Catégorie : Enseignement

  • Fête de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein), vierge et martyre, copatronne de l’Europe

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    Chers frères et sœurs, parce qu’elle était juive, Edith Stein fut déportée avec sa sœur Rosa et de nombreux autres juifs des Pays-Bas dans le camp de concentration d’Auschwitz, où elle trouva la mort avec eux dans les chambres à gaz. Nous évoquons aujourd’hui la mémoire de chacun d’eux, avec un profond respect. Quelques jours avant sa déportation, à la possibilité qui lui était offerte de sauver sa vie, elle avait répondu : « Ne le faites pas ! Pourquoi devrait-on faire pour moi une exception ? Il est tout à fait juste de ne pas tirer avantage de mon baptême. Si je ne peux pas partager le sort de mes frères et sœurs, dans un certain sens ma vie est détruite ».

    Quand nous célébrerons désormais chaque année la mémoire de la nouvelle sainte, nous devrons nous souvenir de la Shoah, ce programme barbare d’anéantissement d’un peuple qui coûta la vie à des millions de frères et de sœurs juifs. « Que le Seigneur fasse pour eux rayonner son visage et leur apporte la paix » (Nb 6,25-26). Pour l’amour de Dieu et des hommes, j’élève une fois encore une imploration chargée d’inquiétude : que jamais plus ne se répète une telle action criminelle contre aucun groupe ethnique, aucun peuple, aucune race, en aucun lieu de la terre ! C’est un cri que j’adresse à tous les hommes et femmes de bonne volonté ; à tous ceux qui croient en un Dieu éternel et juste ; à tous ceux qui se sentent unis au Christ, Verbe de Dieu incarné. Nous devons tous être solidaires : c’est la dignité humaine qui est en jeu. Il n’existe qu’une seule famille humaine.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Homélie pour la canonisation de Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein), 11/10/98 (trad. DC 2192, p.954)

     

     

  • Libérés par le Fils de l’homme qui se livre aux mains des hommes

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    Tous les peuples ont été libérés des puissances qui les tenaient captifs par notre Seigneur Jésus Christ. C’est lui, oui c’est lui qui nous a rachetés. Comme dit l’apôtre Paul : « Il nous a pardonné tous nos péchés, il a supprimé le billet attestant notre désobéissance, il l’a annulé en le clouant à la croix. En se dépouillant lui-même, il a traîné les puissances du mal dans le cortège de son triomphe » (Col 2,13-15). Il a délivré les enchaînés et il a brisé nos liens, comme David l’avait dit : « Le Seigneur redresse les opprimés, le Seigneur délie les enchaînés, le Seigneur ouvre les yeux des aveugles ». Et encore : « Tu as brisé mes chaînes, je t’offrirai le sacrifice de louange » (Ps 145,7-8; 115,16-17).

    Oui, nous sommes délivrés de nos chaînes, nous qui avons été rassemblés à l’appel du Seigneur par le sacrement du baptême…; nous avons été libérés par le sang du Christ et l’invocation de son nom… Donc, mes bien-aimés, une fois pour toutes nous sommes lavés par l’eau du baptême, une fois pour toutes nous sommes libérés, une fois pour toutes nous sommes accueillis dans le Royaume immortel. Une fois pour toutes, « heureux ceux dont les crimes sont pardonnés, dont les péchés sont couverts » (Ps 31,1; Rm 4,7). Maintenez avec courage ce que vous avez reçu, conservez-le pour votre bonheur, ne péchez plus. Désormais, gardez-vous purs et irréprochables pour le jour du Seigneur.

    Saint Pacien de Barcelone (?-v. 390), évêque
    Homélie sur le baptême, 7 (trad. bréviaire : 19e sam)

     

     

  • « Tenez-vous prêts ! »

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    C’est à notre temps que songeait le Seigneur quand il a dit : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Lc 18,8) Nous voyons cette prophétie se réaliser. La crainte de Dieu, la loi de la justice, la charité, les bonnes œuvres, on n’y croit plus… Tout ce que craindrait notre conscience, si elle y croyait, elle ne le craint pas, parce qu’elle n’y croit pas. Car si elle y croyait, elle serait vigilante ; et si elle était vigilante, elle se sauverait.

    Réveillons-nous donc, frères très chers, autant que nous en sommes capables. Secouons le sommeil de notre inertie. Veillons à observer et à pratiquer les préceptes du Seigneur. Soyons tels qu’il nous a prescrit d’être, quand il a dit : « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ».

