Catégorie : Jardins de la Bible

  • La graine de moutarde

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    Voyons pourquoi le Royaume des cieux est comparé à une graine de moutarde ; un autre passage évoquant la graine de moutarde me revient ; elle est comparée à la foi quand le Seigneur dit : « Si vous avez de la foi comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : Va te jeter dans la mer » (Mt 17,20)… Si donc le Royaume des cieux est comme une graine de moutarde et la foi comme une graine de moutarde, la foi est assurément le Royaume des cieux et le Royaume des cieux est la foi. Avoir la foi, c’est avoir le Royaume des cieux… C’est pourquoi Pierre, qui avait vraiment la foi, a reçu les clefs du Royaume des cieux pour l’ouvrir également aux autres (Mt 16,19).

    Apprécions maintenant quelle est la portée de la comparaison. Cette graine est à coup sûr une chose commune et simple, mais si on la broie, elle répand sa force. De même la foi semble simple de prime abord, mais foulée par l’adversité, elle répand sa force… Grains de moutarde, nos martyrs Félix, Nabor et Victor : ils avaient le parfum de la foi, mais on les ignorait. La persécution est venue, ils ont déposé les armes, ont tendu le cou et, abattus par le glaive, ont répandu la beauté de leur martyre « jusqu’aux confins de la terre » (Ps 18,5)…

    Mais le Seigneur lui-même est une graine de moutarde : tant qu’il n’avait pas subi d’atteinte, le peuple ne le connaissait pas ; il a choisi d’être broyé…; il a choisi d’être pressé, si bien que Pierre a dit : « Les foules te pressent » (Lc 8,45) ; il a choisi d’être semé, comme le grain « que quelqu’un prend pour le jeter dans son jardin ». Car c’est dans un jardin que le Christ a été arrêté et enseveli ; il a grandi dans ce jardin, il y est même ressuscité… Donc vous aussi, semez le Christ dans votre jardin… Semez le Seigneur Jésus : il est grain quand on l’arrête, arbre quand il ressuscite, arbre ombrageant le monde ; il est grain quand on l’ensevelit en terre, arbre quand il s’élève au ciel.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Luc, VII, 176-180 ; SC 52 (trad. cf SC p. 74)

     

     

     

  • « Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde. »

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    Il ne faut pas sans nécessité désirer ou chercher des signes visibles, alors que le Seigneur est toujours prêt à secourir ses saints. Il ne manifeste pas sans nécessité sa puissance dans une œuvre ou un signe sensible, afin de ne pas émousser l’aide que nous recevons de lui et de ne pas nous nuire. C’est ainsi qu’il pourvoit ses saints. Il veut leur montrer que l’attention secrète qu’il leur porte ne les quitte pas un instant, mais qu’en toute chose il les laisse mener le combat à la mesure de leurs forces et se donner la peine de prier.

    Mais si une difficulté les renverse quand ils sont malades ou découragés parce que leur nature est faible, lui-même fait, comme il le faut et comme il le sait, tout ce qui est en son pouvoir pour qu’ils soient aidés. Il les affermit secrètement autant qu’il le peut, pour qu’ils aient la force de supporter leurs difficultés. Car dans la confiance qu’il leur donne, il déjoue leur peine, et par la vision de cette foi, il les éveille à le glorifier… Cependant s’il est besoin que soit explicitée cette aide secrète, il le fait, mais par nécessité. Ses voies sont d’une grande sagesse ; elles se prolongent dans le besoin et la nécessité, mais pas n’importe comment.

    Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
    Discours spirituels, 1ère série, n° 36 (trad. Touraille, DDB 1981, p. 221)

     

     

     

  • Artisan

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    Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler, à bien l’employer sans rien en perdre.
    Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.
    Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l’œuvre sans me désoler si elle jaillit autrement.
    Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.
    Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
    Aide-moi au cœur du labeur à tenir serré le fil de l’attention.
    Et surtout comble Toi-même les vides de mon œuvre, Seigneur !
    Dans tout le labeur de mes mains laisse une grâce de Toi pour parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même.
    Garde en moi l’espérance de la perfection, sans quoi je perdrais cœur. Garde-moi dans l’impuissance de la perfection, sans quoi je me perdrais d’orgueil.
    Purifie mon regard : quand je fais mal, il n’est pas sûr que ce soit mal, et quand je fais bien, il n’est pas sûr que ce soit bien.
    Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain sauf là où il y a du travail, et que tout travail est vide sauf là où il y a amour, et que tout amour est creux qui ne me lie à moi-même et aux autres et à Toi, Seigneur !
    Enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces.
    Rappelle-moi que l’ouvrage de mes mains t’appartient et qu’il m’appartient de te le rendre en le donnant ; que si je le fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirais à l’automne ; que si je le fais pour plaire aux autres, comme la fleur de l’herbe je fanerais au soir ; mais si je le fais pour l’amour du bien, je demeurerais dans le bien ; et le temps de faire bien et à ta gloire, c’est tout de suite, Amen !

