière se fait attentive aux réalités de l’humanité dans les situations diverses connues en ce monde. Nous présentons tout cela à Dieu !
    Dans ces deux manières de penser la prière, il s’agit de se tourner vers Dieu amoureusement et embrasser le monde entier, dans sa grande largeur, sa hauteur et sa profondeur, pour ne plus se centrer sur soi.
    Or, ne plus se centrer sur soi, c’est commencer à travailler pour l’unité de tous les chrétiens dans leur diversité et pour le bien de l’humanité entière dans la pluralité de ses cultures et de l’histoire des peuples.
     (…)
    Fr. Philippe Jaillot
    Blog du Jour du Seigneur
  • « Elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

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    Comme le dit le Christ, le Royaume de Dieu est semblable à une graine de moutarde… Le Christ est le Royaume : à la manière d’une graine de moutarde, il a été jeté dans un jardin, le corps de la Vierge. Il a grandi et il est devenu l’arbre de la croix qui couvre la terre entière… Le Christ est le Royaume, car en lui réside toute la gloire de son royaume. Et le Christ est homme, car l’homme tout entier est renouvelé en lui. Le Christ est la graine de moutarde, l’instrument dont Dieu se sert pour faire descendre toute sa grandeur dans toute la petitesse de l’homme. Lui-même est devenu toute chose pour renouveler tous les hommes en lui. En tant qu’homme, le Christ a reçu la graine de moutarde qui est le Royaume de Dieu…; alors qu’en tant que Dieu, il la possédait depuis toujours. Il a jeté la semence dans son jardin…

    Le jardin est cette terre cultivée qui s’est étendue au monde entier, labouré par la charrue de la Bonne Nouvelle, clôturé par les bornes de la sagesse ; les apôtres ont peiné pour en arracher toutes les mauvaises herbes. On prend plaisir à y contempler les jeunes pousses des croyants, les lis des vierges et les roses des martyrs ; des fleurs y donnent toujours leur parfum.

    Le Christ a donc semé la graine de moutarde dans son jardin. Elle a pris racine quand il a promis son Royaume aux patriarches, elle a germé avec les prophètes, elle a grandi avec les apôtres, et elle est devenue l’arbre immense qui étend ses rameaux innombrables sur l’Église, et lui prodigue ses dons… Prends les ailes d’argent de la colombe dont parle le prophète (Ps 67,14)… Envole-toi pour jouir d’un repos sans fin, désormais hors de l’atteinte des filets (Ps 90,3), parmi tant de frondaisons magnifiques. Sois assez fort pour prendre ainsi ton vol, et va habiter en sécurité dans cette vaste demeure.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 98 ; CCL 24A, 602 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 256 rev.)

     

     

     

  • « Ils ont produit trente, soixante, cent pour un. »

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    Frères bien-aimés, quand nous vous exposons quelque chose d’utile pour vos âmes, que personne n’essaye de s’excuser en disant : « Je n’ai pas le temps de lire, c’est pourquoi je ne peux pas connaître les commandements de Dieu ni les observer »… Arrachons-nous aux vains bavardages et aux plaisanteries mordantes…, et voyons s’il ne nous reste pas de temps à consacrer à la lecture de l’Écriture sainte… Quand les nuits sont plus longues, y aura-t-il quelqu’un capable de tant dormir qu’il ne puisse pas lire personnellement ou écouter quelqu’un d’autre lire l’Écriture ?… Car la lumière de l’âme et sa nourriture éternelle ne sont rien d’autre que la Parole de Dieu, sans laquelle le cœur ne peut ni vivre ni voir…

    Le soin de notre âme est tout à fait semblable à la culture de la terre. De même que dans une terre cultivée on arrache d’un côté et que l’on extirpe de l’autre jusqu’à la racine pour semer le bon grain, on doit faire de même dans notre âme : arracher ce qui est mauvais et planter ce qui est bon ; extirper ce qui est nuisible, greffer ce qui est utile ; déraciner l’orgueil et planter l’humilité ; jeter l’avarice et garder la miséricorde ; mépriser l’impureté et aimer la chasteté…

    En effet vous savez comment on cultive la terre. Tout d’abord on arrache les ronces, on jette les pierres au loin, ensuite on laboure la terre elle-même, on recommence une seconde fois, une troisième, et enfin…on sème. Qu’il en soit ainsi dans notre âme : tout d’abord, déracinons les ronces, c’est-à-dire les pensées mauvaises ; ensuite ôtons les pierres, autrement dit toute malice et dureté. Enfin labourons notre cœur avec la charrue de l’Évangile et le soc de la croix, brisons-le par la pénitence, ameublissons-le par l’aumône, par la charité préparons-le à la semence du Seigneur…, afin qu’il puisse recevoir avec joie la semence de la parole divine et rapporter non seulement trente, mais soixante et cent fois son fruit.

