Catégorie : Enseignement

  • « Jean était la lampe. »

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    Par la volonté de Dieu, l’homme envoyé pour rendre témoignage au Christ est lui-même si grand dans la grâce, qu’on pouvait le prendre pour le Christ. En effet, « parmi les enfants des femmes, dit le Christ lui-même, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean Baptiste » (Mt 11,11). Si personne parmi les hommes n’est plus grand que cet homme, celui qui le dépasse est plus qu’un homme. Grand témoignage que le Christ se rend à lui-même ! Mais à des yeux malades et infirmes, le jour témoigne difficilement de lui-même ; les yeux malades le redoutent, ils ne supportent que la lumière d’une lampe. Voilà pourquoi le Jour, avant de paraître, s’est fait précéder d’une lampe ; cette lumière envoyée dans les cœurs fidèles confondra les cœurs infidèles.

    « J’ai préparé une lampe pour mon Christ » dit David, le roi-prophète, dans un psaume (131,17). C’est Dieu qui parle par sa bouche : J’ai préparé Jean pour être le héraut du Sauveur, le précurseur du Juge qui doit venir, l’ami de l’Époux attendu. « J’ai préparé une lampe pour mon Christ. »

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 293, 4 ; PL 38, 1329

     

     

     

     

  • Foi

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    Prier sans cesse et ne pas se décourager. Le message du Christ pour aujourd’hui est clair. Il nous demande, d’abord, de prier sans cesse. La vie n’est facile pour personne, nous avons tous de nombreux besoins et le secours de Dieu va nous aider et nous consoler dans nos souffrances. Il est important de garder du temps pour être avec lui, pour lui parler de notre vie : des choses difficiles comme des choses faciles, de nos tristesses et nos joies aussi. Prier sans cesse, c’est vivre chaque instant avec lui, avoir conscience qu’il est là et essayer de le regarder. La deuxième partie de la phrase est, peut-être, plus difficile à comprendre : ne pas se décourager. Pourquoi se décourage-t-on ? Souvent, c’est parce que l’on ne reçoit pas ce que l’on demande, en pensant que c’est ce qui convient le mieux dans la situation où nous nous trouvons.
    Souvent, l’image que nous avons de Dieu est proche de celle du Père Noël des enfants. On pense qu’on a le droit de lui demander des choses concrètes et matérielles, qu’il doit nous écouter et nous donner les choses que nous demandons. Et l’on se décourage quand il ne répond pas. Mais Dieu n’est pas le Père Noël. Ce que nous devons lui demander concerne plutôt le domaine spirituel et les grâces dont nous avons besoin. Au lieu de lui demander de faire disparaître une difficulté, demandons la force de pouvoir vivre cette difficulté dans la confiance. Il s’agit surtout de lui demander les biens de l’Esprit, tels que confiance, charité, force, etc.
    Mais lorsque l’on demande de telles choses, nous devons aussi nous rappeler que les chemins que Dieu utilise pour nous les accorder ne sont pas toujours faciles à comprendre, mais qu’il compte sur notre collaboration. Il permet parfois des choses difficiles, mais il est à côté de nous et nous donne les grâces dont nous avons besoin. Et parfois, il n’est pas non plus facile de savoir si l’on a reçu la grâce, parce qu’elle n’est pas mesurable : cela nous demande d’avoir une plus grande confiance en Dieu.
    Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? Pour que les hommes crient vers lui jour et nuit, il faut qu’ils aient une foi profonde. Ils doivent être pleins de confiance entre ses mains. Demandons-lui de nous donner cette foi, qui nous rende capables d’aller vers lui au milieu de nos difficultés et besoins, (…) et la certitude qu’il est encore à nos côtés et nous donne des grâces innombrables.

