Catégorie : Ecritures

  • Le Christ nous a donné l’Esprit Saint

    Le Christ nous a donné l’Esprit Saint

    Courage, mes Frères, ne nous laissons abattre ni par le péché commis, ni par aucune illusion, aucune tentation du démon. La route a beau être rude et fangeuse, le Christ, notre médecin, nous a donné un remède pour toutes nos infirmités, un baptême de sang et de feu, dans lequel l’âme purifie et lave tous ses péchés, consume et détruit toutes les tentations et les illusions du démon. (…)

    L’homme, tant qu’il vit dans la prison corruptible de son corps, éprouve une loi perverse, qui l’invite et le sollicite toujours au péché, la douce bonté de Dieu lui a donné un remède continuel, qui fortifie sa raison et sa liberté. Ce remède continuel est le feu du Saint-Esprit, qui ne s’éteint jamais, et répand toujours sa grâce et ses bienfaits, tellement que chaque jour nous pouvons nous appliquer ce doux baptême, qui nous est donné par grâce et non par mérite.

    Ainsi donc, quand l’âme regarde et voit en elle ce trésor et ce feu de l’Esprit Saint, elle s’enivre tellement de l’amour de son Créateur, qu’elle se renonce entièrement. (…) Elle voit et considère seulement son néant et la bonté de Dieu à son égard ; elle voit que cette Bonté infinie ne veut autre chose que son bien, et alors son amour devient parfait envers Dieu. Elle n’a pas d’autre pensée, d’autre affection, et elle ne peut retenir l’élan de son désir ; mais elle court sans fardeau et sans lien, car elle s’est délivrée de tous les obstacles qui pouvaient l’arrêter.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. »

    « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. »

    Quand le Seigneur donnait à ses disciples le pouvoir de faire renaître les hommes en Dieu, il leur disait : « Allez, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit » (Mt 28,19). En effet, il avait promis par les prophètes de répandre cet Esprit dans les derniers temps sur ses serviteurs et ses servantes, afin qu’ils prophétisent (Jl 3,1)… Ainsi notre Seigneur a promis à la Samaritaine « une eau vive », « afin qu’elle n’ait plus jamais soif », et qu’elle ne soit plus astreinte à boire une eau puisée péniblement mais qu’elle ait en elle-même une eau « jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4,10-14). Il s’agit de pouvoir boire ce que le Seigneur a reçu lui-même du Père, et qu’il donne à son tour à ceux qui demeurent en lui, en envoyant l’Esprit Saint sur la terre entière…       

    Gédéon avait prophétisé que sur toute la terre se répandrait la rosée, qui est l’Esprit de Dieu (Jg 6,36-40). C’est précisément cet Esprit qui était descendu sur le Seigneur : « Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de science et de piété, Esprit de crainte de Dieu » (Is 11,2-3). A son tour, le Seigneur a donné cet Esprit à l’Église, en envoyant des cieux le Défenseur sur toute la terre –- là où « Satan avait été précipité comme l’éclair », selon la parole du Seigneur (Lc 10,18). C’est pourquoi cette rosée de Dieu  nous est nécessaire pour que nous ne soyons pas consumés et rendus stériles et pour que là où nous avons un Accusateur (Ap 12,10), nous ayons aussi un Défenseur.       

    Car le Seigneur a confié à l’Esprit Saint l’homme, son propre bien, qui était tombé entre les mains des bandits (Lc 10,30). Le Seigneur a « été saisi de pitié, il a pansé ses plaies » ; il a donné « deux pièces d’argent » (v. 35) à l’effigie du roi pour que, après avoir reçu par l’Esprit « l’effigie et l’inscription » (Lc 20,23) du Père et du Fils, nous fassions fructifier cette pièce d’argent qui nous a été confiée et la rendions au Seigneur multipliée (cf Mt 25,14s).

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

  • « Vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. »

    « Vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. »

    « Moi, [dit Dieu] je suis éloigné de toutes les créatures, mais quand je suis devenu créature, moi le Créateur de tout, par la chair, je me suis contenté de devenir semblable aux hommes, assumant une âme et une intelligence semblable aux leurs ; mais je ne les ai pas tous, du même coup, à ce moment, rendus dieux, eux les hommes : c’est moi qui suis devenu homme, de mon côté, et c’est par la foi, par l’observation de mes commandements, ainsi que par le baptême, dans la divine communion à mes redoutables mystères, qu’à tous j’accorde la vie. Et quand je dis : la vie, je désigne mon Esprit divin.

