Catégorie : Jardins de la Bible

  • « D’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. »

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    La vie présente est un chemin qui mène au terme de notre espérance, tout comme on voit sur les pousses le fruit qui commence à sortir de la fleur, et qui, grâce à elle, parvient à l’existence comme fruit, même si la fleur n’est pas le fruit. De même, la moisson qui naît des semences n’apparaît pas immédiatement avec son épi, mais c’est l’herbe qui est la première à pousser ; ensuite, une fois l’herbe morte, la tige de blé surgit et ainsi le fruit mûrit à la tête de l’épi…

    Notre Créateur ne nous a pas destinés à la vie embryonnaire ; le but de la nature n’est pas la vie des nouveau-nés. Elle ne vise pas non plus les âges successifs qu’elle revêt avec le temps par le processus de croissance qui change sa forme, ni la dissolution du corps survenant à la mort. Tous ces états sont des étapes sur le chemin où nous avançons. Le but et le terme de la marche, à travers ces étapes, c’est la ressemblance au Divin… ; le terme attendu de la vie, c’est la béatitude. Mais aujourd’hui tout ce qui regarde le corps — la mort, la vieillesse, la jeunesse, l’enfance et la formation de l’embryon — tous ces états, comme autant d’herbes, de tiges et d’épis, forment un chemin, une succession et un potentiel permettant la maturité espérée.

    Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
    Sermon sur les défunts

     

     

     

  • ReCommancements

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    « La compagnie de la miséricorde est une lumière pour mieux comprendre ce que nous avons vécu, et une espérance qui nous accompagne au début d’une année nouvelle.
    « On peut reparcourir les jours de l’année passée soit comme un souvenir des faits et des événements qui nous ramènent à des moments de joie et de douleur, ou bien en cherchant à comprendre si nous avons perçu la présence de Dieu qui renouvelle toute chose, et qui soutient de son aide.
    « Nous sommes interpellés pour vérifier si les événements du monde se sont réalisés selon la volonté de Dieu ou si nous avons surtout écouté les projets des hommes souvent chargés d’intérêts personnels, d’une insatiable soif de pouvoir et de violence gratuite.
    « Et aujourd’hui cependant nos yeux ont besoin de se concentrer particulièrement sur les signes que Dieu nous a accordés, pour toucher du doigt la force de son amour miséricordieux.
    « Nous ne pouvons pas oublier que tant de journées ont été marquées par la violence, par la mort, par les souffrances indicibles de tant d’innocents, de réfugiés contraints de quitter leur patrie, d’hommes, de femmes et d’enfants sans domicile fixe, sans nourriture ni moyens de subsistance.
    Et pourtant combien de grands gestes de bonté, d’amour et de solidarité ont rempli les journées de cette année, même s’ils ne sont pas devenus des nouvelles des journaux télévisés. Ces signes d’amour ne peuvent pas et ne doivent pas être obscurcis par la puissance du mal. Le bien est toujours vainqueur, même si à un certain moment il peut sembler plus faible et plus caché.
    *
    (…) Le fleuve en crue de l’arrogance, de la méchanceté humaine et de la misère ne peut rien contre l’océan de miséricorde qui inonde notre monde.

    Extraits des homélies du pape François 31/12/2015 – 01/01/2016
    zenit.org

     

     

  • « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien…? de sauver une vie ? »

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    Dieu est-t-il à l’œuvre, travaille-t-il, le jour du sabbat ? Certes oui, car autrement le ciel disparaîtrait, la lumière du soleil s’éteindrait, la terre perdrait consistance, tous les fruits manqueraient de sève et la vie des hommes périrait si, à cause du sabbat, la force constitutive de l’univers cessait d’agir. Mais en fait, il n’y a aucune trêve ; aussi bien pendant le sabbat que durant les six autres jours, les éléments de l’univers continuent à remplir leur fonction. À travers eux le Père œuvre donc en tous temps, mais il agit dans le Fils qui est né de lui et par qui tout cela est son œuvre… Par le Fils, l’action du Père se poursuit donc le jour du sabbat. Et par conséquent il n’y a pas de repos en Dieu, puisque aucun jour ne voit cesser l’œuvre de Dieu.

    Ainsi en est-il de l’action de Dieu. Mais en quoi consiste son repos ? L’œuvre de Dieu, c’est l’œuvre du Christ. Et le repos de Dieu, c’est Dieu, le Christ, car tout ce qui appartient à Dieu est véritablement dans le Christ à tel point que le Père peut s’en reposer sur lui.

    Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
    Traité sur le psaume 91, 3,4-5,7 ; PL 9, 495-498 (trad. Orval)

     

     

  • L’eau changée en vin

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    En changeant en vin les jarres remplies d’eau, le Sauveur a fait deux choses : il a fourni une boisson aux invités de la noce et il a signifié que, par le baptême, les hommes allaient être remplis de l’Esprit Saint. Le Seigneur lui-même l’a déclaré ailleurs en disant : « À outres neuves, vin nouveau ! » (Mt 9,17). Les outres neuves signifient, en effet, la pureté du baptême, le vin la grâce de l’Esprit Saint.

    Catéchumènes, prêtez une attention particulière. Votre esprit qui ignore encore la Trinité ressemble à l’eau froide. Il faut le réchauffer à la chaleur du sacrement du baptême, comme un vin, pour transformer un liquide pauvre et sans valeur en grâce précieuse et riche. Comme le vin, acquérons bon goût et arôme de douceur ; alors nous pourrons dire avec l’apôtre Paul : « Nous sommes bien pour Dieu la bonne odeur du Christ » (2Co 2,15). Avant son baptême, le catéchumène ressemble à l’eau qui dort, froide et sans couleur…, inutile, incapable de redonner des forces. Conservée trop longtemps, l’eau s’altère, croupit, devient fétide… Le Seigneur a dit : « À moins de naître à nouveau de l’eau et de l’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume des cieux » (Jn 3,5).

    Le fidèle baptisé est semblable au vin vigoureux et rouge. Toutes les choses de la création s’abîment avec le temps, seul le vin s’améliore en vieillissant. Il perd chaque jour de son âpreté, et acquiert un bouquet plein de mœlleux, d’une riche saveur. Le chrétien de même, à mesure que passe le temps, perd l’âpreté de sa vie pécheresse, acquiert la sagesse et la bienveillance de la Trinité divine.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
    CC Sermon 65, p. 273-274 ; PL 17,624-626 (trad. Pères dans la foi, Migne 1996, p.70)

     

     

     

  • Dans le silence

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    Toi, mon frère lecteur, tends l’oreille.
    Le murmure du vent qui parfois se tait porte la musique de la voix de Dieu. Une voix de fin silence. Un presque rien.
    Quelques feuilles d’arbre frémissent à peine. Un ange passe.
    Le Serviteur des serviteurs, et Roi des rois ne crie pas quand il parle. Sa voix est une caresse qui calme les brûlures, mais on ne l’entend pas annoncer ses merveilles dans un haut-parleur.
    Il est tout près, tout près de toi, et frappe à ta porte. Jamais il n’entrera sans ton accord. Il ne force pas les serrures, ne s’impose pas.
    C’est pourtant lui a qui a tendu la toile du ciel au-dessus de ta tête, accroché une à une les étoiles pour que tu puisses t’orienter dans la nuit. C’est lui qui a découpé soigneusement la feuille de chêne, et colorié les tulipes d’avril. Il a choisi le parfum du lilas, et aimé donner un manteau de laine au mouton.
    Mais de cela il ne se vante pas. Il l’offre. Il donne tout pour tes yeux, pour tes sens, pour ta vie. Ainsi parle Dieu.
    Toute la joie du monde et toute la joie de Dieu t’est donnée dans ce frère Christ qui te parle à l’oreille. Il ne vient pas te condamner, mais tuer en toi ce qui te tue, à commencer par le sentiment de ton indignité. Tu verras : la vie devient spacieuse quand on le laisse entrer chez soi.
    N’aie pas peur, il prend sur lui ce qui t’effraies, y compris ta propre faute. Et jamais, jamais, ne te le fera sentir. Tu verras, sa voix te rendra léger. N’aie pas peur de parler à ce Dieu si discret, qui n’attend que ta voix pour répondre à la sienne. Dieu est conversation.

    « Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n’entendra pas sa voix sur la place publique. […]  » Livre d’Isaïe 42,1

    Soeur Anne Lécu, dominicaine, médecin de prison
    Paris

     

     

  • « Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main et le toucha »

    Les pauvres ont soif d’eau, mais aussi de paix, de vérité et de justice. Les pauvres sont nus et ont besoin de vêtements, mais aussi de dignité humaine et de compassion pour les pécheurs. Les pauvres sont sans abri et ont besoin d’un abri fait de briques, mais aussi d’un cœur joyeux, compatissant et plein d’amour. Ils sont malades et ils ont besoin de soins médicaux, mais aussi d’une main secourable et d’un sourire accueillant.

