Auteur/autrice : fred

  • « C’est un ennemi qui a fait cela. »

    « C’est un ennemi qui a fait cela. »

    Je vous écris, frères bien-aimés, pour que vous sachiez que depuis le jour où Adam a été créé jusqu’à la fin du monde, le Malin fera la guerre aux saints sans se donner de repos (Ap 13,7)… Ils sont cependant peu nombreux, ceux qui se rendent comptent que le ravageur des âmes cohabite avec eux dans leur corps, tout près de l’âme. Ils sont dans la tribulation, et il n’y a personne sur terre pour les réconforter. C’est pourquoi, ils regardent vers le ciel et y placent leur attente, afin d’en recevoir quelque chose au-dedans d’eux-mêmes. Et par cette force, et grâce à cette armure de l’Esprit (Ep 6,13), ils vaincront. C’est du ciel, en effet, qu’ils reçoivent une force, qui demeure cachée aux yeux de la chair. Tant qu’ils chercheront Dieu de tout leur cœur, la force de Dieu vient secrètement à leur aide à tout moment… C’est précisément parce qu’ils touchent du doigt leur faiblesse, parce qu’ils sont incapables de vaincre, qu’ils sollicitent ardemment l’armure de Dieu, et ainsi revêtus de l’équipement de l’Esprit pour le combat (Ep 6,13), ils deviennent victorieux…

    Sachez donc, frères bien-aimés, qu’en tous ceux qui ont préparé leur âme à devenir une bonne terre pour la semence céleste, l’ennemi se hâte de semer son ivraie… Sachez aussi que ceux qui ne cherchent pas le Seigneur de tout leur cœur ne sont pas tentés par Satan de façon aussi évidente ; c’est plutôt en cachette plus par des ruses qu’il essaie de les écarter loin de Dieu.

    Mais maintenant, frères, prenez courage et ne craignez rien. Ne vous laissez pas effrayer par des imaginations suscitées par l’ennemi. Dans la prière, ne vous livrez pas à une agitation confuse, en multipliant des cris déplacés, mais accueillez la grâce du Seigneur dans la contrition et le repentir… Prenez courage, réconfortez-vous, tenez bon, souciez-vous de vos âmes, persévérez avec zèle dans la prière… Car tous ceux qui cherchent Dieu en vérité recevront une force divine en leur âme, et en recevant cette onction céleste, tous ceux-là sentiront en eux-mêmes le goût et la douceur du monde à venir. Que la paix du Seigneur, celle qui a été avec tous les saints pères et les a gardés de toute tentation, demeure aussi avec vous.

    Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390)

  • Le levain du monde entier

    Le levain du monde entier

    Nous lisons dans l’Évangile : « Si le grain de blé ne tombe en terre et n’y meurt, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24). Le Seigneur Jésus est le grain de blé, mais il est aussi le levain… En venant, homme et seul, dans le monde, le Seigneur Jésus a donné à tous les hommes la possibilité de devenir ce qu’il est lui-même. Tout homme qui s’unit au levain du Christ devient lui aussi du levain, utile à lui-même et profitable à tous ; il sera sauvé et il sauvera autrui.

    Avant d’être disséminé dans un monceau de farine, le levain est broyé, écrasé, émietté, il est complètement dissous — mais c’est alors qu’il rassemble en une même fermentation les grains innombrables et dispersés de la farine. Il ramène en un corps solide une substance qui, d’elle-même, était aussi inconsistante que la poussière ; il fait, enfin, une pâte utile de ce qui semblait n’être qu’un vain éparpillement.

    Ainsi le Seigneur Jésus Christ, levain du monde entier, a été brisé par beaucoup de souffrances, lacéré et détruit, et son suc, c’est à dire son précieux sang, s’est répandu pour nous, afin d’affermir, en s’y mêlant, tout le genre humain dispersé. Nous qui étions comme une farine de peuples, nous voilà rassemblés comme du levain ; nous qui gisions lamentablement par toute la terre, dispersés et broyés, nous voilà réunis au corps du Christ grâce à la puissance de sa Passion.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420)

  • Les paraboles du Royaume

    Les paraboles du Royaume

    Tel est le Royaume caché de Dieu : de même qu’il est maintenant caché, ainsi sera-t-il révélé au moment voulu. Les hommes croient être les maîtres du monde et pouvoir faire ce qu’ils veulent… Actuellement, en apparence « tout reste pareil depuis le commencement », et les railleurs demandent : « Où est donc la promesse de sa venue ? » (2P 3,4) Mais au temps marqué, il y aura une « manifestation des enfants de Dieu », et les saints cachés « resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Rm 8,19; Mt 13,43).

