Catégorie : Ecritures

  • « Si moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » (Jn 13,14)

    « Si moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » (Jn 13,14)

    « Qui s’abaissera sera élevé. » Non seulement le Christ a dit à ses disciples de ne pas se faire appeler maîtres et de ne pas aimer les premières places dans les repas ni aucun autre honneur, mais il a donné lui-même, en sa personne, l’exemple et le modèle de l’humilité. Alors que le nom de maître lui est donné non par complaisance mais par droit de nature, car « tout subsiste par lui » (Col 1,17), par son entrée dans la chair il nous a communiqué un enseignement qui nous conduit tous à la vraie vie et, parce qu’il est plus grand que nous, il nous a « réconciliés avec Dieu » (Rm 5,10). Comme s’il nous disait : N’aimez pas les premiers honneurs, ne désirez pas vous faire appeler maîtres, de même que « ce n’est pas moi qui recherche ma gloire, il y a quelqu’un qui la recherche » (Jn 8,50). Tenez vos regards fixés sur moi, « car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie pour la multitude » (Mt 20,28).       

    Assurément, dans ce passage de l’Évangile, le Seigneur instruit non seulement ses disciples, mais aussi les chefs des Églises, leur prescrivant à tous de ne pas se laisser entraîner par l’avidité à rechercher les honneurs. Au contraire, que « celui qui veut devenir grand » soit le premier à se faire comme lui « le serviteur de tous » (Mt 20,26-27).

    Saint Paschase Radbert (?-v. 849)

  • « Ne jugez point et vous ne serez point jugés. »

    « Ne jugez point et vous ne serez point jugés. »

    Mes frères, comment oser juger et condamner quelqu’un, quand même nous lui aurions vu commettre un péché ? Celui qui était hier un pécheur peut être aujourd’hui un saint pénitent. Quand nous voyons bien du mal dans notre prochain, disons au moins : « Hélas, si le bon Dieu ne m’avait pas accordé plus de grâces qu’à lui, j’aurais peut-être été encore plus loin. »

    Oui, mes frères, le jugement téméraire entraîne nécessairement avec lui la ruine et la perte de la charité chrétienne. (…) Notre-Seigneur nous dit : « Ne jugez point et vous ne serez point jugés. Mon Père vous traitera de la même manière que vous aurez traité les autres ; vous serez mesurés de la même mesure dont vous vous serez servis pour mesurer les autres. » (cf. Mt 7,1-2) D’ailleurs, mes frères, qui est celui d’entre nous qui serait content qu’on jugeât mal ce qu’il fait ou dit ? Personne. Notre-Seigneur ne dit-il pas : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fît. » (cf. Mt 7,12)

    Hélas ! Mes frères, que de péchés nous commettons de cette manière ! Hélas ! qu’il y en a qui ne les connaissent pas, et qui, par conséquent, ne s’en sont jamais accusés ! Mon Dieu, que de personnes damnés, faute de se faire instruire ou de bien réfléchir sur leur manière de vivre !

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • La révélation de la Gloire

    La révélation de la Gloire

    Que tous les yeux se ferment, de peur d’être éblouis d’une si vive et si brillante lumière ; que toute langue se taise, de peur de ternir une beauté si parfaite en voulant la découvrir. C’est ici qu’il faut que tout esprit s’anéantisse et adore, de peur d’être opprimé par le poids immense de la gloire de la divine Sagesse, en voulant la sonder.

    Voici cependant l’idée que le Saint-Esprit, pour se conformer à notre faiblesse, nous en donne dans le livre de la Sagesse qu’il n’a composé que pour nous. La Sagesse éternelle est « une effusion toute pure de la gloire du Tout-Puissant ; aussi, rien de souillé ne pénètre en elle. Elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l’activité de Dieu, une image de son excellence » (Sg 7, 25-26) (…)

    C’est en cette beauté souveraine de la Sagesse que Dieu le Père a pris ses complaisances dans l’éternité et dans le temps, comme ce grand Dieu assura lui-même expressément, le jour de son baptême et de sa transfiguration : « Voilà mon Fils bien-aimé dans lequel je prends uniquement mes complaisances (Mt 3,17 ; 17,5).

    La sagesse éternelle, pour s’approcher de plus près des hommes et leur témoigner plus sensiblement son amour, est allée jusqu’à se faire homme, jusqu’à devenir enfant, jusqu’à devenir pauvre et jusqu’à mourir pour eux sur la croix.