    Extrait de la méditation écrite par Eugenia Alvarez, consacrée de Regnum Christi
    sur  » Le juge inique  » Luc, 18, 1-8
    catholique.org 12/11/2016

     

     

     

  • « Les boiteux marchent. »

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    « Nous étions autrefois des insensés, rebelles, égarés, esclaves de toutes sortes de plaisirs et de convoitises, vivant dans le mal et l’envie, odieux et nous haïssant les uns les autres, écrit l’apôtre Paul. Mais lorsque Dieu notre Sauveur a fait paraître sa bonté et son amour pour les hommes, il nous a sauvés… selon sa miséricorde » (Tt 3,3-5). Voyez la force du « chant nouveau » (Ps 149,1) du Verbe de Dieu : des pierres il a fait des hommes (Mt 3,9) ; ceux qui agissaient comme des bêtes sauvages, il les a transformés en hommes civilisés ; et ceux qui étaient morts, qui n’avaient pas part à la vie vraie et réelle, quand ils ont entendu ce chant, ils sont redevenu vivants.

    Il a tout ordonné avec mesure…, pour faire du monde entier une symphonie… Ce descendant du musicien David qui existait avant David, le Verbe de Dieu, délaissant la harpe et la cithare (Ps 57,9), instruments sans âme, régla par l’Esprit Saint tout l’univers et tout particulièrement cet abrégé du monde qu’est l’homme, son corps et son âme. Il joue de cet instrument aux mille voix pour célébrer Dieu, et il chante lui-même en accord avec cet instrument humain… Le Seigneur, envoyant son souffle dans ce bel instrument qu’est l’homme (cf Gn 2,7), l’a fait à sa propre image ; mais il est lui aussi un instrument de Dieu, harmonieux, accordé et saint, Sagesse d’au-delà de ce monde et Parole d’en haut. Que veut-il donc cet instrument, le Verbe de Dieu, le Seigneur, et son chant nouveau ? Ouvrir les yeux des aveugles et les oreilles des sourds, conduire les estropiés ou les égarés à la justice, montrer Dieu aux hommes insensés, arrêter la corruption, vaincre la mort, réconcilier avec le Père des fils désobéissants…

    Ce chant sauveur, ne croyez pas qu’il est nouveau comme un meuble ou une maison sont neufs, car il était « avant l’aurore » (Ps 109,3), et « au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu » (Jn 1,1).

    Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215), théologien
    Protreptique I, 4-7 (trad. SC 2, p. 38-39 rev)

     

     

     

  • Se repentir et croire à la parole de Dieu

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    Frères, c’est le moment de sortir, chacun de nous pour sa part, du lieu de notre péché. Sortons de notre Babylone pour rencontrer Dieu notre Sauveur, comme nous en avertit le prophète : « Sois prêt, Israël, pour aller à la rencontre du Seigneur, car il vient » (Am 4,12). Sortons de l’abîme de notre péché et acceptons de partir vers le Seigneur qui a assumé « une chair semblable à celle du péché » (Rm 8,3). Sortons de la volonté du péché et partons faire pénitence de nos péchés. Alors nous trouverons le Christ : lui-même a expié le péché qu’il n’avait absolument pas commis. Alors, celui qui sauve les pénitents nous accordera le salut… : « Il fait miséricorde à ceux qui se convertissent » (Si 12,3 Vulg).

    Vous allez me dire : … « Qui donc par lui-même peut sortir du péché ? » Oui, en vérité, le plus grand péché c’est l’amour du péché, le désir de pécher. Sors donc de ce désir…, hais le péché et te voilà sorti du péché. Si tu hais le péché, tu as rencontré le Christ là où il se trouve. A ceux qui haïssent le péché…, le Christ pardonne la faute en attendant d’ôter à la racine nos habitudes mauvaises.

