Catégorie : Enseignement

  • « Celui qui regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

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    Mes très chers, Paul, l’apôtre des païens, ne contredit pas notre foi lorsqu’il dit : « Même si nous avons connu le Christ selon la chair nous ne le connaissons plus ainsi à présent » (2Co 5,16). La résurrection du Seigneur n’a pas mis fin à sa chair, elle l’a transformée. Le surcroît de sa puissance n’a pas détruit sa substance ; la qualité a changé ; la nature n’a pas été anéantie. On avait cloué ce corps en croix : il est devenu inaccessible à la souffrance. On l’avait mis à mort : il est devenu éternel. On l’avait meurtri : il est de venu incorruptible. Et l’on peut bien dire en effet que la chair du Christ n’est plus celle que l’on avait connue ; car il n’y a plus trace en elle de souffrance ou de faiblesse. Elle reste la même en son essence, mais elle n’est plus la même sous le rapport de la gloire. Pourquoi s’étonner d’ailleurs que saint Paul s’exprime ainsi à propos du corps de Jésus Christ lorsque, parlant de tous les chrétiens qui vivent selon l’esprit, il dit : « Nous ne connaissons plus désormais personne selon la chair ».

    Il veut dire par là que notre résurrection a commencé en Jésus Christ. En lui, qui est mort pour tous, toute notre espérance a pris corps. Point de doute en nous ni de réticence, point d’attente déçue : les promesses ont commencé à s’accomplir et nous voyons déjà, avec les yeux de la foi, les grâces dont elles nous combleront demain. Notre nature a été élevée ; alors, dans la joie, nous possédons déjà l’objet de notre foi.

    Que le peuple de Dieu prenne donc conscience qu’il est « une création nouvelle dans le Christ » (2Co 5,17). Qu’il comprenne bien qui l’a choisi, et qui il a lui-même choisi. Que l’être renouvelé ne retourne pas à l’instabilité de son ancien état. Que « celui qui a mis la main à la charrue » ne cesse de travailler, qu’il veille au grain qu’il a semé, qu’il ne se retourne pas vers ce qu’il a abandonné. Telle est la voie du salut ; telle est la manière d’imiter la résurrection commencée dans le Christ.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
    Sermon 71, pour le résurrection de Seigneur ; PL 54, 388 (trad. Année en fêtes, Migne 2000, p.363 rev. ; cf Orval)

     

     

     

  • « Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies. »

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    Pour vous tous, frères éprouvés, visités par la souffrance aux mille visages, le Concile a un message tout spécial. Il sent fixés sur lui vos yeux implorants, brillants de fièvre ou abattus par la fatigue, regards interrogateurs qui cherchent en vain le pourquoi de la souffrance humaine, et qui demandent anxieusement quand et d’où viendra le réconfort. Frères très chers, nous sentons profondément retentir dans nos cœurs de pères et de pasteurs vos gémissements et vos plaintes. Et notre peine s’accroît à la pensée qu’il n’est pas en notre pouvoir de vous apporter la santé corporelle ni la diminution de vos douleurs physiques, que médecins, infirmières, et tous ceux qui se consacrent aux malades s’efforcent de soulager de leur mieux.

    Mais nous avons quelque chose de plus profond et de plus précieux à vous donner : la seule vérité capable de répondre au mystère de la souffrance et de vous apporter un soulagement sans illusion : la foi et l’union à l’Homme des douleurs (Is 53,3), au Christ, Fils de Dieu, mis en croix pour nos péchés et pour notre salut. Le Christ n’a pas supprimé la souffrance ; il n’a même pas voulu nous en dévoiler entièrement le mystère : il l’a prise sur lui, et c’est assez pour que nous en comprenions tout le prix.

