Catégorie : Enseignement

  • Désert

    .
    Livre d’Isaïe 35,1-10
    Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse, qu’il se couvre de fleurs des champs ! 
    .
    Sans titre-2
     .
    On a retrouvé, dans le désert du Sahara, bien des fossiles marins, qui témoignent d’un temps où cette vaste étendue était traversée de mers et de lacs qui rendaient verdoyante une terre aujourd’hui aride et désolée. En certains endroits, il suffit de se baisser pour ramasser d’anciens coquillages, signes de cette époque révolue. On le sait bien : le désert peut progresser, et assécher les plus riants paysages. Ne le craignons-nous pas, en ces temps de réchauffement climatique ? Curieusement, l’inverse est en revanche inimaginable. Comme une application de plus de la fameuse loi de Murphy, selon laquelle « tout ce qui peut mal tourner va mal tourner », le désert peut progresser, mais non reculer. Alors quand Dieu promet de faire fleurir le désert, comme il le fait par la bouche du prophète Isaïe, nous pouvons bien être du bitatifs.
    Qu’annonce Isaïe à un peuple d’Israël découragé, vaincu, exilé loin de sa terre ? Que Dieu n’a pas cessé d’être le Créateur qui, au premier matin du monde, a regardé le néant en face pour y faire surgir des merveilles. Que nos déserts de désespoir, d’ennui ou de médiocrité peuvent être, si nous l’acceptons, ce néant où Dieu peut encore créer, comme au premier jour. Notre découragement n’est bien souvent qu’un manque d’imagination : aucune fatalité ne s’impose au Créateur.Le jardin d’Éden dont furent chassés Adam et Eve, et dont la nostalgie nous habite, repose sans doute en nous sous de grandes quantités de sable. Laisserons-nous Dieu y faire toute chose nouvelle ?
    Frère Adrien Candiard, dominicain
    couvent du Caire
    Signe dans la Bible
  • « Venez au repas de noce ! »

    edd3d1c2

    « Appelez ceux qui sont invités à la noce, tout est prêt. » Mais les invités s’excusent : « l’un s’en alla à son champ, l’autre à son commerce »… Cet affairement étonnant et cette agitation continuelle qui remuent le monde, on ne les voit malheureusement que trop dans le monde entier. Ce qu’on a de vêtements, de nourriture, de constructions et de beaucoup de choses est tellement prodigieux que la tête vous en tourne : la moitié suffirait amplement. Cette vie ne devrait être qu’un passage vers l’éternité… De toutes nos forces nous devons nous arracher à cette exubérance d’activité et de multiplicité, à tout ce qui n’est pas besoin absolu, et nous recueillir en nous-mêmes, nous attacher à notre vocation, considérer où, comment, et de quelle manière le Seigneur nous a appelés, l’un à la contemplation intérieure, l’autre à l’action, et un troisième…au repos intérieur, dans le calme silence des ténèbres divines, dans l’unité de l’esprit.

    Même ces derniers, Dieu les appelle parfois à l’action extérieure, parfois à l’intérieure, selon son bon plaisir, mais l’homme n’est pas attentif à son appel… Si l’homme appelé intérieurement au silence noble et calme voulait à cause de cela s’abstenir continuellement de toute œuvre de charité, ce ne serait pas bien ; et malheureusement, aujourd’hui très rares sont ceux qui veulent faire des œuvres de charité extraordinaires… L’Évangile raconte que le maître a trouvé un de ses hôtes assis au festin sans le vêtement de noce… Le vêtement qui manquait à ce convive, c’est la pure, vraie, et divine charité, cette intention véritable de chercher Dieu qui exclut tout amour de soi et tout ce qui est étranger à Dieu, qui ne veut que Dieu… À ceux qui se cherchent eux-mêmes notre Seigneur dit : « Ami, comment es-tu venu ici sans l’habit de la vraie charité ? » Ils ont recherché les dons de Dieu plutôt que Dieu lui-même.

    Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
    Sermon 74, en l’honneur de sainte Cordula (trad. Cerf 1991, p. 603 rev.)

     

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 20,1-16a.