    Mais vous dites que même cela est beaucoup pour vous et que sans la grâce de Dieu il est impossible à l’homme de haïr son péché, de désirer la justice et de vouloir se repentir : « Que le Seigneur soit loué pour ses miséricordes, pour ses merveilles pour les fils des hommes ! » (Ps 106,8)… Seigneur, sauve-moi de la lâcheté d’esprit et de la tempête… Ô Seigneur à la main puissante, Jésus tout-puissant, tu as libéré ma raison du démon de l’ignorance et arraché ma volonté malade de la peste de ses convoitises, libère maintenant ma capacité d’agir afin qu’avec tes saints anges…, je puisse moi aussi « accomplir ta parole, attentif à tout ce que tu dis » (Ps 102,20).

    Isaac de l’Étoile (?-v. 1171), moine cistercien
    1er Sermon pour le 2e dimanche de carême (trad. cf SC 207, p. 225s)

     

     

     

  • « Les aveugles voient…, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »

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    « Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Dirons-nous que c’est là l’œuvre d’une humanité pareille à la nôtre que de pouvoir baptiser dans l’Esprit Saint et le feu ? Comment cela pourrait-il être ? Et pourtant, parlant d’un homme qui ne s’est pas encore présenté, Jean déclare que celui-ci baptise « dans le feu et l’Esprit Saint ». Non pas, comme le ferait un serviteur quelconque, en insufflant aux baptisés un Esprit qui n’est pas le sien, mais comme quelqu’un qui est Dieu par nature, qui donne avec une puissance souveraine ce qui vient de lui et lui appartient en propre. C’est grâce à cela que l’empreinte divine s’imprime en nous.

    En effet, en Christ Jésus, nous sommes transformés comme à l’image divine ; non que notre corps soit modelé de nouveau, mais nous recevons le Saint Esprit, entrant en possession du Christ lui-même, au point de pouvoir crier désormais dans notre joie : « Mon âme exulte dans le Seigneur, car il m’a revêtu de salut et d’allégresse » (1S 2,1). L’apôtre Paul dit en effet : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27).

    Est-ce donc en un homme que nous avons été baptisés ? Silence, toi qui n’est qu’un homme ; veux-tu rabattre jusqu’à terre notre espérance ? Nous avons été baptisés en un Dieu fait homme ; il libère des peines et des fautes tous ceux qui croient en lui. « Repentez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ… Vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2,38). Il délie ceux qui s’attachent à lui… ; il fait sourdre en nous sa propre nature… L’Esprit appartient en propre au Fils, qui est devenu un homme semblable à nous. Car il est lui-même la vie de tout ce qui existe.

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l’Église
    Premier dialogue christologique, 706 ; SC 97 (trad. SC p. 27 rev.)

     

     

     

  • « Comme tu étais redoutable Élie… toi qui a été emporté dans un tourbillon de feu…, toi qui a été préparé pour la fin des temps. » (Si 48,9-10)


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    Devant la perversité des hommes, Élie le prophète a médité de rendre le châtiment plus dur encore. Ce que voyant, le Miséricordieux répondit au prophète : « Je sais le zèle que tu as pour le bien (1R 19,14), je connais ta bonne volonté, mais j’ai compassion des pécheurs quand ils sont punis sans mesure. Tu t’irrites parce que tu es sans reproche, tu ne peux pas te résigner ? Moi, je ne peux pas me résigner à ce qu’un seul se perde (Mt 18,14), car je suis le seul ami des hommes » (Sg 1,6).

    Par la suite le Maître, voyant l’humeur abrupte du prophète à l’égard des hommes, s’est préoccupé de leur race. Il a éloigné Élie de la terre qu’ils habitaient, disant : « Éloigne-toi du séjour des hommes ; c’est moi qui, dans ma miséricorde, descendrai chez les hommes en me faisant homme. Quitte donc la terre et monte, puisque tu ne peux pas tolérer les fautes des hommes. Mais moi qui suis du ciel, je vivrai parmi les pécheurs et je les sauverai de leurs fautes, moi, le seul ami des hommes.