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

  • La perfection de la charité

    La perfection de la charité

    Vous savez, frères, quelle est la perfection de la charité. Le Seigneur lui-même nous en fait connaître dans l’Évangile le degré suprême et la manière : « Il n’est pas de plus grande charité, dit-il, que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Et, dans son Épître, saint Jean nous invite à atteindre cette perfection. Mais vous vous interrogez et vous dites : quand pourrons-nous avoir pareille charité ? Ne désespère pas trop vite de toi-même : la charité est peut-être déjà en toi, bien qu’encore imparfaite ; nourrissons-la, pour qu’elle ne soit pas étouffée. Mais d’où le saurai-je, me diras-tu ?

    Saint Jean nous dit : « Si quelqu’un, possédant les biens de ce monde, voit son frère dans le besoin et lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu peut-il demeurer en lui ? (1 Jn 3,17). Voilà où commence la charité. Si tu n’es pas encore capable de mourir pour ton frère, sois du moins capable de lui donner de tes biens. Que déjà la charité émeuve ton cœur, afin de te faire agir non par ostentation, mais par surabondance de miséricorde venue du fond de toi-même ; qu’elle te rende attentif à la misère de ton frère ! Si tu ne peux donner à ton frère de ton superflu, comment pourrais-tu donner ta vie pour lui ? (…)

    Et si l’amour du Père ne demeure pas en toi, tu n’est pas né de Dieu. Comment alors te glorifier d’être chrétien ? Tu en as le nom, tu n’en as pas les œuvres. Mais si tes œuvres s’accordent avec ton nom, on aura beau te traiter de païen, tu montreras par tes actes que tu es chrétien. Au contraire, si tu ne te montres pas chrétien par tes actes, alors même que tous t’appelleraient chrétien, à quoi te sert le nom, là où n’est pas la réalité ? (…) « Petits enfants, n’aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité » (1 Jn 3,17-18).

    Saint Augustin (354-430)

  • « Ils se sont convertis en réponse à la prédication de Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »

    « Ils se sont convertis en réponse à la prédication de Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »

    Repentons-nous ; convertissons-nous de l’ignorance à la vraie connaissance, de la folie à la sagesse, de l’injustice à la justice, de l’impiété à Dieu. Nombreux sont les biens qui en découlent, comme Dieu le dit lui-même chez Isaïe : « L’héritage est à ceux qui servent le Seigneur » (54,17). Non pas l’or et l’argent, ni ce que ronge le ver et dérobe le voleur (Mt 6,19), mais le trésor inestimable du salut. (…) C’est cet héritage que met en nos mains le testament éternel par lequel Dieu nous assure ses dons. Ce Père qui nous aime tendrement ne cesse de nous exhorter, de nous éduquer, de nous aimer, et de nous sauver. « Soyez justes », dit le Seigneur. « Vous tous qui avez soif, venez vers l’eau. Vous qui n’avez pas d’argent, venez ; achetez et buvez sans argent » (Is 55,1). Il nous invite au bain qui purifie, au salut, à l’illumination. (…) Les saints du Seigneur hériteront de la gloire de Dieu et de sa puissance, « une gloire que l’œil n’a pas vu, ni l’oreille entendue, qui n’est pas montée jusqu’au cœur de l’homme » (1Co 2,9). (…)

    Vous avez cette promesse divine de la grâce, et d’autre part vous avez entendu les menaces du châtiment : ce sont les deux voies par lesquelles le Seigneur sauve. (…) Pourquoi tardons-nous ? Pourquoi n’accueillons-nous pas son don en choisissant le meilleur ? (…) « Voici que j’ai placé devant vous, dit-il, la mort et la vie » (Dt 30,15). Le Seigneur essaie de te faire choisir la vie ; il te conseille comme un père. (…)

    À qui le Seigneur dira-t-il : « Le Royaume des cieux est à vous » (Mt 5,3) ? Il est à vous, si vous le désirez, quand vous aurez choisi en faveur de Dieu. Il est à vous, si vous voulez seulement croire et suivre l’essentiel du message, comme les Ninivites ont écouté le message du prophète et ont obtenu, grâce à leur repentir sincère, un beau salut, au lieu de la ruine qui les menaçait.

    Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215)

  • « Le tentateur s’approcha. » (Mt 4,3)

    « Le tentateur s’approcha. » (Mt 4,3)

    C’est une chose terrible que le péché et une fort cruelle maladie de l’âme que la transgression, car elle coupe les nerfs de l’âme, et travaille ainsi pour le feu éternel. (…)

    Tu n’es pourtant pas le seul instigateur de la mauvais action : il en est un autre dont la perversité te la souffle : c’est le diable. Cet être souffle le mal à tous, mais il ne triomphe pas de ceux qui refusent de l’écouter. D’où la parole de l’ Écclésiaste : « Si l’esprit de celui qui possède la puissance s’élève contre toi, ne quitte pas ta place » (Qo 10,4), verrouille ta porte, tiens-le loin de toi, et il ne te nuira pas. Que si tu accueilles à la légère la suggestion d’un désir, grâce à tes considérations, elle enfoncera en toi les racines, elle enchaînera ton intelligence et t’attirera dans la fosse de misère.