    Toutefois qu’ils sachent cela, comme l’a dit Paul : ceux qui possèdent mon Esprit dans leur cœur, ils le possèdent qui brille et qui crie vers mon Père, et par eux il me dit : Oh, abba ! mon Père ! Car ils sont devenus enfants de Dieu, et, avec confiance ils me reconnaissent, me regardent et m’appellent Père (cf. Rm 8,15-16 ; Gal 4, 6), et Lui, dit à chacun de ceux qui le possèdent actuellement en eux-mêmes, en toute vérité : Ne craignez pas, mes enfants ! c’est moi ! Vous le voyez, je suis au-dedans de vous, avec vous, et, de la corruption et de la mort, une fois pour toutes, je vous libère et vous fait voir de qui je vous ai fait devenir, vous, oui, les enfants et les amis ! Réjouissez-vous dans le Seigneur ! » (…)

    ‒ Tout cela est digne de foi, ô mon Christ, digne d’amour. À ceux que tu as connu d’avance, bien connus, ceux à qui tu as donné de devenir conformes à ton image dans l’Esprit divin, tout cela est à leur portée, parce qu’ils ont été appelés par toi-même à la joie ineffable pour les siècles.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

  • « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. »

    « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. »

    Si, en passant de l’incroyance à la foi, nous sommes « passés de la mort à la vie » (Jn 5,24), ne soyons pas étonnés que le monde nous hait. Car tous ceux qui ne sont pas passés de la mort à la vie, mais qui demeurent dans la mort, ne peuvent pas aimer ceux qui sont passés de la demeure ténébreuse de la mort (…) aux « édifices faits de pierres vivantes » (1P 2,5) où règne la lumière de la vie. (…)     

    Pour nous chrétiens voici venu le temps de nous glorifier, car il est dit : « Nous nous glorifions dans nos épreuves, car nous savons que l’épreuve produit la persévérance, la persévérance produit la valeur éprouvée, la valeur éprouvée produit l’espérance, et l’espérance ne trompe pas. Que seulement l’amour de Dieu soit répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint » (Rm 5,3-5). (…)     

    « De même que nous avons largement part aux souffrances du Christ, de même, par le Christ, nous sommes largement consolés » (2Co 1,5). Accueillons donc avec une grande ferveur les souffrances du Christ ; qu’elles nous soient largement accordées, si nous voulons être largement consolés, puisque tous « ceux qui pleurent seront consolés » (Mt 5,5). (…) Ceux qui participent aux souffrances participeront aussi à la consolation en proportion des souffrances qui les font participer au Christ. Apprenez-le de l’apôtre qui a dit avec confiance : « Nous le savons : puisque vous connaissez comme nous la souffrance, vous obtiendrez comme nous la consolation » (2Co 1,7).

    Origène (v. 185-253)

  • « Je vous appelle mes amis… » (Jn 15, 15)

    « Je vous appelle mes amis… » (Jn 15, 15)

    Parmi les valeurs humaines, il n’est rien de plus saint à désirer, rien de plus utile à rechercher, rien de plus difficile à trouver, rien de plus doux à expérimenter, rien de plus fructueux à posséder que l’amitié. Elle donne son fruit dans la vie présente, celle d’aujourd’hui, comme dans la vie future ; sa douceur assaisonne toutes les vertus ; sa force pourfend les vices ; elle tempère l’adversité et modère la prospérité. (…)

    Quelle joie, quelle sécurité, quel charme d’avoir quelqu’un avec qui parler sans crainte, comme à soi-même ; à qui se confesser sans peur si l’on a fauté ; à qui révéler sans rougir ses progrès spirituels, à qui confier tous les secrets de son cœur, et découvrir ses desseins ! (…)

    Il n’y a pas de remède plus énergétique, plus efficace, plus excellent pour nos blessures, en tout ce qui nous arrive ici-bas, que d’avoir quelqu’un qui vienne compatir à toutes nos déconvenues et accoure nous congratuler dans nos réussites : deux amis, comme dit l’Apôtre (cf. Ga 6,2), s’épaulent l’un l’autre, portent leurs fardeaux mutuellement ou mieux, chacun trouve le sien plus léger que celui de son ami. (…)

    L’amitié est un proche degré vers la perfection qui consiste en l’amour et la connaissance de Dieu : un homme, dès qu’il est l’ami d’un autre homme, devient l’ami de Dieu, selon cette parole du Sauveur dans l’Évangile : Voici que « je ne vous appellerai plus mes serviteurs, mais mes amis » (Jn 15,15).

    Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167)

  • Soyez docile aux divines opérations

    Soyez docile aux divines opérations

    Vos lamentations et vos peurs ne viennent pas de Dieu et ce n’est pas Dieu qui en est l’auteur. C’est Satan qui vous met au cœur ces peurs, et Dieu le permet pour votre perfectionnement. Mais Dieu veut que vous vous moquiez de tout et que vous subissiez ces épreuves dans la paix. Plus vous vous lamentez, plus vous essayez de rejeter ces épreuves, et plus ces épreuves dureront. Il faut que vous vous résigniez et que vous laissiez faire même quand il ne vous est pas donné de laisser faire. Jésus est très content de vous ; donc, de quoi avoir peur ? (…)

    Vous vous lamentez parce que les mêmes épreuves reviennent toujours. Et alors ! père, de quoi avez-vous peur ? De l’artisan divin, qui veut de cette façon perfectionner son chef-d’œuvre ? Voudriez-vous sortir des mains d’un si magnifique artisan à l’état de pure et simple esquisse ? Vous, qui êtes un amateur d’œuvres parfaites !

    Jésus vous fait savoir que les diverses peines spirituelles que vous agitent tant sont voulues directement par lui pour vous éprouver et non pour vous châtier, pour vous purifier davantage et vous rendre, autant que faire se peut, conforme à lui, qui est le prototype de toute âme qui a choisi la meilleure part du service divin. Il attend de vous, en signe de reconnaissance, une plus grande docilité à ces divines opérations.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)

  • « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. »

    « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. »

    Dans l’épreuve, l’homme qui ne veut et ne désire sincèrement que Dieu doit se réfugier en lui et attendre en toute patience que le calme soit revenu… Qui sait où et comment il plaira à Dieu de revenir et de le combler de ses dons ? Quant à toi, tiens-toi patiemment à l’abri de la volonté divine ; cela vaut cent fois mieux que les élans d’une vertu brillante… Car les dons de Dieu ne sont pas Dieu lui-même, et on ne doit jouir que de lui, et non de ses dons. Mais notre nature est si avide, si repliée sur elle-même, qu’elle s’insinue partout, s’emparant de ce qui n’est pas à elle, souillant ainsi les dons de Dieu, et empêchant le noble travail de Dieu…

    Toi donc, plonge-toi dans le Christ, dans sa pauvreté et sa pureté, dans son obéissance, son amour et toutes ses vertus. C’est en lui que sont donnés à l’homme les dons de l’Esprit Saint, la foi, l’espérance et la charité, la vérité, la joie et la paix intérieures, dans le Saint Esprit. En lui encore se trouve l’abandon et la douce patience, où l’on reçoit toute chose de Dieu d’un cœur égal.

    Tout ce que Dieu permet et décrète, prospérité et adversité, joie ou douleur, tout doit concourir au bien de l’homme (Rm 8,28). La plus petite chose qui arrive à l’homme est vue éternellement de Dieu, elle préexiste en lui, elle arrive comme il l’a voulu, et non pas autrement. Soyons donc en paix ! Cette paix en toute chose, on ne l’apprend que dans le vrai détachement et la vie intérieure… Telle est la part de l’homme noble lorsqu’il est solidement fixé dans le repos de l’âme en Dieu, dans le désir de Dieu seul, qui éclaire toute chose ; tout cela est purifié en passant par le Christ.

    Jean Tauler (v. 1300-1361)

  • « L’Esprit Saint vous enseignera tout. »

    « L’Esprit Saint vous enseignera tout. »

    La vie de contemplation est la vie du ciel… Grâce à l’amour d’union avec Dieu en effet, l’homme passe au-delà de son être de créature, pour découvrir et savourer l’opulence et les délices que Dieu est lui-même et qu’il laisse couler sans cesse au plus caché de l’esprit humain, là où celui-ci est semblable à la noblesse de Dieu. Lorsque l’homme recueilli et contemplatif a ainsi rejoint son image éternelle, et lorsque, dans cette limpidité, grâce au Fils, il a trouvé sa place dans le sein du Père, il est éclairé par la vérité divine…

    Car il faut savoir que le Père céleste, abîme vivant, est tourné, par des œuvres, avec tout ce qui vit en lui, vers son Fils, comme vers son éternelle Sagesse (Pr 8,22s) ; et cette même Sagesse, avec tout ce qui vit en elle, se réfléchit, par des œuvres, dans le Père, c’est-à-dire dans l’abîme dont elle est sortie. De cette rencontre jaillit la troisième Personne, celle qui se tient entre le Père et le Fils, c’est-à-dire le Saint-Esprit, leur commun amour, qui est un avec les deux dans la même nature. Cet amour embrasse et traverse avec jouissance le Père, le Fils et tout ce qui vit en eux, et cela avec une telle opulence et une telle joie que toutes les créatures en sont réduites à un silence éternel. Car la merveille insaisissable, cachée en cet amour, dépassera éternellement la compréhension de toute créature.