    « Si tu ne peux pas habiter avec les hommes coupables, viens ici, habite le domaine de mes amis, là où il n’y a plus de péché. C’est moi qui vais descendre, car je peux prendre sur mes épaules et ramener la brebis égarée (Lc 15,5), et crier à ceux qui peinent : Accourez tous, pécheurs, venez à moi, reposez-vous (Mt 11,28). Car moi, je ne suis pas venu pour punir ceux que j’ai créés, mais pour arracher les pécheurs à l’impiété, moi, le seul ami des hommes. »

    Ainsi Élie, quand il a été élevé aux cieux (2R 2,11), est apparu alors comme la figure de l’avenir. Ce Thesbite (1R 17,1) a été enlevé par un char de feu ; le Christ a été élevé parmi les nuées et les puissances (Ac 1,9). Le premier a laissé tomber du haut du ciel son manteau pour Élisée (2R 2,13) ; le Christ a envoyé à ses apôtres le Saint Esprit, le Défenseur (Jn 15,26), que nous les baptisés nous avons tous reçu et par qui nous sommes sanctifiés, comme l’enseigne à tous le seul ami des hommes.

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d’hymnes
    Hymne sur le prophète Élie (trad. SC 99, p. 337)

     

     

     

     

  • Répondre aux appels de Dieu à nous convertir du fond de notre cœur

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    Même sans que je vous en parle, frères, le temps suffit à nous avertir que l’anniversaire de la Nativité du Christ notre Seigneur est proche. La création elle-même exprime l’imminence d’un événement qui restaure tout pour le mieux. Elle aussi désire avec impatience voir illuminer ses ténèbres de l’éclat d’un soleil plus brillant que le soleil ordinaire. Cette attente de la création du renouvellement de son cycle annuel nous invite à attendre la naissance du nouveau soleil qu’est le Christ qui illumine les ténèbres de nos péchés. Le soleil de justice (Ml 3,20), qui apparaîtra dans toute sa force, dissipera l’obscurité de nos péchés qui a duré trop longtemps. Il ne supporte pas que le cours de notre vie soit étouffé par les ténèbres de l’existence ; il veut la dilater par sa puissance.

    Alors, de même qu’en ces jours du solstice, la création répand plus largement sa lumière, déployons ainsi notre justice. De même que la clarté de ce jour est le bien commun des pauvres et des riches, que nos largesses s’étendent sans compter aux voyageurs et aux pauvres. Le monde, en ces temps-ci, restreint la durée des ténèbres ; et nous, retranchons aux ombres de notre avarice… Qu’en nos cœurs toute glace fonde ; que la semence de la justice croisse, réchauffée par les rayons du Sauveur.

    Donc, frères, préparons-nous à accueillir le jour de la naissance du Seigneur en nous parant de vêtements éclatants de blancheur. Je parle de ceux qui habillent l’âme, non le corps. Le vêtement qui habille notre corps est une tunique sans importance. Mais c’est le corps, objet précieux, qui habille l’âme. Le premier vêtement est tissé par des mains humaines ; le second est l’œuvre des mains de Dieu. Et c’est pourquoi il faut veiller avec la plus grande sollicitude à préserver de toute tache l’œuvre de Dieu… Avant la Nativité du Seigneur, purifions notre conscience de toute souillure. Présentons-nous, non revêtus de soie, mais plutôt d’œuvres de valeur… Commençons donc par orner notre sanctuaire intérieur.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
    Sermon CC 61a ; PL 57, 233 (trad. coll. Pères dans la foi, Migne 1996, p. 25 rev.)

     

     

     

  • Livre d’Isaïe 40,25-31.