    « De l’or dans les mains. La prière de l’artisan »
    Thomas Renaud 29/08/2016
    aleteia.org

     

     

  • Lumières

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    Le soleil et la lune illuminent nos corps ; ainsi le Christ et l’Église illuminent nos esprits. Du moins les illuminent-ils si nous ne sommes pas des aveugles spirituels. Car, de même que le soleil et la lune ne laissent pas de répandre leur clarté sur les aveugles qui ne peuvent cependant accueillir la lumière, ainsi le Christ envoie sa lumière à nos esprits. Mais cette illumination aura lieu seulement si notre cécité n’y fait pas obstacle. Donc, que les aveugles suivent d’abord le Christ en criant : « Aie pitié de nous, Fils de David ! » (Mt 9,27), et quand ils auront retrouvé la vue grâce à lui, ils pourront être irradiés par la splendeur de la lumière.

    Mais tous ceux qui voient ne sont pas illuminés de manière égale par le Christ ; chacun l’est à la mesure dont il peut recevoir la lumière (cf Lc 23,8s)… Ce n’est pas de la même manière que nous allons tous à lui, mais « chacun y va selon ses possibilités propres » (Mt 25,15).

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Homélies sur la Genèse, n°1, 5-7 (trad. SC 7, p. 70-73 rev.)

     

     

     

  • Méditation

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    Marcher dans la rue ou dans un parc, en ville ou à la campagne, peut être une belle occasion de méditer, de prier, de s’intérioriser en présence du Christ. Le corps s’assouplit au rythme des pas et se détend. Nous descendons dans notre cœur tout en laissant errer notre esprit. Soudain, la prière arrive au détour d’une maison, d’un buisson, d’un paysage: une louange, une demande…
    (…)
    Le matin, je marche ou je fais du jogging dans la ville et la nature en bénissant le Seigneur pour la beauté de sa création. Je respire et je lui rends grâce. Le chemin que j’emprunte me construit à mesure que j’avance. Je marche d’un pas léger, car je porte au doigt la promesse d’une aube éternelle. Je laisse mon regard se promener sur ce qui m’entoure. Je prends conscience de mes pieds sur le sol, j’écoute ma respiration. Je répète le nom de Jésus, lumière sur ma route. Je lui confie les miens, lui parle comme à un ami.
    (…)
    Le soir, il m’arrive de méditer un verset de psaume ou une parole de l’Évangile, de « marcher » le chapelet. La parole de Dieu et le chapelet me donnent la force de ne jamais me lasser de chercher le Seigneur. Et le trouvant, de le chercher davantage.
    « Je conduirai les aveugles sur un chemin qui leur est inconnu ; je les mènerai par des sentiers qu’ils ignorent. Je changerai, pour eux, les ténèbres en lumière ; les lieux accidentés, je les aplanirai. » (Isaïe 42, 16). (…)
    Qu’il est bon de marcher de long en large dans une église et de ne penser à rien. Seulement laisser notre regard se poser sur la pierre qui chante, écouter les vitraux nous parler de Dieu. Se reposer un moment, puis s’en retourner doucement vers le sanctuaire de notre cœur où Dieu demeure. (…)

    Jacques Gauthier, théologien catholique canadien
    jacquesgauthier.com
    aleteia.org

     

     

     

     

  • Tout moment est propice

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    Frères, il y a un temps pour les semailles et un autre pour la moisson, un temps pour la paix et un autre pour la guerre, un temps pour l’occupation et un autre pour le loisir (cf Qo 3). Mais pour le salut de l’âme, tout moment est propice, et toute journée est favorable, si du moins nous le voulons. Ainsi donc, soyons toujours en mouvement vers le bien, faciles à mouvoir, pleins de fraîcheur, mettant les paroles en actes. « Car, dit l’apôtre Paul, ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui mettent la loi en pratique qui seront justifiés » (Rm 2,13)… Est-ce le temps de la guerre spirituelle ? Il faut combattre avec ardeur et poursuivre avec l’aide de Dieu les pensées démoniaques qui se lèvent en nous… ; si, au contraire, c’est le temps de la moisson spirituelle, il faut moissonner avec ardeur et rassembler dans les greniers spirituels les provisions de la vie éternelle…