    Quand les anges sont apparus aux bergers, ce fut une apparition soudaine… La nuit semblait pareille à toute autre nuit, comme la nuit où Jacob a eu sa vision semblait pareille à tout autre nuit (Gn 28,11s). Les bergers veillaient sur leurs troupeaux, ils regardaient la nuit s’écouler, les étoiles suivaient leur course, c’était minuit ; ils ne pensaient pas à pareille chose quand l’ange leur est apparu. Telles sont la puissance et la vertu cachées dans le visible ; elles sont manifestées quand Dieu le veut…

    Qui pourrait concevoir deux ou trois mois avant le printemps que la face de la nature qui semblait morte puisse redevenir si splendide et si variée ?… Il en est de même pour ce printemps éternel qu’attendent tous les chrétiens ; il viendra, même s’il tarde. Attendons-le, car « il viendra sûrement, il ne tardera pas à venir » (He 10,37). C’est pourquoi nous disons chaque jour : « Que ton Règne vienne », ce qui veut dire : « Seigneur, montre-toi, manifeste-toi, toi qui es assis au milieu des chérubins. Resplendis ; réveille ta vaillance et viens à notre secours » (Ps 79,2-3). La terre que nous voyons ne nous satisfait pas ; elle n’est qu’un commencement, elle n’est qu’une promesse d’un au-delà. Même dans sa plus grande splendeur, couverte de toutes ses fleurs, quand elle montre de la façon la plus saisissante ce qu’elle cache, cela ne nous suffit pas. Nous savons qu’il y a en elle plus de choses que nous n’en voyons… Ce que nous voyons n’est que l’écorce extérieure d’un royaume éternel. C’est sur ce royaume que nous fixons les yeux de notre foi.

    Saint John Henry Newman (1801-1890)

  • Fête de saint Jacques (le majeur), apôtre

    Fête de saint Jacques (le majeur), apôtre

    Jacques, fils de Zébédée, appelé aussi Jacques le Majeur, appartient, avec Pierre et Jean, au groupe des trois disciples privilégiés qui sont admis par Jésus à assister à des moments importants de sa vie. Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l’agonie de Jésus au jardin de Gethsémani et à l’événement de la Transfiguration de Jésus. Il s’agit donc de situations très différentes l’une de l’autre. En un cas, Jacques fait l’expérience avec les deux autres apôtres de la gloire du Seigneur, il le voit en conversation avec Moïse et Élie, il voit transparaître la splendeur divine en Jésus. Dans l’autre, il se trouve devant la souffrance et l’humiliation, il voit de ses propres yeux combien le Fils de Dieu s’humilie en se faisant obéissant jusqu’à la mort. Certainement, cette seconde expérience a été pour lui une occasion de mûrir dans la foi, pour corriger l’interprétation unilatérale, triomphaliste, de la première : il a dû entrevoir que le Messie attendu par le peuple juif comme un triomphateur, en réalité n’était pas auréolé seulement d’honneur et de gloire, mais aussi de souffrances et de faiblesse. La gloire du Christ se réalise précisément dans la croix, dans la participation à nos souffrances.