    Oui, restons en tenue de service, de peur que, quand viendra le jour du départ, il ne nous trouve embarrassés et empêtrés. Que notre lumière brille et rayonne de bonnes œuvres, qu’elle nous achemine de la nuit de ce monde à la lumière et à la charité éternelles. Attendons avec soin et prudence l’arrivée soudaine du Seigneur, afin que, lorsqu’il frappera à la porte, notre foi soit en éveil pour recevoir du Seigneur la récompense de sa vigilance. Si nous observons ces commandements, si nous retenons ces avertissements et ces préceptes, les ruses trompeuses de l’Accusateur ne pourront pas nous accabler pendant notre sommeil. Mais reconnus serviteurs vigilants, nous régnerons avec le Christ triomphant.

    Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
    De l’unité, 26-27 (trad. cf. DDB 1979, p. 49 et AELF)

     

     

     

  • Fête de la Transfiguration du Seigneur

    Notre Seigneur Jésus Christ a emmené Pierre, Jacques et Jean sur la montagne pour leur montrer la gloire de sa divinité et leur faire connaître qu’il était le Rédempteur d’Israël, comme il l’avait montré par les prophètes. Il voulait prévenir aussi qu’ils ne soient pas scandalisés à la vue des souffrances librement consenties qu’il allait souffrir pour nous dans sa nature humaine. Ils le connaissaient en effet comme homme, mais ils ignoraient qu’il soit Dieu ; ils le connaissaient comme fils de Marie, un homme séjournant avec eux dans le monde, mais sur la montagne il leur a fait connaître qu’il était le Fils de Dieu, et Dieu lui-même.

    Ils l’avaient vu manger et boire, travailler et se reposer, s’assoupir et dormir, subir l’effroi jusqu’aux gouttes de sueur, toutes choses qui ne semblaient guère en harmonie avec sa nature divine et paraissaient ne convenir qu’à son humanité. Voilà pourquoi il les a emmenés sur la montagne, afin que le Père l’appelle son Fils et leur montre qu’il était vraiment son Fils et qu’il était Dieu. Il les a emmenés sur la montagne et leur a montré son Règne avant de manifester ses souffrances, sa puissance avant sa mort, sa gloire avant les outrages et son honneur avant l’ignominie. Ainsi, lorsqu’il serait pris et crucifié, ses apôtres sauraient qu’il ne l’avait pas été par faiblesse mais par consentement et de son plein gré, pour le salut du monde.

    Un auteur syriaque anonyme du 6e siècle
    Homélie attribuée à tort à saint Ephrem (trad. Coune, in L’Année en fêtes, Migne 2000, p. 474)

     

     

     

     

  • Voir le Fils de l’homme venir dans son Règne

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    La Sainte Écriture, en accord avec l’expérience des siècles, enseigne à la famille humaine que le progrès, tout en étant un grand bien pour l’homme, entraîne aussi avec lui une sérieuse tentation. En effet, lorsque la hiérarchie des valeurs est troublée, que le mal se mêle au bien, les individus et les groupes ne regardent plus que leurs intérêts propres et non ceux des autres. Ainsi le monde ne se présente pas encore comme le domaine d’une véritable fraternité, tandis que le pouvoir accru de l’homme menace de détruire le genre humain lui-même…

    Lorsque l’on demande comment une telle misère peut être surmontée, les chrétiens reconnaissent que toutes les activités humaines… doivent être purifiées et amenées à leur perfection par la croix et la résurrection du Christ. Racheté par le Christ et devenu une nouvelle créature dans l’Esprit Saint, l’homme peut et doit, en effet, aimer ces réalités que Dieu lui-même a créées. Car c’est de Dieu qu’il les reçoit… Homme parfait, le Christ est entré dans l’histoire du monde, l’assumant et la récapitulant en lui (Ep 1,10). Lui-même nous révèle que « Dieu est amour » (1Jn 4,8) et nous enseigne en même temps que la loi fondamentale de la perfection humaine, et donc de la transformation du monde, est « le commandement nouveau » (Jn 13,34) de la charité. À ceux qui croient en l’amour divin, il apporte la certitude que la route de la charité est ouverte à tous les hommes, que l’effort pour instaurer une fraternité universelle n’est pas vain. Il nous avertit aussi que cet amour ne doit pas seulement être recherché par des actions d’éclat, mais avant tout dans le quotidien de la vie. En acceptant de mourir pour nous tous, pécheurs, il nous apprend, par son exemple, que nous devons aussi porter cette croix que la chair et le monde mettent sur les épaules de ceux qui recherchent la justice et la paix.