    Mais peut-être diras-tu : « Je suis un “fidèle”, et le désir ne me domine pas, même si je m’arrête à y réfléchir. » Ignores-tu qu’une racine, à force de s’y accrocher, brise même une pierre ? N’accueille pas la graine, car elle brisera ta foi. Avant qu’elle ne fleurisse, arrache le mal jusqu’aux racines, de peur que ta nonchalance première ne te vaille plus tard d’avoir à beaucoup penser haches et feu. Commence par guérir tes mauvais yeux en temps opportun, pour n’avoir pas à chercher le médecin une fois devenu aveugle.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

  • « Alors ils jeûneront. »

    « Alors ils jeûneront. »

    Pourquoi le jeûne du Christ ne serait-il pas commun à tous les chrétiens ? Pourquoi les membres ne suivraient-ils pas leur Tête ? (Col 1,18). Si nous avons reçu les biens de cette Tête, n’en supporterions-nous pas les maux ? Voulons-nous rejeter sa tristesse et communier à ses joies ? S’il en est ainsi, nous nous montrons indignes de faire corps avec cette Tête. Car tout ce qu’il a souffert, c’est pour nous. Si nous répugnons à collaborer à l’œuvre de notre salut, en quoi nous montrerons-nous ses aides ? Jeûner avec le Christ est peu de chose pour celui qui doit s’asseoir avec lui à la table du Père. Heureux le membre qui aura adhéré en tout à cette Tête et l’aura suivie partout où elle ira (Ap 14,4). Autrement, s’il venait à en être coupé et séparé, il sera forcément privé aussitôt du souffle de vie…

    Pour moi, adhérer complètement à toi est un bien, ô Tête glorieuse et bénie dans les siècles, sur laquelle les anges aussi se penchent avec convoitise (1P 1,12). Je te suivrai partout où tu iras. Si tu passes par le feu, je ne me séparerai pas de toi, et ne craindrai aucun mal, car tu es avec moi (Ps 22,4). Tu portes mes douleurs et tu souffres pour moi. Toi, le premier, tu es passé par l’étroit passage de la souffrance pour offrir une large entrée aux membres qui te suivent. Qui nous séparera de l’amour du Christ ? (Rm 8,35)… Cet amour est le parfum qui descend de la Tête sur la barbe, qui descend aussi sur l’encolure du vêtement, pour en oindre jusqu’au plus petit fil (Ps 132,2). Dans la Tête se trouve la plénitude des grâces, et d’elle nous la recevons tous. Dans la Tête est toute la miséricorde, dans la Tête le débordement des parfums spirituels, comme il est écrit : « Dieu t’a oint d’une huile de joie » (Ps 44,8)…

    Et nous, qu’est-ce que l’évangile nous demande en ce début du carême ? « Toi, dit-il, quand tu jeûnes, oins de parfum ta tête » (Mt 6,17). Admirable condescendance ! L’Esprit du Seigneur est sur lui, il en a été oint (Lc 4,18), et pourtant, pour évangéliser les pauvres, il leur dit : « Oins de parfum ta tête ».

    Saint Bernard (1091-1153)

  • « Celui qui veut marcher derrière moi … qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. »

    « Celui qui veut marcher derrière moi … qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. »

    Elle paraît dure à beaucoup, cette parole : Renonce à toi-même, prends ta croix et suis Jésus . (…) Pourquoi crains-tu de prendre la croix par laquelle on va au Royaume ? Dans la croix se trouvent le salut, la vie, la protection contre l’ennemi, la rosée de la douceur céleste, la force de l’âme, la joie de l’esprit, la somme de la vertu, la perfection de la sainteté. Il n’y a ni salut pour l’âme, ni espoir de vie éternelle, si ce n’est dans la croix. Prends donc ta croix et suis Jésus ; ainsi tu iras vers la vie éternelle. (…) Si tu meurs avec lui, tu vivras aussi avec lui. Si tu es son compagnon dans la peine, tu le seras aussi dans la gloire.

    C’est dans la croix que tout se tient. (…) Il n’y a pas d’autre voie vers la vie et la vraie paix intérieure. (…) Va où tu veux, cherche tout ce que tu voudras : tu ne trouveras pas de voie supérieure ni de chemin plus sûr que la voie de la sainte croix.

