Renversant !
Jésus vient renverser nos fausses idées, nos marchandages et nos prétendues puretés pour nous permettre de rencontrer un Dieu gratuit dont la seule puissance est l’amour.
Psaume 18 (19)
1 Corinthiens 1, 22-25
Jean 2, 13-25
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Renversant !
Jésus vient renverser nos fausses idées, nos marchandages et nos prétendues puretés pour nous permettre de rencontrer un Dieu gratuit dont la seule puissance est l’amour.
Psaume 18 (19)
1 Corinthiens 1, 22-25
Jean 2, 13-25
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L’homme — tout homme — est ce fils prodigue : séduit par la tentation de se séparer de son Père pour vivre dans l’indépendance…, tombé dans la tentation, déçu par le vide qui, comme un mirage, l’avait fasciné ; seul, déshonoré, exploité alors qu’il cherche à se bâtir un monde entièrement à soi ; travaillé, même au fond de sa misère, par le désir de revenir à la communion avec son Père. Comme le père de la parabole, Dieu guette le retour du fils, l’embrasse à son arrivée et prépare la table pour le banquet des retrouvailles où le Père et les frères célèbrent la réconciliation…
Mais la parabole met aussi en scène le frère aîné qui refuse de prendre sa place au banquet. Il reproche à son jeune frère ses égarements et à son père l’accueil qu’il lui a réservé alors qu’à lui-même, sobre et travailleur, fidèle à son père et à sa maison, jamais il n’a été accordé — dit-il — de festoyer avec ses amis. C’est là un signe qu’il ne comprend pas la bonté de son père. Tant que ce frère, trop sûr de lui-même et de ses mérites, jaloux et méprisant, rempli d’amertume et de colère, ne s’est pas converti et réconcilié avec son père et son frère, le banquet n’est pas encore pleinement la fête de la rencontre et des retrouvailles. L’homme — tout homme — est aussi ce frère aîné. L’égoïsme le rend jaloux, endurcit son cœur, l’aveugle et le ferme aux autres et à Dieu…
La parabole du fils prodigue est avant tout l’histoire ineffable du grand amour d’un père… Mais en évoquant, sous la figure du frère aîné, l’égoïsme qui divise les frères entre eux, elle devient aussi l’histoire de la famille humaine… Elle dépeint la situation de la famille humaine divisée par les égoïsmes, elle met en lumière la difficulté de satisfaire le désir et la nostalgie d’être d’une même famille réconciliée et unie, et elle rappelle donc la nécessité d’une profonde transformation des cœurs pour redécouvrir la miséricorde du Père et pour vaincre l’incompréhension et l’hostilité entre frères.
Bienheureux Jean-Paul II
Exhortation apostolique « Reconciliatio et paenitentia », § 5-6 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)
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C’est une arme puissante que la prière, un trésor indéfectible, une richesse intarissable, un port à l’abri des tempêtes, un réservoir de calme ; la prière est la racine, la source et la mère de biens innombrables… Mais la prière dont je parle n’est ni médiocre, ni négligente ; c’est une prière ardente, jaillie de l’affliction de l’âme et de l’effort de l’esprit. Voilà la prière qui monte jusqu’au ciel… Écoute ce que dit l’écrivain sacré : « J’ai crié vers le Seigneur quand j’étais dans l’angoisse, et il m’a exaucé » (Ps 119,1). Celui qui prie ainsi dans son angoisse pourra, après la prière, goûter en son âme une grande joie….
Par « prière » j’entends non pas celle qui est seulement dans la bouche, mais celle qui jaillit du fond du cœur. Comme les arbres dont les racines s’enfoncent profondément ne sont ni brisés ni arrachés, même si les vents déchaînent mille assauts contre eux, parce que leurs racines sont fortement enserrées dans les profondeurs de la terre, de même les prières qui sortent du fond du cœur, ainsi enracinées, montent vers le ciel en toute sûreté et ne sont détournées par aucune pensée de manque d’assurance ou de mérite. C’est pourquoi le psalmiste dit : « Des profondeurs j’ai crié vers toi, Seigneur » (Ps 129,1)…
Si le fait de raconter à des hommes tes malheurs personnels et de leur décrire les épreuves qui t’ont frappé apporte quelque soulagement à tes peines, comme si à travers les paroles s’exhalait une brise rafraîchissante, à combien plus forte raison si tu fais part à ton Seigneur des souffrances de ton âme trouveras-tu en abondance consolation et réconfort ! En effet, souvent les hommes supportent difficilement ceux qui viennent se plaindre et pleurer auprès d’eux ; ils les écartent et les repoussent. Mais Dieu n’agit pas ainsi ; au contraire il te fait approcher et t’attire à lui ; et même si tu passes toute la journée à lui exposer tes malheurs, il n’en sera que mieux disposé à t’aimer et à exaucer tes supplications.