    Saint Césaire d’Arles (470-543), moine et évêque
    Sermons au peuple, n°6 passim ; SC 175 (trad. SC p. 331s)

     

     

     

  • « Je te salue, comblée-de-grâce. »

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    « Si tu savais le don de Dieu », disait un soir le Christ à la Samaritaine (Jn 4,10). Mais quel est-il, ce don de Dieu, si ce n’est lui-même ? Et, nous dit le disciple bien-aimé : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1,11). Saint Jean Baptiste pourrait dire encore à bien des âmes cette parole de reproche : « Il y en a un, au milieu de vous — en vous — que vous ne connaissez pas » (Jn 1,26; cf Lc 17,21).

    « Si tu savais le don de Dieu. » Il est une créature qui connut ce don de Dieu, une créature qui n’en perdit pas une parcelle, une créature qui fut si pure, si lumineuse, qu’elle semble être la Lumière elle-même : « Speculum justitiae / Miroir de justice ». Une créature dont la vie fut si simple, si perdue en Dieu que l’on ne peut presque rien en dire.

    « Virgo fidelis » : c’est la Vierge fidèle, « celle qui gardait toutes choses en son cœur » (Lc 2,19.51). Elle se tenait si petite, si recueillie en face de Dieu, dans le secret du Temple, qu’elle attirait les complaisances de la Trinité sainte : « Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante, désormais toutes les générations m’appelleront bienheureuse ! » (Lc 1,48). Le Père se penchant vers cette créature si belle, si ignorante de sa beauté, voulut qu’elle soit la mère dans le temps de celui dont il est le Père dans l’éternité. Alors l’Esprit d’amour qui préside à toutes les opérations de Dieu survint ; la Vierge dit son fiat : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole », et le plus grand des mystères fut accompli. Et par la descente du Verbe en elle Marie fut pour toujours la proie de Dieu.

    Bienheureuse Élisabeth de la Trinité (1880-1906), carmélite
    Le Ciel dans la foi (Première retraite), dixième jour (OC, Cerf 1979-80, p. 123)

     

     

     

     

  • 3e dimanche de l’Avent

    Evangile du 3ème dimanche  de l'Avent - Année liturgique AVive Dieu ! Notre Dieu vient parler (dimanche dernier) mais il vient aussi faire : des aveugles il fait des voyants, des boiteux il fait des marcheurs, des morts, il fait des vivants… Comment ne pas se réjouir ? C’est le dimanche de la joie : vive Dieu !

     

    Lecture de la lettre de saint Jacques

    Frères, en attendant la venue du Seigneur, ayez de la patience. Voyez le cultivateur : il attend les produits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la première et la dernière récoltes.
    Ayez de la patience vous aussi, et soyez fermes, car la venue du Seigneur est proche.
    Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte.
    Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.
  • « Voyez le figuier ! »

    monde invisible

    La terre que nous voyons ne nous satisfait pas. Ce n’est qu’un commencement ; ce n’est qu’une promesse d’un au-delà ; même dans sa plus grande joie, quand elle se couvre de toutes ses fleurs, et qu’elle montre tous ses trésors cachés de la manière la plus attirante, même alors, cela ne nous suffit pas. Nous savons qu’il y a en elle beaucoup plus de choses que nous n’en voyons. Un monde de saints et d’anges, un monde glorieux, le palais de Dieu, la montagne du Seigneur Sabaoth, la Jérusalem céleste, le trône de Dieu et du Christ : toutes ces merveilles éternelles, très précieuses, mystérieuses et incompréhensibles, se cachent derrière ce que nous voyons. Ce que nous voyons n’est que l’écorce extérieure d’un royaume éternel, et c’est sur ce royaume que nous fixons les yeux de notre foi.

    Montre-toi, Seigneur, comme au temps de ta Nativité, où les anges ont visité les bergers ; que ta gloire s’épanouisse comme les fleurs et le feuillage s’épanouissent sur les arbres. Par ta grande puissance, transforme le monde visible en ce monde plus divin que nous ne voyons pas encore. Que ce que nous voyons soit transformé en ce que nous croyons. Si brillants que soient le soleil, le ciel, et les nuages, si verdoyants que soient les feuilles et les champs, si doux que soit le chant des oiseaux, nous savons que tout n’est pas là, et que nous ne voulons pas prendre la partie pour le tout. Ces choses procèdent d’un centre d’amour et de bonté qui est Dieu lui-même, mais elles ne sont pas sa plénitude. Elles parlent du ciel, mais elles ne sont pas le ciel. Elles ne sont en quelque sorte que des rayons égarés, un faible reflet de son image ; elles ne sont que des miettes qui tombent de la table.

    Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
    « The Invisible World » PPS, t. 4, n°13 (trad. AELF rev.)