    Lorsque nous reconnaissons cette merveille et la savourons sans étonnement, c’est que notre esprit se trouve au-delà de lui-même et qu’il est un avec l’Esprit de Dieu, savourant et regardant sans mesure, comme Dieu savoure et regarde sa propre richesse dans l’unité de sa profondeur vivante, selon son mode incréé… Cette délicieuse rencontre, qui a lieu en nous selon le mode de Dieu, est sans cesse renouvelée… Car de même que le Père regarde sans cesse toutes les choses comme nouvelles dans la naissance de son Fils, elles sont aussi aimées d’une façon nouvelle par le Père et par le Fils dans le jaillissement du Saint-Esprit. Voilà la rencontre du Père et du Fils en laquelle nous sommes amoureusement étreints, grâce au Saint-Esprit, dans un amour éternel.

    Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381)

  • Comment entrer au sein de la Trinité ?

    Comment entrer au sein de la Trinité ?

    Au cours de sa vie publique Notre-Seigneur révèle et explique progressivement sa médiation : « Je suis la voie, la vérité et la vie » dit-il (Jn 14,6). (…) Fils de Dieu, à la fois engendré éternellement comme Verbe du Père et prononcé dans le temps comme Verbe incarné, Jésus porte en Lui la lumière incréée qui est Dieu et toute la lumière que Dieu a voulu manifester au monde, la vie qui est au sein de la Trinité et la vie que Dieu veut répandre dans les âmes. En Lui sont tous les trésors de la sagesse et de la grâce et c’est de sa plénitude que nous les recevons. (…)

    Notre grâce est filiale ; c’est une note essentielle. Nous avons reçu un esprit filial « qui nous fait crier vers Dieu : Père » (Rm 8,15). Au sein de la Trinité sainte nous sommes fils ou nous ne sommes pas. Or le Père n’a qu’un Fils, c’est son Verbe. Le rythme éternel de la vie au sein de la Trinité sainte est immuable : Dieu le Père, par la connaissance qu’il a de Lui-même, engendre le Verbe qui l’exprime ; le Père et le Fils, par une spiration commune d’amour, produisent le Saint-Esprit. Les siècles, pas plus que l’éternité, ne changeront rien à ce mouvement. Comment pourrons-nous y entrer et y participer ainsi que l’exige notre vocation surnaturelle ? Pas autrement qu’à la faveur d’une adoption et d’une emprise telle, qu’elle crée une certaine unité avec l’une des Personnes divines.

    Le Verbe s’est incarné, a pris une humanité qu’il a entraînée, heureuse captive, au sein de cette gloire que le Verbe avait avant que le monde fût. Par cette humanité sainte du Christ, le Verbe saisit et entraîne tous les hommes qui se laissent saisir par sa grâce. Tout le Christ diffusé et complet est placé, par son unité avec le Verbe, sous la paternité éternellement féconde du Père de lumière et de miséricorde, et avec Lui spire l’amour de l’Esprit Saint qui, Esprit du Père et du Fils, devient par conséquent l’Esprit de l’Église et le nôtre.

    Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)

  • « Celui qui m’a vu a vu le Père. »

    « Celui qui m’a vu a vu le Père. »

    Les paroles de l’Évangile sont le point de départ de notre réflexion, qui nous montrent en Jésus le Fils et le Révélateur du Père. Son enseignement, son ministère, son style même de vie, tout en Lui nous renvoie au Père (cf. Jn 5, 19.36 ; 8, 28 ; 14, 10 ; 17, 6). Il est le centre de la vie de Jésus, et Jésus est, à son tour, l’unique voie pour accéder au Père. « Nul ne vient du Père que par moi » (Jn 14, 6). Jésus est le point de rencontre des êtres humains avec le Père, qui s’est rendu visible en Lui : « Qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père !” ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ?” » (Jn 14, 9-10).

    La manifestation la plus expressive de cette relation de Jésus avec le Père se trouve dans sa condition de ressuscité, sommet de sa mission et fondement de vie nouvelle et éternelle pour ceux qui croient en Lui. Mais l’union entre le Fils et le Père, comme celle entre le Fils et les croyants, passe à travers le mystère de l’« élévation » de Jésus, selon une expression typique de l’Évangile de Jean. Par le terme d’« élévation », l’évangéliste indique aussi bien la crucifixion que la glorification du Christ ; toutes deux se reflètent sur le croyant : « Ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 14-16).

    Cette « vie éternelle » n’est autre que la participation des croyants à la vie même de Jésus ressuscité et elle consiste à être insérés dans ce courant d’amour qui unit le Père et le Fils, qui sont une seule chose (cf. Jn 10, 30 ; 17, 21-22).

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)