    Vous tous, qui sentez plus lourdement le poids de la croix, vous qui êtes pauvres et délaissés, vous qui pleurez, vous qui êtes persécutés pour la justice (Mt 5,5.10), vous sur lesquels on se tait, vous les inconnus de la douleur, reprenez courage : vous êtes les préférés du Royaume de Dieu, le royaume de l’espérance, du bonheur et de la vie. Vous êtes les frères du Christ souffrant ; et avec lui, si vous le voulez, vous sauvez le monde ! Voilà la compréhension chrétienne de la souffrance, la seule qui donne la paix. Sachez que vous n’êtes pas seuls, ni séparés, ni abandonnés, ni inutiles ; vous êtes les appelés du Christ, sa vivante et transparente image.

    Concile Vatican II
    Message aux pauvres, aux malades, à tous qui ceux qui souffrent

     

     

  • « Pour entrer dans le Royaume des cieux…, il faut faire la volonté de mon Père. »

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    Quoi de plus doux pour nous, frères, que la voix du Seigneur qui nous invite ? Voici que, dans sa tendresse, le Seigneur nous indique le chemin de la vie… Si nous voulons habiter dans la demeure de son Royaume, hâtons-nous par de bonnes actions, sinon nous n’y parviendrons jamais. Avec le prophète, interrogeons le Seigneur en ces termes : « Seigneur, qui habitera en ta demeure et qui reposera sur ta sainte montagne ? » (Ps 14,1) A cette question, frères, écoutons le Seigneur répondre et nous montrer le chemin vers cette demeure : « Celui qui se conduit parfaitement et agit avec justice, qui dit la vérité du fond du cœur…, qui ne fait pas de mal à son prochain et n’admet pas qu’on déshonore son voisin » (v. 2-3)…

    Dans la crainte du Seigneur, ces hommes-là ne se vantent pas de leur bonne conduite ; ils estiment que ce qu’il y a de bien en eux ne peut être de leur fait, mais vient du Seigneur… : « Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire » (Ps 113b,1). Ainsi l’apôtre Paul disait : « C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis » (1Co 15,10)… Et le Seigneur dit dans l’Évangile : « Celui qui entend ces paroles et les met en pratique, je le comparerai à un homme avisé qui a construit sa maison sur le roc. Les torrents sont venus, les vents ont soufflé, ils se sont rués sur cette maison, et elle ne s’est pas écroulée, parce qu’elle était bâtie sur le roc ».

    Ceci dit, le Seigneur attend de nous que, chaque jour, nous répondions à ses saints conseils par des actes. Car les jours de cette vie nous sont donnés comme un délai pour corriger ce qui est mauvais en nous ; l’apôtre dit en effet : « Ne sais-tu pas que Dieu n’est patient que pour t’amener à changer de vie ? » (Rm 2,4) Et le Seigneur dit dans sa tendresse : « Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez 18,23).

    Saint Benoît (480-547), moine, copatron de l’Europe
    Règle, Prologue 19-38 (trad. Rochais, Eds. cisterciennes 1980, p. 7 rev.)

     

     

     

  • Porter de beaux fruits

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    Si quelqu’un ressent que Dieu lui demande de s’engager dans la réforme de la société, c’est là une question entre lui et son Dieu. Nous avons tous le devoir de servir Dieu là où nous nous sentons appelés. Je me sens appelée au service des individus, à aimer chaque être humain. Jamais je ne pense en terme de masse, de groupe, mais toujours selon les personnes. Si je pensais aux foules, je n’entamerais jamais rien ; c’est la personne qui compte ; je crois aux rencontres face à face.

    La plénitude de notre cœur transparaît dans nos actes : comment je me comporte avec ce lépreux, comment je me comporte avec cet agonisant, comment je me comporte avec ce SDF. Parfois, il est plus difficile de travailler avec les clochards qu’avec les mourants de nos hospices, car ces derniers sont apaisés, dans l’expectative, prêts à partir vers Dieu. On peut s’approcher du malade, du lépreux, et être convaincu que l’on touche au corps du Christ. Mais lorsqu’il s’agit d’un ivrogne qui braille, il est plus difficile de penser que l’on est face à Jésus caché en lui. Combien pures, aimantes doivent être nos mains pour manifester de la compassion à ces êtres-là !