    Les exclus, ceux qui sont rejetés, ceux qui ne sont pas aimés, les prisonniers, les alcooliques, les mourants, ceux qui sont seuls et abandonnés, les marginalisés, les intouchables et les lépreux…, ceux qui sont dans le doute et la confusion, ceux qui n’ont pas été touchés par la lumière du Christ, les affamés de la parole et de la paix de Dieu, les âmes tristes et affligées…, ceux qui sont un fardeau pour la société, qui ont perdu toute espérance et foi dans la vie, qui ont oublié comment sourire et qui ne savent plus ce que c’est que de recevoir un peu de chaleur humaine, un geste d’amour et d’amitié –- tous, ils se tournent vers nous pour recevoir un réconfort. Si nous leur tournons le dos, nous tournons le dos au Christ.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    Lettre à ses collaboratrices du 10/04/1974

     

     

     

     

  • Que cherchez-vous ?

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    Le christianisme est avant tout une rencontre avec une personne. Une rencontre concrète d’une personne avec une autre personne. Le christianisme n’est pas d’abord une liste de préceptes à suivre pour avoir le salut, ni un code moral, ni des réunions hebdomadaires. Etre chrétien cela veut dire avoir rencontré Jésus, et avoir trouvé en Lui ce qui ne peut se trouver nulle part ailleurs. Etre chrétien, c’est avoir une relation d’amour avec Jésus, et ,avec lui, avec la Sainte Trinité. C’est cela qui donne son sens à tout le reste. Il est impossible d’être un vrai chrétien sans cette rencontre, sans cette expérience de l’amour de Jésus.
    Le dialogue entre Jésus et les disciples, déconcertant de simplicité, est en fait le dialogue de Jésus avec chacune des personnes qu’ Il rencontre. En voyant ces personnes qui le suivent, Jésus ne leur déroule pas toute une liste de règles qu’il faut respecter pour se mettre à sa suite. Non, Il leur pose une question : « Que cherchez-vous ? » Jésus sait que chaque personne a en elle une soif d’un amour qu’elle ne trouve pas dans ce monde. Soif d’un amour infini, qui seul peut remplir son cœur. Et à la question « Où demeures-tu ? » Jésus répond par cette invitation: « Venez, et vous verrez.» Jésus ne leur laisse pas une liste de choses à faire. La vie chrétienne est une rencontre avec Jésus, et un chemin qui se parcourt avec Jésus. Il n’est pas venu juste pour nous rencontrer, mais pour rester avec nous. Pour nous accompagner tout au long de notre vie. Il est toujours fidèle, dans les moments de joie comme dans les moments de souffrance. Et c’est même là, dans nos souffrances les plus profondes, là où personne ne peut nous rejoindre, que Jésus, par sa mort sur la croix, vient au plus près de nous.

    catholique.org

     

     

     

  • « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche. »

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    L’homme moderne est en marche vers un développement plus complet de sa personnalité, vers une découverte et une affirmation toujours croissantes de ses droits. L’Église, pour sa part, qui a reçu la mission de manifester le mystère de Dieu, de ce Dieu qui est la fin ultime de l’homme, révèle en même temps à l’homme le sens de sa propre existence, c’est-à-dire sa vérité essentielle.

    L’Église sait parfaitement que Dieu seul, dont elle est la servante, répond aux plus profonds désirs du cœur humain que jamais ne rassasient pleinement les nourritures terrestres. Elle sait aussi que l’homme, sans cesse sollicité par l’Esprit de Dieu, ne sera jamais tout à fait indifférent au problème religieux, comme le prouvent non seulement l’expérience des siècles passés, mais de multiples témoignages de notre temps.

    L’homme voudra toujours connaître, ne serait-ce que confusément, la signification de sa vie, de ses activités et de sa mort. Ces problèmes, la présence même de l’Église les lui rappelle. Or Dieu seul, qui a créé l’homme à son image et l’a racheté du péché, peut répondre à ces questions en plénitude. Il le fait par la révélation dans son Fils, qui s’est fait homme. Quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme…

    Car le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, s’est lui-même fait chair, afin que, homme parfait, il sauve tous les hommes et récapitule toutes choses en lui. Le Seigneur est le terme de l’histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l’histoire et de la civilisation, le centre du genre humain, la joie de tous les cœurs et la plénitude de leurs aspirations.