    Cette maturation dans la foi a été menée à son achèvement par l’Esprit Saint à la Pentecôte, de sorte que lorsque vint le moment du suprême témoignage, Jacques ne fuit pas. Au début des années 40 du premier siècle, le roi Hérode Agrippa, neveu d’Hérode le Grand, comme nous en informe Luc, « se mit à maltraiter certains membres de l’Église. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter » (Ac 12,1-2)… De saint Jacques, donc, nous pouvons apprendre bien des choses : la promptitude à accueillir l’appel du Seigneur même quand il nous demande de quitter la « barque » de nos sécurités humaines (Mt 4,21), l’enthousiasme à le suivre sur les routes qu’il nous indique au delà de toutes nos présomptions illusoires, la disponibilité à témoigner de lui avec courage, si c’est nécessaire jusqu’au sacrifice suprême de la vie. Ainsi Jacques le Majeur se présente à nous comme un exemple éloquent de généreuse adhésion au Christ. Lui qui, initialement, avait demandé par l’intermédiaire de sa mère à siéger aux côtés du Maître dans son Royaume, a été précisément le premier à boire le calice de la Passion, à partager avec les apôtres le martyre.

    Benoît XVI

  • « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

    « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

    Un semeur est sorti semer son grain, et une partie est tombée le long du chemin, une autre sur la bonne terre. Trois parts ont été perdues, une seule a fructifié. Mais le semeur n’a pas cessé de cultiver son champ ; il lui suffit qu’une partie soit conservée pour ne pas abandonner ses travaux. En ce moment, il est impossible que le grain que je lance au milieu d’un auditoire si nombreux ne germe pas. Si tous n’écoutent pas, un tiers écoutera ; si ce n’est pas un tiers, ce sera la dixième partie ; si même la dixième partie n’écoutait pas, pourvu qu’un seul membre de cette nombreuse assemblée écoute, je ne cesserai pas de parler.

    Ce n’est pas peu de chose que le salut même d’une seule brebis. Le Bon Pasteur a laissé les quatre-vingt-dix-neuf autres pour courir après la brebis qui s’était égarée (Lc 15,4). Je ne pourrais jamais mépriser qui que ce soit. Même s’il n’y en a qu’un, c’est toujours un homme, cet être si cher à Dieu. Même si c’est un esclave, je ne le dédaignerai pas, car je cherche, non la condition sociale, mais la valeur personnelle, non la puissance ou la servitude, mais un homme. Même s’il n’y en a qu’un, c’est toujours l’homme, celui pour qui le soleil, l’air, les sources et la mer ont été créés, les prophètes envoyés, la Loi donnée. Il est toujours cet être pour qui le Fils unique de Dieu s’est fait homme. Mon Maître a été immolé, son sang a été versé pour l’homme, et j’oserais mépriser qui que ce soit ?…

    Non, je ne cesserai pas de semer la parole, même si personne ne m’écoutait. Je suis médecin, j’offre mes remèdes. Je dois enseigner, ordre m’a été donné d’instruire, car il est écrit : « Je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël » (Ez 3,17).

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

  • Fête de sainte Brigitte de Suède, copatronne de l’Europe

    Fête de sainte Brigitte de Suède, copatronne de l’Europe

    Béni sois-tu, Jésus Christ mon Seigneur, qui as prédit ta mort avant l’heure ; qui, à la dernière Cène, as merveilleusement consacré avec du pain matériel ton corps qui nous rachète ; qui l’as donné par amour aux apôtres en mémoire de ta très précieuse Passion ; toi qui, en leur lavant les pieds de tes très saintes et nobles mains, leur as donné humblement un modèle d’humilité….

    Louange éternelle à toi, Jésus Christ mon Seigneur, pour cette heure où tu as souffert sur la croix, pour nous pécheurs, les plus grandes amertumes et les angoisses les plus extrêmes ; car les souffrances très aiguës de tes blessures atteignaient durement ton âme et transperçaient cruellement ton cœur sacré ; finalement ton cœur a éclaté, tu as rendu l'esprit et, penchant la tête, tu t'es remis humblement aux mains de Dieu ton Père, et alors ton corps a connu le froid de la mort...
    
    Béni sois-tu, Jésus Christ mon Seigneur, qui pour notre salut as permis que ton côté et ton cœur soient percés par la lance, et qui as fait jaillir de ton côté les flots de ton sang précieux pour nous racheter.
    
    Gloire à toi, Jésus Christ mon Seigneur, parce que tu as voulu que ton corps béni soit déposé de la croix par tes amis et couché dans les bras de ta mère très douloureuse ; et parce que tu as permis qu'elle l'enveloppe de linges, qu'il soit mis au tombeau et gardé par des soldats.
    