    Concile Vatican II
    Constitution sur l’Eglise dans le monde de ce temps, Gaudium et Spes, § 37-38

     

     

     

     

  • « Sur cette pierre je bâtirai mon Église. »

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    Pierre devait recevoir les clés de l’Église, plus encore les clés des cieux ; le gouvernement d’un peuple nombreux devait lui être confié… Si Pierre, avec sa tendance à la sévérité, était resté sans péché, comment aurait-il pu faire preuve de miséricorde pour ses disciples ? Or, selon le dessein de la grâce divine, il est tombé dans le péché, si bien qu’après avoir fait lui-même l’expérience de sa misère, il a pu se montrer bon envers les autres.

    Réfléchis bien : celui qui a cédé au péché, c’est bien Pierre, le chef des apôtres, le fondement solide, le rocher indestructible, le guide de l’Église, le port imprenable, la tour inébranlable, lui qui avait dit au Christ : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas » (Mt 26,35), lui qui, par une révélation divine, avait confessé la vérité : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. »

    Or, l’évangile rapporte que, la nuit même où le Christ a été livré…, une jeune fille a dit à Pierre : « Toi aussi, hier, tu étais avec cet homme », et Pierre lui a répondu : « Je ne connais pas cet homme » (Mt 26,69s)… Lui, la colonne, le rempart, se dérobe devant les soupçons d’une femme… Jésus a fixé sur lui son regard…; Pierre a compris, s’est repenti de sa faute et s’est mis à pleurer. Et alors le Seigneur miséricordieux lui a accordé son pardon…

    Pierre est tombé dans le péché pour que la conscience de sa faute et du pardon reçu du Seigneur le conduise à pardonner aux autres par amour. Il accomplissait ainsi un dessein providentiel conforme à la manière d’agir de Dieu. Il a fallu que Pierre, lui à qui l’Église devait être confiée, la colonne des Églises (Ga 2,9), le port de la foi, celui qui allait enseigner le monde entier, se montre faible et pécheur. Oui, vraiment, c’était pour qu’il puisse trouver dans sa faiblesse une raison d’exercer sa bonté envers les autres.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie sur saint Pierre et saint Élie, 1 ; PG 50, 727

     

     

     

  • Marcher sur les eaux, traverser le feu

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    Le savoir intellectuel ne nous libère pas de la peur. Mais celui qui marche selon la foi est totalement libre ; en vrai enfant de Dieu, il peut user librement de chaque chose. Ceux qui sont épris d’amour pour cette foi usent comme Dieu lui-même de tous les éléments de la création, car la foi a le pouvoir de faire une créature nouvelle à la ressemblance de Dieu…

    La connaissance intellectuelle ne peut rien faire sans une base matérielle ; elle n’a pas l’audace d’accomplir ce qui n’a pas été donné à la nature. Le corps ne peut pas marcher sur la surface des eaux ; ceux qui s’approchent du feu se brûlent. Dès lors la simple connaissance se tient sur ses gardes ; elle ne se laisse jamais aller au-delà des limites naturelles. Mais la foi a le pouvoir d’aller plus loin et dit : « Si tu passes à travers le feu, il ne te brûlera pas. Et les fleuves ne t’engloutiront pas » (Is 43,2). Souvent la foi accomplit de telles choses aux yeux de toute la création. S’il avait été donné à l’intellect d’essayer de faire les mêmes choses, il n’aurait jamais osé.

    Par la foi beaucoup sont entrés dans les flammes…, ils ont traversé le feu sains et saufs, et ils ont marché sur la mer comme sur la terre ferme. Toutes ces choses étaient plus hautes que la nature et contraires aux modes de la simple connaissance intellectuelle. Elles ont montré combien celle-ci était vaine en toutes ses voies et toutes ses lois. Vois-tu comme l’intellect observe les conditions de la nature ? Et vois-tu comme la foi va son chemin en marchant plus haut que la nature ?

    Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
    Discours ascétiques, 1ère série, n° 62 (trad. Touraille, DDB 1981, p. 331 rév)

     

     

     

  • « Être riche en vue de Dieu »

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    « Que vais-je faire ? Où trouver de quoi manger ? De quoi m’habiller ? » Voilà ce que dit ce riche. Son cœur souffre, l’inquiétude le dévore, car ce qui réjouit les autres accable l’avare. Que tous ses greniers soient remplis n’est pas pour lui un bonheur. Ce qui tourmente douloureusement son âme, c’est ce trop-plein de richesses débordant de ses greniers…