    Jésus disait cette parabole : « Le Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit au petit jour afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
    Il se mit d’accord avec eux sur un salaire d’une pièce d’argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne.
    Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans travail.
    Il leur dit : ‘Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste. ‘
    Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
    Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? ‘
    Ils lui répondirent : ‘Parce que personne ne nous a embauchés. ‘ Il leur dit : ‘Allez, vous aussi, à ma vigne. ‘
    Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers. ‘
    Ceux qui n’avaient commencé qu’à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’argent.
    Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’argent.
    En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
    ‘Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur ! ‘
    Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ‘Mon ami, je ne te fais aucun tort. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour une pièce d’argent ?
    Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi :
    n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? ‘
    Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

    GailsPaintingsmall

    Les justes venus au monde au début, comme Abel et Noé, ont été, pour ainsi dire, appelés à la première heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous. D’autres justes venus après eux, Abraham, Isaac, Jacob et tous ceux qui vivaient à leur époque, ont été appelés à la troisième heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous. Il en ira de même pour ces autres justes Moïse, Aaron et tous ceux qui ont été appelés avec eux à la sixième heure ; puis les suivants, les saints prophètes, appelés à la neuvième heure, goûteront le même bonheur que nous.

    À la fin du monde, les chrétiens, qui sont comme appelés à la onzième heure, recevront avec eux le bonheur de la résurrection. Tous le recevront ensemble. Voyez pourtant combien de temps les premiers attendront avant d’y parvenir. Ainsi ils obtiendront ce bonheur après une longue période, et nous, après peu de temps. Bien que nous devions le recevoir avec les autres, on peut dire que nous serons les premiers, puisque notre récompense ne se fera pas attendre.

    Quand il s’agira de recevoir la récompense, nous serons tous à égalité, les premiers comme s’ils étaient les derniers, et les derniers comme s’ils étaient les premiers… Parce que la pièce d’argent, c’est la vie éternelle.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 87,1.4-6 ; PL 38, 530-533 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 139)

     

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,16-22.

    Quelqu’un s’approcha de Jésus et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? »
    Jésus lui dit : « Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Il n’y a qu’un seul être qui soit bon ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. –
    Lesquels ? » lui dit-il. Jésus reprit : « Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage.
    Honore ton père et ta mère. Et aussi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
    Le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l’ai observé : que me manque-t-il encore ? »
    Jésus lui répondit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. »
    A ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

    jeunehommeriche

    Ce jeune homme sent bien que si rien ne manque à sa vertu, la vie lui fait encore défaut. C’est pourquoi il vient la demander à celui-là seul qui peut l’accorder. Il est sûr d’être en règle avec la Loi ; cependant il implore le Fils de Dieu. D’une foi il passe à une autre foi. Les amarres de la Loi le défendaient mal du roulis ; inquiet, il quitte ce mouillage dangereux et vient jeter l’ancre au port du Sauveur.

    Jésus ne lui reproche pas d’avoir manqué à quelque article de la Loi, mais il se met à l’aimer (Mc 10,21), ému par cette application de bon élève. Toutefois il le déclare encore imparfait… : il est bon ouvrier de la Loi, mais paresseux pour la vie éternelle. C’est déjà bien, sans aucun doute ; « la sainte Loi » est comme un pédagogue (Rm 7,12; Ga 3,24) qui instruit par la crainte et achemine vers les commandements sublimes de Jésus et vers sa grâce. « Jésus est la plénitude de la Loi pour justifier tous ceux qui croient en lui » (Rm 10,4). Il n’est pas un esclave fabriquant d’esclaves, mais il donne la qualité de fils, frères, cohéritiers, à tous ceux qui accomplissent la volonté du Père (Rm 8,17; Mt 12,50)…

    Ce mot « si tu veux » montre admirablement la liberté du jeune homme ; il ne tient qu’à lui de choisir, il est maître de sa décision. Mais c’est Dieu qui donne, parce qu’il est le Seigneur. Il donne à tous ceux qui désirent et y emploient toute leur ardeur et prient, afin que le salut soit leur propre choix. Ennemi de la violence, Dieu ne contraint personne, mais il tend la grâce à ceux qui la cherchent, l’offre à ceux qui la demandent, ouvre à ceux qui frappent (Mt 7,7).

    Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215), théologien
    Homélie « Quel riche peut être sauvé ? », 8-9 ; PG 9,603 (trad. coll. Ichtus, t. 6, p. 29 rev.)

     

     

     

  • Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, patronne principale de la France

    slide2

    « Viens, toi que j’ai choisie, en toi j’établirai mon trône » (liturgie latine)… « Heureux ceux que tu as choisis, Seigneur, ils habiteront en tes parvis » (Ps 65,5) ; bien plus, tu habiteras en eux, tu règneras en eux et tu placeras en eux le trône de ta royauté. Et, bien sûr, Marie est bienheureuse entre tous les bienheureux, elle qui a été choisie avant et plus que tous les autres saints. Le Seigneur l’a choisie pour demeure, en disant : « Voici pour toujours le lieu de mon repos ; c’est ici que j’habiterai, car je l’ai voulu » (Ps 131,14). Pendant neuf mois il a habité en elle ; pendant de nombreuses années il a habité avec elle et lui était soumis… Maintenant, habitant en elle et avec elle pour toujours, d’une façon qui dépasse notre compréhension, il la rassasie de la gloire que voient les bienheureux. Il lui donne extérieurement la gloire en son corps ; intérieurement, il imprime en elle la gloire du Verbe…