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    À qui pourriez-vous me comparer, qui pourrait être mon égal ? – dit le Dieu Saint.
    Levez les yeux et regardez : qui a créé tout cela ? Celui qui déploie toute l’armée des étoiles, et les appelle chacune par son nom. Si grande est sa force, et telle est sa puissance que pas une seule ne manque.
    Jacob, pourquoi dis-tu, Israël, pourquoi affirmes-tu : « Mon chemin est caché au Seigneur, mon droit échappe à mon Dieu » ?
    Tu ne le sais donc pas, tu ne l’as pas entendu ? Le Seigneur est le Dieu éternel, il crée jusqu’aux extrémités de la terre, il ne se fatigue pas, ne se lasse pas. Son intelligence est insondable.
    Il rend des forces à l’homme fatigué, il augmente la vigueur de celui qui est faible.
    Les garçons se fatiguent, se lassent, et les jeunes gens ne cessent de trébucher,
    mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer.

     

     

     

     

  • « Pourquoi tenir ces raisonnements ? »

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    Grâce à la foi d’autrui, l’âme du paralytique allait être guérie avant son corps. « Voyant la foi de ces gens » dit l’évangile. Remarquez ici, frères, que Dieu ne se soucie pas de ce que veulent les hommes déraisonnables, qu’il ne s’attend pas à trouver de la foi chez les ignorants…, chez les mal portants. Par contre, il ne refuse pas de venir au secours de la foi d’autrui. Cette foi est un cadeau de la grâce et elle s’accorde avec la volonté de Dieu… Dans sa divine bonté, ce médecin qu’est le Christ essaie d’attirer au salut malgré eux ceux qu’atteignent les maladies de l’âme, ceux que le poids de leurs péchés et de leurs fautes accable jusqu’au délire. Mais eux ne veulent pas se laisser faire.

    Ô mes frères, si nous voulions, si nous voulions tous voir jusqu’en son fond la paralysie de notre âme ! Nous remarquerions que, privée de ses forces, elle gît sur un lit de péchés. L’action du Christ en nous serait source de lumière. Nous comprendrions qu’il regarde chaque jour notre manque de foi si nuisible, qu’il nous entraîne vers les remèdes salutaires et presse vivement nos volontés rebelles. « Mon enfant, dit-il, tes péchés te sont remis. »

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 50 ; PL 52, 339 (trad. Matthieu commenté, DDB 1985, p. 72)

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,35-38.10,1.5a.6-8.

    En ce temps-là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.
    Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger.
    Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.
    Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
    Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.
    Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes :
    « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël.
    Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.
    Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

     

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    Dès aujourd’hui nous célébrons de tout cœur l’avènement du Seigneur Jésus Christ, et nous ne faisons que notre devoir, car il est venu, non seulement à nous, mais pour nous. Lui, le Seigneur, n’a aucun besoin de nos biens ; la grandeur de la grâce qu’il nous a faite montre bien quelle était notre indigence. On juge la gravité d’une maladie par ce qu’il en coûte pour la guérir…

    La venue d’un Sauveur nous était donc nécessaire ; l’état où se trouvaient les hommes rendait sa présence indispensable. Que le Sauveur vienne donc vite ! Qu’il vienne habiter au milieu de nous par la foi, dans toute la richesse de sa grâce. Qu’il vienne nous arracher à notre aveuglement, qu’il nous libère de nos infirmités, qu’il prenne en charge notre faiblesse ! S’il est en nous, qui pourra nous égarer ? S’il est avec nous, que ne pouvons-nous pas faire en celui qui est notre force ? (Ph 4,13) « S’il est pour nous, qui donc sera contre nous ? » (Rm 8,31) Jésus Christ est un conseiller absolument sûr, qui ne peut ni se tromper ni nous tromper ; il est une aide puissante dont la force ne peut jamais s’épuiser… Il est la sagesse même de Dieu, la force même de Dieu (1Co 1,24)… Recourons donc tous à un tel Maître : dans toutes nos entreprises, invoquons cette aide ; au cœur de nos combats, confions-nous à un défenseur si assuré. S’il est déjà venu dans le monde, c’est pour habiter au milieu de nous, avec nous et pour nous.

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
    7ème Sermon pour l’Avent