    Voir Jésus dans la personne la plus spirituellement démunie requiert un cœur pur. Plus défigurée sera l’image de Dieu dans une personne, plus grandes devront être la foi et la vénération dans notre quête du visage de Jésus et dans notre ministère d’amour auprès de lui… Faisons-le avec un sentiment de profonde reconnaissance et de piété. À la mesure du caractère répugnant de la tâche doivent être l’amour et la joie à servir.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    No Greater Love (trad. Pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 78)

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,6.12-14.

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer.
    « Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.
    « Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent.
    Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »

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    Voyons ce que Dieu a dit à Moïse, quelle route il a eu ordre de choisir… Tu croyais peut-être que le chemin que Dieu montre est uni et facile, qu’il ne comporte absolument rien de difficile ou de pénible ; au contraire, c’est une montée, et une montée tortueuse. Car le chemin par où on tend aux vertus ne va pas en descendant, mais en montant, et c’est une montée resserrée et difficile. Écoute le Seigneur encore dire dans l’Évangile : « Combien étroite et resserrée est la voie qui mène à la vie ! » Vois donc combien l’Évangile est en harmonie avec la Loi… N’est-il pas vrai que même des aveugles peuvent le voir clairement : un seul Esprit a écrit la Loi et l’Évangile.

    Le chemin où on s’avance est donc une montée tortueuse…; les actes et la foi comportent bien des difficultés, bien des peines. Car bien des tentations et bien des obstacles s’opposent à ceux qui veulent agir selon Dieu. Ensuite, dans la foi, on trouve bien des choses tortueuses, beaucoup de points de discussion, bien des objections d’hérétiques… Écoute ce que dit Pharaon en voyant la route que Moïse et les Israélites avaient prise : « Ces gens-là s’égarent » (Ex 14,3). Pour Pharaon, ceux qui suivent Dieu s’égarent. C’est que, on l’a dit, le chemin de la sagesse est tortueux, avec maints tournants, maintes difficultés, nombre de détours. Ainsi, confesser qu’il y a un seul Dieu, et affirmer dans la même confession que le Père, le Fils et Saint Esprit sont un seul Dieu, combien tortueux, combien difficile, combien inextricable cela paraît-il aux infidèles ! Ajouter ensuite que « le Seigneur de majesté » a été crucifié (1Co 2,8), et qu’il est le Fils de l’homme « qui descendit du ciel » (Jn 3,13), combien cela paraît tortueux et combien difficile ! Qui l’entend sans la foi dit : « Ces gens-là s’égarent ». Mais toi, sois ferme, ne mets pas en doute une telle foi, sachant que Dieu te montre cette route de la foi.

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Homélies sur l’Exode, n°5, 3 ; SC 321 (trad. SC p. 157 rev.)

     

     

  • « Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère ? »

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    J’ai entendu certains parler en mal de leur prochain, et je les ai repris. Pour se défendre, ces ouvriers du mal ont répliqué : « C’est par charité et par sollicitude que nous parlons ainsi ! » Mais je leur ai répondu : Cessez de pratiquer une pareille charité, sinon vous accuseriez de mensonge celui qui dit : « Qui dénigre en secret son prochain, celui-là je le repousse » (Ps 100,5). Si tu l’aimes, comme tu le dis, prie en secret pour lui, et ne te moque pas de cet homme. C’est cette manière d’aimer qui plaît au Seigneur ; ne perds pas cela de vue, et tu veilleras très soigneusement à ne pas juger les pécheurs. Judas était du nombre des apôtres et le larron faisait partie des malfaiteurs, mais quel changement étonnant en un instant ! .