    Cette unique Vierge mère, qui se glorifie d’avoir mis au monde le Fils unique du Père, étreint avec amour ce même Fils unique dans tous ses membres (Ep 5,30), et ne rougit pas d’être appelée la mère de tous ceux en qui elle voit le Christ déjà formé ou en formation. La première Ève…a été appelée « mère de tous les vivants » (Gn 3,20), mais en réalité elle a été…la mère de ceux qui meurent… Et parce que cette première Ève n’a pas pu réaliser fidèlement ce que signifie son nom, c’est Marie qui a réalisé ce mystère. Comme l’Église dont elle est le symbole, elle est la mère de tous ceux qui renaissent à la vie. Oui, elle est la mère de la Vie qui fait vivre tous les hommes (Jn 11,25; 5,25s). En mettant la Vie au monde, elle a fait naître d’une certaine manière à une vie nouvelle tous ceux qui devaient trouver leur vie dans cette Vie…

    C’est pourquoi cette mère bienheureuse du Christ, se sachant mère des chrétiens par ce mystère, se montre aussi leur mère par sa sollicitude et sa tendre affection… Et maintenant nous « habitons à l’abri » de la Mère « du Très-Haut », nous « demeurons sous sa protection, à l’ombre de ses ailes » (Ps 90,1; 16,8). Plus tard, nous partagerons sa gloire et nous serons réchauffés sur son cœur…, puisque le Roi de gloire a mis en elle son trône.

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
    1er Sermon pour l’Assomption, 1-4 ; SC 202 (trad. cf SC p. 415)

     

     

     

     

  • « Prends patience envers moi. »

    confession-260x300

    Le Christ nous demande deux choses : condamner nos péchés et pardonner ceux des autres ; faire la première à cause de la seconde, qui sera alors plus facile, car celui qui pense à ses péchés sera moins sévère pour son compagnon de misère. Et pardonner non seulement de bouche, mais du fond du cœur, pour ne pas tourner contre nous-mêmes le fer dont nous croyons percer les autres. Quel mal ton ennemi peut-il te faire qui soit comparable à celui que tu te fais toi-même par ton aigreur ?…

    Considère donc combien d’avantages tu retires d’une offense accueillie humblement et avec douceur. Tu mérites ainsi premièrement — et c’est le plus important — le pardon de tes péchés. Tu t’exerces ensuite à la patience et au courage. En troisième lieu, tu acquiers la douceur et la charité, car celui qui est incapable de se fâcher contre ceux qui lui ont causé du tort sera beaucoup plus charitable envers ceux qui l’aiment. En quatrième lieu, tu déracines entièrement la colère de ton cœur, ce qui est un bien incomparable. Celui qui délivre son âme de la colère la débarrasse évidemment aussi de la tristesse : il n’usera pas sa vie en chagrins et en vaines inquiétudes. Ainsi, nous nous punissons nous-mêmes en haïssant les autres ; nous nous faisons du bien à nous-mêmes en les aimant. D’ailleurs, tous t’honoreront, même tes ennemis, même si ce sont des démons. Bien mieux, en te conduisant ainsi, tu n’auras même plus d’ennemi.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°61 (trad. Véricel, L’Évangile commenté, p. 214 rev.)

     

     

     

     

  • « Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. »

    Mes enfants,

    Je voudrais, mes enfants, que vous attachiez plus d’importance au sacrement de réconciliation, afin que vous vous présentiez libérés de tout péché lors de la communion. Il faut que chaque mois, vous répondiez de toutes vos erreurs afin de vous purifier et d’évoluer vers la perfection et la sainteté. Mes enfants, allez voir mes fils de l’Eglise pour absoudre vos péchés au nom de Dieu le Père. Mes enfants, il faut vivre en communion avec mon Fils, afin de comprendre votre existence et le chemin que vous suivez : il faut pour cela, en chaque fois de la confession, remettre vos péchés et par cette purification réfléchir sur ces égarements et faire en sorte qu’ils ne se reproduisent plus. 