    C’est toujours le temps de la prière, le temps des larmes, le temps de la réconciliation après les fautes, le temps de ravir le Royaume des cieux. Pourquoi tarder désormais ? Pourquoi remettre à plus tard ? Pourquoi renvoyons-nous de jour en jour l’amélioration ? « Ce monde tel que nous le voyons n’est-il pas en train de passer ? » (1Co 7,31)… Durerons-nous indéfiniment ? … L’exemple des dix vierges ne vous effraie-t-il pas ? « Voici l’époux, dit l’Evangile, sortez à sa rencontre ». Et les vierges sages sont allées à sa rencontre avec des lampes brillantes et elles sont entrées pour les noces ; tandis que les vierges folles retardées par l’absence de bonnes œuvres, criaient : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais il a répondu : En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas » et il ajoute : « Veillez donc car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». Il faut donc veiller et éveiller l’âme à la sobriété, à la componction, à la sanctification, à la purification, à l’illumination, pour éviter que la mort ne nous ferme la porte et qu’il n’y ait personne pour nous ouvrir ou nous aider.

    Saint Théodore le Studite (759-826), moine à Constantinople
    Petites Catéchèses, n° 130 (trad. Migne 1993, p. 279)

     

     

     

  • Les ouvriers de la vigne du Seigneur

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    Le Royaume des cieux est comparé à un père de famille qui embauche des ouvriers pour cultiver sa vigne. Or qui peut être plus justement comparé à ce père de famille que notre Créateur, qui gouverne ceux qu’il a créés, et exerce en ce monde le droit de propriété sur ses élus comme un maître sur les serviteurs qu’il a chez lui ? Il possède une vigne, l’Église universelle, qui a poussé, pour ainsi dire, autant de sarments qu’elle a produit de saints, depuis Abel le juste jusqu’au dernier élu qui naîtra à la fin du monde.

    Ce Père de famille embauche des ouvriers pour cultiver sa vigne, dès le point du jour, à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième et à la onzième heure, puisqu’il n’a pas cessé, du commencement du monde jusqu’à la fin, de réunir des prédicateurs pour instruire la foule des fidèles. Le point du jour, pour le monde, c’était d’Adam à Noé ; la troisième heure, de Noé à Abraham ; la sixième, d’Abraham à Moïse ; la neuvième, de Moïse jusqu’à la venue du Seigneur ; et la onzième heure, de la venue du Seigneur jusqu’à la fin du monde. Les saints apôtres ont été envoyés pour prêcher en cette dernière heure, et bien que tard venus, ils ont reçu un plein salaire.

    Le Seigneur ne cesse donc en aucun temps d’envoyer des ouvriers pour cultiver sa vigne, c’est-à-dire pour enseigner son peuple. Car tandis qu’il faisait fructifier les bonnes mœurs de son peuple par les patriarches, puis par les docteurs de la Loi et les prophètes, enfin par les apôtres, il travaillait, en quelque sorte, à cultiver sa vigne par l’entremise de ses ouvriers. Tous ceux qui, à une foi droite, ont joint les bonnes œuvres ont été les ouvriers de cette vigne.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
    Homélies sur l’Évangile, n°19 (trad. Le Barroux)

     

     

     

  • « Sur la bonne terre, ils ont donné du fruit. »

    "Le semeur" (gouache sur papier) de Sr Marie-Boniface, Bénédictines de Vanves
    « Le semeur » (gouache sur papier) de Sr Marie-Boniface, Bénédictines de Vanves

    « Voici que le semeur est sorti pour semer. » D’où est-il sorti, celui qui est présent partout, qui remplit l’univers entier ? Comment est-il sorti ? Non pas matériellement, mais par une disposition de sa providence à notre égard : il s’est rapproché de nous en revêtant notre chair. Puisque nous ne pouvions pas aller jusqu’à lui, nos péchés nous en interdisant l’accès, c’est lui qui vient jusqu’à nous. Et pourquoi est-il sorti ? Pour détruire la terre où foisonnaient les épines ? Pour en punir les cultivateurs ? Pas du tout. Il vient cultiver cette terre, s’en occuper et y semer la parole de sainteté. Car la semence dont il parle est, en effet, sa doctrine ; le champ, l’âme de l’homme ; le semeur, lui-même…

    On aurait raison de faire des reproches à un cultivateur qui semait si largement… Mais quand il s’agit des choses de l’âme, la pierre peut être changée en une terre fertile, le chemin peut n’être pas foulé par tous les passants et devenir un champ fécond, les épines peuvent être arrachées et permettre aux grains de pousser en toute tranquillité. Si ce n’était pas possible, il n’aurait pas répandu son grain. Et si la transformation n’a pas lieu, ce n’est pas la faute du semeur, mais de ceux qui n’ont pas voulu se laisser changer. Le semeur a fait son travail. Si son grain a été gaspillé, l’auteur d’un si grand bienfait n’en est pas responsable.