    Concile Vatican II
    Constitution dogmatique sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et spes », § 41, 45

     

     

  • « Il faut que lui, il grandisse ; et moi, que je diminue. »

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    Avant Jean Baptiste, on a vu de grands, de saints prophètes en grand nombre, dignes de Dieu, pleins de son Esprit, qui annonçaient l’avènement du Seigneur et rendaient témoignage à la vérité. Cependant on n’a pas dit d’eux ce qui a été dit de Jean Baptiste : « Parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas eu de plus grand que Jean » (Mt 11,1). Pourquoi donc cette grandeur envoyée devant celui qui est la grandeur même ? Pour donner un témoignage de la profonde humilité du Précurseur.

    Il était si grand qu’on aurait pu le prendre pour le Christ. Rien de plus facile… puisque sans qu’il le dise, c’est ce que croyaient ceux qui l’entendaient et le voyaient… Mais cet humble ami de l’époux, zélé pour l’honneur de l’époux, ne veut pas prendre la place de l’époux, comme un adultère. Il rend témoignage à son ami, il recommande à l’épouse l’époux véritable, et il a horreur d’être aimé à sa place parce qu’il ne veut être aimé qu’en lui. « L’ami de l’époux se tient debout et l’écoute ; il se réjouit d’une grande joie à sa voix. »

    Le disciple écoute le maître ; il est debout parce qu’il l’écoute, car s’il refuse de l’écouter sa chute est certaine. Ce qui relève à nos yeux la grandeur de Jean, c’est qu’il pouvait être pris pour le Christ et que, cependant, il a préféré rendre témoignage à Jésus Christ, proclamer sa grandeur et s’humilier que de passer pour le Messie et se tromper lui-même en trompant les autres. C’est donc à juste titre que Jésus dit de lui qu’il était plus qu’un prophète… Jean s’est humilié devant la grandeur du Seigneur pour mériter que son humilité soit relevée par cette grandeur… « Je ne suis pas digne, dit-il, de dénouer la courroie de ses sandales. » (Mc 1,7)

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    2ème Sermon pour la nativité de Jean Baptiste, no. 288, 2 ; PL 38-39, 1302-1304 (cf Bouchet, Lectionnaire, p. 19)

     

     

     

     

  • « Il vient à eux vers la fin de la nuit. »

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    « Après cela, il ordonna à ses disciples de monter dans la barque jusqu’à ce qu’il disperse lui-même les foules ; et, la foule dispersée, il monta pour prier et, le soir venu, il était seul » (Mt 14,22-23). Pour donner la raison de ces faits, il faut faire des distinctions de temps. S’il est seul le soir, cela montre sa solitude à l’heure de la Passion, quand la panique a dispersé tout le monde. S’il ordonne à ses disciples de monter dans la barque et de traverser la mer, pendant qu’il renvoie lui-même les foules et, celles-ci une fois renvoyées, s’il monte sur une montagne, c’est qu’il leur ordonne d’être dans l’Église et de naviguer par la mer, c’est-à-dire ce monde, jusqu’à ce que, revenant dans son avènement de gloire, il rende le salut à tout le peuple qui sera le reste d’Israël (cf Rm 11,5)…et que ce peuple rende grâce à Dieu son Père et s’établisse dans sa gloire et sa majesté…

    « Il vient à eux vers la fin de la nuit, à la quatrième veille. » Dans l’expression « quatrième veille de la nuit » on trouve le nombre correspondant aux marques de sa sollicitude. En effet, la première veille a été celle de la Loi, la seconde celle des prophètes, la troisième celle de son avènement corporel, la quatrième se place à son retour glorieux. Mais il trouvera l’Église déclinante et cernée par l’esprit de l’Antéchrist et toutes les agitations de ce monde ; il viendra au plus fort de l’anxiété et des tourments… Les disciples seront dans l’effroi même à l’avènement du Seigneur, redoutant les images de la réalité déformées par l’Antéchrist et les fictions qui s’insinuent dans le regard. Mais le Seigneur qui est bon leur parlera aussitôt, chassera leur peur et leur dira : « C’est moi », dissipant, par la foi en son avènement, la crainte du naufrage menaçant.

    Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’Evangile de Matthieu, 14, 13-14 (trad. SC 258, p. 27 rev.)