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
Homélies sur l’incompréhensibilité de Dieu, n° 5 (trad. En Calcat)
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Jésus disait à la foule : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »
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Au moment de commencer sa montée vers sa Passion, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène sur une montagne, le mont Thabor selon la tradition. Là, il est transfiguré devant eux et reçoit du Père ce témoignage: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Au jardin des Oliviers, au soir de son arrestation, ce sont les mêmes, Pierre, Jacques et Jean, que Jésus prendra avec lui. Ce n’est pas une coïncidence. Ceux qui allaient le voir défiguré (« il n’avait plus figure humaine » avait annoncé le prophète Isaïe) ce sont eux qui devaient, auparavant, l’avoir vu transfiguré: le Jésus Fils de Dieu est le même que le Jésus crucifié.
Pierre propose de monter trois tentes (Mt 17, 4 ; Mc 9, 6 ; Lc 9, 32) On pense que cela correspond à la « fête des tentes », fête de la marche au désert, de l’espérance de voir naître un nouveau peuple, et fête messianique, où un jour seront rassemblés tous les peuples (Za 9-14).
Les tentes doivent permettre, à travers les palmes qui couvrent le toit, de contempler les étoiles comme notre regard doit s’aiguiser à contempler la gloire du Seigneur. Ici, c’est Jésus qui révèle sa gloire, autant que ses disciples peuvent la voir…
Les apôtres, qui ont vu Jésus rester seul après avoir été le centre d’une transfiguration où étaient apparus Moïse et Elie à ses côtés, sont persuadés que Jésus est au-dessus de l’un et l’autre.
Elie, sur le mont carmel et sur l’Horeb, avait parlé avec Dieu,
Mo?se, sur le Sina? et sur l’Horeb, avait parlé avec Dieu,
Elie et Mo?se, sur le mont Thabor, avec qui ont-il donc parlé ?
Ainsi, la voix qui le désigne comme Fils bien-aimé est à comprendre au sens fort : en Dieu, il y a un Père et un Fils, Dieu est Trinité, Jésus est Fils de Dieu…
« Et une voix partit de la nuée, qui disait: « Celui-ci est mon Fils, l’Elu, écoutez-le ». (Luc 9, 35)
Fort de l’amour de son Père, Jésus peut monter à Jérusalem.
Beauté du cœur, beauté du visage !
La transfiguration nous apprend que Jésus est le Fils bien-aimé de Dieu et elle entrouvre la porte sur le monde à venir, celui de la résurrection.
Genèse 22, 1-2.9a.10-13.15-18
Psaume 115 (116 B)
Romains 8, 31b-34
Marc 9, 2-10
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TRANSFIGURÉ SUR LA MONTAGNE,
CHRIST NOTRE DIEU,
TU AS MONTRÉ À TES DISCIPLES TA GLOIRE
AUTANT QU’ILS LA POUVAIENT SUPPORTER.
FAIS LUIRE AUSSI SUR NOUS, PÊCHEURS,
TA LUMIÈRE ÉTERNELLE,
PAR LES PRIÈRES DE LA MÈRE DE DIEU.
DONATEUR DE LUMIÈRE, GLOIRE À TOI !
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« Son visage resplendit comme le soleil » (Mt 17,2)… Revêtue de la nuée de la chair, aujourd’hui la lumière qui éclaire tout homme (Jn 1,9) a resplendi. Aujourd’hui elle glorifie cette même chair, elle la montre déifiée aux apôtres pour que les apôtres la révèlent au monde. Et toi, cité bienheureuse, tu jouiras éternellement de la contemplation de ce Soleil, quand tu « descendras du ciel, parée par Dieu comme l’épouse pour son époux » (Ap 21,2). Jamais plus ce Soleil ne se couchera pour toi ; éternellement lui-même, il fera rayonner un matin éternel. Ce Soleil ne sera plus jamais voilé d’aucun nuage, mais brillant sans cesse, il te réjouira d’une lumière sans déclin. Ce Soleil n’éblouira plus tes yeux mais te donnera la force de le regarder et t’enchantera de sa splendeur divine… « Il n’y aura plus ni mort ni deuil, ni cri ni peine » (Ap 21,4) qui puisse assombrir l’éclat que Dieu t’a donné car, comme il a été dit à Jean : « L’ancien monde s’en est allé ».
Voilà le Soleil dont parle le prophète : « Tu n’auras plus besoin du soleil pour t’éclairer ni de la lune pour t’illuminer, mais le Seigneur ton Dieu sera ta lumière pour toujours » (Is 60,19). Voilà cette lumière éternelle qui resplendit pour toi sur le visage du Seigneur. Tu entends la voix du Seigneur, tu contemples son visage resplendissant, et tu deviens comme le soleil. Car c’est à son visage qu’on reconnaît quelqu’un, et le reconnaître, c’est comme en être illuminé. Ici-bas tu crois dans la foi ; là tu reconnaîtras. Ici tu saisis par l’intelligence ; là tu seras saisie. Ici tu vois « comme dans un miroir » ; là tu verras « face à face » (1Co 13,12)… Alors s’accomplira ce désir du prophète : « Qu’il fasse resplendir sur nous son visage » (Ps 66,2)… Dans cette lumière tu te réjouiras sans fin ; dans cette lumière, tu marcheras sans fatigue. Dans cette lumière, tu verras la lumière éternelle.