    Honneur éternel à toi, Jésus Christ mon Seigneur, qui es ressuscité des morts le troisième jour ; qui t'es manifesté vivant aux témoins de ton choix ; qui, après quarante jours, es monté au ciel à la vue de beaucoup, et qui y as établi avec honneur tes amis que tu avais délivrés des enfers.
    
    Jubilation et louange éternelle à toi, Seigneur Jésus Christ, qui as envoyé le Saint Esprit dans le cœur de tes disciples et as développé en eux un amour infini de Dieu.
    
    Béni sois-tu, digne de louange et de gloire éternellement, Jésus mon Seigneur, qui trônes en ton royaume céleste dans la gloire de ta divinité, vivant corporellement avec tes membres très saints que tu as tirés de la chair de la Vierge. Et c'est ainsi que tu viendras au jour du jugement pour juger les âmes de tous, vivants et morts. Toi qui vis et règnes avec le Père et l'Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen.

    Sainte Brigitte de Suède (v. 1303-1373)

  • Fête de sainte Marie-Madeleine, disciple du Seigneur

    Fête de sainte Marie-Madeleine, disciple du Seigneur

    « Martyre, pénitence, amour consument le même sacrifice et dans le même but. Il y a donc en toi, qui est pénitente et qui aime, le même martyre que celui qui périt dans l’arène. Marie, je te précède dans la gloire. Baise-moi la main et reste en paix. Repose-toi. Il est temps pour toi de prendre du repos. Donne-moi tes épines. C’est maintenant le temps des roses. Repose-toi et attends. Je te bénis, ma bénie. »

    Jésus a obligé Marie à s’étendre sur son lit. La sainte, le visage baigné de larmes d’extase, s’est couchée comme son Dieu l’a voulu; elle semble dormir, maintenant, les bras croisés sur la poitrine; ses larmes continuent à couler, mais sa bouche rit.

    Elle se relève pour s’asseoir quand une lumière éclatante apparaît dans la grotte, provoquée par la venue d’un ange portant un calice qu’il pose sur l’autel et qu’il adore. Marie, agenouillée à côté de sa couche, adore elle aussi. Elle ne peut plus bouger. Ses forces l’abandonnent. Mais elle est heureuse. L’ange prend le calice et lui donne la communion. Puis il remonte au ciel.

    Telle une fleur brûlée par un soleil trop ardent, Marie se penche, les bras encore croisés sur la poitrine, et elle tombe, le visage dans les feuilles de sa couche. Elle est morte. L’extase eucharistique a coupé le dernier fil qui la retenait à la vie.

    Maria Valtorta

  • Faire la volonté de l’Esprit

    Faire la volonté de l’Esprit

    Gertrude écouta attentivement l’épître (2 Cor 6,1-10) pour choisir, parmi les vertus énumérées, les plus utiles à imiter et à enseigner aux autres. Et comme elle ne recevait à ce sujet aucune lumière en son esprit, elle dit au Seigneur : « Apprenez-moi, ô mon très doux amant, quelles sont, parmi celles-ci, les vertus grâce auxquelles je puis vous servir de manière à vous plaire particulièrement, puisque, hélas ! je ne puis chaque jour m’appliquer à chacune par un effort extraordinaire. »

    Le Seigneur répondit : « Remarque bien que, au milieu des autres vertus, se trouvent insérés ces mots : ‘dans l’Esprit Saint’ (cf. 2 Cor 6,6), et parce que l’Esprit est volonté bonne, veille par-dessus tout à posséder une volonté bonne. C’est ainsi que tu pourras avoir l’éclat et la perfection spécifique de toutes les vertus, parce que la volonté, à elle seule, gagne plus que tout ce qu’on pourrait réaliser ou acquérir par des actes. Celui dont la volonté entière cherche à surpasser la louange de toute créature, à me rendre grâces, à m’aimer, à compatir à mes douleurs, à s’exercer à toute vertu de la manière la plus parfaite possible, celui-là, indubitablement, ma divine libéralité lui paiera largement le prix des innombrables choses que jamais homme aurait pu réaliser par ses œuvres. »