    Marie Mère des hommes – mai 1996

    reconciliation

    En donnant part aux apôtres de son propre pouvoir de pardonner les péchés, le Seigneur leur donne aussi l’autorité de réconcilier les pécheurs avec l’Église. Cette dimension ecclésiale de leur tâche s’exprime notamment dans la parole solennelle du Christ à Simon Pierre : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux » (Mt 16,19). « Cette même charge de lier et de délier qui a été donnée à Pierre a été aussi donnée au collège des apôtres unis à leur chef (Mt 18,18; 28,16-20) » (Vatican II LG 22).

    La formule d’absolution en usage dans l’Église latine exprime les éléments essentiels de ce sacrement : le Père des miséricordes est la source de tout pardon. Il réalise la réconciliation des pécheurs par la Pâque de son Fils et le don de son Esprit, à travers la prière et le ministère de l’Église : « Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde. Par la mort et la résurrection de son Fils, il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés. Par le ministère de l’Église, qu’il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je vous pardonne tous vos péchés »…

    Le Christ agit en chacun des sacrements. Il s’adresse personnellement à chacun des pécheurs : « Mon enfant, tes péchés sont remis » (Mc 2,5). Il est le médecin qui se penche sur chacun des malades qui ont besoin de lui pour les guérir (cf Mc 2,17). Il les relève et les réintègre dans la communion fraternelle. La confession personnelle est donc la forme la plus significative de la réconciliation avec Dieu et avec l’Église.

    Catéchisme de l’Église catholique
    § 1444, 1449, 1484

     

     

     

  • Ste Claire d’Assise, fondatrice (1194-1253)

    clarisse-sainte-claire

    C

    laire, naît en 1193 en Assise (Italie), dans la noble famille de Favarone di Offreduccio, de Bernardino et de Ortolana. Dès son enfance, on put admirer en elle un vif attrait pour la retraite, l’oraison, le mépris du monde, l’amour des pauvres et de la souffrance ; sous ses habits précieux, elle portait un cilice.

    À l’âge de seize ans, fortement émue de la vie si sainte de François d’Assise, elle va lui confier son désir de se donner toute à Dieu. Le Saint la pénètre des flammes du divin amour, accepte de diriger sa vie, mais il exige des actes : Claire devra, revêtue d’un sac, parcourir la ville en mendiant son pain de porte en porte. Elle accomplit de grand cœur cet acte humiliant, et, peu de jours après, quitte les livrées du siècle, reçoit de François une rude tunique avec une corde pour lui ceindre les reins, et un voile grossier sur sa tête dépouillée de ses beaux cheveux.

    Elle triomphe de la résistance de sa famille. Quelques jours après, sa sœur Agnès la supplie de l’agréer en sa compagnie, ce que Claire accepte avec joie, en rendant grâce au Ciel. « Morte ou vive, qu’on me ramène Agnès ! » s’écria le père, furieux à cette nouvelle ; mais Dieu fut le plus fort, et Agnès meurtrie, épuisée, put demeurer avec sa sœur. Leur mère, après la mort de son mari, et une de leurs sœurs, vint les rejoindre.

    La communauté fut bientôt nombreuse et florissante ; on y vit pratiquer, sous la direction de Claire, devenue, quoique jeune, une parfaite maîtresse de vie spirituelle, une pauvreté admirable, un détachement absolu, une obéissance sublime : l’amour de Dieu était l’âme de toutes ses vertus.

    Claire dépassait toutes ses sœurs par sa mortification ; sa tunique était la plus rude, son cilice le plus terrible à la chair; des herbes sèches assaisonnées de cendre formaient sa nourriture ; pendant le Carême, elle ne prenait que du pain et de l’eau, trois fois la semaine seulement. Longtemps elle coucha sur la terre nue, ayant un morceau de bois pour oreiller.

    Claire, supérieure, se regardait comme la dernière du couvent, éveillait ses sœurs, sonnait matines, allumait les lampes, balayait le monastère. Elle voulait qu’on vécût dans le couvent au jour le jour, sans fonds de terre, sans pensions et dans une clôture perpétuelle.

    Elle est célèbre par l’expulsion des Sarrasins, qui, après avoir pillé la ville, voulaient piller le couvent. Elle pria Dieu, et une voix du Ciel cria : « Je vous ai gardées et je vous garderai toujours. » ; malade, se fit transporter à la porte du monastère, et, le ciboire en main, mit en fuite les ennemis.

    Claire, le 11 août 1253, quitte sa demeure terrestre pour la rencontre avec Dieu.

    Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
    >>>  Claire d’Assise
    [AllemandAnglaisCroateEspagnolFrançaisItalienPortugais]

    Et plus encore : >>>  Clarisses

    Sources principales : Abbé L. Jaud (Vie des Saints…) ; vatican.va (« Rév. x gpm »).