Pierre le Vénérable (1092-1156), abbé de Cluny
Sermon 1 pour la Transfiguration ; PL 189, 959 (trad. cf Orval et Brésard, 2000 ans B, p. 292)
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L’hysope est typique des régions méditerranéennes. Par sa petite taille, ses faibles besoins en eau et ses multiples usages, dans les textes bibliques, l’hysope symbolise l’humilité.
Ses fleurs peuvent être violettes, bleues, blanches ou rouges. Son nom en hébreu ezob signifie « herbe sainte ». C’était l’herbe sacrée des hébreux, souvent citée dans la Bible, utilisée pour les rites de purification. Elle fait partie des herbes amères de la fête de Pessah.
Une espèce d’hysope, la marjolaine, était utilisée pour purifier les lépreux à qui on disait : « c’est parce que tu as été orgueilleux comme le cèdre, que le Seigneur, béni soit-il, t’a abaissé comme l’hysope que le monde piétine » (Midrash Hagadol Metzora 14.4)
Exode 12,22
« Vous prendrez ensuite un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin, et vous toucherez le linteau et les deux poteaux de la porte avec le sang qui sera dans le bassin. Nul de vous ne sortira de sa maison jusqu’au matin. »
Lévitique 14,4
« le sacrificateur ordonnera que l’on prenne, pour celui qui doit être purifié, deux oiseaux vivants et purs, du bois de cèdre, du cramoisi et de l’hysope. »
Lévitique 14,49
« Il prendra, pour purifier la maison, deux oiseaux, du bois de cèdre, du cramoisi et de l’hysope. »
Nombres 19,6
« Le sacrificateur prendra du bois de cèdre, de l’hysope et du cramoisi, et il les jettera au milieu des flammes qui consumeront la vache. »
Nombres 19,18
« Un homme pur prendra de l’hysope, et la trempera dans l’eau; puis il en fera l’aspersion sur la tente, sur tous les ustensiles, sur les personnes qui sont là, sur celui qui a touché des ossements, ou un homme tué, ou un mort, ou un sépulcre. »
Psaumes 51,7
« Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur; Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige. »
L’hysope dans le récit de la crucifixion
Jésus et l’agneau pascal.
L’agneau pascal…une branche d’hysope était utilisé pour répandre son sang
Une éponge imbibé de vinaigre fut tendu à Jésus au bout d’une branche d’hysope
« Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l’ayant fixée à une branche d’hysope, ils l’approchèrent de sa bouche. » (Jn 19,29)
« Le sang de Jésus nous purifie de tout de péché. »
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Toute l’histoire de Jonas nous le montre comme une préfiguration parfaite du Sauveur… Jonas est descendu à Joppé pour monter sur un bateau à destination de Tarsis… ; le Seigneur est descendu du ciel sur la terre, la divinité vers l’humanité, la souveraine puissance est descendue jusqu’à notre misère…, pour s’embarquer sur le navire de son Église…
C’est Jonas lui-même qui prend l’initiative de se faire précipiter dans la mer : « Prenez-moi, dit-il, jetez-moi à la mer » ; il annonce ainsi la Passion volontaire du Seigneur. Quand le salut d’une multitude dépend de la mort d’un seul, cette mort est entre les mains de cet homme qui peut librement la retarder, ou au contraire la hâter pour devancer le danger. Tout le mystère du Seigneur est préfiguré ici. Pour lui la mort n’est pas une nécessité ; elle relève de son choix libre. Écoutez-le : « J’ai le pouvoir de déposer ma vie, et j’ai le pouvoir de la reprendre : on ne me l’enlève pas » (Jn 10,18)…
Voyez l’énorme poisson, image horrible et cruelle de l’enfer. En dévorant le prophète, il sent la force du Créateur…et offre avec crainte le séjour de ses entrailles à ce voyageur venu d’en haut… Et après trois jours…il le rend à la lumière, pour le donner aux païens… Tel est le signe, l’unique signe, que le Christ a consenti à donner aux scribes et aux Pharisiens (Mt 12,39), afin de leur faire comprendre que la gloire qu’eux mêmes espéraient du Christ allait se tourner aussi vers les païens : les Ninivites sont le symbole des nations qui ont cru en lui… Quel bonheur pour nous, mes frères ! Ce qui a été annoncé et promis symboliquement, c’est face à face, en toute vérité, que nous le vénérons, que nous le voyons, que nous le possédons.
Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
Sermon 37 ; PL 52, 304-306 (trad. En Calcat rev.)
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