    Alors, l’Esprit Saint, le Paraclet, s’avançant au milieu et se tenant en face de l’âme, se mit à inonder du merveilleux éclat de sa splendeur divine cette partie médiane (…) où l’âme pouvait voir à découvert l’énormité de sa propre vileté. Ainsi, par l’action de la clarté divine, cette âme, totalement dépouillée de toute vileté, eut le bonheur d’être immergée dans la fontaine vive de la lumière qui ne s’éteint pas.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • Le signe de Jonas

    Le signe de Jonas

    Vous avez été conduits par la main à la piscine baptismale, comme le Christ de la croix à son tombeau qui est là devant vous [dans cette église du Saint Sépulcre]. Après avoir confessé votre foi au Père, au Fils et au Saint-Esprit, vous avez été immergés trois fois dans l’eau et vous en avez émergé : c’était le symbole des trois jours du Christ au tombeau. De même que notre Sauveur a passé trois jours et trois nuits au cœur de la terre, de même vous aussi en sortant de l’eau après votre immersion, vous avez imité le Christ… Quand vous avez été immergés, vous étiez dans la nuit, vous ne voyiez plus rien ; mais en sortant de l’eau vous vous trouviez comme en plein jour. Dans un même mouvement, vous mouriez et vous naissiez ; cette eau qui sauve a été à la fois votre tombe et votre mère…

    Étrange paradoxe ! Nous ne sommes pas vraiment morts, nous n’avons pas été vraiment ensevelis, nous n’avons pas été vraiment crucifiés et ressuscités ; mais si notre imitation n’est qu’une image, le salut, lui, est une réalité. Le Christ a été réellement crucifié, réellement enseveli et véritablement il est ressuscité, et toute cette grâce nous est donnée afin que, participant à ses souffrances en les imitant, nous gagnions en réalité le salut. Quel immense amour des hommes ! Le Christ a reçu les clous sur ses mains pures, et il a souffert ; et à moi, sans souffrance et sans peine, il accorde par cette participation la grâce du salut…

    Nous le savons bien : si le baptême nous purifie de nos péchés et nous donne l’Esprit Saint, il est aussi la réplique de la Passion du Christ. C’est pourquoi Paul proclame : « Ne le savez-vous pas : nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême »… Tout ce que le Christ a enduré, c’est pour nous et pour notre salut, en réalité et non en apparence… Et nous, nous devenons participants à ses souffrances. C’est pourquoi Paul continue à proclamer : « Si nous sommes devenus un même être avec le Christ, par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne » (Rm 6,3-5).

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

  • Le bon grain et l’ivraie

    Le bon grain et l’ivraie

    On voit, dans l’Évangile, aujourd’hui, mes frères, que le maître du champ ayant semé son grain en bonne terre, l’ennemi vint pendant son sommeil et y sema l’ivraie. Cela veut dire que Dieu avait créé l’Homme bon et parfait, mais que l’ennemi est venu et a semé le péché. Voilà la chute d’Adam, terrible chute qui a donné l’entrée au péché dans le cœur de l’Homme.

    Il faut arracher l’ivraie, dites-vous ? « Non, répond le Seigneur, de peur qu’en arrachant l’ivraie vous n’arrachiez le bon grain. Attendez jusqu’à la moisson ». Le cœur de l’Homme doit rester ainsi, jusqu’à la fin, un mélange de bien et de mal, de vice et de vertu, de lumière et de ténèbres, de bon grain et d’ivraie. Dieu n’a pas voulu détruire ce mélange, et nous refaire une nature où il n’y aurait que du bon grain. Il veut que nous combattions, que nous travaillions à empêcher l’ivraie de tout envahir. Le démon vient semer les tentations sur nos pas ; mais avec la grâce nous pouvons le vaincre, nous pouvons étouffer l’ivraie.

    Trois choses sont absolument nécessaires contre la tentation : la prière pour nous éclairer, les sacrements pour nous fortifier, et la vigilance pour nous préserver. Heureuses les âmes tentées ! C’est lorsque le démon prévoit qu’une âme tend à l’union avec Dieu qu’il redouble de rage.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)