    Remarque bien qu’il y a plusieurs façons de perdre la semence… Autre chose est de laisser la semence de la parole de Dieu se dessécher sans tribulation et sans tracasserie, autre chose de la voir périr sous le choc des tentations… Pour qu’il ne nous arrive rien de semblable, gravons la parole dans notre mémoire, avec ardeur et profondément. Le diable aura beau arracher autour de nous, nous aurons assez de force pour qu’il n’arrache rien en nous.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur Mt, 44 (trad. Véricel, L’Evangile commenté p. 138s)

     

     

  • « Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers. »

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    Père saint, source intarissable de l’existence et de l’amour,
    qui montres dans l’homme vivant la splendeur de ta gloire,
    et qui déposes dans son cœur la semence de ton appel,
    fais que personne, par notre négligence, n’ignore ou ne perde ce don,
    mais que tous puissent marcher avec grande générosité
    vers la réalisation de ton Amour.

    Seigneur Jésus, qui durant ton pèlerinage sur les routes de la Palestine,
    as choisi et appelé les apôtres
    et leur as confié la tâche de prêcher l’Évangile,
    de paître les fidèles, de célébrer le culte divin,
    fais que, aujourd’hui aussi, ton Église ne manque pas
    de prêtres saints qui portent à tous
    les fruits de ta mort et de ta résurrection.

    Esprit Saint, toi qui sanctifies l’Église
    avec l’effusion constante de tes dons,
    mets dans le cœur des appelé(e)s à la vie consacrée
    une passion intime et forte pour le Règne,
    afin qu’avec un « oui » généreux et inconditionné
    ils mettent leur existence au service de l’Évangile.

    Vierge très Sainte, toi qui sans hésiter
    t’es offerte toi-même au Tout-Puissant
    pour la réalisation de son dessein de salut,
    suscite la confiance dans le cœur des jeunes
    afin qu’il y ait toujours des pasteurs zélés,
    qui guident le peuple chrétien sur la voie de la vie,
    et des âmes consacrées capables de témoigner
    par la chasteté, la pauvreté et l’obéissance,
    de la présence libératrice de ton Fils ressuscité.
    Amen.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Message pour la 38ème Journée de prière pour les vocations, 06/05/2001 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

  • « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

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    La tradition des chrétiens n’a pas une origine terrestre ; ce qu’ils conservent avec tant de soin n’est pas l’invention d’un mortel… En vérité le Tout-Puissant lui-même, le Créateur de toutes choses, l’Invisible, Dieu lui-même a établi chez les hommes la vérité en envoyant du haut des cieux sa Parole, le Verbe saint et insondable, et l’a affermi dans leurs cœurs.

    Il n’a pas envoyé aux hommes, comme certains pourraient l’imaginer, quelque subordonné, ange ou un des esprits chargés des affaires terrestres ou à qui est confié le gouvernement du ciel (cf Ep 1,21), mais bien « le bâtisseur et l’architecte » de l’univers (He 11,10). C’est par lui que Dieu a créé les cieux, par lui qu’il a enfermé la mer dans ses limites ; c’est lui dont tous les éléments cosmiques observent fidèlement les lois mystérieuses ; lui de qui le soleil a reçu la règle qu’il doit observer dans sa course journalière ; lui à qui obéit la lune, brillant pendant la nuit ; lui à qui obéissent les astres qui accompagnent la lune dans son cours. C’est de lui que toutes choses ont reçu disposition, limites et hiérarchies : les cieux et tout ce qui est dans les cieux ; la terre et tout ce qui est sur la terre ; la mer et tout ce qui est dans la mer, le feu, l’air, l’abîme, le monde d’en haut, celui d’en bas, les régions intermédiaires : c’est lui que Dieu a envoyé aux hommes.

    Et non pas, comme une intelligence humaine pourrait le penser, pour la tyrannie, la terreur et l’épouvante –- pas du tout ! Mais en toute bonté et douceur, il l’a envoyé comme un roi envoie son fils (cf Mt 21,37), comme le dieu qu’il était. Il l’a envoyé comme il convenait pour les hommes : pour les sauver par la persuasion, non par la violence. Il n’y a pas de violence en Dieu.

    La Lettre à Diognète (v. 200)
    §7 ; PG 2, 1174-1175 ; SC 33 bis (trad. SC p. 67 rev.)