    Réponds donc à celui qui te dit du mal de son prochain : « Arrête, frère ! Je tombe moi-même chaque jour dans des fautes plus graves ; dès lors, comment pourrais-je condamner celui-ci ? » Tu obtiendras ainsi un double profit : tu te guériras toi-même et tu guériras ton prochain. Ne pas juger est un raccourci qui conduit au pardon des péchés si cette parole est vraie : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés »… Certains ont commis de grandes fautes à la vue de tous, mais ils ont accompli en secret de plus grands actes de vertu. Ainsi leurs détracteurs se sont-ils trompés en ne s’attachant qu’à la fumée sans voir le soleil.

    Les censeurs hâtifs et sévères tombent dans cette illusion parce qu’ils ne gardent pas le souvenir et le souci constant de leurs propres péchés… Juger les autres, c’est usurper sans honte une prérogative divine ; les condamner, c’est ruiner notre propre âme… Comme un bon vendangeur mange les raisins mûrs et ne cueille pas les raisins verts, de même, un esprit bienveillant et sensé note soigneusement toutes les vertus qu’il voit dans les autres ; mais c’est l’insensé qui scrute les fautes et les déficiences.

    Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650), moine au Mont Sinaï
    L’Échelle sainte, 10ème degré (trad. Bellefontaine 1978, coll. SO 24, p. 138 rev.)

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,24-34.

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    E-5n ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.
    C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?
    Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?
    Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
    Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
    Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux.
    Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
    Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?”
    Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
    Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.
    Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »
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    « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes les choses dont vous avez besoin vous seront données par-dessus »… Il est donc dit que l’on cherche le royaume de Dieu. « Que l’on cherche », ce n’est qu’un mot, mais il me semble qu’il dit bien des choses. Il veut dire… de travailler incessamment pour le royaume de Dieu, et non pas demeurer en un état lâche et arrêté, de faire attention à son intérieur pour le bien régler, mais non à l’extérieur pour s’y amuser… Cherchez Dieu en vous, car saint Augustin avoue que, pendant qu’il l’a cherché hors de lui, il ne l’a pas trouvé. Cherchez-le en votre âme, comme en sa demeure agréable ; c’est le fond où ses serviteurs qui tâchent de mettre toutes les vertus en pratique les établissent. Il faut la vie intérieure, il faut tendre là ; si on y manque, on manque à tout… Cherchons à nous rendre intérieurs… Cherchons la gloire de Dieu, cherchons le règne de Jésus Christ…
     
    « Mais, [vous me direz], il y a tant de choses à faire, tant d’offices à la maison, tant d’emplois à la ville, aux champs ; travail partout ; faut-il donc laisser tout là pour ne penser qu’à Dieu ? » Non, mais il faut sanctifier ces occupations en y cherchant Dieu, et les faire pour l’y trouver plutôt que pour les voir faites. Notre Seigneur veut que devant tout nous cherchions sa gloire, son royaume, sa justice, et, pour cela, que nous fassions notre capital de la vie intérieure, de la foi, de la confiance, de l’amour, des exercices de religion…, des travaux et des peines, en la vue de Dieu, notre souverain Seigneur… Si une fois nous sommes ainsi établis en la recherche de la gloire de Dieu, nous sommes assurés que le reste suivra.
     
    Saint Vincent de Paul (1581-1660), prêtre, fondateur de communautés religieuses
    Entretien du 21/02/1659 (Seuil 1960, p. 547)
  • « Que ta volonté soit faite sur la terre comme dans les cieux. »

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    Non pas que Dieu fasse ce qu’Il veut, mais que nous nous puissions faire ce qu’Il veut. Qui peut empêcher Dieu de faire ce qu’Il veut ? Mais nous autres, nous sommes contrecarrés par le démon qui nous empêche d’obéir en toute chose, intérieurement et extérieurement, à la volonté de Dieu. Aussi demandons-nous que sa volonté s’accomplisse en nous ; pour qu’elle s’accomplisse, nous avons besoin de son secours. Personne n’est fort par ses propres ressources, mais sa force est dans la bonté et dans la miséricorde de Dieu…