    Considère, homme, celui qui t’a comblé de ses largesses. Réfléchis un peu sur toi-même : Qui es-tu ? Qu’est-ce qui t’a été confié ? De qui as-tu reçu cette charge ? Pourquoi as-tu été choisi de préférence à bien d‘autres ? Le Dieu de bonté a fait de toi son intendant ; tu as la charge de tes compagnons de service : ne va pas croire que tout est préparé pour ton seul estomac ! Dispose des biens que tu as entre les mains comme s’ils appartenaient à d’autres. Le plaisir qu’ils te procurent dure peu, bientôt ils vont t’échapper et disparaître, mais il t’en sera demandé un compte rigoureux. Or toi, tu gardes tout, portes et serrures verrouillés ; et bien que tu aies tout enfermé, l’anxiété t’empêche de dormir…

    « Que vais-je faire ? » Il y avait une réponse toute prête : « Je comblerai les âmes des affamés ; j’ouvrirai mes greniers et j’inviterai tous ceux qui sont dans le besoin… Je ferai entendre une parole généreuse : Vous tous qui manquez de pain, venez à moi, prenez votre part des dons accordés par Dieu, chacun ce qu’il lui faut. »

    Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
    Homélie 6, sur les richesses ; PG 31, 261s (trad. Luc commenté, DDB 1987, p. 109 rev.)

     

     

     

  • La mort de Jean Baptiste

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    Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean Baptiste »… Dieu voit et laisse faire ; il n’a pas lancé sa foudre du haut des cieux pour dévorer ce visage insolent ; il n’a pas ordonné à la terre de s’entrouvrir et d’engloutir les convives de ce banquet sacrilège. Pourquoi ? Pour préparer à son serviteur un plus beau triomphe et laisser une plus grande consolation à ceux qui le suivraient dans leurs maux… Un prophète et « le plus grand des prophètes », celui à qui le Fils de Dieu a rendu ce témoignage : « Parmi les hommes il n’en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste » (Mt 11,9.11), cet homme admirable a été mis à mort à la demande d’une femme perdue, pour avoir défendu avec vigueur la Loi de Dieu. Par cet exemple, apprenons nous-mêmes à endurer courageusement nos propres souffrances…

    Mais remarque le ton modéré de l’évangéliste qui, dans la mesure du possible, cherche des circonstances atténuantes à ce crime. Au sujet d’Hérode, il note qu’il a agi « à cause de son serment et des convives » et qu’« il fut contrarié » ; au sujet de la jeune fille, il remarque qu’elle avait été « poussée par sa mère »… Nous aussi, mes frères, imitons cette modération des apôtres. Plaignons les pécheurs ; ne critiquons pas les fautes du prochain ; cachons-les aussi discrètement que possible ; accueillons la charité en notre âme… Si quelqu’un t’humilie ou t’insulte, tu t’emportes, tu n’hésites pas à traiter ton frère comme un étranger, sans pitié ? Les saints n’agissent pas ainsi : ils pleurent sur les pécheurs, au lieu de les maudire. Faisons comme eux : pleurons sur Hérodiade et sur ceux qui l’imitent. Car on voit aujourd’hui bien des repas du genre de celui d’Hérode ; on n’y met pas à mort le Précurseur, mais on y déchire les membres du corps du Christ.

     

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°48, 2

     

     

     

     

     

     

     

     

  • « Celui qui croit en moi vivra. »

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    Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. » Qu’est-ce que cela veut dire ? « Celui qui croit en moi, même s’il meurt comme Lazare, vivra », parce que Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. Déjà au sujet d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, les patriarches morts depuis longtemps, Jésus avait fait aux juifs la même réponse : « Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ; non pas le Dieu des morts, mais des vivants, car tous vivent pour lui » (Lc 20,38). Crois donc, et même si tu es mort, tu vivras ! Mais si tu ne crois pas, même si tu es vivant, tu es réellement mort… D’où vient la mort dans l’âme ? De ce que la foi n’y est plus. D’où vient la mort du corps ? De ce que l’âme n’y est plus. L’âme de ton âme, c’est la foi.

    « Celui qui croit en moi, même s’il meurt dans son corps, aura la vie dans son âme, jusqu’à ce que le corps lui-même ressuscite pour ne plus mourir. Et tout homme qui vit dans la chair et croit en moi, bien qu’il doive mourir pour un temps en son corps, il ne mourra pas pour l’éternité, à cause de la vie de l’Esprit et de l’immortalité de la résurrection. »

    Voilà ce que veut dire Jésus dans sa réponse à Marthe… « Crois-tu cela ? » « Oui, Seigneur, lui répond-elle, je crois que tu es le Christ, le fils de Dieu, qui es venu dans le monde. En croyant cela, j’ai cru que tu es la résurrection, j’ai cru que tu es la vie, j’ai cru que celui qui croit en toi, même s’il meurt, vivra ; j’ai cru que celui qui est vivant et qui croit en toi ne mourra pas pour l’éternité. »

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermons sur l’évangile de Jean, n°49,15