    Dispose tout selon ton vouloir et selon tes vues : il te sera impossible de ne pas trouver à chaque instant quelque chose à supporter, que tu le veuilles ou non ; et ainsi tu ne cesseras de rencontrer la croix. Ou bien tu sentiras la douleur physique, ou bien tu subiras des épreuves d’ordre spirituel. Tu te sentiras tantôt délaissé de Dieu, tantôt éprouvé par le prochain, ou, plus encore, tu seras une charge pour toi-même, sans qu’aucun remède ou aucune consolation puissent te délivrer ou te soulager. (…) Dieu veut que tu apprennes à soutenir l’épreuve pour te soumettre totalement à lui et devenir plus humble. (…) Tu dois garder toujours patience si tu veux avoir la paix intérieure et mériter la couronne éternelle.

    L’Imitation de Jésus Christ

  • « Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? »

    « Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? »

    Si nous percions le voile, et si nous étions vigilants et attentifs, Dieu se révélerait sans cesse à nous, et nous jouirions de son action en tout ce qui nous arrive. À chaque chose, nous dirions : « Dominus est, c’est le Seigneur ! » (Jn 21,7) Et nous trouverions dans toutes les circonstances que nous recevons un don de Dieu. (…) Si nous avions la foi, nous saurions bon gré à toutes les créatures ; nous les caresserions, et nous les remercierions intérieurement de ce qu’elles servent et se rendent si favorables à notre perfection, appliquée par la main de Dieu.

    La foi est la mère de la douceur, de la confiance, de la joie. (…) On ne peut avoir trop de confiance en la volonté de Dieu et trop s’y abandonner. Elle peut et veut toujours ce qui contribuera le plus à notre perfection, pourvu toutefois que nous laissions faire Dieu. La foi n’en doute pas. Plus les sens sont infidèles, révoltés, désespérés, incertains, plus la foi dit : « Cela est Dieu ! Tout va bien ! » (…) La foi passe au-delà de tout, et quelques efforts que les ombres fassent, elle les perce pour aller jusqu’à la vérité, elle l’embrasse toujours avec fermeté et ne s’en sépare jamais. (…)

    La foi est la lumière du temps. Elle seule atteint la vérité sans la voir, elle touche ce qu’elle ne sent point, elle voit tout ce monde comme s’il n’était point, voyant tout autre chose que ce qui est apparent. C’est la clef des trésors, la clef de l’abîme, la clef de la science de Dieu. (…) Quand une âme a reçu cette intelligence de la foi, Dieu lui parle par toutes les créatures. L’univers est pour elle une écriture vivante que le doigt de Dieu trace incessamment devant ses yeux.

    Jean-Pierre de Caussade (1675-1751)

  • « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? »

    Père saint, Dieu tout-puissant, lorsque j’élève vers ton ciel la faible lumière de mes yeux, puis-je douter qu’il est ton ciel ? Quand je contemple la course des étoiles, leur retour dans le cycle de l’année, quand je vois les Pléiades, la Petite Ourse et l’Étoile du matin et que je considère comment chacune brille au poste qui lui est assigné, je comprends, ô Dieu, que tu es là, dans ces astres que je ne comprends pas. Lorsque je vois « les vagues superbes de la mer » (Ps 92,4), je ne saisis pas l’origine de ces eaux, je ne saisis même pas ce qui met en branle leurs flux et leurs reflux réguliers, et pourtant, je crois qu’il est une cause — impénétrable certes pour moi — à ces réalités que j’ignore, et là aussi je perçois ta présence.

    Si je tourne mon esprit vers la terre qui, par le dynamisme de forces cachées, décompose toutes les semences qu’elle a accueillies dans son sein, les fait lentement germer et les multiplie, puis leur donne de grandir, je ne trouve rien là que je puisse comprendre avec mon intelligence ; mais cette ignorance m’aide à te discerner, toi, puisque, si je ne connais pas la nature mise à mon service, cependant je te rencontre par le fait même qu’elle est là, pour mon usage.

    Si je me tourne vers moi, l’expérience me dit que je ne me connais pas moi-même et je t’admire d’autant plus que je suis pour moi un inconnu. En effet, même si je ne peux pas les comprendre, je fais l’expérience des mouvements de mon esprit qui juge, de ses opérations, de sa vie, et cette expérience, c’est à toi que je la dois, toi qui m’as donné en partage cette nature sensible qui fait ma joie, même si son origine est au-delà des prises de mon intelligence. Je ne me connais pas moi-même, mais en moi je te trouve et, en te trouvant, je t’adore.

    Saint Hilaire (v. 315-367)