    La volonté de Dieu est celle que le Christ a faite et enseignée : l’humilité dans la conduite, la solidité dans la foi, la modestie dans les paroles, la justice dans les actes, la miséricorde dans les œuvres, la discipline dans les mœurs. La volonté de Dieu, c’est de ne faire de tort à personne, de supporter celui qu’on nous fait, de garder la paix avec nos frères, d’aimer Dieu de tout notre cœur, l’aimer parce qu’il est Père et le craindre parce qu’il est Dieu. Ne rien préférer au Christ, puisqu’il nous a préférés à tout, adhérer inviolablement à sa charité, nous tenir sous la croix avec courage et confiance. Quand il s’agit de combattre pour son nom ou son honneur, montrer de la constance en nos paroles ; faire preuve de confiance dans les difficultés afin de soutenir la lutte, de patience dans la mort afin d’obtenir la couronne. Voilà ce que signifie vouloir être cohéritier du Christ, accomplir le précepte de Dieu, faire la volonté de Dieu.

    Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
    La Prière du Seigneur, 14-15 (trad. Hamman, La Prière en Afrique, DDB 1982, p.50)

     

     

  • « Ferme la porte et prie ton Père qui est présent dans le secret ! »

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    Sois assidu à la prière et à la méditation. Tu m’as dit que tu avais déjà commencé. C’est là une bien grande consolation pour un père qui t’aime comme lui-même ! Continue donc à progresser dans cet exercice de l’amour envers Dieu. Fais chaque jour un pas de plus : de nuit, à la faible lueur de la lampe, parmi les faiblesses et dans la sécheresse de l’esprit ; ou de jour, dans la joie et l’illumination qui éblouit l’âme…

    Si tu le peux, parle au Seigneur dans l’oraison, loue-le. Si tu n’y parviens pas parce que tu n’es pas encore bien avancé dans la vie spirituelle, ne t’inquiète pas : enferme-toi dans ta chambre et mets-toi en présence de Dieu. Il te verra et appréciera ta présence et ton silence. Ensuite, il te prendra par la main, te parlera, fera les cent pas dans les allées de ce jardin qu’est l’oraison, et tu y trouveras ta consolation. Rester en présence de Dieu simplement pour manifester notre volonté de nous reconnaître ses serviteurs, voilà un excellent exercice spirituel qui nous fait avancer dans le chemin de la perfection.

    Lorsque tu es uni à Dieu par la prière, examine qui tu es, en vérité ; parle-lui si tu le peux, et si cela t’est impossible, arrête-toi, reste devant lui. Ne te donne pas d’autre peine.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
    GF, 173 ; Ep 3, 982-983 (trad. Une Pensée, Mediaspaul 1991, p. 24)

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,43-48.

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
    Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
    afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
    En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
    Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
    Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

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    « À ce signe nous reconnaissons que nous sommes en Dieu : si en lui nous sommes parfaits. » Jean veut dire ici : parfaits dans l’amour (1Jn 4,17). Quelle est la perfection de l’amour ? D’aimer nos ennemis et de les aimer à ce point qu’ils deviennent nos frères. Notre amour, en effet, ne doit pas être selon la chair. Aime donc tes ennemis en souhaitant qu’ils deviennent tes frères ; aime tes ennemis de sorte qu’ils soient appelés à entrer en communion avec toi.

    Ainsi aima en effet celui qui, pendu sur la croix, disait : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Il voulait les arracher à la mort éternelle par une prière toute pleine de miséricorde et une puissance très forte. Nombre d’entre eux ont cru d’ailleurs, et ils ont été pardonnés d’avoir versé le sang du Christ. Ils l’avaient versé en s’acharnant contre lui ; ils l’ont bu ensuite lorsqu’ils ont cru. « À ce signe nous savons que nous sommes en lui : si en lui nous sommes parfaits. » C’est à cette perfection de l’amour des ennemis que le Seigneur nous invite lorsqu’il dit : « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Commentaire sur la 1ère lettre de saint Jean, n°1,9 ; SC 75 (trad. SC ,p. 134 ; Bouchet, Lectionnaire, p. 291)